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Interview   

Trivium : pourfendeur de dragons


« Il n’y a pas moyen de nous arrêter ! » nous confie Matt Heafy dans l’entretien qui suit, et les faits lui donnent raison. Le monde, et en particulier l’industrie musicale, a beau avoir été ralenti voire mis à l’arrêt à cause de la pandémie, Trivium, lui, file à toute allure, tête baissée. Le groupe en a notamment profité – grâce au succès du livestream A Light Or A Distant Mirror – pour investir dans son propre quartier général et, sans prendre la peine d’attendre la reprise des tournées pour promouvoir What The Dead Men Say (2020), il a directement embrayé sur un dixième album, In The Court Of The Dragon.

Un album qui suit la philosophie créative adoptée par le groupe depuis The Sin And The Sentence (2017) : ne s’imposer aucune limite et synthétiser « les meilleurs ingrédients des albums précédents ». Une prolongation de l’esprit rebelle que Trivium a toujours revendiqué, en particulier à l’époque d’In Waves qui fête ses dix ans cette année, mais aussi une approche qui frise le concept d’art total, où chaque composante – musicale et visuelle – est aussi importante que l’autre, y compris dans l’inspiration.

« Nous avons réalisé qu’avec Trivium, nous sommes les plus heureux quand nous n’avons aucune limite ou règle et quand nous laissons la musique s’écrire toute seule. »

Radio Metal : Vous êtes de retour en tournée depuis le mois d’août. Après un an et demi de pandémie et de restrictions, quelle est l’ambiance pendant les concerts ?

Matt Heafy (chant & guitare) : C’est génial. Les gens sont prêts pour ça ; ils sont tellement enthousiastes. Ils attendent ça depuis tellement longtemps, c’est un vrai soulagement. Je peux le voir dans leurs yeux. Je vois tout le monde sourire, hurler, chanter et faire la fête. Ce n’est pas un exutoire émotionnel, ce n’est pas comme si les gens étaient en larmes parce que les concerts reprennent. Ils sont juste tellement soulagés que ce soit le cas. Je suis complètement vacciné et j’ai eu le Covid à la maison, mais je continue de porter un masque dans les coulisses. À l’heure actuelle, je suis complètement immunisé contre ce truc, mais je garde le masque pour que la tournée puisse continuer. Nous jouons tous notre rôle. Nous faisons en sorte que la vie reprenne et nous sommes tellement ravis d’être à nouveau sur la route.

Vous tournez pour la première fois pour promouvoir un album sorti il y a un an et demi, alors qu’un nouveau sort dans quelques semaines. Le cycle habituel de sortie d’albums a été complètement bouleversé. A quel point cette situation est étrange pour vous ?

C’est vrai que les deux dernières années ont été complètement bouleversées. Pour nous, la question a été de savoir comment nous pouvions nous adapter et dépasser tout ça. On nous a dit de ne pas sortir What The Dead Men Say, que nous ne vendrions aucun album parce que le monde allait s’arrêter pendant un moment et personne ne savait combien de temps ça allait durer. Mais nous avons répondu : « On s’en fiche. On se fiche des ventes d’albums. Nous voulons juste que ce disque sorte pour apporter un peu de bonheur et d’espoir aux gens. Alors nous allons sortir What The Dead Men Say. » Et puis tout s’est arrêté, et nous avons dit : « OK, voyons ce que nous pouvons faire d’autre. » Nous nous demandions quelle était la prochaine étape, et pour nous, la prochaine étape était un concert live. Nous avons pris un énorme risque. Nous avons pris tout l’argent que nous avions à la banque, l’argent qui nous aurait aidés à survivre pendant le temps que la situation allait durer, et nous avons investi dans un livestream. Nous avons acheté des décors de scène, embauché une équipe et le directeur artistique de Muse pour nous aider avec les lumières et mettre en scène le concert de metal payant ayant rencontré le plus de succès à ce moment-là. Nous avons gagné de l’argent avec ça, et nous nous sommes dit : « Que faisons-nous ensuite ? Achetons un QG. » Nous avons investi dans un hangar à avions pour le transformer en quartier général. Nous avions besoin d’évoluer en permanence, de faire les choses à notre sauce, et pas comme nous pensions devoir les faire. Et puis nous avons fait un autre album. Ces deux dernières années, nous n’avons pas arrêté d’improviser et d’ouvrir de nouvelles voies, afin de pouvoir exister dans un monde qui était dans un drôle d’état.

