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Interview   

La tragedia dell’arte de Fleshgod Apocalypse


Peu de groupes se sortent indemnes du départ simultané de son frontman et de son guitariste lead. Pourtant, Fleshgod Apocalypse a lui réussi à sortir plus fort de cette épreuve, après que Tommaso Riccardi et Cristiano Trionfera aient tous les deux décidé de quitter le groupe pour une autre vie plus rangée. Un changement de line-up parfaitement négocié par les Italiens grâce, en très grande partie, à Francesco Paoli, la force créative et tête pensante de Fleshgod Apocalypse, œuvrant depuis huit ans derrière la batterie, qui reprend finalement la place qui était sienne il y a dix ans lorsqu’il a fondé le groupe. Une telle capacité d’apprentissage et d’adaptation ne peut que forcer l’admiration et le respect ; c’est surtout le symbole d’une détermination sans faille.

Veleno, cinquième album des Pérugins, est là à la fois pour rassurer et démontrer que Fleshgod Apocalypse n’a pas perdu le fil de son développement artistique. Un album qui fait honneur à la culture italienne mais alerte également sur la nécessité de préserver notre lien à la nature (et à notre nature), et de lutter contre l’empoisonnement que l’homme s’inflige à lui-même. Nous en parlons avec Paoli qui n’est pas avare en réponses développées…

« Comme j’ai toujours composé les chansons et géré tout le côté créatif derrière le groupe, c’était l’occasion pour moi d’aller plus directement au contact des gens, d’avoir un lien plus proche, sans avoir quelqu’un qui parle à ma place, sans intermédiaire. […] Parfois, les pires choses deviennent les meilleures. »

Radio Metal : En 2017, le 10 octobre, Fleshgod Apocalypse a annoncé le départ du frontman Tommaso Ricardi « pour raisons personnelles », déclarant que « la séparation n’a pas été sans douleur ». Ce fut une surprise car Tommaso semblait bien impliqué dans le groupe. Du coup, que s’est-il passé concrètement ?

Francesco Paoli (chant, guitare & batterie) : C’était un changement assez rapide. Il voulait simplement davantage se concentrer sur sa famille et sur des choses personnelles. Aucune rancœur. Si on ne peut pas se donner à cent pour cent, si on ne s’intéresse plus au groupe et à son évolution, alors c’est normal de vouloir partir. Le plus important pour nous est que j’ai fondé ce groupe en m’attendant à ce que les gens avec qui je collabore soient à cent pour cent motivés par le groupe et qu’ils lui soient dévoués. Donc si on commence à ressentir autre chose et à avoir d’autres attentes dans la vie, si on a envie d’arrêter de tourner pendant un temps, je le respecte totalement, et chacun est libre de faire ce qu’il veut. Il a voulu partir et nous l’avons laissé partir. Nous sommes toujours amis, pas de problème. Ceci nous a donné l’occasion de changer la dynamique au sein du groupe. J’ai eu l’occasion de revenir au chant et à la guitare, c’était la chose la plus naturelle à faire. C’est aussi l’opportunité pour moi de redevenir ce que j’étais à l’origine dans ce groupe. D’une certaine façon, la boucle est bouclée. C’est bien. La même chose s’est produite avec Cristiano, même si c’était une transition bien plus longue, car il a commencé à penser à partir plus tôt, il voulait avoir plus de temps, et surtout il ne voulait plus tourner, il en avait marre des tournées, donc il nous a présenté Fabio [Bartoletti], qui est un tueur à la guitare. Ça fait maintenant deux ans qu’il est avec nous. Et c’est tout. Nous avons changé le line-up, mais pour le meilleur, je pense.

Est-ce que tu veux dire que vous l’aviez vu venir dans le cas de Cristiano mais que pour Tommaso ça vous a davantage pris par surprise ?

Cristiano a pris plus de temps à se décider. Déjà quand nous étions en train de composer King, il se demandait : « Je ne sais pas si j’ai envie de partir… » Il savait que nous allions jouer environ cinquante concerts pour King, et si on n’est pas à cent pour cent dedans, ça devient vraiment très dur. Donc il a commencé à réfléchir, et nous avons progressivement trouvé Fabio. Il a été intégré au line-up. Début 2017, Fabio jouait déjà tous les concerts avec nous, sans problème. En ce qui concerne Tom, c’était différent, car il a pris sa décision en très peu de temps. Je ne sais pas exactement combien. Il songeait à changer de vie, et donc ça s’est fait un peu du jour au lendemain. Les gens sont différents, donc leur manière de penser et d’agir est différente. Aucun drame, pas de problème – il a des fils, une fille, et il voulait rester à la maison avec son épouse, et c’est tout. Tant mieux pour moi ! [Rires] Car après dix ans, je peux enfin faire ce que je voulais faire !

Qu’est-ce que tu veux dire par là ?

Quand j’ai commencé le groupe, j’étais le chanteur et le guitariste du groupe ; j’ai fait Oracles en tant que chanteur et guitariste. Puis nous avons trouvé ce compromis, en me mettant à la batterie ; j’ai commencé à apprendre la batterie et à jouer de la batterie, car nous n’avions pas trouvé de batteur, et Tomi était un très bon chanteur, un très bon guitariste, il était à fond dans le groupe. Donc, nous avons commencé à faire ça, mais au tout début nous pensions que ça allait être temporaire. Puis il s’est avéré que je jouais la batterie et tout le monde aimait, le groupe se portait bien, et nous avons continué à produire des albums, donc nous avons pensé : « D’accord, continuons », et nous avons fini par faire ça pendant huit ans. Mais quand Tomi est parti, j’ai vu ça comme une opportunité pour me remettre à faire ce que je voulais faire depuis le départ. J’adore jouer de la batterie, et je suis très reconnaissant envers tous les gens qui m’ont soutenu au fil des années en tant que batteur, mais à la fois, je voulais trouver une nouvelle façon de m’exprimer en tant qu’artiste, et comme j’ai toujours composé les chansons et géré tout le côté créatif derrière le groupe – j’ai toujours mené le groupe en coulisse –, c’était l’occasion pour moi de faire quelque chose de plus direct, pour aller plus directement au contact des gens, d’avoir un lien plus proche, sans avoir quelqu’un qui parle à ma place, sans intermédiaire. Aujourd’hui, c’est bien plus facile pour moi. Je suis très content que ça soit arrivé. Parfois, les pires choses deviennent les meilleures.

Tu veux donc dire que tu étais un peu frustré d’être le batteur du groupe durant toutes ces années ?

