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Chronique   

Tremonti – Dust


Tremonti - DustAprès presque un an d’attente, la suite de l’œuvre de Mark Tremonti s’offre enfin aux oreilles impatientes de voir le grand dessein du guitariste achevé. Le premier volume du double album, Cauterize (2015), avait convaincu quant aux capacités de chanteur de Mark Tremonti et son aisance à naviguer entre gros rock US et ses influences speed metal. Dust vient conclure le projet en proposant une nouvelle dizaine de titres issus de la même session d’enregistrement que son aîné. Mark Tremonti l’a répété plusieurs fois : Dust n’est pas une « face B ». Force est de constater qu’on ne peut lui donner tort.

Ce Dust ne va pas surprendre ; son ADN est logiquement identique à celui de Cauterize en tous points. Il fait écho au précédent jusque dans l’artwork, représentant la terre dévastée après le passage du monstre présenté sur la pochette de Cauterize. Tremonti continue d’officier dans un registre plus lourd et puissant que celui développé avec Creed et Alter Bridge sans jamais vraiment s’essouffler ou caricaturer les genres. Surtout, Tremonti se révèle être un songwriter très accrocheur, en témoigne le titre éponyme « Dust », power-ballad qui magnifie les canons du rock US avec un refrain chanté complètement débridé. Pour ce qui est du solo, personne n’est dupe : le guitariste n’a rien perdu de sa superbe (« The Cage », entre autres…). On retrouve cette culture du riff agressif sans concessions à l’image de « Betray Me » ou de « Once Dead » et de ses consonances thrash. Tremonti use (et abuse ?) du même procédé, à savoir enchaîner la rugosité des plans avec un refrain FM qui ferait effectivement pâlir Corey Taylor. La réussite réside dans le fait qu’on ne s’en lasse pas vraiment. En outre, les compositions sont arrangées au millimètre, les artifices sont simples et diablement efficaces. « Tore My Heart Out » illustre toute la facilité qu’a Tremonti à faire évoluer ses mélodies de manière complètement naturelle sans jamais perdre en intensité.

Le parallèle le plus marquant avec Cauterize reste l’importance que prend la voix de Tremonti sur l’ensemble des titres. Ce Dust confirme une chose : l’artiste embrasse pleinement son rôle de frontman, surtout lorsqu’on sait qu’il refuse de composer quoi que ce soit qu’il ne pourra reproduire en live. Dust, à l’instar de Cauterize, évite de tomber dans l’écueil d’album de « guitar hero ». La voix et la mélodie sont la colonne vertébrale de toute l’instrumentation, y compris lorsque la composition implique quantité de variations rythmiques et de riffs à l’image de « Catching Fire ». Tremonti ne perd jamais de vue l’objectif qu’il s’est imposé, à savoir accrocher l’oreille des gens et faire du refrain son arme principale. Le chant de « Never Wrong » a justement des airs d’Alice in Chains, ce qui n’est pas pour déplaire. Dust donne l’impression d’un travail académique parfaitement cadré, parfaitement exécuté et inspiré. Une confirmation de ce que Cauterize laissait penser : Tremonti sera bel et bien une valeur sûre et un modèle de classe pour le heavy rock US.

Ceux qui possèdent Cauterize n’ont aucune excuse pour ne pas se ruer sur Dust suivant une raison très simple : c’est son frère jumeau. Le double album de Tremonti apparaît comme extrêmement cohérent, peut-être à la limite de la redondance diront certains. Certes, la musique proposée n’offre pas de quoi s’extasier outre mesure et donne très vite l’impression d’un classique – au sens de « traditionnel » – du genre. Mais elle joue pleinement son rôle divertissant. En réalité, Dust est une véritable « autoroute » : les titres s’enchaînent sans peine, les refrains captivent et font mouche. Le grand public s’y retrouvera sans forcer, les amateurs de metal plus chevronnés auraient tort de se priver d’un artiste qui sait conjuguer toutes ses influences pour livrer au final un album aussi prenant qu’agréable.

Les chansons « Dust » et « The Cage » :

Album Dust, sortie le 29 avril 2016 via Fret 12.



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  • Blood Of Christians Under My Atheist Bullets dit :

    J’aime beaucoup la pochette (c’est ma propre interprétation) : les chaînes et le visage apparaissant du Christ me font penser à l’esclavagisme causé par la religion.

    [Reply]

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