Vous ne vous êtes pas du tout contentés d’attendre que les tournées et la promotion pour What The Dead Men Say puissent reprendre…

Nous avons tout fait. Nous avons enregistré un album. Nous avons monté un livestream payant. Nous avons fait deux livestreams gratuits sur Twitch devant vingt-cinq mille personnes chacun. Depuis quatre ans et demi, je streame cinq jours par semaine quand je ne suis pas en tournée, et sept jours par semaine en tournée. Nous ne nous arrêtons jamais. Nous nous sommes dit : « Nous ne pouvons pas attendre que quelque chose se passe. Nous ne pouvons pas attendre que quelqu’un nous donne quelque chose à faire. Nous avons hâte que les tournées reprennent. Restons productifs. » C’est pour cette raison que nous avons fait tout ce que j’ai évoqué. Nous avons acheté le QG, nous y avons construit un studio d’enregistrement et il y a une salle de répétition. Il y a des espaces de rangement, des chambres, des cuisines… Nous avons un espace géant où nous pouvons faire des livestreams, des clips et des séances photos. Nous ne nous sommes jamais arrêtés. Le monde s’est arrêté, mais pas nous ; nous sommes devenus plus productifs. Nous vivons tous dans un rayon de dix minutes les uns des autres, maintenant. Nous ne sommes pas en train d’écrire, donc ne prends pas ça pour un scoop, mais nous parlons déjà du prochain album. Et au milieu de tout ça, j’ai terminé mon side-project black metal avec Ihsahn, qui traîne depuis onze ans. L’album sortira en avril prochain. J’ai aussi mon projet solo MKH. J’ai eu la possibilité de travailler avec Mike Shinoda, Richard Marx et Livia Zita, et il y a des choses qui vont arriver de ce côté. J’espère entrer dans le monde de la bande originale via des jeux vidéo assez rapidement, mais c’est top secret. C’est non-stop, j’essaie de tout faire en même temps. Nous n’arrêtons jamais. Il n’y a pas moyen de nous arrêter !

Évidemment, vous n’avez pas donné de concert depuis des mois, en dehors du livestream A Light Or A Distant Mirror. Avez-vous un sentiment de responsabilité envers les fans qui vous donne une motivation supplémentaire ?

Tout à fait. Ces deux dernières années, la motivation derrière ma chaîne Twitch, c’est cette quantité incroyable de gens qui m’ont dit : « Matt, ta chaîne m’a sauvé ces dernières années. » J’ai discuté avec des gens qui étaient complètement seuls. Ils n’ont pas de partenaire, pas d’enfants, pas de famille, pas d’amis autour d’eux. Ils sont seuls depuis dix-huit ou vingt mois. Certaines personnes pensent que Twitch est fait pour les jeux vidéo, mais ce n’est pas le cas. Les trois quarts du temps, je joue des chansons de Trivium pour les fans de Trivium et je leur parle d’égal à égal. Cette chaîne, comme notre musique, a sauvé des gens. Elle a fait en sorte que les gens s’accrochent. J’ai rencontré tellement de personnes qui m’ont dit que notre musique les avait sauvées, mais le fait que ma chaîne y contribue aussi signifie que j’ai la responsabilité de continuer. Et bien sûr, une fois que nous avons pu remonter sur scène, c’est devenu une énorme responsabilité. Nous prenons toutes les précautions possibles pour pouvoir continuer et c’est vraiment très difficile. C’est une responsabilité, mais nous devons contribuer à ce que tout reprenne. Nous devons faire en sorte que ce que nous aimons revienne à la normale.

« Chez Trivium, tous les éléments sont d’égale importance. Les paroles sont aussi importantes que l’artwork ou que notre site Internet, notre décor de scène ou les vêtements que nous portons pendant les séances photos. »

In The Court Of The Dragon fait partie de ces albums conçus en pleine pandémie, avec toutes les restrictions qui allaient avec. Comment comparerais-tu la conception de cet album par rapport aux précédents ?

Pour nous, la seule différence était que nous avions des contrôles de température permanents avant d’entrer dans le studio. J’ai eu la chance d’enregistrer cet album à la Full Sail University, une incroyable école de musique. C’est aussi là que nous avions enregistré l’album précédent. La seule différence est que nous devions porter un masque en permanence, sauf pour enregistrer le chant, et faire des contrôles de température. Le vaccin n’était même pas encore disponible quand nous avons fait cet album. C’était contrôles de température, tests antigéniques, et on y va. C’était facile de suivre les règles. J’ai de jeunes enfants qui ont attrapé le Covid-19 – pas à cause de l’album, mais parce que ma femme a eu un contact avec une personne non vaccinée qui lui a transmis le virus. Elle l’a transmis aux enfants qui me l’ont transmis. Et même pendant que j’étais malade, je continuais à assurer mes streams. Je n’ai été malade que cinq ou sept jours – c’est bien la preuve que le vaccin fait son boulot – et j’ai continué à streamer tous les jours. J’ai continué à chanter, à hurler, à jouer à des jeux vidéo, à faire de l’exercice, à faire mon truc. C’était hyper difficile, mais c’est la preuve que même une pandémie mondiale ne peut pas arrêter notre groupe.

Paolo a déclaré que vous aviez « décidé de tourner l’incertitude à [v]otre avantage ». Quel impact le contexte a-t-il eu sur votre créativité ?