Pas frustré, car j’adorais ça, mais au tout début, au moins, c’était une sorte de compromis. J’étais là : « D’accord, je vais jouer la batterie en live si vous me laissez écrire la musique, composer les chansons et prendre en charge la partie artistique. » Le vrai désir que j’ai en moi, c’est celui de composer de la musique, je veux écrire les chansons. Simplement, je suis un compositeur, et je voulais tellement faire ça, mais on ne peut pas le faire sans un line-up ; si on n’a pas de line-up cohérent et stable, on ne peut pas avoir de groupe, on ne peut pas vivre d’un groupe. On ne peut pas produire de chanson et avancer avec un groupe sans un line-up. C’était le compromis : « Je serai le compositeur, je me chargerai de tout ce qui est artistique dans le groupe – moi seul au début, puis avec Francesco Ferrini ensuite quand il a rejoint le groupe en 2010 – et live, je jouerai la batterie car j’aime bien, j’apprécie de faire ça. » Donc, ce n’était pas frustrant, mais à la fois, c’est comme ça que ça a commencé et c’est comme ça que ça a continué, donc je continuais à écrire la musique, à enregistrer les guitares sur les albums, mais en jouant la batterie en concert. Maintenant, j’ai l’occasion de parler, de chanter, de crier mon point de vue. Pour moi, artistiquement parlant, c’est bien plus intéressant que de jouer de la batterie. Et nous avons pensé : « Pourquoi pas ? C’est bien mieux que tu reprennes ce poste au lieu de chercher un inconnu et lui donner le rôle de frontman, qui est un rôle qui requiert une grande dévotion. »

« Nous ne sommes plus les mêmes personnes qu’il y a dix ans. Nous avons fait Oracles, nous l’avons apprécié et puis nous sommes passés à autre chose. Il faut comprendre cette progression, cette amélioration, cette maturité différente et ces différents besoins que l’on a en tant que musiciens. »

Pour moi, c’était une bonne solution, et tout le monde l’aime bien, surtout les fans. Les retours démontrent que tout le monde embrasse ce changement. Nous recevons des compliments où que nous aillions, et tout le monde nous adore avec ce line-up, et ça me touche énormément. Quand ce changement de line-up est survenu, c’était vraiment un mauvais moment pour le groupe, car nous ne savions pas ce qu’il allait se passer. Aujourd’hui, c’est facile d’en parler, car nous avons un nouvel album, tout le monde adore, nous avons les meilleures chroniques qui soient, tout le monde est super content du nouveau line-up, nous vendons toutes nos places de concert aux US. C’est facile aujourd’hui, mais à l’époque, c’était genre : « Merde, c’est fini ! Les gens ne vont probablement plus nous aimer, ils ne vont plus nous suivre. On perd l’un des membres les plus importants, on réarrange les choses, on change tout, et ce changement sera destructeur pour le groupe. » Donc, à l’époque, c’était très effrayant, et c’était délicat. Mais au bout d’un moment, nous avons commencé à jouer live et à observer les réactions des gens, nous avons commencé à apprécier y compris l’environnement interne au groupe. La relation entre les membres s’est améliorée, car tout le monde était content de partir en tournée, tout le monde était content de jouer live et bla-bla-bla. Une chose à la fois, nous avons continué, nous avons écrit l’album, et maintenant nous vivons l’une des meilleures périodes dans la carrière du groupe. Donc je suis très content.

Etais-tu confiant en reprenant ce rôle de frontman dans le groupe, presque dix ans après l’avoir quitté et être resté à œuvrer au fond de la scène ?

Non, je faisais au froc, mec ! [Rires] Niveau jeu de guitare ou chant, pas de problème, mais parler aux gens, les divertir, c’était difficile. Au tout début, j’étais nul, et les gens m’ont aidé. Nous avons commencé en Amérique du Sud avec ce nouveau line-up, et j’ai vraiment été aidé par le public. Dès que je merdais avec l’anglais ou dans ma prestation, ils étaient compréhensifs, ils étaient dedans, ils me pardonnaient tout, chaque erreur. C’était super, ça m’a donné une grande confiance en moi. Je n’ai cessé de travailler là-dessus, et maintenant tout est naturel, très facile, et j’adore. Je n’ai pas trop à penser au concert. Tout est bien plus naturel – ce que je pense, je le dis, c’est très simple. Mais il m’a fallu une année pour me remettre à niveau là-dessus. Tommaso a pu s’améliorer graduellement, durant huit ans. Alors que moi, c’était : « D’accord, tu reprends ce rôle, on te balance sur scène, tu as un micro devant toi, et il faut que tu parles à cinq cents personnes, et même plus en festival où les spectateurs sont plus nombreux, et tu ne sais pas quoi dire ! » [Petits rires] Donc c’était horrible au tout début, mais tu fais le premier concert, et tu vois la réaction des gens et leur énergie s’intensifier, et alors tu oublies toutes tes peurs et ta paranoïa, et tout se passe bien, c’est magique. Mais au tout début, c’était putain de stressant.

Pour le moment, le guitariste lead Fabio Bartoletti et le batteur David Folchitto sont considérés comme des musiciens de session pour le live. Qu’est-ce qui te fait hésiter à intégrer de nouvelles têtes dans le groupe ?

C’est plus lié à des coïncidences qu’à de réelles volontés. Par exemple, Fabio a joué les solos sur l’album. Comme je l’ai dit, quand Cristiano est parti, c’était bien plus graduel, donc c’était facile, d’une certaine façon, d’impliquer Fabio. Mais dans le cas de Tommaso, ça s’est fait du jour au lendemain, et quand c’est arrivé, nous avions peur, nous ne savions pas quoi faire. Et nous en avons parlé, y compris avec le management, et tout le monde disait : « On devrait rester un trio, car c’est très risqué de nos jours d’intégrer de nouveaux gars qui débarquent, jouent durant deux tournées, puis repartent. Donc avant d’avoir un line-up stable, un nouveau line-up officiel, on doit tester des gens. » Mais nous n’avons pas embauché des gens parce qu’ils sont talentueux, ou célèbres sur Instagram, ou parce qu’ils ont une communauté sur YouTube – nous nous en fichons. Nous faisons appel à des gens que nous apprécions dans la vraie vie, pas juste sur scène. Nous sommes amis avec ces gens. David Folchitto était mon professeur. Il était dans un style différent, donc il lui a fallu du temps pour s’améliorer et jouer dans le groupe, mais je m’en fichais, car j’aime beaucoup jouer avec lui et le groupe était plus soudé, même s’il fait certaines choses différemment. Il s’améliore constamment, et maintenant il est super en place, et tout est hyper solide niveau batterie.

Pareil pour Fabio, qui est un mec adorable, un guitariste super talentueux, mais aussi c’est très sympa de partir avec lui en tournée. Nous avons pris ces deux gars et, sait-on jamais, ça pouvait ne durer qu’un mois. Au final, ça a fonctionné, l’alchimie était là, nous étions de plus en plus en place et carrés avec ce nouveau line-up, et nous allions presque les officialiser. Mais finalement, nous avons tout fait, niveau promotionnel, etc. en trio, donc nous nous disions : « Attendons un peu plus, on fera tout à trois pour cet album, et ensuite, si tout fonctionne bien durant la promotion du cycle d’album, on les annoncera comme membres permanents. » Je suis convaincu que c’est ce qui va se passer, ce n’est qu’une question de temps. Ils font partie de la famille, nous ne les traitons pas comme des musiciens de sessions ou je ne sais quoi, ils font partie du groupe comme tout le monde avant eux. C’est juste une histoire d’officialisation, de presse, qu’un véritable sujet pour nous.

Vous avez beaucoup tourné depuis l’annonce du départ de Tommaso, et la tournée a eu lieu presque immédiatement. En fait, vous aviez même donné deux ou trois concerts avec ce nouveau line-up avant même de faire le communiqué. Les gens n’étaient-ils pas surpris de découvrir ce nouveau line-up sur scène ?

