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Nouvelles Du Front   

Toujours de nouvelles expériences


Je sais bien ce que j’ai dit il y a deux mois, jour pour jour : le coffret Westcoast Seattle Boy – The Jimi Hendrix Anthology nous offre un nouvel exemple de « on vous sort de l’inédit tous les six mois jusqu’à ce que vous ayez compris qu’on vous prend pour des vaches à lait, voire pour des cons ». Mais cet article ne s’est jamais retrouvé dans la rubrique qui correspond à cette idée, la raison principale étant le respect qu’inspire l’œuvre hendrixienne et le fait qu’on ne se plaindra pas trop de pouvoir verser de nouveaux millésimes de ce nectar musical dans nos oreilles. Et nous sommes nombreux à nous demander – en vain – ce qu’aurait pu nous offrir encore Jimi s’il n’avait pas disparu si tôt, en ce maudit 18 septembre 1970.

A défaut de savoir à quoi aurait ressemblé l’œuvre d’Hendrix au-delà de la fatidique année 1970, nous pouvons toujours découvrir un peu plus ce qu’a été son œuvre avant que la dernière corde se casse. Ainsi demain vous pourrez vous précipiter chez votre disquaire pour vous procurer cette fameuse crampe hendrixienne dont je vous parlais : quatre CD, cinquante huit titres dont certains sont parfaitement inédits et un DVD du documentaire « Jimi Hendrix Voodoo Child ». En attendant, suite à une interview donnée par Janie Hendrix, la sœur cadette de Jimi, au site du Macomb Daily, c’est l’occasion de se pencher sur la façon dont est géré l’héritage du pape de la six-cordes électrique.

Jimi Hendrix et sa sœur Janie en 1968

A contrario d’autres organes de presse qui préféraient mettre en avant une déclaration de Brad Whitford (Aerosmith) extraite de cette même interview, nous nous intéressons à ce qu’il y a autour. La citation en question (si ça vous intéresse vraiment) est que le guitariste de la bande à Tyler – qui participe aussi à la tournée Experience Hendrix Tour (à laquelle ont déjà pu participé Steve Vai, Joe Satriani ou Carlos Santana pour ne citer que les moins connus) organisée par Experience Hendrix LLC, la compagnie gérant les droits du guitar hero – affirme avoir été converti grâce à l’album Are You experienced (1967), « ce qui a changé [sa] façon de penser la musique ». Déclaration qui – en dehors de raffermir la conviction de ma très humble personne qu’elle est sur la bonne voie avec son émission – nous fait une belle jambe.

C’est justement grâce à cette compagnie, Experience Hendrix LLC (sigle qui pourrait se traduire pour nous comme SARL), que nous avons pu découvrir en mars dernier le titre « Valleys Of Neptune » et que nous allons pouvoir nous délecter de ce nouveau coffret, le Westcoast Seattle Boy. L’origine de cette société remonte à 1995. Suite à une dure bataille judiciaire, Al Hendrix, le père de Jimi, était parvenu à récupérer l’intégralité des droits sur l’œuvre de son fils. Il fonde donc Experience Hendrix LLC, repris après sa mort par sa fille et sœur cadette de Jimi : Janie, qui est désormais présidente et CEO (en VF : PDG) de la société.

L’entreprise familiale gère aujourd’hui tout ce qui tourne autour de l’image de leur génial parent depuis les rééditions d’album et les éditions de nouvelles découvertes (le tout distribué grâce à un contrat de huit ans en cours avec Sony Music’s Legacy) jusqu’aux tournées Experience Hendrix. Un héritage qui rapporte puisque Jimi est maintenant la onzième personnalité décédée la plus riche selon le classement du magazine Forbes. On peut donc se dire que ses héritiers (à commencer par Janie) ne doivent pas connaître les fins de mois difficiles.

Que de persifflage ! Quel mal y-a-t-il a se faire un bon salaire ? Surtout que le but premier de la société est de perpétuer l’héritage de Jimi, d’en protéger l’œuvre et l’image ainsi que d’agrandir la connaissance qu’on a de cet artiste. C’est d’ailleurs grâce à cette dernière part du credo de la société qu’on trouve encore des enregistrements inédits du Voodoo Child. A ce sujet, on apprend dans cette interview que d’ici l’année prochaine devrait sortir un documentaire sur ses concerts au Royal Albert Hall de Londres en 1969, quatre caméras l’ayant suivi à cette époque de la scène à sa vie privée. La société serait aussi en plein travail afin de sortir une collection d’enregistrements d’Hendrix avec Stephen Stills (de Crosby, Stills & Nash). Vous n’allez pas me dire que ça n’attise pas votre curiosité ?

Évidemment, on préférerait ne pas avoir à profiter de l’œuvre de Jimi uniquement grâce à l’industrie de la musique qui ne voit dans cette discographie à rallonge qu’une somme de revenus à rallonge. On se prendrait même à rêver d’un musée où on pourrait jouir librement de cette musique. Hendrix ne se voyait-il pas lui-même comme un peintre maniant la guitare comme on manierait le pinceau ? Sortir la musique de ce libre génie du cycle industriel et commerçant pour le faire pleinement entrer dans le cycle de l’art, ne serait-ce pas ce qu’on peut espérer que fasse un jour la Experience Hendrix LLC ?

Non, laissez tomber, les idéaux des Sixties sont bien loin. Allez plutôt vous payer cette nouvelle anthologie.



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