J’ai l’impression que, dans le metal, on est toujours inspiré par son environnement. C’est pour ça que j’aime ce genre de musique, parce qu’il nous autorise à parler des éléments les plus sombres de la vie. Il nous autorise à parler de nos difficultés, de la colère, de la tristesse et de la peur dans notre musique. Je pense que c’est l’album le plus furieux que nous ayons jamais sorti, et que la musique fait partie de ce que nous avons fait de plus technique et de plus intense. C’est forcément une réaction à l’époque et à notre environnement. Nos paroles et notre message sont toujours laissés à l’appréciation de l’auditeur et du spectateur. Quelle que soit la façon dont quelqu’un veut les interpréter, il n’y a pas de bonne ou de mauvaise réponse, mais nous avons notre propre vision. Si tout ça n’était pas arrivé, si le monde n’avait pas pris la direction qu’il a prise, nous n’aurions sans doute pas fait cet incroyable livestream qui a généré assez d’argent pour acheter le QG qui a encouragé tout le monde à déménager à Orlando. Ce sont ces choses-là qui nous ont contraints à prendre des décisions que nous n’aurions peut-être prises que dans trois ans, et non maintenant. J’ai l’impression que chacune des deux dernières années en a duré entre trois et cinq. J’ai le sentiment que le temps a été précipité. Ça a accéléré notre évolution, mais Trivium a une qualité qui est reconnue par tout le monde : nous sommes toujours préparés pour ce qui nous attend. Cette situation a généré beaucoup de négatif, mais je vois ça comme une bonne chose. Ça nous a forcés à faire des choses que nous n’aurions peut-être pas faites avant plusieurs années.

Dans des circonstances normales, les groupes ont un cycle assez rigide : écriture, enregistrement, tournée de deux ans. Cette fois, vous aviez beaucoup de temps devant vous. Cela a-t-il fait une différence ?

Le grand truc, avec nous, c’est que nous n’avons pas de phase d’écriture pendant laquelle nous essayons d’écrire. Nous ne nous disons jamais : « OK, il est temps de faire un album et de se mettre à écrire. » Nous ne faisons pas ça. Quand on fait ça, je trouve que la musique devient forcée et que les choses ne sont pas naturelles. À la place, si nous faisons quelque chose, si par exemple je streame et que je tombe par hasard sur un riff cool, je vais essayer de l’enregistrer rapidement, en secret, sans dire aux gens ce que je vais en faire. Nous essayons de capturer l’inspiration. Nous n’aimons pas nous poser et dire qu’il est temps d’être productifs. À la place, si l’inspiration vient pendant une activité lambda, par exemple si je suis en tournée et que je pense à un riff qui me semble spécial, je le capture. Je l’enregistre et je le mets de côté pour le moment où nous ferons un nouvel album. C’est comme ça que sont nées certaines de nos meilleures chansons. En fait, pour les trois derniers albums, je ne pense pas que nous nous soyons dit consciemment : « Hey, il faut faire un nouvel album ! » C’était plutôt une question de : « Hey, j’ai des trucs pas mal qui couvent. Il faut capturer ça maintenant. »

Trois chansons sur cet album dépassent la barre des sept minutes. Est-ce le résultat d’un processus d’écriture sans aucune limite, ou penses-tu que ce soit une évolution naturelle du groupe, en étant de plus en plus à l’aise avec le côté progressif ?

Depuis le début, nous avons montré que nous pouvons avoir des chansons très longues comme « Shogun » et des chansons très courtes comme « Dying In Your Arms ». C’est marrant, parce que nous ne partons jamais sur : « Hey, faisons quelque chose de technique ou de long ou de difficile. » Quand ça arrive, c’est de façon très spécifique. C’est drôle, « In The Court Of The Dragon » a l’air d’être une chanson beaucoup plus longue. Elle donne l’impression qu’elle devrait faire huit ou douze minutes, mais elle n’en fait que cinq et demie, ce qui est très intéressant. Je ne sais pas trop pourquoi, mais comme tu l’as dit, les deux derniers albums ont été faits sans aucune limite. Nous n’avions pas de choses à faire ou à ne pas faire. Nous avons laissé les choses se faire naturellement. Sur les trois derniers albums, nous nous sommes autorisés à créer le genre de musique dont nous avons l’impression qu’elle n’existe pas et que nous prenons plaisir à jouer. Sur certains albums, à savoir The Crusade, Vengeance Falls et Silence In The Snow, nous nous étions mis des limites et des contraintes. Ces trois-là sont vraiment spécifiques. Nous nous sommes dit : « N’allons pas trop loin dans cette direction. Restons dans ce coin, dans cette gamme, dans cette époque et dans ce tempo. » J’adore ces albums, ils contiennent certaines des plus grandes chansons que nous ayons jamais faites. Mais là où je suis le plus heureux, c’est quand nous n’avons aucune règle définie et que nous pouvons avoir des titres comme « Feast Of Fire » et « A Crisis Of Revelation » sur le même album. Ce sont deux chansons diamétralement opposées, avec des éléments et des ingrédients de Trivium complètement différents. Nous avons réalisé qu’avec Trivium, nous sommes les plus heureux quand nous n’avons aucune limite ou règle et quand nous laissons la musique s’écrire toute seule. Du coup, nous laissons les choses se faire.

