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Nouvelles Du Front   

Tool : plus c’est long, plus c’est bon ?


L’une des questions qui secoue actuellement le plus le petit monde du Rock alternatif, de ses commentateurs et admirateurs, est la suivante : pourquoi Tool met-il autant de temps à sortir un nouvel album ? Ce n’est pas la première fois qu’un groupe met sept ans à trouver un successeur à un album, le problème est que dans le Rock, la chose est (comme nous l’évoquions récemment) quand même relativement rare.

Une autre interrogation qui titille la curiosité serait de savoir comment un groupe peut-il garder une forme d’unité lorsque celui-ci ne se voit que peu, fait une mini-tournée de temps à autres, et surtout, compose un album par petites touches sur une période de plusieurs années ? Dans une interview accordée au magazine américain Revolver, Adam Jones, le guitariste, dont les derniers faits d’armes publics sont une interprétation peu heureuse de l’hymne américain lors du Summerslam 2011, et une demande en mariage à l’occasion du Royal Rumble 2013 de la WWE (c’est qu’il aime le catch !), s’est exprimé sur des sujets devenus presque tabous chez Tool, comme la création du nouvel album… Il était peut-être temps que l’un des orfèvres des Lateralus et 10,000 Days se remette en avant avec ses prouesses guitaristiques plutôt qu’en faisant le mariole devant les caméras américaines, qui, compte tenu de sa renommée outre-atlantique, ne demandent que ça. Ce ne sera pas encore le cas cette fois-ci, mais au moins il apporte des éléments qui nous permettent de comprendre un peu mieux comment Tool existe et avance encore.

La conversation au début se veut amicale, le journaliste lui parle donc de la réédition d’Opiate, le premier EP du groupe sorti il y a vingt et un ans et qui ressort sous la forme d’un coffret avec un packaging différent. Même pas un remaster, alors que le son d’Opiate n’est pas franchement ce que la bande de Maynard a réussi de mieux, et que lorsqu’un groupe ressort un album ou EP des débuts, comme Nine Inch Nails avec Pretty Hate Machine, il prend généralement le temps d’améliorer un peu le son de l’époque avec les nouvelles technologies. C’est un peu trop demander à Tool. Et puis si ça retarde encore la sortie de l’album d’une dizaine d’année tout ça pour un remastering…

Plus sérieusement, la question du nouvel album vient donc vite sur le tapis, et Adam Jones ne se cache pas et évoque franchement le sujet : « C’est malheureux que nous n’ayons rien sorti depuis longtemps, mais vous savez, nous avons changé en tant que groupe. C’est comme un mariage. On devient plus vieux, les gens changent, et on doit s’adapter ou avancer. Nous sommes devenus plus éclectiques et distants, alors faire les choses et se réunir devient très difficile. » Ça commence mal. On se demande même si Jones ne va pas nous annoncer la fin de Tool. Mais non, le guitariste nous rassure très vite : « Ce que je veux vraiment que les gens sachent, c’est que ce n’est pas une mauvaise chose. Je suis sérieux. » Ouf ! Et rebondit vite sur les activités des membres du groupe. « On vit des vies plutôt pépères maintenant, alors on se réunit quand on le veut. » Il parle sûrement pour lui et Danny Carey (batterie), les deux seuls dont le public ne connaît pas trop les activités quotidiennes car pour James Maynard Keenan, entre ses deux groupes (Puscifer, A Perfect Circle), ses activités de producteur de vin, d’éditorialiste dans un journal local et son projet d’autobiographie, le frontman n’a pas le temps de s’ennuyer. Et Justin Chancellor (basse) vient de sortir un album avec son side project M.T. Void.

Alors Adam Jones mise sur la longévité du groupe et la qualité de ses productions. Il met en avant le fait qu’en dehors d’eux, il n’y a plus grand monde parmi ceux qui ont cartonné à l’époque : « Je suis avec ces gars [les autres membres de Tool, NDLR] depuis longtemps, et nous avons survécu à tous nos pairs. J’essaie de penser à tous les groupes qui sont sortis en même temps que nous et qui n’ont pas splitté, ou ont splitté et sont revenus ensemble, et je n’en trouve pas un. OK, les Melvins. Mais c’est tout. » Et on ne peut pas trop lui donner tort. Les contemporains de Tool, ce sont les Rage Against The Machine, Faith No More ou System Of A Down, et effectivement, ce ne sont pas des exemples de continuité en tant que groupe, ou de créativité, aujourd’hui. Et il est certain que si Tool, en plus de sortir deux albums par décennie, sortait des albums mauvais, ils auraient depuis longtemps disparu de la circulation. Ce qui n’est pas le cas. Car ce qui sort des tuyaux est d’une qualité certaine, peut-être grâce ou à cause du processus décisionnel et de l’autonomie du groupe, notamment vis-à-vis du label et des producteurs: « Certaines décisions sont prises à l’unanimité. D’autres sont soumises au vote. Nous sommes très impliqués dans l’aspect business (du groupe). Nous signons nos propres chèques. »

Et en ce qui concerne l’écriture, alors ? « C’est un peu plus lâche – comme dans « relâché ». Mais c’est une bonne chose. […] Cela rend les choses lentes, ce qui est malheureux – nous aurions tous aimé que le nouvel album soit terminé il y a longtemps – mais quand il sera fini, il sera bon. » Et là réside la clé de la qualité des sorties de Tool pour Adam Jones, et certainement pour les autres membres du groupe : « Nous n’allons pas sortir quelque chose qui craint juste pour sortir quelque chose. » Le public pourra comprendre ce point de vue, et serait effectivement infiniment déçu d’avoir une prestation de moindre qualité de la part d’un groupe à l’aura et la réputation de Tool.

Mais il n’y a pas que cela : « Nous avons également eu deux choses vraiment mauvaises qui nous sont arrivées, des choses que je détaillerais pas, qui nous ont retardés, émotionnellement et mentalement. » Évidemment, on pense à l’accident de moto qu’a subi Danny Carey récemment et qui l’a laissé avec quelques côtes cassées et abîmées, ce qui bien sûr ne favorise pas l’enregistrement de pistes de batteries… Le second événement en revanche qui a affecté le groupe n’a pas été rendu public, mais Tool ne pourra être blâmé pour cela. Et ces deux malheureux évènements ont même servi le groupe d’une certaine manière à en croire Adam Jones: « C’est fini maintenant, tout le monde est remis, et ce processus nous a en fait aidé à nous concentrer sur notre créativité. Parfois, peut-être certaines mauvaises choses arrivent pour une raison. » Les fans de Tool ont donc à nouveau le droit d’espérer. Mais comme dans tout événement heureux, telle que la sortie d’un nouvel album d’un groupe aux procédés de toute façon uniques, le meilleur moment, finalement, n’est-il pas celui qui précède son arrivée ?



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  • J’ai quand même l’impression que c’est l’habituelle news de Tool, super floue, ne promettant pas d’album mais nous faisant garder espoir.

    Mais bon, je pense qu’on est tous d’accord sur le fait qu’il vaut mieux encore attendre que de se retrouver avec un album de Tool moins bon. Simplement, plus on attends, plus on attendra l’excellence…

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  • Cette dernière phrase est tellement vrai !
    Mais c’est quand même long d’attendre ^^

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  • Trashwinkle dit :

    Tout vient à point à qui sait attendre.

    Si, si.

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