Ils n’étaient effectivement pas au courant. Nous nous sommes dit : « Faisons le communiqué quand on partira. » Tu sais comment la presse fonctionne : certains webzines ont sorti l’info plus tôt, d’autres plus tard, et parfois les gens ne sont pas tout le temps sur internet, à se renseigner sur la dynamique au sein de Fleshgod [petits rires]. Donc ils étaient là : « Bordel de merde, est-ce que c’est le batteur qui chante ? » Ils étaient surpris, mais l’info était déjà en ligne presque dès que nous avons commencé à jouer, ils pouvaient se renseigner et découvrir le changement. Quand nous sommes partis en Amérique du Sud, tout était clair. J’ai donné les premières interviews et tout là-bas en tant que frontman, mais très peu de temps s’est écoulé entre le départ de Tomi et ce nouveau line-up. Imagine, nous avons joué le dernier concert avec lui au Brutal Assault, en République tchèque, c’était mi-août, et ensuite à la mi-octobre, nous jouions déjà en live avec ce nouveau line-up, donc nous avons tout réarrangé en deux mois. David a fait un super boulot, car il a dû soudainement apprendre toutes les chansons. J’ai moi aussi dû apprendre un paquet de trucs, mais pour un batteur, c’est plus dur.

« Nous avons fait un pas en avant, car Veleno est différent. Et si c’est différent, on peut l’aimer plus, on peut l’aimer moins, on peut même ne pas l’aimer, mais malgré tout, ça n’est pas la même chose, ce n’est pas une formule qu’on applique. »

Vous avez filmé votre premier DVD live à Pérouse, en Italie, en septembre dernier. Pourquoi avoir décidé de faire ça maintenant, juste après un changement de line-up aussi drastique, et alors que le nouveau line-up n’est pas encore totalement stabilisé ?

A cause de ce qui s’est passé, nous voulions prouver aux gens que nous pouvions être encore meilleurs ! [Petits rires] Nous étions là : « D’accord, on sort un nouvel album, mais le line-up n’est constitué que de trois personnes, et ils savent que je vais jouer la batterie sur l’album, ils savent que je vais jouer les guitares sur l’album, sauf les solos, évidemment… » Et quand nous avons pris la décision, tout était très fragile : nous tournions, nous faisions des concerts, mais ce nouveau line-up n’avait pas été présenté aux gens comme il faut. Nous avions planifié de faire ce DVD avant le changement de line-up, et nous nous sommes demandé : « Pourquoi est-ce qu’on devrait l’annuler ? Parce qu’on change de line-up ? Non, faisons-le et montrons à tout le monde qu’on peut faire mieux, on est encore plus raccords et solides qu’avant. » Voilà pourquoi nous avons voulu le faire. Puis nous avons fait ce concert, il y avait environ mille personnes, tout était super, et nous avons eu l’opportunité de jouer avec un quintet à cordes. C’était tout simplement magique. C’était super de le faire chez nous. Jouer dans sa ville d’origine, c’est délicat, on ressent une pression vraiment étrange – je ne sais pas pourquoi. C’est compliqué. J’étais très stressé au début, et ensuite, je me suis dit : « Oh putain, tout fonctionne bien, tout va bien. » C’était une soirée parfaite. C’était super de la filmer afin de montrer que le groupe est toujours vraiment en forme et motivé. Nous visons plus gros, nous avons des objectifs qui ne sont plus aussi distants, comme par exemple jouer avec un orchestre, jouer dans de grands festivals à de meilleures positions, tout ça commence à nous être accessible, et nous sommes prêts. Ce DVD, ce concert, le démontre à cent pour cent.

Ça veut aussi dire que vous n’avez jamais immortalisé la précédente incarnation du groupe en live qui a pourtant vécu le plus longtemps.

Nous avons quelques trucs non officiels, nous avons filmé certains concerts, nous avons fait le Wacken, mais ce n’était pas comme un concert en tête d’affiche. Ce sont surtout des festivals qui nous filment et on se retrouve avec des chansons sur internet, c’est tout. Mais pour ce genre de choses, qui nécessite une plus grosse organisation et production, c’était la première fois. Nous avions prévu de faire ça après King, or nous ne savions pas à ce moment-là que le line-up changerait. Puis, tout d’un coup, c’est arrivé. Je suis désolé pour Cri et Tomi qu’ils n’aient pas eu l’occasion d’être dans une sortie live officielle du groupe, mais ce n’est pas moi qui ai choisi.

Le nouvel album, Veleno, a donc été conçu avec le groupe étant un trio, si on compare au précédent album King. Du coup, quelle différence est-ce que ça a fait ?

Aucune, car tous les albums ont été réalisés par moi ou par moi et Francesco Ferrini. Donc, niveau composition, rien n’a changé. La seule chose qui a changé est la voix, que je ne faisais que doubler sur les albums précédents, ou bien je faisais juste quelques voix supplémentaires ici et là, alors que sur cet album je suis le chanteur principal. C’est tout. Donc, Paolo [Rossi] fait le chant clair et la basse. J’ai toujours fait la guitare, j’ai toujours écrit les solos et Cristiano les jouait, donc c’est la même histoire ici, j’ai écrit les solos et Fabio les a joués. Le piano est l’œuvre de Francesco, comme toujours depuis Oracles, et depuis Agony il travaille sur toutes les orchestrations. Et tout le reste, je l’ai toujours écrit et enregistré, donc aucun problème. Donc rien n’a changé. La différence entre cet album et les précédents, c’est juste notre évolution naturelle en tant que compositeurs. Nous voulions trouver un meilleur équilibre entre la partie orchestrale, la partie symphonique, et la partie metal, et je pense que nous avons trouvé un meilleur mix cette fois. Aussi, il reflète bien mieux le feeling et l’atmosphère que nous mettons en place en live, car le groupe est bien plus agressif, bien plus heavy qu’avant, grâce également à ce changement de line-up, donc c’est plus proche. Rien n’a changé niveau composition, mais ce nouvel album, Veleno, est très proche de ce qu’on ressent quand on vient nous voir en concert.

Est-ce que, pour toi, le défi principal de Fleshgod Apocalypse, c’est cet équilibre à trouver entre la partie orchestrale et la partie metal ?

C’est un gros défi. Ça a probablement été l’une des choses les plus compliquées à faire. En théorie, ces deux mondes sont très éloignés, mais sous certains aspects, ils sont très proches. En ce qui concerne la composition et l’orchestration, en termes d’ingénierie sonore, c’est une question de fréquence ; c’est délicat à mixer, à composer comme il faut, puis d’aller en studio, laisser l’ingénieur travailler et obtenir de bons résultats. C’est venu avec l’expérience. Plus nous avancions, plus nous trouvions des solutions, et nous nous améliorions en tant que compositeurs et producteurs. Aussi, cette fois, nous avons voulu donner une plus grande importance au piano et aux instruments acoustiques. C’est pourquoi nous avons enregistré un quintet à cordes, nous avons un vrai chœur, des instruments spéciaux comme de la mandoline, de la cornemuse, etc. Nous avions des musiciens spécifiques pour tous ces instruments. Et puis nous avons fait des percussions live… Donc tout était bien plus acoustique. Je trouve que Jacob [Hansen] a fait du super boulot de production, car nous avons un album très puissant et très solide. Il y a toujours tous les détails mais, à la fois, c’est un peu plus centré sur les guitares et un peu plus agressif. Nous avons un son puissant et lourd qui manquait un peu plus sur les deux derniers albums.