« L’une des choses qui m’inspirent le plus pour créer de la musique, c’est l’art visuel, parce que c’est quelque chose que je ne sais pas faire. […] De la même façon, quelqu’un qui ne sait pas faire de musique entendra la nôtre et sera peut-être inspiré pour pratiquer son propre art. C’est comme un cycle d’inspiration. »

Tu viens de dire que la chanson-titre donne l’impression qu’elle devrait être plus longue, et c’est tout à fait le cas. Penses-tu qu’avec l’expérience, vous avez appris à supprimer le superflu ?

Carrément. Il y a un moment pour couper et réviser les chansons, et un moment pour les laisser telles quelles, dans leur état naturel. Je pense qu’écrire des chansons, c’est comme jouer d’un instrument : tu dois t’améliorer dans tous les aspects de ta vie si tu fais les choses correctement. Naturellement, un groupe doit s’améliorer au niveau des instruments, du chant et de l’écriture. Plus tu écris de chansons, plus tu fais de choses, plus tu apprends des autres chansons qui existent sur la planète et plus tu t’autorises à étudier la créativité, meilleur tu deviens.

Paolo et sa basse semblent de plus en plus mis en avant, que ce soit dans les parties techniques ou dans le mix. Penses-tu que la basse ait gagné de l’importance dans votre musique au fil des années ?

À cent pour cent. Je n’ai jamais entendu cette remarque avant, mais je crois que tu as tout à fait raison. Je veux dire, la basse a toujours été extrêmement importante – tous les instruments ont la même importance –, mais par exemple, dans le refrain de « In The Court Of The Dragon », avec sa mélodie de guitare néoclassique et le tremolo sur l’autre guitare, s’il n’y avait pas la basse, il n’y aurait pratiquement rien pour ancrer la musique. Nous avons enfin un nouveau solo de basse sur « A Crisis Of Revelation », ce qui est génial. Paolo est aussi l’un des principaux compositeurs du groupe. Il écrit pour le groupe depuis The Crusade, mais In Waves est l’album où il a commencé à briller. Il écrit à la guitare, mais je trouve qu’il approche l’instrument de façon très différente. Les riffs de Paolo se retrouvent dans « In Waves », « Black » ou « Built To Fall ». Ils sonnent comme s’ils avaient pu être écrits à la basse, mais ils ont simplement été écrits à la guitare par un bassiste. Nous avons tous les quatre notre importance dans l’écriture, mais généralement, c’est l’un de nous qui commence une chanson. J’ai tellement de chance que nous soyons quatre à pouvoir guider tous les éléments jusqu’à leur place finale. Nous sommes à l’aise avec ce que nous faisons, et c’est bon de savoir que, si je n’arrive pas à finir une idée musicale, je peux m’appuyer sur Paolo ou Corey pour m’aider à finir à la guitare. Si je ne sais pas où je vais, je n’ai même pas à le dire. Quand nous sommes dans la même pièce, si l’un de nous joue quelque chose et ne sait pas comment finir, un autre saura sans avoir à dire quoi que ce soit. Je trouve que c’est un lien très spécial.

Le titre de l’album, In The Court Of The Dragon, est tiré d’une nouvelle de Robert W. Chambers. Que symbolise-t-il dans le contexte de cet album ?

Pour nous, ça a été une vraie inspiration. Paolo nous a fait part de ce titre et nous a expliqué les origines du livre et l’influence qu’il a eue sur des auteurs comme H.P. Lovecraft. Pour nous, il s’agit toujours d’ajouter des éléments pour créer notre propre monde. Ce n’est pas une redite de l’histoire d’origine. Quand j’ai commencé à écrire les paroles de « In The Court Of The Dragon », c’était à propos de la bataille contre Jörmungandr au moment du Ragnarök. Quand j’ai dit ça à Paolo, il m’a fait remarquer : « C’est cool, mais ça a déjà été fait. On devrait créer notre propre mythologie, notre propre univers et nos propres histoires, où tout ça peut s’épanouir librement. » Alors on ajoute des éléments, que ce soit de la mythologie nordique ou du Roi En Jaune [de Chambers], de la mythologie grecque, de l’histoire japonaise, etc., et on les jette dans cette marmite où ils peuvent devenir n’importe quoi, former notre propre monde et nos propres histoires.

La pochette montre des hommes combattant un dragon. Peut-on voir ce dragon comme une métaphore du virus ?

