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Chronique   

Trepalium – Voodoo Moonshine


Il faut juste savoir regarder. Si d’aucuns se plaignent que le metal est un genre musical qui a tendance à se prélasser avec de trop rares innovations, certains y travaillent. Trepalium y parvient. Soyons honnêtes, le groupe a choisi de faire un véritable pied de nez au présumé sectarisme régnant dans la composition d’une musique qui a désormais en France de solides représentants : des véritables musiciens que la Klonosphère ne cesse de promouvoir quand d’autres les ignorent. H.N.P. (2012) était d’une efficacité rare; l’art du riff, le véritable riff, parfaitement maîtrisé. Ce nouvel EP de 6 titres actuellement en écoute intégrale sur le site Metalorgie, Voodoo Moonshine, a ce petit cachet d’orfèvrerie.

Il est plaisant de constater à quel point l’esthétique vaudou de l’EP est en parfaite symbiose avec la musique délivrée par le groupe. L’originalité première de l’ouvrage réside dans la fusion d’un death metal tranchant, claquant et groovy et du jazz swing et boogie-woogie des années 1930, singularité que la formation disséminait et appuyait plus ou moins déjà ici et là dans ses albums passés mais qu’il pousse ici dans un paroxysme conceptuel. L’accord jazz se trouve intégré au sein même des riffs à l’instar de « Damballa’s Voodoo Doll ». Les interventions de piano sont fréquentes : dans l’incipit même de l’EP, « Moonshine Limbo », qui place l’auditeur dans une « rixe de saloon », l’introduction de « Possessed By The Nightlife » ou même l’interlude du très riche « Blowjob On The Rocks ». Surtout, que dire de l’utilisation de cuivres ? La prouesse est ici : ils donnent une teinte aux riffs qui en font des véritables introductions aux Late-Shows américains. Notons la pertinence de la participation de Mathieu Metzgler, saxophoniste de Klone, et l’inénarrable Joseph Duplantier (Gojira) dans « Damballa’s Voodoo Doll ». Le refus de se cloisonner dans un seul genre musical apporte nécessairement la comparaison avec Step In Fluid et « One Step Beyond » (2011) dont Harun Demiraslan, le guitariste du groupe, fait partie. Encore une fois, « Blowjob On The Rocks » illustre à lui seul cette « ubiquité musicale ». Voodoo Moonshine est en soi un véritable argument quant au mélange des genres : les influences ne s’empruntent pas, elles s’appréhendent et s’intègrent.

La brièveté d’un EP peut parfois être salvatrice. Dans le cas de Trepalium, elle pourrait s’avérer frustrante. Pour autant, le propos est intégralement servi. Les six titres sont d’une éloquence rare : le metal est victime d’un préjugé interne comme externe. La musique ne peut pas souffrir de l’isolement et d’un repli sur soi : la culture musicale fait l’œuvre quand le sectarisme discrédite. Trepalium se fait l’avocat de la qualité d’un genre et de la richesse d’une scène à travers Voodoo Moonshine ; une rhétorique parfaite.

Voir le clip de « Moonshine Limbo » et écouter « Fire On Skin » :

Album Voodoo Moonshine, sorti le 6 octobre 2014 chez Season Of Mist/Klonosphere.



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