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Interview   

TRIVIUM : ENTRETIEN AVEC TRAVIS SMITH



Radio Metal : Le dernier album de TRIVIUM, « Shogun », révèle une grande maturité musicale. Es-tu d’accord ? Quelles sont les principales différences entre « Shogun » et « The Crusade » ?

Travis Smith (batterie)
: Il y a de nombreuses différences, à commencer par l’écriture des chansons. On ne peut même pas comparer ces deux albums tant ils sont diamétralement opposés. On peut aussi entendre notre façon de composer évoluer. Nous avons beaucoup travaillé nos instruments et la façon dont nous écrivons des chansons, notamment en intégrant des parties plus heavy et des refrains plus accrocheurs. Si on ne s’améliore pas, c’est que quelque chose ne va pas. Pour nous, c’est une évolution naturelle. Nous comptons devenir de meilleurs musiciens et de meilleurs compositeurs car nous jouons et composons tous les jours.

Peut-on dire que « Shogun » est le premier « classique » de TRIVIUM ?

Je ne sais pas. Comment peut-on qualifier un album de « classique » tant que 15 ou 20 ans ne se sont pas écoulés ? Nous verrons avec le temps. Avec un peu de chance, nous serons toujours d’actualité dans 15 ou 20 ans. Nous voulons tous faire de ce groupe notre carrière à long terme. Si nous pouvons un jour dire que cet album est un classique, alors ce sera une énorme réussite pour nous. Mais il faut laisser du temps au temps. D’ici là, nous allons continuer à tourner et à écrire des albums. Nous espérons que les fans apprécieront et seront au rendez-vous.

Cet album est très épique et contient de nombreux passages mélodiques. Les chansons sont très longues et on peut entendre diverses influences. Ne penses-tu pas que des chansons épiques et très longues puissent surprendre ou choquer vos fans ?

Avec nos derniers albums, on pouvait déjà deviner quelle direction nous allions prendre. La chanson titre, « Shogun », résume un peu ce que nous avons fait avec la chanson « The Crusade », mais nous voulions ajouter des paroles. La chanson se compose de trois mouvements, et les paroles s’adaptent très bien. Tout s’est combiné pour que nous ajoutions des paroles au lieu d’en faire un instrumental, à l’instar de « The Crusade ». A propos de la durée des chansons, certaines auraient pu être beaucoup plus longues si nous n’avions pas supprimé des morceaux entiers. Nous avons dû nous débarrasser de certaines parties trop redondantes. Nous jouons simplement ce qui nous semble bien, et les chansons se font d’elles-mêmes.

Ce soir, vous allez jouer avec SLAYER. Vous avez déjà l’habitude de jouer avec de grands groupes internationaux, ce qui ne peut être qu’une excellente expérience pour TRIVIUM. Tourner avec ces groupes influence-t-il la façon dont tu joues de la batterie ? Par exemple est-ce que le fait de discuter avec Dave Lombardo, batteur de Slayer, a-t-il apporté quelque chose en tant que batteur ?

Nous avons grandi en écoutant SLAYER, IRON MAIDEN, METALLICA ou DANZIG, tous ces groupes avec lesquels nous avons tourné. Les membres de tous ces groupes vivent un rêve, mais ils ont tous travaillé très dur pour en arriver là où ils sont aujourd’hui. C’est extraordinaire de partager l’expérience de ces groupes avec lesquels nous avons grandi en nous disant que ce serait génial de partager un jour la scène avec eux. Concrètement je n’ai pas encore eu la chance de rencontrer Dave Lombardo, le batteur de Slayer, mais j’ai eu l’occasion de le regarder jouer. C’est un batteur phénoménal. Je suis sûr que c’est aussi une personne formidable, mais nous ne nous sommes pas encore rencontrés. C’est formidable de partager la scène avec un groupe avec lequel j’ai grandi. Slayer nous a beaucoup inspirés dans notre musique. Voyager à travers le monde avec nos héros, c’est extraordinaire.



(Travis) : « C’est formidable de partager la scène avec un groupe avec lequel j’ai grandi. Slayer nous a beaucoup inspirés dans notre musique. Voyager à travers le monde avec nos héros, c’est extraordinaire. »


Tu continues donc à apprendre ?

Bien sûr ! On ne peut pas avancer si on n’apprend pas. Il y a toujours quelque chose à découvrir. Il faut continuer à apprendre si l’on ne veut pas jouer la même chose tous les soirs. Les fans n’apprécieraient pas. Il faut se donner à fond et toujours avancer.

