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Éditorial   

Top Artworks 2013 : la pré-sélection du deuxième trimestre


Après une première pré-sélection au premier trimestre 2013, voici le second tour préliminaire pour désigner les meilleurs artworks d’albums de metal (et quelques proches cousins) de l’année avec cette deuxième pré-sélection réalisée avec les œuvres sorties en avril, mai et juin 2013.

Précisons que ce palmarès n’est pas né de l’arbitraire et c’est armé de certaines considérations (qu’on vous invite à relire en introduction de notre sélection du premier trimestre) – mais aussi, soyons honnêtes, d’une part de subjectivité qu’il est difficile d’écarter totalement – qu’il est élaboré. Néanmoins, ces pré-sélections ne sont pas définitives et vous êtes, vous lecteurs, invités et encouragés à commenter cette sélection, à désigner vos préférences, à écarter les autres, et même à en suggérer certaines que nous aurions pu laisser de côté (volontairement ou par méconnaissance de leur existence).

Voici donc les dix artworks (dont un duel final et deux petits bonus pour la fin) qui ont retenu notre attention parmi les sorties d’avril, mai et juin 2013.

Chthonic – Bú-Tik :

Vu de l’Occident, depuis des siècles, l’Orient est un terre de fantasmes. D’abord parce que longtemps on a cru que s’y cachait l’Éden perdu. Ensuite parce que, à force de voyages, à travers le regard de l’Européen qui ne comprend rien à ce qu’il voit, les récits fantastiques sur cet au-delà géographique se sont multipliés. Et même au XXIe siècle, malgré la relative proximité offerte par les technologies (en matières de communication ou de transport), l’Orient lointain reste une terre d’imaginaire, avec ses coutumes et ses croyances aussi exotiques qu’ancestrales. Et ce malgré l’importante modernisation de certains pays du bord extrême du continent eurasien. Par conséquent, l’observation de la pochette du nouvel album des Taïwanais Chthonic, Bú-Tik , ramène à tout ce concept et cristallise le rêve d’un Extrême Orient fantastique, avec un pied dans les traditions (avec ce sabre notamment) et un autre déjà dans le futur (avec le bras bionique). Ajoutez à cela l’idée à la base de cette photo (puisque ce n’est pas que de l’infographie qu’on a sous les yeux) : le modèle devait pouvoir représenter à la fois la femme et l’enfant, mais aussi l’enfant et le vieillard. Dès lors ce portrait, malgré la nudité du sujet, libre de toute connotation érotique, est celui d’un archétype, présenté dans sa forme nue, comme une pure âme (soulignée par la pâleur du modèle). Cette chimère nouvelle, c’est une nouvelle divinité qui entre dans le folklore asiatique, rejoignant tout celles qui occupent encore une grande place de la vie et la pensée de ces peuples du bout du monde.

Orphaned Land – All Is One :

Malheureusement, aujourd’hui, il existe un autre Orient, plus proche, et générateur de moins de rêves. Sinon d’espoir. C’est de cet Orient dont est issu Orphaned Land. Et le groupe est un territoire en soi dans cette région divisée, déchirée par la guerre, la haine, la différence et la méconnaissance de son prochain. Orphaned Land est une terre pacifique, qui a fait le vœu d’unir par la musique ces peuples que, pourtant, tant d’éléments rassemblent. Et ce pays avait besoin d’un drapeau et d’une devise montrant l’union des peuples des Proche et Moyen Orients, en entrelaçant les symboles de ce qui, soi-disant, les désunit : la religion. Jamais pochette d’album d’Orphaned Land n’avait aussi bien résumé la mission de ce groupe que celle d’All Is One.

Scale The Summit – The Migration :

Si la musique est un voyage immobile, le déplacement d’êtres à l’arrêt pour qui le temps ne compte pas pour toute la durée de cette migration, alors la pochette de cet album l’illustre parfaitement par l’image de ces créatures, dont on ne sait trop si elles sont minérales, végétales ou animales, qui ont l’air en mouvement tout en paraissant figées. Mais, à en juger par leur enveloppe verdoyante et l’étendue du paysage autour, cette immobilité n’est vraiment pas synonyme de mort ou d’ennui.

Summoning – Old Morning Dawn :

Une porte sur un autre monde. Ou une fenêtre. Ou une simple petite lorgnette. C’est sur ce genre d’ouverture qu’on entre bien souvent dans les albums de Summoning. Et sur Old Morning Dawn, les Autrichiens n’ont pas joué la carte de l’exception pour inviter l’auditeur à une nouvelle aventure en Terre du Milieu. Sauf que là, il semble que l’artwork ne nous invite pas tant à rentrer dans ce lai musical qu’à nous retourner sur un passé dont les couleurs et les détails s’estompent : les deux statues encadrant la porte ont l’air, comme le voyageur, de regarder en arrière, là où des escaliers descendent et qu’on venait de gravir, en quittant ce paysage, ce Vieux Continent oublié qu’on laisse derrière soi avec nostalgie, avec regret et dont le disque n’est plus que le dernier souvenir.

Spiritual Beggars – Earth Blues :

Enfants des Seventies, les membres de Spiritual Beggars montraient déjà à travers leur musique leur amour de cette époque mais doublent aussi cet attachement visuellement. Ici, il s’agît d’une référence à un temps de rêves d’utopies, faites d’amour et de soleil, mais qui vivait parallèlement dans la peur de l’holocauste atomique. Et finalement, aujourd’hui, la parabole est toujours valable, alors qu’on tente, en temps de crise, de retrouver certaines valeurs (et pourquoi pas celles très Peace & Love des années 60 et 70) la catastrophe pointe toujours à l’horizon. Moralité : aime et jouis passionnément avant de mourir dans les flammes du monde moderne. Et si possible avec un bon disque de rock’n’roll.