J’adore cette interprétation. C’est génial de t’entendre de dire ça, personne n’avait encore proposé ça. On m’a demandé si le dragon était une statue. Nous avons eu ce genre d’interprétation. C’est très cool, j’adore ta proposition. Je ne sais pas si tu es au courant, mais la peinture est l’œuvre d’un artiste français du nom de Mathieu Nozieres. J’ai fait des recherches pendant un an pour trouver un artiste capable de peindre comme le Caravage ou les anciens maîtres, et je suis tombé sur ce peintre français incroyable, Mathieu. Nous l’avons contacté, nous lui avons parlé de la chanson et du concept, et cette œuvre dans le Colisée était sa première ou sa deuxième ébauche. Ce que j’adore, c’est que, dans le metal, tu peux interpréter ça de façon très littérale – quand tu regardes la pochette, tu te dis : « OK, ça va parler de combat contre un dragon dans une époque romanisante » – ou tu peux le prendre comme une métaphore de l’époque actuelle, d’il y a un siècle ou du siècle à venir. C’est ce qui est si excitant avec l’art de qualité. J’aimerais que le public interprète tout ce que nous faisons de cette façon et qu’il imagine ses propres définitions. Il n’y a pas de bonne ou de mauvaise réponse. Même moi, j’ai ma propose vision des paroles écrites par Paolo, et il peut se faire une idée des paroles que j’ai écrites différente de la mienne. Pour moi, c’est la meilleure forme de créativité.

« Je suis quelqu’un de très anxieux, et je gère mon anxiété en faisant autant de choses que j’ai envie de faire que possible. Je me sens plus équilibré quand j’en fais beaucoup. »

À propos de la pochette, tu as déclaré que vous étiez « à la recherche du type d’œuvre que l’on pourrait voir dans un grand musée, réalisé par un maître de la Renaissance mort depuis une éternité ». Vous avez d’ailleurs présenté la peinture pour la première fois dans son cadre, dans une mise en scène qui comportait des bougies, etc. L’artwork – que ce soit celui-ci ou de façon plus générale – est-il aussi important pour vous que la musique ?

J’ai le sentiment que, chez Trivium, tous les éléments sont d’égale importance. Les paroles sont aussi importantes que l’artwork ou que notre site Internet, notre décor de scène ou les vêtements que nous portons pendant les séances photos. Tout est important. Je pense que nous n’avions pas compris ça à nos débuts, mais nous avons vraiment tapé dans le mille avec In Waves, quand nous avons réalisé que le visuel était très important et que nous avons commencé à l’élaborer. Sur Ascendancy, nous étions sur la bonne voie : nous avions le bon son, le bon artwork, mais pas encore le bon look, les bonnes vidéos ou les bons décors de scène. Mais les années ont passé, et quand nous sommes arrivés à In Waves, nous avons compris que nous devions consacrer autant de temps au visuel qu’à la musique. C’est pour cette raison que notre présentation est désormais un tout, et je suis ravi que tu le remarques aussi.

Y a-t-il des artworks qui ont eu un impact sur toi en tant que fan de musique ?

L’une des choses qui m’inspirent le plus pour créer de la musique, c’est l’art visuel, parce que c’est quelque chose que je ne sais pas faire. À l’époque d’In Waves, nous avons rencontré Jonpaul Douglass, qui m’a fait m’intéresser aux réalisateurs. Des gens comme Lars Von Trier, David Lynch, Christopher Nolan et Paul Thomas Anderson sont devenus une grande source d’inspiration. Je regardais leur travail et ça me donnait envie d’être créatif. C’est ma femme qui m’a emmené au Louvre pour la première fois. Pendant son adolescence, elle a étudié dans le sud de la France. C’est là qu’elle est vraiment tombée amoureuse de l’art. Elle m’a appris des choses sur l’art visuel, l’art moderne et l’art classique. Toutes ces choses que je suis incapable de faire m’ont vraiment inspiré à créer au fil des années. De la même façon, quelqu’un qui ne sait pas faire de musique entendra la nôtre et sera peut-être inspiré pour pratiquer son propre art. C’est comme un cycle d’inspiration. L’art visuel a toujours été une inspiration pour moi, mais comme chacun sait, Trivium est particulièrement versé dans la musique. Nous connaissons les influences et les racines de nos groupes préférés. Si tu me jouais plusieurs groupes venus de pays différents, je pourrais pointer du doigt les différences entre les groupes finlandais, les groupes danois, les groupes suédois, les Norvégiens, les Français ou les Allemands. J’entends ces détails dans les chansons parce que nous avons étudié le genre. Nous avons étudié la musique. Je ne pense pas que tous les groupes aient besoin d’aller aussi loin que nous, mais nous adorons ça. Ça se retrouve dans notre album : il y a des éléments de hardcore, de metalcore, de black metal, de death, de thrash, de tech et de classique, réunis en un seul groupe.

Comment traduis-tu l’inspiration visuelle en musique ? Comment cela fonctionne-t-il ?