En Europe, les médias spécialisés ont tendance à comparer TRIVIUM à METALLICA. La comparaison est très flatteuse, mais ne penses-tu pas que cela montre la difficulté que rencontre TRIVIUM pour prouver que vous avez votre propre identité ?

Nous n’avons jamais essayé de prouver que nous étions capables de faire ceci ou cela. Il suffit de nous voir en concert ou d’écouter nos albums pour se rendre compte que nous n’avons rien à voir avec METALLICA. Effectivement, le groupe nous a influencés, mais c’est également le cas de tous les groupes de cette tournée. Nous apprécions beaucoup la comparaison, car METALLICA est sans doute notre groupe préféré, mais nous n’avons rien en commun.

Quelle relation entretenez-vous avec l’Europe et avec vos fans européens ? Y a-t-il quelque chose de particulier entre vous et ce continent ?

Nos fans se ressemblent quel que soit leur pays d’origine. Ils sont géniaux et viennent à nos concerts pour s’éclater. Tout le monde se réunit pour passer un bon moment. Voilà à quoi se résume la musique. La question n’est pas de savoir quel groupe est le plus heavy ou le plus rapide. Le principal est de passer un bon moment, de se lâcher et d’oublier le train-train quotidien. Quels que soient vos problèmes (à l’école, au travail ou avec votre copain), la musique vous permet de vous évader et de vous éclater. Je crois que c’est ça que nos fans apprécient. Il y a tellement de styles de musique différents… Le groupe que vous écoutez n’a pas d’importance, du moment qu’il vous permet de vous éclater. Les fans de TRIVIUM du monde entier sont géniaux. De toute façon, il est difficile d’aller à une fête et de ne pas passer un bon moment.

Les fans ne sont que des êtres humains, ils ont tendance à faire des comparaisons…

C’est pour ça que nous essayons de nous diversifier !

D’ailleurs nous parlions de METALLICA : qu’as-tu pensé de Death Magnetic ?!

J’ai adoré l’album.

Ok…passons à un autre sujet si tu le veux bien. Tout le monde sait que Matt (NDLR : Matt Heafy, le chanteur de Trivium) est très influencé par la culture japonaise – il l’a d’ailleurs prouvé une nouvelle fois avec « Shogun ». Est-ce également ton cas ?

Tu sais…Matt est mon meilleur pote…

Euh…bah oui mais ce n’est pas parce que Matt est ton meilleur copain que tu dois penser pareil !

Tu sais…je suis ouvert d’esprit.

(long silence)

Le livret de « Shogun » ne contient aucune parole de chansons, uniquement des peintures japonaises. Pourquoi ce choix ?

Nous ne voulions pas de paroles dans le livret. A la place, nous avons inclus une peinture pour chaque chanson. Nous voulons que l’auditeur puisse faire entrer les chansons dans sa vie de la façon qui lui convient le mieux. Il n’y a pas de bien ou de mal dans une chanson, ce sont les paroles qui vous affectent dans un sens ou dans l’autre. Nous voulions que chaque chanson soit accompagnée d’une ?uvre d’art de façon à ce que l’auditeur puisse utiliser son imagination. Ils peuvent prendre la direction qu’ils veulent avec chaque chanson. Nous voulions laisser à l’auditeur cette liberté plutôt que de dire à tout le monde : « voilà ce que raconte cette chanson ». Il y a évidemment un sens derrière chaque chanson, mais c’est à vous de décider comment vous voulez le comprendre. Nous voulions que l’auditeur ait la liberté de choisir quelle chanson lui convient le mieux.

Vos chansons sont donc très métaphoriques…

Effectivement. Certaines sont directement liées à la mythologie grecque ou japonaise, mais elles racontent toutes une histoire – le genre d’histoire qui fait vivre et qui permet d’apprendre. C’est le genre de concept que nous apprécions. Nous voulons donner à nos fans la possibilité de décider eux-mêmes ce que signifient nos chansons.

Entretien réalisé le 11 novembre 2008
Traduction par Saff’

MySpace Trivium : myspace.com/trivium




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  • Pourquoi les rockeurs sont toujours couverts de tatouages? J’aime beaucoup le rock, le métal symphonique plus précisément, mais cela ne m’empêche pas de ressembler aux gens, je dirais, que l’on considère comme normaux. Je n’ai pas encore écouté ce dernier album, mais vu les précédents, je pense que celui-ci ne me décevra pas.

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