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Nouvelles Du Front   

Tournée ménage avec Twisted Sister


Décidément, les évènements confirment la tendance dont on parlait récemment : les concerts sont désormais au c?ur du business ou plutôt le business est au c?ur du concert. De plus en plus de groupes commencent à sérieusement réfléchir sur leur stratégie pour optimiser la rentabilité de leurs prestations. En ligne de mire aujourd’hui, pour illustrer cette tendance nous avons Twisted Sister. A ma connaissance les s?urs tordues n’ont pas (encore) cédé à la mode en interprétant leur classique Stay Hungry dans son intégralité, par contre le guitariste Jay Jay French a récemment affirmé à Noisecreep[/urlb] qu’ils ne feront plus de tournée, pour des raisons de stratégie économique.

Voici l’extrait :

« Je sais ce que les autres groupes établis font, je connais leur style de vie. Je ne peux pas fonctionner ainsi. Je ne crois pas que ce soit viable pour eux. Je crois qu’ils tournent parce qu’ils n’ont vraiment pas d’autres options sur cette planète. Et en étant constamment sur la route, ils se dévaluent eux-mêmes, car ils sont là en permanence. Nous travaillons sur un modèle de business totalement différent. Si je ne joue pas, devine quoi ? Ma valeur augmente, n’est-ce pas ? Donc, moins je joue, plus je prends de la valeur. Je fonctionne donc de manière totalement opposée. Je vous parie que je me ferai plus d’argent en jouant 12 concerts que la plupart des autres groupes n’en font en jouant 50 concerts. »


Derrière ce discours incroyablement mercantile et pas rock’n’roll pour un sou, Jay Jay marque un point. En fait, c’est vieux comme le monde et ça s’appelle « l’offre et la demande ». Aujourd’hui, les concerts se démultiplient et il devient vraiment difficile de tout voir, pour des raisons financières bien entendu, mais également pour ceux qui ont autre chose dans la vie que les concerts de metal (comme une famille par exemple, oui, oui, ça existe !). Je prends pour exemple Opeth, qui est un groupe que j’apprécie énormément et qui a beaucoup tourné dans nos contrées ces dernières années. Malgré le plaisir que j’ai à écouter la musique de la bande à Åkerfeldt et les voir fouler les planches, je me suis permis de louper un ou deux de leurs récents concerts. Pourquoi ? Parce qu’à un moment donné, on commence à connaître les ficelles. Parce que la magie perd de son effet lorsqu’on revoit le même tour, à quelques rebondissements près, pour la énième fois. Parce que trop, c’est trop ; la lassitude est inévitable, même si on connaît tous des exceptions à la règle. Le phénomène est certainement moins perceptible pour les « jeunes » groupes encore en ascension et qui bénéficient d’un bon turnover du public (dont Opeth, par exemple, fait encore partie malgré, sur le papier, leurs 20 ans de carrière), mais pour les vieux briscards qui ont déjà touché toute l’étendue de leur public, comme Twisted Sister, on peut comprendre qu’ils s’en inquiètent. Un concert, ça coûte de l’argent et tout est une question de proportion entre ce qui rentre dans les poches et ce qui en ressort.

Reste une question : à qui tout cela coûte-t-il le plus cher ? En cherchant bien, on arrive à se documenter facilement sur la répartition des coûts et des budgets mis en ?uvre dans un CD, mais il serait intéressant de connaître les détails des coûts moyens d’un concert ou d’une tournée. De but en blanc je serais tenté de dire que celui qui prend le plus de risques, c’est le promoteur : il doit payer le groupe (comprendre aussi management, label, etc) à la hauteur de ce qu’il réclame contractuellement, il loue la salle, paye la promo, etc. Au final, il ne peut compter que sur ses compétences à évaluer les risques – et donc l’affluence du public – pour être certain de rentrer dans ses frais. Le groupe, de son côté, a aussi ses propres dépenses : il faut payer le transport, les gens qui le suivent, etc. Mais j’ai la nette impression que c’est un moindre coût à assumer dans la mesure où, s’il se déplace, c’est qu’il s’est assuré que le cachet qu’il réclame couvrira ses dépenses.

Donc, qu’est-ce que l’ami Jay Jay est en train de nous dire ? Que jouer moins permet de faire grimper le cachet de manière inversement proportionnelle ? C’est ce que fait par exemple S.U.P., un groupe bien de chez nous. S.U.P. est un groupe incroyable, une expérience unique. Pourtant ils se font particulièrement rares sur scène. La raison : un cachet déraisonnable réclamé aux promoteurs (information obtenue directement auprès d’un promoteur, qui plus est fan de ce groupe) qui, du coup, restent particulièrement frileux. S.U.P. n’est pas Metallica du point de vue de l’impact médiatique. Très sincèrement, dans ce cas précis, difficile à dire si ce comportement est un caprice ou une véritable volonté réfléchie de créer une demande. Mais ce qui est sûr, c’est que le groupe souffre de ce fait d’un vrai manque à gagner d’un point de vue promotionnel. Car un concert, c’est aussi un puissant outil promotionnel. Il est évident que Twisted Sister n’a, à ce jour, pas ce genre de souci. Tout le monde ou presque, a entendu parler de la bande à Dee Snider. Le groupe a donc forcément une affluence minimum garantie chaque soir.

De là à conclure, sur la base du simple discours de Jay Jay French, que le coût des billets des concerts de Twisted Sisters va grimper en flèche, ce n’est que pure spéculation. D’autant plus que le groupe pourrait prendre le parti de ne demander qu’une faible somme fixe et ensuite se rémunérer sur un pourcentages des ventes. Cela rapporterait d’autant plus au groupe s’il a la garantie de remplir chaque concert.

Eh oui, c’est ça le business ! Qui n’a jamais rêvé de travailler moins pour gagner plus ?



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  • Que Twisted Sister se fasse rare et donc précieux, je dis pas. Mais, malgré tout le respect que je porte à S.U.P, S.U.P voilà… ce n’est pas comparable.

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