C’est une excellente question. Dans certains cas, c’est simplement du ressenti. En 2005 ou 2006, il me semble, j’étais assis sur un banc à Copenhague avec ma guitare. C’est en regardant le superbe paysage que j’ai écrit l’intro de « Into The Mouth Of Hell We March ». Parfois, il s’agit simplement de provoquer l’envie d’être créatif. Pour le riff de « Fall Into Your Hands », j’étais en train de streamer, de raconter des blagues et de jouer du Trivium aux gens. J’allais jouer à un jeu dans une minute, et j’ai écrit ce riff immédiatement. Le film Antichrist [de Lars Von Trier] m’a aussi énormément inspiré. Nous avons une chanson intitulée « Chaos Reigns », et le titre est en fait une réplique de l’un des horribles renards dans la scène finale du film. Antichrist m’a beaucoup inspiré à puiser dans l’horreur de la nature. C’est pour ça que nous avons une ambiance forestière tellement inquiétante sur In Waves. Parfois, je peux avoir envie de me transporter dans une certaine scène et de créer quelque chose à partir de ça, mais à d’autres moments, je me sens simplement tellement inspiré et revigoré par quelque chose que ça me donne envie de créer. Voir la peinture de In The Court Of The Dragon prendre vie nous a donné envie d’écrire la bande originale qui pourrait aller avec. Des fois, je vois simplement quelque chose et je sais comment ça doit sonner.

What The Dead Men Say et In The Court Of The Dragon ont beaucoup en commun : dix titres, une intro instrumentale identifiée par un chiffre romain, un titre inspiré de la littérature… Si on ajoute à cela le laps de temps réduit entre les deux, doit-on les considérer comme des albums jumeaux ?

Tu peux si tu le souhaites, absolument. Je n’y ai jamais pensé en ces termes, mais j’aime cette idée. Et autre chose : je ne sais pas si toi ou le public êtes au courant, mais c’est Ihsahn d’Emperor qui s’est chargé de toutes les orchestrations sur cet album. Il s’est occupé de tout sur toutes les chansons. C’est quelque chose que nous n’avions encore jamais fait. Sur certains titres, c’est comme avoir un cinquième membre dans le groupe, ce que je trouve très cool. Mais oui, tu peux absolument voir ça comme ça, même si je pense que The Sin And The Sentence pourrait aussi appartenir à cette série. Pour moi, leurs similitudes résident dans le fait qu’ils comportent tous les meilleurs ingrédients des albums précédents, alors qu’on ne peut pas dire la même chose de Silence In The Snow. Silence In The Snow est un truc à part. En fait, j’irais même jusqu’à dire que les albums un à sept sont chacun des trucs à part. Ils sont tellement différents les uns des autres qu’ils représentent des entités indépendantes au sein de Trivium, que nous avons fini par apprendre à combiner sur les albums huit, neuf et dix.

« Nous optons toujours pour l’inattendu parce que nous avons toujours eu l’impression d’être le mouton noir. »

Tu as récemment révélé que, pendant le confinement, tu avais enfin réussi à terminer Mrityu, ton album de black metal avec Ihsahn sous le nom de projet Ibaraki. Comment as-tu réussi à jongler entre ça et l’album de Trivium ? Est-ce d’ailleurs la raison pour laquelle Ihsahn a été impliqué dans les orchestrations d’In The Court Of The Dragon ?

J’ai réussi à jongler entre les deux parce que je suis quelqu’un de très anxieux, et je gère mon anxiété en faisant autant de choses que j’ai envie de faire que possible. Je me sens plus équilibré quand j’en fais beaucoup. C’est comme ça que j’ai réussi à gérer Ibaraki et Trivium en même temps. En ce qui concerne Ihsahn, j’essaie de réfléchir… C’est peut-être bien Paolo qui a eu l’idée. Nous parlions d’ajouter des instruments auxiliaires sur cet album, comme nous l’avions fait pour le livestream A Light Or A Distant Mirror. Nous avions des transitions assez cool pour lesquelles nous avions programmé des trucs entre les chansons. Nous nous somme dit que nous voulions avoir ça sur l’album, et nous avons commencé à discuter de la personne à qui nous pourrions faire appel pour ça. À l’unanimité, nous avons décrété qu’Ihsahn était l’homme de la situation. Il fait ça pour sa propre musique. Le mélange de cordes, de chœurs, de bruit électronique et de bruit industriel créait une dynamique amusante et intéressante. Chez Trivium, c’était inédit. Nous n’avions jamais encore vraiment fait ça. C’était génial d’avoir ajouté ça, et Ihsahn a vraiment assuré. J’espère qu’il pourra faire la même chose pour le prochain album.

L’album In Waves a dix ans cette année. Je sais que c’est l’un de tes albums de Trivium préférés et qu’il est très important pour toi. À l’époque, tu nous disais que tu avais l’impression que le metal était coincé depuis les trente dernières années, et il se trouve que cet album allait un peu à contre-courant. Était-ce une forme de rébellion pour vous ?