« Nous invitons les gens à vivre en écoutant leur raison, en étant rationnels, en réfléchissant à ce qui va se passer. Il faut apprécier la vie et lui donner un sens, et non céder à la peur ou à l’autodestruction parce qu’on ne trouve pas la force d’affronter la réalité. »

Tu as déclaré que ceci est l’album le plus spontané que vous ayez jamais fait. D’un autre côté, la musique de Fleshgod Apocalypse n’a jamais semblé très propice à la spontanéité, vu comme c’est orchestré et complexe. Je sais que vous avez toujours été très méticuleux par rapport à chaque petit détail et parfois même maniaques car vous recherchez la perfection autant que possible. N’est-ce pas antinomique avec le fait d’être spontané ?

Voilà le truc : la spontanéité vient avec la méthode utilisée pour composer. Laisse-moi être plus précis : nous avons toujours fait de la musique spontanée, nous avons toujours été super honnêtes avec ce que nous faisions. Comme tu l’as dit, nous avons toujours essayé d’atteindre la perfection, en étant maniaques et méticuleux pour obtenir le son parfait, la note parfaite, etc. Nous sommes des geeks, je dirais, en ce qui concerne la composition. Ça a toujours été comme ça. Mais le problème est l’inspiration. Si tu écris dans une certaine période de temps, comme nous le faisions avant – nous tournions, faisions une pause et puis nous nous concentrions sur les sessions de compositions sur une période donnée, puis nous allions en studio et ensuite nous repartions en tournée –, ça signifie que toute la musique que tu écris provient d’une période de temps bien spécifique. Ton inspiration est toujours la même, donc au bout d’un moment tu commences à te répéter, car il n’y pas de grand changement en termes de feeling et d’esprit durant cette période spécifique. Disons que tu écris pendant quatre mois, et que durant ces quatre mois, rien ne se passe, car tu es chez toi à composer. Ce qui sort de ta tête te représente toi à ce moment précis. Pour Veleno, c’était totalement différent car nous avons rassemblé de la musique sur une fenêtre de temps de trois ans. Donc ce n’était pas : « D’accord, maintenant, on arrête et on compose de la musique. » C’était plutôt : « D’accord, maintenant j’écris ce riff car je me sens inspiré. » Et plus tard : « J’écris un refrain parce que je me sens inspiré. » Et ensuite : « J’écris cette partie des paroles parce que ce sujet m’intéresse. » Et ainsi de suite.

Donc l’esprit, le feeling était à chaque fois très différent, car certaines chansons ont été faites fin 2016, d’autres début 2018, et on voit tout ce qui a changé entre les deux. Donc chaque chanson, chaque idée, chaque concept de paroles vient avec l’esprit et les sentiments du moment pendant lequel ils ont été écrits, et l’inspiration changeait beaucoup d’une période à l’autre. Voilà pourquoi je dis que c’était plus spontané. Le travail d’arrangement et sur les détails qui est réalisé ensuite est le même que pour tous les autres albums, mais les choses ont été écrites à des moments très différents et nous avons rassemblé toute cette musique. Il y avait énormément de musique et nous avons retenu uniquement les meilleures parties, les meilleures idées. Donc ce qu’on entend est inspiré à cent pour cent ; ce n’est pas comme quelque chose qu’on écrit durant une session. Peut-être que ça a été composé sous la douche, dans l’avion, dans le bus de tournée… On ne sait pas ! L’idée était là, et alors tu gardes l’idée et tu travailles dessus, tu l’arranges et tu la transformes pour en faire une chanson plus tard, mais elle aura toujours en elle la marque du moment où elle a été écrite. Voilà pourquoi c’est bien plus spontané mais également varié. Voilà pourquoi toutes les chansons sont très différentes les unes des autres. Même le style de musique est parfois différent.

D’un autre côté, justement, en étalant la composition sur trois ans, n’aviez-vous pas peur qu’il y ait trop de disparité entre les chansons ?

Oui, mais nous nous en fichions ! C’était l’étape suivante. Nous avons fait King, et le résultat était très proche de ce que nous avions en tête, donc nous nous sommes dit : « D’accord, avec cet album, on a été au maximum de ce qu’on pouvait faire en matière d’opéra. Si on continue, on pourrait faire un petit peu mieux que King, ce serait un petit peu différent, mais ça sonnerait comme une face-B de King. » Ça n’a aucun intérêt artistique, car nous l’avions déjà fait. Pareil avec Oracles ; les gens disent : « Oh, mais pourquoi vous ne revenez pas au son d’Oracles ? » Parce que nous l’avons déjà fait il y a dix ans ! Nous ne sommes plus les mêmes personnes qu’il y a dix ans. Nous avons fait Oracles, nous l’avons apprécié et puis nous sommes passés à autre chose. Il faut comprendre cette progression, cette amélioration, cette maturité différente et ces différents besoins que l’on a en tant que musiciens. Plus on avance, plus on change. Nous avons changé avec Agony en introduisant le côté orchestral, et puis nous avons voulu faire un album super orchestral, super progressif et super compliqué avec Labyrinth, qui était très épique, très atmosphérique, avec cette énorme approche philosophique en redécouvrant ce mythe qui était très complexe. Une fois que nous avions fait ça, nous nous disions : « Pourquoi ne ferait-on pas un vrai opéra avec de vrais personnages, même si comme toujours ça restera métaphorique ? Il faut qu’on le fasse : un opéra complet du début à la fin. » Donc nous avons fait quelque chose de bien plus narratif avec King.

Et ensuite, nous étions là : « C’est quoi la suite ? » Et la suite, c’était : « Pourquoi ne fait-on pas un concept, mais tout en se laissant la possibilité d’intégrer dans l’album le feeling des membres du groupe, les sentiments, l’esprit, de faire transparaître qui on est à un certain moment, l’immortaliser et le dépeindre ? » Nous trouvions que c’était la meilleure façon d’avancer et de nous améliorer. Je pense vraiment que nous avons fait un pas en avant, car Veleno est différent. Et si c’est différent, on peut l’aimer plus, on peut l’aimer moins, on peut même ne pas l’aimer, mais malgré tout, ça n’est pas la même chose, ce n’est pas une formule qu’on applique. « D’accord, King a bien marché, tout le monde l’a aimé, donc il faut faire autre chose dans cette veine car on est dans notre zone de confort. » Nous n’aimons pas procéder comme ça. Nous aimons prendre des risques, explorer, faire des choses différentes. Ça peut marcher pour certains trucs, ça peut ne pas marcher pour d’autres, mais quand même, tant que nous sommes honnêtes et que nous nous reconnaissons dans la musique, dans la proposition artistique, alors ça nous va.

