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Chronique   

Torche – Restarter


Torche mène sa carrière en jouant un habile jeu de contrastes, avec une cohérence étonnante compte tenu des composantes. Après avoir opté pour un propos plus direct dans Meanderthal, un autre plus édulcoré et mélodique dans Harmonicraft, voici la symbiose pachydermique du son version Restarter : un mur, composé de riffs plus sludge que jamais, des modèles rythmiques qui pourraient sonner doom s’ils n’étaient pas aussi concis, un soupçon de psychédélisme et les belles mélodies d’antan repoussées au loin sans toutefois perdre le potentiel accrocheur des titres. Y a-t-il un meilleur exemple que « Minions » pour caractériser le nouvel état d’esprit musical du groupe ? Là où l’auditeur se souvenait avant tout de refrains imparables en 2012, tels que ceux distillés dans « Letting Go » ou « Kicking », il se rappellera désormais de Restarter à travers le riff mastodonte et décalé de ce morceau, porte-drapeau d’un nouveau jeu à quatre où le second guitariste (Andrew Elstner) participe désormais pleinement à l’élaboration de la forteresse sonore de Torche version 2015.

Eux qui firent naître le groupe en Floride en 2004, réunissent de nombreux atouts de leurs héroïques voisins du sud-est des Etats-Unis (Géorgie, Caroline Du Nord) : la spontanéité et les riffs bruts de Black Tusk, parfois la subtilité des arrangements d’ASG, et la petite fibre psyché à la Kylesa que l’on apercevra ici dans l’ultime et éponyme morceau de l’album, enivrant et hypnotique par la répétition de ce riff obsédant, et presque unique moment où la tension se relâchera à la fin. Car pendant la grosse demi-heure que constitue ce Restarter, Torche oppresse (le mammouth « Barrier Hammer »), assomme par la frappe massive de Rick Smith (« Undone »), asphyxie à coups de riffs pachydermiques à la manière, pourrait-on dire, d’un Alice In Chains obèse et lance même encore des patates chaudes de moins de deux minutes (« Bishop In Arms ») sans laisser un poil de répit. Pire, il se paye même le luxe d’asséner un larsen d’une minute (« No Servants ») qui va lui assurer les louanges d’un public grunge en résurgence.

Restarter s’affirme comme le trait d’union qui a tout pour plaire dans la carrière des Américains, et qui devrait les emmener plus haut. La voix de Steve Brooks s’est détachée quelque peu de son enveloppe punk-rock californienne pour lorgner vers le grunge avec une légère réverbération (éloquent sur « Believe It »), tandis que les bases rythmiques et sonores se sont consolidées dans un registre sludge destructeur, avec son lot de dissonances jubilatoires. Là où Harmonicraft trouvait sa force dans un propos énergétique et rapide, Restarter puise son énergie dans la puissance du son, donnant un signe fort pour leur arrivée dans l’écurie Relapse, avec l’album le plus lourd et puissant qu’ils n’aient jamais fait. Ne manquerait plus que le batteur, la clé de voûte essentielle du succès rythmique de ce Restarter, ne s’acoquine avec Metallica pour que dix ans après leur premier album, le décollage vers des sphères moins confidentielles soit acté… Quoi, ce pourrait-il que ce soit déjà fait ?

Ecouter le disque en intégralité :

Album Restarter, sorti le 23 février 2015 chez Relapse Records.



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