Absolument. J’ai le sentiment que nous aimons nous rebeller. Prends Ascendancy ; l’album a extrêmement bien marché au Royaume-Uni. Ça nous a rapporté un disque d’or. C’est la seule fois de notre carrière où nous avons été le groupe qu’on voit sur toutes les couvertures de magazines et qui remporte tous les prix. Et puis, pour l’album suivant, j’ai décidé que nous devrions nous rebeller contre tout ce que nous venions de faire. Ne faisons rien pareil, aucun breakdown, des accordages de guitare différents, pas de cris, etc. Je ne sais pas si c’est une bonne chose ou pas, mais je trouve intéressant que nous aimions fonctionner comme ça. Si nous étions un autre groupe et avions une approche différente, que nous venions juste de faire Ascendancy et que l’album marchait super bien, nous aurions dû refaire exactement la même chose. Techniquement, nous aurions dû faire Ascendancy 2. Mais si nous avions fait ça, qui sait si nous serions encore là. Au lieu de ça, nous avons montré que nous étions capables de faire quelque chose d’inattendu. Donc oui, In Waves visait l’exact opposé de ce qu’on attendait de nous. J’ai l’impression qu’In The Court Of The Dragon fait la même chose. Il s’inscrit dans le son et dans la rébellion de Trivium, dans notre habitude de faire les choses à notre façon, de regarder ce que font les autres et de dire : « Faisons autrement. » Je ne sais pas pourquoi nous avons décidé de faire ça, mais ça fait totalement partie de notre ADN.

Tu trouves qu’In The Court Of The Dragon est inattendu ?

Ce qui est inattendu avec What The Dead Men Say et In The Court Of The Dragon, c’est d’avoir sorti deux albums pendant une pandémie mondiale – et le fait que ces albums comptent parmi les plus brutaux que nous ayons jamais faits tout en étant systématiquement au top de notre forme. Je crois que ça fait partie de nous, que nous optons toujours pour l’inattendu parce que nous avons toujours eu l’impression d’être le mouton noir. J’ai beaucoup parlé de l’exception britannique à l’époque d’Ascendancy ; c’est la seule et unique fois où nous avons été les chouchous de la presse, où nous avons reçu tous les prix et où on parlait de nous comme du meilleur groupe au monde. Mais en dehors de ces dix mois au Royaume-Uni, à part nos fans, on ne parle pas beaucoup de nous. Je pense que c’est ce qui nous a rapprochés et nous a fait nous dire : « Ne faisons pas ce que tout le monde fait. Ne faisons pas les choses comme nous sommes censés les faire. Faisons-les comme nous voulons les faire. »

Pour rester sur cette idée de rébellion, tu t’es également coupé les cheveux pour In Waves, ce qui est la dernière chose à faire dans le metal [rires].

Exactement. Pour une raison ou une autre, nous aimons être audacieux. Il y a tellement de groupes dont les membres vivent très éloignés les uns des autres, tandis que nous, nous sommes là : « Déménageons à dix minutes les uns des autres. Construisons un hangar à avions. Créons un QG. Sortons deux albums à la suite alors que plus personne n’achète de CD. » C’est juste un truc que nous aimons faire. Je ne sais pas pourquoi. Je ne sais pas d’où vient cet esprit rebelle. Juste avant Ascendency, j’avais à nouveau les cheveux longs. J’avais les cheveux super longs quand j’avais seize ou dix-sept et je me suis dit : « Tu sais quoi ? Je vais me couper les cheveux, je vais les redresser et je vais faire en sorte de ne pas ressembler à un metalleux classique. J’aime bien la scène metalcore en ce moment, et je vais ressembler à ça pendant que nous jouons des riffs de metal super techniques. » Je pense que ça fait aussi partie de ce qui désarçonne les gens. Peut-être que ça a toujours été là. Pour Ember To Inferno, nous étions des gamins propres sur eux, mais nous jouions des riffs super heavy et violents, alors qu’avant, je ressemblais à un thrasheux des années 80. J’aime l’idée de juxtaposition, et je pense que cette attitude compte pour une grande partie de notre son, de notre apparence et de la façon dont nous nous présentons.

« J’adore Kendrick Lamar, mais également la musique classique et le black metal old school. Je pense que la clé est de s’autoriser à tout écouter et à s’inspirer de choses différentes. Il faut avoir l’esprit ouvert à tout, trier ce que tu aimes ou pas, être honnête avec toi-même et ne pas te soucier de savoir si quelqu’un d’autre va trouver tes goûts bizarres. »

In Waves est également l’album sur lequel vous avez commencé à collaborer avec le photographe et réalisateur Jonpaul Douglass, que tu as mentionné un peu plus tôt et qui est une grande inspiration pour toi…

Comme je l’ai dit, Jonpaul Douglass est la personne qui m’a fait connaître tous ces réalisateurs que je n’avais jamais vraiment compris. J’avais entendu parler de ce genre de films, mais je n’avais jamais compris leur importance. Quand il m’a montré cet univers et ce royaume différents que je ne comprenais pas, j’ai été captivé. C’est un peu comme la première fois qu’on a entendu du metal – ce dont je suis sûr que toi comme moi nous souvenons. C’est comme découvrir quelque chose de nouveau et se dire : « Ce truc existe et je n’en avais aucune idée. » Il a commencé à me montrer ces films, et pour moi c’était comme découvrir le feu, découvrir qu’il existe une nouvelle source d’inspiration dans laquelle me plonger et m’immerger. Après avoir vu Antichrist, nous nous sommes rendus à Bell, une zone boisée flippante de la région la plus reculée de Floride. L’endroit est visible dans le film Deliverance, c’est assez terrifiant. Nous sommes allés là-bas pour nous immerger dans l’environnement du film et créer. C’est plus ou moins à ce moment-là que nous avons commencé à écrire la musique pour In Waves.