« Je pars toujours explorer, tout en respectant la nature pour ce qu’elle est et en essayant de trouver la paix en moi grâce à la nature, en faisant partie de la nature. »

Et puis ça a le mérite de créer un album plus dynamique, surtout avec une chanson comme « Monnalisa »…

Ouais, « Monnalisa » ou « The Day Will Be Gone », ce sont des chansons très différentes. « Absinth », par exemple, est totalement différente, très étrange. Sinon il y a des choses plus progressives comme « Embrace The Oblivion », ou au contraire très directes comme « Sugar », « Carnivorous Lamb » ou « Fury ». Toutes les chansons sont différentes. Elles proviennent de périodes différentes. Cette variété aide l’auditeur à vivre l’album, à ne jamais s’ennuyer, à toujours trouver de nouveaux détails, de nouvelles choses. C’est bien plus facile à écouter parce qu’il y a toujours quelque chose de nouveau qui arrive. De la partie la plus agressive à la partie la plus épique, ça te mènera à cette atmosphère où tu peux apprécier différents aspects. Si tu es fan de death metal, tu trouveras des choses qui te plairont y compris dans les parties mélodiques, et si tu es branché mélodie, comme nos ballades, les parties gothiques, etc., alors tu pourras quand même apprécier l’agressivité des autres chansons grâce à ce contraste qui est toujours là.

A propos de la spontanéité, est-ce que ton côté plus perfectionniste ou intellectuel ne bataille pas parfois avec ton instinct ?

Non, parce que le côté perfectionniste vient après. Ça peut même être super moche à écouter quand on enregistre au tout début… Disons que tu as une idée, quelque chose te vient en tête, et tu l’enregistres, tu l’écris ou tu le chantes dans ton téléphone portable, peu importe, et c’est vraiment de la merde, car c’est dans ton putain de téléphone que tu chantes ! Ensuite, tu travailles dessus et ça devient une ébauche d’idée. C’est une version brute, très basique. Puis tu attends un petit peu pour voir si ce truc a du sens. Et quand tu réalises qu’il y a du potentiel, tu commences à travailler sur l’arrangement, à développer l’idée. Là intervient le côté perfectionniste. L’attention que tu y mets pendant que tu arranges ou produis tout le truc, et le fait de transformer une simple idée en quelque chose de plus grand, c’est là que tu es perfectionniste. Ce qu’il faut toujours garder en tête, c’est le sens qu’il y a derrière cette idée, cette mélodie, cette progression harmonique ou ce rythme de batterie. Quand tu l’as écrit, tu voulais dire quelque chose. Au final, peu importe ce que tu mets par-dessus, l’arrangement, l’orchestre, la basse, les paroles, qu’importe, l’idée doit porter le même message. Si tu fais ça, alors la chanson sera bonne. C’est comme ça que nous choisissons la musique et vérifions que le processus consistant de partir d’une idée initiale pour aboutir à une chanson fonctionne.

Tu es de toute évidence très influencé par la musique classique. Nous avons récemment parlé à Yngwie Malmsteen, et il nous a dit qu’en fait, « les compositeurs originaux – Mozart, Bach, Vivaldi, Paganini, Tchaïkovski, Beethoven – étaient des improvisateurs », mais ça s’est perdu avec « les musiciens classiques d’aujourd’hui [qui] récitent tout ce qui est sur partition ». Pour lui, c’est une erreur de croire qu’on peut improviser sur du jazz et pas sur du classique. Es-tu d’accord avec lui ?

Je ne sais pas si c’est comme ça à cent pour cent. Je dirais que, bien sûr, toute musique provient de l’improvisation, mais ils écrivaient également la musique, et les gens s’attendaient à entendre la même chose à chaque fois. Donc, ce que j’essaye de dire est que je suis d’accord avec lui quand il dit qu’il faut improviser, suivre l’inspiration, et même en tant que performeurs, probablement qu’ils changeaient des choses pendant qu’ils jouaient, comme n’importe quel musicien, car tu y mets ta touche et celle-ci dépend de ton humeur du jour. Donc c’est probablement vrai. A la fois, je crois fermement qu’il y a les parties écrites et que le musicien doit rester fidèle à ces dernières, car quelqu’un qui joue du Paganini n’est pas Paganini. Paganini, lui, pouvait improviser parce que c’est sa musique, mais si on n’est pas Paganini, alors techniquement on joue la chanson de quelqu’un d’autre. Ensuite, si tu veux improviser, lui donner ton feeling, ça a un autre sens.

Je pense que c’est vrai que tout commence à partir d’une improvisation, d’une expérimentation, mais je suis aussi très reconnaissant que tout ceci ait été écrit sur papier, que les gens aient pu le jouer pendant des siècles et que ce soit venu jusqu’à nous, que nous ayons l’opportunité d’assister à et d’écouter ces symphonies majestueuses et ces opéras. Autrement, si personne n’avait utilisé une méthode pour les reproduire au fil du temps, tout ceci aurait été perdu. Je suis d’accord d’une certaine façon, et pour d’autres raisons, je dirais que dans le metal et plus encore dans la musique classique, il faut rester fidèle aux parties. Tu peux donner ta personnalité à la musique, mais il faut rester fidèle à la partition si tu interprètes le morceau. Si tu veux improviser et changer des trucs, alors d’emblée, tu deviens un compositeur. Nous faisons des reprises ; par exemple, nous avons repris une chanson de Rammstein, et nous y avons mis notre patte, donc nous avons reconstruit la chanson. L’idée initiale, c’est la chanson de Rammstein, nous rendions hommage à un groupe que nous adorons, nous avons répété la chanson plein de fois en salle de répétition, nous nous sommes fait plaisir, car nous aimons la chanson. Ensuite, nous avons improvisé dessus et nous avons créé une nouvelle chanson à partir de la chanson d’origine. Nous avons recomposé et réarrangé la chanson. C’est autre chose.

Tu as déclaré que le fait de « laisser l’inspiration se déverser librement, sans aucune restriction de temps, d’emploi du temps, de son ou de line-up est une toute autre histoire ». Est-ce que tu veux dire que les albums précédents ont souffert de restrictions ?

Oui, je le crois. Car avant, nous étions complètement fauchés. Nous devions trouver une solution pour que ça fonctionne. Et d’une certaine façon, nous avons beaucoup souffert de l’emploi du temps. Les albums et la musique n’ont pas souffert car nous adorons ce que nous faisons, donc nous n’allons jamais sacrifier l’aspect artistique. Tu disais : « Vous êtes perfectionnistes. » Oui, nous le sommes, mais si tu as peu de temps, tu dois être perfectionniste vingt heures par jour. Donc nous avons comprimé une énorme quantité de travail sur une très courte période de temps à l’époque, car il fallait vraiment que nous partions en tournée, jouer et vivre de ça. A la fois, nous ne voulions pas faire de compromis sur la musique et le côté artistique. Nous travaillions dix-huit heures par jour, chaque putain de jour pendant des mois, afin d’abattre énormément de travail en peu de temps. Cette fois, c’était différent parce que King nous a donné l’occasion de tourner, de vivre du groupe sans problème. Nous étions là : « D’accord, maintenant, on peut établir l’emploi du temps, et dire ‘maintenant on est prêt pour le studio. Maintenant on est prêt pour la tournée. Maintenant on est prêt pour ci et pour ça.’ » C’était différent, moins stressant. Mais à l’époque, afin de maintenir la barre haute, d’un point de vue production et artistique, c’était parfois un cauchemar car il fallait travailler nuit et jour pour que tout soit fait dans les temps. C’était réellement compliqué. Donc cette fois, c’était un peu mieux.