Rob Zombie – Venomous Rat Regenaration Vendor :

Rob Zombie aussi est un enfant des Seventies. Ça se voit dans ses films (avec des B.O. riches en pépites de ce temps-là), dans les reprises qu’il a pu faire depuis l’époque White Zombie (« Children Of The Grave » de Black Sabb’, « God Of Thunder » de Kiss) jusqu’à aujourd’hui avec « We’re An American Band » (de Grand Funk) sur ce nouvel album, et maintenant sur ses pochettes d’album. Prenez quelques motifs et couleurs psychédéliques, un brin de pas-sérieux zappaïen, un titre au goût de cadavre exquis et voilà un peu de joie de vivre ajoutée à une discographie qui commençait à faire grise mine. Autrement dit, la pochette idéale pour rehausser l’intérêt d’un album qui rehausse lui-même l’intérêt des œuvres de Robert Bartleh Cummings.

Queens Of The Stone Age – …Like Clockwork :

Une sélection pour l’ensemble de l’œuvre visuelle autour de ce nouvel album de Josh Homme et ses potes. Car, par-delà cette pochette, très arty, avec ce fond monochrome rouge vif, ces personnages enveloppés dans le même aplat noir, ce nouveau logo éclatant l’ancienne idée de ce qu’était ce groupe (à l’image de la musique de ce disque, loin du stoner des origines), il y a tout un univers visuel qui a été créé pour accompagner ce nouvel opus – que nous ne présenterons pas à nouveau – et tout cela mérite bien une dose de reconnaissance.

Alice In Chains – The Devil Put Dinosaurs Here :

Restons dans les aplats rouges. Mais, en réalité, ce n’est qu’une illusion. Car le vrai artwork de ce nouvel album du groupe de Seattle cache quelque chose. Comme son titre, allusion à la théorie des créationnistes qui expliquent la présence des fossiles de dinosaures à une ruse du Diable pour nous tromper, il y a une ruse, un trompe-l’œil derrière l’emballage rouge transparent : un artwork à fond blanc écru, avec deux crânes de dinosaure, cette fois, au lieu d’un, croisés et formant la silhouette d’une tête de démon. Une ruse qui permettra aux conspirationnistes en quête de messages cachés dans les albums de rock de faire leur beurre, et au groupe de se moquer de ceux-ci. Le Diable n’a peut-être pas mis les dinosaures dans la terre, mais Alice In Chains ne se cache pas d’avoir mis le Diable dans son rock. Et ça doit bien les amuser.

Flotsam And Jetsam – Ugly Noise :

La beauté d’une ruine. Qui ne s’est jamais trouvé en arrêt face à un paysage au cœur duquel siège les restes d’une bâtisse, dernier résistant, ultime écho d’un temps lointain avant d’être avalé par le monde ? Et peut-être aurez-vous été le dernier témoin de cette manifestation du passé avant qu’elle ne soit engloutie par le temps ; et vous serez alors pour le reste de votre vie le gardien de ce souvenir. Flotsam And Jetsam se sent peut-être comme ce vestige d’un autre temps : groupe de thrash metal qui a traversé les décennies mais sans rencontrer le succès de certains de ses confrères du même genre, mais toujours ancré dans le paysage, en attendant que la nature l’avale. Et après il ne restera peut-être que l’image de ce piano défoncé, étrangement beau dans sa décrépitude, dont on se demandera quelles mélodies en sont un jour sorties. Mais alors il sera trop tard.

Super Collider de Megadeth Versus Hyperblast Super Collider de Pryapisme :

Comment ça, vous n’aimez pas la pochette du Super Collider de Megadeth ? C’est pourtant une image fascinante que celle de l’intérieur d’un super-collisionneur, appareil scientifique ultra-sophistiqué dans lequel on recherche la « particule de Dieu ». Surtout si l’on s’amuse à faire le parallèle avec la personnalité du « born-again christian » Dave Mustaine qui n’hésite pas à mettre en doute certaines théories scientifiques pour leur préférer les « faits » bibliques… Enfin, si Super Collider n’appelle pas chez vous les superlatifs peut-être préférerez-vos les hyperblasts, les chats sataniques, le pixel art et toute l’œuvre WTF de Pryapisme qui, pour le coup, en fait baver plus d’un. Mais il se peut que ce soit à cause des crises d’épilepsie provoquées par leur dernier clip.

Hors-concours (quoique…) :

Des pochettes d’albums qui font mal aux yeux, par chance, on en fait encore. Soit pour la pure déconne, soit pour offrir l’exemple de ce qu’il ne faut pas faire aux générations futures. A vous de voir lequel de ces deux artworks entre dans quelle catégorie : le photoshop tchernobylesque de l’actuel groupe de l’ancien Dead Kennedys Jello Biafra ou les nappes fluos de White Wizzard (avec toutes les options : pentagramme noir et rouge renversé, succube avec voile de nonne chevauchant un monstre à col de prêtre, clous dans les mains et bâillon SM).

Jello Biafra And the Guantanamo School Of Medicine – White People And The Damage Done :

White Wizzard – The Devil’s Cut :

Alors, vous avez déjà des chouchous parmi la sélection de ce trimestre ?



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