Avec tes différentes collaborations et reprises sur Twitch, tu as montré que tu étais un très grand fan de musique en général. Par exemple, tu as l’air d’être un grand amateur de Powerwolf, tu n’as jamais caché à quel point tu aimes Emperor, et Slipknot était très important pour toi à tes débuts. Ce qui est drôle, c’est que ce sont trois groupes très différents. En te basant sur ces exemples, peux-tu identifier des éléments qui t’ont servi d’inspiration avec Trivium ?

Ils sont très identifiables. Si tu écoutes trente secondes de Powerwolf, trente secondes d’Emperor ou trente secondes de Slipknot, tu les reconnais immédiatement, alors que plein d’autres groupes sont difficiles à reconnaître au milieu de tous les autres. J’adore les groupes qui ont quelque chose qui les distingue. Ce qui est cool avec Emperor, c’est que chaque album est légèrement différent, un peu comme nous. Tu ne sais jamais vraiment à quoi t’attendre. D’une chanson à l’autre, ça peut être assez différent, mais ça sonne toujours comme du Emperor. Si tu écoutes une chanson d’Amon Amarth, tu sais que c’est du Amon Amarth. Pour moi, c’est vraiment l’un des meilleurs groupes de la planète. Mais avec Trivium, il faut pratiquement choisir une période à faire écouter à quelqu’un pour lui demander : « Devine de quel groupe il s’agit. » Ces trois groupes sont iconiques et ils ont toujours fait les choses à leur façon. Tout ce qu’ils font sur les plans sonore et visuel est unique et identifiable.

Parmi toutes les influences musicales que tu as eues avec Trivium, laquelle est la plus inattendue ?

Toutes ! Laisse-moi réfléchir à une influence que je n’ai pas mentionnée… Shogun est l’un de nos albums les plus progressifs. Il est super metal, c’est du death metal plus du prog. J’écoutais beaucoup de groupes indés à l’époque. C’est de là que m’est venue l’idée des mélodies en downpicking à la guitare. J’écoutais de la musique renaissance au luth et de la musique baroque. Je suis fan d’un album de jazz au shamisen par un artiste appelé Agatsuma, je l’écoutais beaucoup pendant la conception de The Crusade. Nous pouvons être inspirés par tout et n’importe quoi. Il y a pas mal de pop moderne que je trouve super. J’adore Kendrick Lamar, mais également la musique classique et le black metal old school. Je pense que la clé est de s’autoriser à tout écouter et à s’inspirer de choses différentes. Il faut avoir l’esprit ouvert à tout, trier ce que tu aimes ou pas, être honnête avec toi-même et ne pas te soucier de savoir si quelqu’un d’autre va trouver tes goûts bizarres. Ça se résume à une simple question : « Est-ce que j’aime ce truc ? » C’est tout ce qui importe.

Interview réalisée par téléphone le 5 septembre 2021 par Nicolas Gricourt.
Retranscription & traduction : Tiphaine Lombardelli.
Photos : Mike Dunn (2) & Bryce Hall (3, 5, 7).

Site officiel de Trivium : www.trivium.org

Acheter l’album In The Court Of The Dragon.



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  • Louis a factuellement raison. On ne peut peut etablir de généralité a partir de cas particuliers.
    Par contre tu fais un procès d’intention.
    C’est comme la pub a la télé qui raconte que 8 personne sur 10 hospitalisé a propos du covid ne sont pas vaccinés, c’est un chiffre qui ne se discute pas.
    Ben si justement, mathématiquement ca ne veut rien dire parce que pour tirer une conclusion il faut également la proportion de personne vaccinés, au mieux, en plus avoir la proportion des gens ayant les anti corps après avoir eu la maladie.
    Militer pour une bonne cause avec de la mauvaise information, et voilà la matière pour se faire decredibiliser.

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  • « Je n’ai été malade que cinq ou sept jours – c’est bien la preuve que le vaccin fait son boulot – »

    Juste. Non. C’est ce qui est arrivé à la plupart des gens malades : quelques jours HS, point.

    Je sais que c’est pas le sujet mais c’est agaçant de lire ce genre de trucs absurdes.

    [Reply]

    M

    Et moi j’en ai marre de lire des commentaires comme le tien, c’est incroyable de voir à quel point la plèbe minimise cette épidémie…

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