« Si tu te promènes et demandes à des Italiens moyens ‘qui a inventé l’opéra ?’ ou ‘qui a fait quelque chose d’important en art ou en science en Italie ?’, la plupart d’entre eux ne savent même pas. Ils s’en fichent. Ils sont bénis d’être italiens, mais à la fois, ils sont complètement ignorants. Ils sont également arrogants parce qu’ils se plaignent tout le temps de ce qu’ils ont. »

Et qu’est-ce que tu entendais par « restriction de line-up » ?

Quand j’ai écrit ça, je faisais probablement allusion au sens des chansons. Par exemple, si tu écris une chanson et veux qu’elle traite d’un sujet très personnel, mais si tu sais que quelqu’un d’autre la chantera à ta place, c’est totalement différent. Tu n’entreras pas dans quelque chose de trop personnel si tu sais que quelqu’un d’autre la chantera à ta place. Donc même lorsque nous réfléchissions au concept ou écrivions les paroles, même lorsque nous partions sur un concept que je proposais, nous avions toujours en tête le fait que Tomi chanterait les paroles. Donc nous étions très métaphoriques, très généraux, ce n’était pas si personnel. Cette fois, c’était différent. Tout, que ce soit le jeu sur l’instrument ou les paroles, avait une cohérence, c’était une chose unique venant de moi ou de Francesco, ou de Paolo. C’était direct vers les gens. L’idée est là, j’écris les chansons sur un certain sujet sur lequel je ressens une forte envie d’écrire, et ensuite je peux les chanter et les crier directement aux oreilles des gens. Il n’y a donc pas d’intermédiaire. Je me sens bien plus libre, surtout quand j’écris les paroles et que je travaille sur une certaine partie, en interprétant de différentes façons. Dans certaines chansons, je chante plus comme si c’était une pièce dramatique, avec un chant plus théâtral. Il n’y a pas que du growl tout le temps. Il y a un plus vaste éventail d’interprétations, et c’est plus facile parce que je chante ce que j’ai écrit. C’est toujours difficile d’interpréter quelque chose que quelqu’un a écrit pour toi.

Tu as déclaré que le producteur Marco Mastrobuono vous a aidés à « repousser [vos] limites une nouvelle fois, à explorer de nouveaux domaines et à découvrir des capacités internes dont [vous n’aviez] pas conscience ». Comment est-il parvenu à faire ça et qu’avez-vous exploré et découvert grâce à lui ?

Il essayait de nous pousser autant que possible à nous dépasser, y compris avec le chant. J’ai toujours fait du growl, je n’ai jamais fait de chant quasi clair, et je n’ai jamais donné dans différents styles, or cette fois, il m’a poussé à le faire. Par exemple, dans certaines chansons telles que « Sugar », « The Day We’ll Be Gone » ou « Monnalisa », j’ai utilisé ma voix de différentes façons et c’était parce qu’il essayait d’explorer ce que je pouvais faire avec ma voix. C’était intéressant. Ou bien avec d’autres choses, comme la batterie, il me poussait à faire les prises les plus longues possible et j’étais là : « Oh, je ne suis plus batteur, je te déteste ! » Mais au final, le résultat était super et je lui en suis très reconnaissant. Même en termes de dynamique, c’était très compliqué avec la batterie. Une chanson comme « The Day We’ll BeGone » était très difficile à enregistrer parce que c’est un style différent. Et avec la guitare, la basse, le chant clair, tout, c’était pareil avec Paolo, les parties de piano aussi… Il était très motivé par le fait d’enregistrer l’album, donc il voulait s’assurer que nous allions nous donner à cent pour cent, que nous donnerions le meilleur de nous-mêmes.

Veleno signifie venin et cet album est un concept à plusieurs facettes. Que mets-tu derrière ce mot ? Quel est ce concept ?

Nous voulions faire une analyse sur la relations entre l’homme et la nature – la nature dans le sens de l’environnement naturel et de la nature humaine, donc ce qui entoure l’homme et ce qui est en l’homme. Nous avons abordé différents sujets. Certains sont très faciles à comprendre, même pas métaphoriques, comme la pollution ou la façon dont l’homme exploite les biens qui nous entourent. D’autres sont plus métaphoriques, pour symboliser les fragilités qu’on a en nous ou la façon dont on use de certains antidouleurs afin de corriger nos problèmes et trouver une forme de soulagement par rapport au fardeau qu’on porte. D’autres sont plus philosophiques, comme la façon dont on construit toute une structure pour essayer de contrôler ce qu’on ne peut expliquer. La nature nous offre la science, elle s’exprime de façon totalement libre, alors on ne comprend pas ce qui se passe et on commence à ériger des philosophies, des religions, des règles, tout pour pouvoir la contrôler, la maîtriser. Techniquement, ceci empoisonne tout. Voilà la raison d’être de Veleno : c’est le terme italien pour « venin » et il y a toujours un poison présent. Ça parle de l’homme et de son auto-sabotage, de son autodestruction, de la façon dont, en quelque sorte, il empoisonne sa relation à la nature.

On essaye toujours de se mettre en zone de confort, d’avoir des certitudes, et parfois ces certitudes sont totalement irrationnelles. Techniquement, on empoisonne la vérité, notre mode de vie, la liberté et la pureté de la vie. Tu es en France, et là-bas vous avez les meilleurs positivistes. En tant que tels, nous mettons toujours la raison au centre de tout. Donc nous invitons les gens à vivre en écoutant leur raison, en étant rationnels, en réfléchissant à ce qui va se passer. Il faut apprécier la vie et lui donner un sens, et non céder à la peur ou à l’autodestruction parce qu’on ne trouve pas la force d’affronter la réalité et de réagir aux mauvais moments qu’on vit naturellement. C’est un petit peu philosophique, un petit peu compliqué, mais il y a un sens profond. Toutes les chansons traitent de sujets différents dans l’album mais l’idée du venin est toujours là. L’empoisonnement est le fil rouge qui relie toutes les chansons de l’album.

Essaies-tu, dans ta vie, de rester proche de la nature et d’entretenir cette relation ?

Oui, j’essaye. Dans tout ce que je fais, j’essaye de renforcer ma relation à l’environnement naturel. Hier, je suis allé en montagne avec un ami. J’adore la montagne et les sports d’hiver, ce genre de choses. Je vais toujours me balader, faire du trekking et grimper en haut des montagnes. Si tu vas sur mon compte Instagram, tu trouveras un tas de trucs en rapport avec ça. Je pars toujours explorer, tout en respectant la nature pour ce qu’elle est et en essayant de trouver la paix en moi grâce à la nature, en faisant partie de la nature. A la fois, j’essaye de respecter les sentiments qui sont une autre manifestation de la nature humaine, de ce qu’on a en nous. J’essaye de ne rien forcer dans ma relation d’amour avec ma femme, j’essaye d’être respectueux envers mon fils et tout le monde, et j’essaye toujours de placer la raison et l’intellect en première position, sans affecter, empoisonner ou entacher cette relation à la nature via des superstructures, d’autres choses extérieures qui ne sont que de fausses vérités, qui sont imposées par d’autres. J’essaye de vivre libre, en respectant les autres et en respectant la nature pour ce qu’elle est. On fait partie de la nature. Il faut prendre soin d’elle maintenant, pour nous-mêmes et pour ceux qui viendront après. On doit être aussi responsables que possible par rapport à ça.

