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Chronique   

Turbonegro – RockNRoll Machine


Il aura fallu s’armer de patience avant que Turbonegro ne reprenne la route du studio, sans doute trop occupé à parcourir le monde pour prêcher la bonne parole du death-punk et donner du plaisir à ses fidèles membres de la Turbojugend et sympathisants. Résultat, il aura bien fallu attendre six ans pour les voir revenir avec un successeur à Sexual Harassment, et un second disque pour Tony Sylvester désormais parfaitement intégré et adopté par les fans, premier avec le claviériste Haakon-Marius Pettersen intégré en 2015. Le bon moment sans doute pour tenter un léger parti pris qui, rassurez-vous, n’ébranlera pour autant pas le monde de Turbonegro.

Turbonegro a toujours été ce magnifique remède à la sinistrose et autres prises de tête. Le « concept » ici est simple, ainsi le groupe l’explique : « Tout le monde a été intrigué et effrayé dernièrement par tous les débats sur l’I.A. et la robotisation de la société, nous voulions donc amener ces discussions technologiques sur le terrain du boogie rock et arrêter de trop réfléchir à demain. » En somme : les robots c’est fun ! Et on entre immédiatement dans le bain avec l’introduction synthétique « Chrome Ozone Creation », première partie sur les trois que compte « The Rock And Roll Suite » qui ouvre l’album. Non, Turbonegro ne vire ni prog ni indus, en revanche il se met à l’heure du revival 80s à coup de sons évoquant les BO de Blade Runner et autre New York 1997, mais aussi évidemment la synthwave qui fait rage actuellement. Ainsi « Skinhead Rock&Roll » avec sa ligne de synthé prend des airs flagrants du « Jump » de Van Halen ou encore un filtre vient robotiser la voix de Sylvester sur « RockNRoll Machine » ; un Sylvester au timbre, soit dit en passant, étonnamment plus doux, moins rocailleux, sur l’ensemble de l’album. « John Carpenter Powder Ballad », chanson pop entêtante par excellence, avec ses synthés kitsch, ses chœurs glam rock, ses lignes de guitare à la Def Leppard, son refrain aux allures de « Poison » d’Alice Cooper, sonne à elle seule comme un pur produit des années 80 ; Turbonegro y est quasi méconnaissable, sans complexe (ce n’est de toute façon pas le genre de la maison) comme peut l’être The Night Flight Orchestra.

Mais Turbonegro a l’élégance du bon dosage. Il apporte ces touches de sucrerie, rajoutant du fun sur le fun, sans se renier. Comme le titre le suggère, la machine à rock n’ roll tourne à plein régime, lorgnant souvent du côté d’AC/DC dans ses riffs, que ce soit l’urgence d’un « Hurry Up & Die », « RockNRoll Machine » et ses « oi ! » façon « T.N.T. » des frères Young ou encore le salace « Fist City » à l’hommage évident rien que de par son titre détourné. Les Norvégiens vont également chercher dans le punk pur et dur sur le faux live « On The Rag », bagarreur et sournois, comme l’aurait fait un Danko Jones. Il faut dire que Turbonegro connait la mécanique sur le bout des doigts. En témoigne « Hot For Nietzsche », un hit en puissance, entraînant au possible, à l’intro raffinée et qui, avec son clavier et ses accords amples, fait clairement du pied à The Who.

Certes, RockNRoll Machine pourra surprendre au premier abord par ses petites touches délicieusement eighties, voire tous les petits clins d’œil disséminés ici et là, mais c’est sans compter sur cette capacité innée qu’a Turbonegro de nous faire lâcher prise et nous embarquer dans son univers haut en couleurs. Tout est résumé dans l’arena rock fédérateur « Special Education » qui clôt la leçon et devrait finir d’inculquer à l’auditeur les bonnes valeurs du rock n’ roll. L’album est des plus addictifs, avec son lot de riffs qui font autant secouer la couenne que remuer le fessier, sans parler des mélodies/solos indécents d’efficacité et d’accroche. La machine, toujours aussi bien huilée, revigorée avec du carburant frais, est fin prête à repartir sur les routes dévergonder son monde et offrir légèreté et bonne humeur.

Chanson « Hurry Up & Die » en écoute :

La chanson « Part III: RockNRoll Machine » en écoute :

Album RockNRoll Machine, sortie le 2 février 2018 via Burger Records. Disponible à l’achat ici



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