« On doit remercier l’Eglise catholique car ils ont été les plus prolifiques, ils ont payé pour quatre-vingt-dix pour cent de l’art en Europe ! C’est une sacrée part d’intellect et d’art humain. »

Au-delà du mot italien utilisé comme titre, ce concept établit également des liens culturels directs avec votre pays. C’est la première fois que vous mettez en avant votre culture italienne d’une telle façon. A quel point est-ce important pour toi que ce groupe soit ancré dans la culture italienne ?

C’est important parce qu’on a un énorme héritage artistique. L’une des pires erreurs que les Italiens font est qu’ils pensent qu’on vit dans un pays compliqué, pour diverses raisons. Oui, c’est le cas, c’est vrai, mais à la fois, on a beaucoup de chance de vivre ici. On vit dans un des meilleurs et un des plus beaux pays au monde, d’un point de vue nature et culture. On doit en être fiers, on doit le protéger, et travailler dur pour le protéger. Une chose que je voulais exprimer en nommant l’album avec un mot italien est que nous sommes fiers et respectueux de qui nous sommes et de notre héritage artistique. C’était important. C’est pourquoi nous avons une chanteuse d’opéra. Dans l’histoire italienne, on a de grands esprits, de grandes personnalités, qui ont même inventé des choses énormes. On a inventé l’opéra à Florence. L’opéra a été inventé en Italie. Ça a été exporté et c’est devenu européen. C’est super. Tous les opéras allemands, français, autrichiens, etc. sont super, mais à la fois, on l’a inventé en Italie. On est les pères de l’opéra et on doit le respecter. Si tu te promènes et demandes à des Italiens moyens « qui a inventé l’opéra ? » ou « qui a fait quelque chose d’important en art ou en science en Italie ? », la plupart d’entre eux ne savent même pas. Ils s’en fichent. Ils sont bénis d’être italiens, mais à la fois, ils sont complètement ignorants. Ils sont également arrogants parce qu’ils se plaignent tout le temps de ce qu’ils ont.

Je trouve que nous avons beaucoup de chance d’être européens. Nous avons beaucoup de chance d’être italiens, et c’est super d’intégrer nos racines dans quelque chose de plus moderne, c’est-à-dire la musique metal, un nouveau genre. Plus nous le faisons, plus nous participons au progrès et aidons les gens à garder un œil sur leur culture passée et notre patrimoine artistique. C’est comme ce qui s’est passé avec Notre-Dame. J’ai vu un tas de gens enchantés, disant : « Haha, on devrait être contents dans la communauté metal parce qu’une église est en train de brûler ! » Mais je crois vraiment que c’est l’une des choses les plus stupides qui soient. Parce que, oui, on doit remercier l’Eglise catholique car ils ont été les plus prolifiques, ils ont payé pour quatre-vingt-dix pour cent de l’art en Europe ! C’est une sacrée part d’intellect et d’art humain. Evidemment, il y a des gens qui y allaient pour prier mais à la fois, on perd une des meilleures expressions de l’architecture, qui est de l’intellect humain, il n’y a pas de Dieu impliqué là-dedans. On l’a perdue en cinq heures. Heureusement, on peut la reconstruire et la refaire, mais c’est aussi grâce à l’intellect humain et parce que des gens croient toujours fermement que ce genre de choses est important, d’un point de vue culturel, et pour la progression de l’humanité et de la société.

C’est d’ailleurs impressionnant comment les gens ont pu récolter un milliard d’euros en seulement quelques heures afin de reconstruire cette cathédrale.

Ouais, ce truc, je ne sais pas si ça a un rapport avec la religion, mais même si c’était le cas, c’est l’une des bonnes choses dont la religion est capable. Il faut toujours voir le côté positif. Ce qu’on a perdu aujourd’hui, c’est une œuvre d’art, un bout d’intellect humain. Si la religion, les politiciens, les philosophes ou peu importe qui trouvent le moyen de connecter les gens et rassembler l’argent, alors à mes yeux ça a du sens, tant qu’on peut la reconstruire comme une manifestation, une expression de l’intellect humain. Si ça avait été un pont, ça aurait été pareil pour moi, je ne dis pas ça parce que c’est une église. C’est une cathédrale, c’est un œuvre d’art, c’est l’une des meilleures choses que les hommes ont jamais réalisées. C’est le patrimoine de Paris et du monde. On doit travailler et se battre pour la préserver. Si elle brûle, comme c’est arrivé, on doit trouver le moyen de la reconstruire telle qu’elle était, autant que possible. J’essaye de voir le positif dans tout. Si on trouve le moyen de récolter l’argent, alors il faut le faire. C’est un peu dommage que lorsqu’on essaye de récolter de l’argent pour les pays pauvres, on ne trouve pas de solution [rires], mais au moins l’amour de l’art est toujours là.

Puisqu’on parle d’argent, une telle production, avec un quintet à cordes, un percussionniste classique, un chœur baroque et des musiciens qui ont été invités à jouer de la cornemuse irlandaise (Maurizio Cardullo) et de la mandoline (Daniele Marinelli), ça doit coûter un bras. Comment parvenez-vous à financer un tel album et à le rendre viable à une époque où les albums sont dévalués ?

King a très bien marché, et nous avons beaucoup de chance d’être soutenus par un aussi gros et célèbre label que Nuclear Blast. Nous avons trouvé le moyen de le faire. Nous avons eu aussi beaucoup de chance de travailler avec des amis proches. C’est un mélange de coups de main que nous ont donnés des amis et de potentiel économique que nous gagnons à chaque album. Nous sommes très contents de tout. Même la promotion a bénéficié d’un plus gros investissement. Nous en sommes contents. Oui, c’était cher mais je suis convaincu que ce que nous avons accompli et la façon dont nous le promouvrons en tournant, via la presse et d’autres formes de promotion artistique comme les clips vidéo, ça paiera d’une façon ou d’une autre.

Je posais cette question car même Devin Townsend a récemment exprimé des inquiétudes concernant son dernier album qui a coûté la coquette somme de 170 000 dollars…

Wow ! Nous n’avons pas dépensé autant. Lui, il fait tout en studio, ça prend beaucoup de temps, c’est une autre approche. Quand nous allons en studio, nous essayons d’y rester le moins de temps possible, afin d’économiser de l’argent pour le chœur et le quintet. Tout allait super vite, tout le monde était très préparé et a répété la musique, ensuite nous avons été au studio, ils ont enregistré leurs parties et c’était fini. Si tu restes là-bas et y passes du temps pour produire l’album, ça nécessite énormément de temps et, automatiquement, énormément d’argent. Mais pour notre part, nous avons essayé d’organiser les choses autant que possible à l’avance et d’aller en studio quand nous étions sûrs que tout était bien, ensuite nous y allions pour y rester le moins possible. C’est comme ça que nous économisons un peu d’argent. Mais ouais, il a eu un gros budget s’il a dépensé 170 000 dollars. Nous sommes loin d’avoir dépensé une telle somme ! Je ne sais même pas, je crois que pour nous c’est dans les 30 000 à 40 000.

« Je n’ai jamais songé aux difficultés techniques. […] Tu as une vision, tu as une intuition, tu écris quelque chose et ensuite tu trouves le moyen de le jouer. »

Le seul album, précédemment, qui a été enregistré avec toi en tant que chanteur était le premier, Oracles, sorti en 2009. Veleno sort donc presque exactement dix ans plus tard avec une configuration de groupe similaire. Comment comparerais-tu ces deux albums ?

Les deux sont des points de départ. Le premier, parce que c’était le premier album du groupe, donc c’est comme ça que nous avons commencé en tant que groupe. Et celui-ci, même histoire, nous avons changé de line-up, je suis de retour au chant… Je crois vraiment qu’il y a un lien, une sorte de connexion subconsciente. Ils sont proches, même s’ils sont très éloignés dans le temps. Dans Oracles, nous commencions à trouver notre son, avec Veleno, nous sommes un groupe différent, niveau son, mais on ressent toujours l’esprit, l’idée qu’il y a derrière… D’une certaine façon, nous sommes revenus à nos racines avec Veleno. Ils sont donc très, très proches. Entre-temps, nous avons ajouté le côté orchestral, donc évidemment c’est différent d’Oracles, car cet aspect n’était pas très présent dans les chansons, mais le son était déjà là, l’esprit, la personnalité du groupe était là et on ressent toujours cette même personnalité dans Veleno, je crois. On peut tout de suite s’en rendre compte : Oracles et Veleno ont tous les deux le son Fleshgod. C’est un son bien particulier. C’est très personnel. Je pense que c’est le cas parce que, ouais, nous nous sommes améliorés mais, à la fois, nous avons gardé un œil sur les racines et l’origine du groupe, donc nous conservons un lien avec nos premières années.

Quelles étaient votre idée et votre ambition initiales quand vous avez fondé le groupe et sorti Oracles ?

Nous voyions les choses en grand. Nous voulions répandre notre musique autant que possible. Nous avons enregistré un album et ensuite nous avons tourné dès que possible. Nous avons beaucoup travaillé pour développer le groupe et même les concerts, le côté théâtral… Nous avions tout en tête mais nous ne savions pas comment faire. Tu aspires à quelque chose, tu as une vision, et rien qu’en faisant, tu rencontres de plus en plus d’opportunités pour te développer et t’améliorer. Au final, après toutes ces années, nous n’avons pas dévié de notre chemin, nous travaillons toujours pour atteindre à chaque fois quelque chose de plus gros. Donc nous avions en tête cette envie de faire quelque chose de gros avec le groupe. Nous avons beaucoup grandi depuis les premières années mais, selon nous, le meilleur est encore à venir. Nous travaillons pour atteindre quelque chose de meilleur encore dans le futur.

La musique de Fleshgod Apocalypse est complexe, elle nécessite de grandes capacités techniques. Comment es-tu parvenu à maîtriser tous ces instruments ? Tu es guitariste, batteur, vocaliste…

Je ne sais pas, je me contente de le faire. J’essaye de faire ce qu’il faut pour la musique. La musique est la priorité. Je n’ai jamais songé aux difficultés techniques. Je me dis toujours qu’on peut apprendre la technique pour faire quelque chose, et tant qu’on se forme à cette technique, qu’on l’acquiert, on offre à notre imagination davantage d’opportunités de s’exprimer. Donc, pour ma part, le principal est que j’ai une idée, j’écris une chanson et ensuite j’apprends à la jouer, et ça te pousse à t’améliorer en tant que musicien également. Je crois que c’est l’opposé de ce que tout le monde pense. Ce n’est pas : « D’accord, je peux jouer ça, donc je vais écrire cette musique. » C’est différent : tu as une vision, tu as une intuition, tu écris quelque chose et ensuite tu trouves le moyen de le jouer. Donc c’est l’inverse.

A l’origine, tu es batteur ou bien guitariste ?

Je suis guitariste. J’ai commencé à jouer de la batterie en 2009 quand c’est devenu nécessaire. Nous ne parvenions pas à trouver un batteur, donc j’ai commencé à jouer de la batterie et j’en jouais tous les jours pendant quinze heures, et j’ai fait ça pendant six mois. Ensuite, nous avons commencé à partir en tournée et pendant des années j’étais nul. Puis je n’ai cessé de m’améliorer. J’ai commencé à être bien en place et, durant quatre ou cinq ans de notre carrière, nous étions très solides en live, ensuite le changement de line-up est intervenu et j’ai de nouveau changé de rôle.

Tout le monde n’est pas capable de faire ça…

Si tu as un objectif en tête, si tu travailles dur pour ce que tu veux faire, si tu estimes que c’est ta raison d’être et que tu crois en ce que tu fais, alors tu peux tout faire. C’est dans la tête que ça se passe, ce n’est pas physique, jamais. Il faut croire en ce qu’on fait. Quand tu trouves le moyen de te mettre dans un certain état d’esprit, alors tout vient facilement. D’autres fois, c’est bien plus compliqué parce que tu n’es pas dans l’état d’esprit, et alors tu peux essayer de t’entraîner autant que tu peux, tu n’obtiens aucun résultat. C’est d’abord psychologique. Quand tu as en tête un objectif à atteindre, c’est parfait ! Alors il faut y travailler. Et il faut y croire. Il faut croire en ta capacité de progrès. Quand tu ne vois pas d’amélioration, il faut prendre ça pour ce que c’est… Il y a des hauts et des bas. Quand c’est un haut, il faut garder tes putains de pieds sur terre, et quand c’est un bas, il faut se dire que demain ça marchera mieux, qu’il faut travailler plus.

Est-ce que le fait de devenir batteur a aidé ta composition ? Car le batteur a cette place centrale dans un groupe…

Assurément, ça aide beaucoup. J’ai dit que j’avais commencé la batterie en 2009 mais, en fait, ce n’est pas tout à fait vrai, car j’ai commencé à physiquement jouer de la batterie en 2009 mais j’étais déjà depuis longtemps fasciné par la batterie et je voulais découvrir l’instrument. Donc je visionnais plein de vidéos de batteurs et autres. YouTube était en train d’exploser à l’époque, donc c’était facile de trouver de nouvelles informations et tout. En 2009, j’ai mis en pratique ce que j’avais appris précédemment et ensuite j’ai continué à apprendre, et maintenant, est-ce que j’estime que ça aide ma composition ? Oui. C’est très bien d’avoir la chance de jouer de différents instruments quand on écrit des chansons, car on peut mieux les arranger.

Est-ce que tu conseillerais les musiciens qui ne sont pas batteurs d’apprendre la batterie ?

Peu importe. Si ça les branche, qu’ils le fassent. Il n’y a pas de limites, d’âge… Il faut suivre son instinct. On peut même apprendre à écrire les parties de batterie sans jouer de la batterie. Il faut juste passer du temps à comprendre ce qui se passe à la batterie et dans la tête d’un batteur, et alors on peut utiliser ce savoir afin d’améliorer notre travail de composition.

Interview réalisée par téléphone le 25 avril 2019 par Nicolas Gricourt.
Retranscription : Julien Morel & Adrien Cabiran.
Traduction : Nicolas Gricourt.

Site officiel de Fleshgod Apocalypse : www.fleshgodapocalypse.com

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