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Interview   

U.D.O. se forge une nouvelle jeunesse


Udo Dirkschneider est ce que l’on peut nommer un intransigeant. Fidèle à son heavy de toujours, la voix hargneuse bien qu’abimée par un fort tabagisme, l’ex-leader d’Accept tient fermement la barre du navire U.D.O depuis 1987 sans broncher. Soixante-et-une années récemment soufflées dont plus des deux tiers ont été consacrées au heavy metal. Udo Dirkschneider est un homme qui aime ce qu’il fait et qui le fait, encore et toujours, avec la passion des premières heures. Un artiste qui pioche aisément dans la jeunesse des musiciens l’entourant et formant son groupe afin de maintenir le cap et d’offrir à la communauté metal le testament de toute une vie.

Toutefois, U.D.O a récemment changé sa manière de faire sur son nouvel album Steelhammer (sorti le 24 mai dernier chez AFM Records), suite au départ du guitariste, membre fondateur de leur équipe, producteur et ami de Dirkschneider : Stephan Kaufmman. L’occasion de revenir sur les raisons de son départ, ainsi que sur celles du guitariste Igor Gianola. L’occasion, également, pour Dirkschneider de glisser en fin d’entretien un petit mot sur ce que fait désormais son ancienne bande et de préciser que pour lui, il s’agit désormais d’un autre groupe.

« Tant que je serai en bonne santé, tant que ma voix est bonne, et tant que des gens viendront nous voir en concert, je continuerai peut-être encore pour dix ans. »

Radio Metal : Tu as fêté tes 61 ans récemment : comment arrives-tu à rester en forme vocalement et faire des concerts ?

Udo Dirkschneider (chant) : Euh, que pourrais-je bien dire ? J’essaie de rester le plus possible en bonne santé et en ce qui concerne ma voix, je pense être vraiment chanceux, tu sais, car je n’ai aucun problème, je ne m’échauffe jamais et ne fais jamais rien de spécial, donc oui, je suis chanceux.

Quels étaient tes sentiments ce jour-là ? Étais-tu content ou t’es-tu dit : “Oh non, je deviens vieux ! “ ? (rires)

(Rires) Quand tu es dans ce business, tu ne penses pas trop à ton âge ! Je veux dire : je travaille avec de jeunes gars, ce n’est donc qu’une question de chiffres si tu veux.

As-tu une fois senti, durant ta carrière, que tu étais trop vieux pour être le frontman d’un groupe de heavy metal ?

Non, jamais. C’est la musique que j’aime faire et je ne m’en lasserai jamais. Je me suis toujours amusé à faire mon job et cela continue encore aujourd’hui.

Penses-tu continuer à chanter jusqu’à ta mort ?

Ça, je ne sais pas (rires) ! J’ai toujours dit que tant que je m’amuserai, ce qui est d’ailleurs une chose très importante, tant que je serai en bonne santé, tant que ma voix est bonne, et tant que des gens viendront nous voir en concert, je continuerai peut-être encore pour dix ans. Je n’en sais rien, tu sais.

Quels conseils pourrais-tu donner à de jeunes musiciens qui désirent durer autant que toi ?

Hum, c’est une question très difficile ! Une chose très importante, c’est d’être soi-même et de ne pas écouter les personnes qui te disent ce qu’il faut que tu fasses. Une autre chose importante, pour moi, c’est d’avoir ton propre style afin d’être remarqué et si tu portes un type de vêtement sur scène, essaie d’être différent des autres. Un autre truc, c’est qu’Internet et les médias aujourd’hui ont rendu les choses plus faciles maintenant comparé aux vieilles années que nous avons connues. Maintenant, tu peux faire connaître ta musique dans le monde entier. Je crois que tous les jeunes savent utiliser ces techniques modernes.

Igor Gianola a quitté le groupe il y a quelques mois : pourquoi est-il parti ?

Hum, c’est une histoire intéressante ! Il était temps pour lui. Mais aussi, il nous disait : « J’ai besoin de savoir deux ou trois mois à l’avance avant de partir en tournée ou faire un concert où l’on va dormir, ce qu’on va faire » et d’autres trucs de ce genre. Quand tu fais partie d’un groupe pro, tu ne peux bien entendu pas faire ça. Igor avait aussi beaucoup de side-projects, comme un groupe de reprises d’AC/DC, il avait son propre groupe aussi, il a travaillé comme DJ free-lance sur une radio et il y avait aussi quelques trucs d’ordre privé. A la fin, il nous a dit : « Oui, je quitte U.D.O, c’est trop pour moi, je n’ai plus le temps de faire ce truc ». Que pourrais-je dire de plus ? Cela a été une grosse surprise pour nous. Je veux dire : lorsque Stefan (NDLR : Stefan Kaufmann, ancien guitariste d’U.D.O) a quitté le groupe, il était encore plus impliqué dans le groupe. C’est le choix d’Igor : je lui ai dit qu’il foutait en l’air quinze années et tout cela pour quoi ? Je ne veux rien dire de méchant sur lui : s’il pense avoir pris la bonne décision, cela lui appartient.

« A propos d’Igor Gianola : « Je lui ai dit qu’il foutait en l’air quinze années et tout cela pour quoi ? Je ne veux rien dire de méchant sur lui : s’il pense avoir pris la bonne décision, cela lui appartient. »

Avez-vous auditionné beaucoup de guitaristes avant de choisir Kasperi Heikkinen ?

Quand on a commencé les auditions pour remplacer Stefan, on a reçu presque 300 démos. A la fin, il restait quatre noms : Andrey Smirnov, Kasperi Heikkinen et deux autres gars de Norvège et d’Allemagne. Le premier que nous avons choisi fut Andrey qui s’est occupé de toutes les parties de guitare sur le nouvel album, Steelhammer, et quand Igor est parti, nous avions déjà envoyé des e-mails aux trois autres gars en leur disant : « Merci beaucoup, mais on a trouvé notre guitariste ! » (rires) On a donc repris contact avec eux, mais le mec norvégien et allemand avaient déjà trouvé un job, et donc il restait Kasperi Heikkinen, qui a été très content d’avoir la place.

La guitare est l’élément du groupe le plus important de la musique heavy metal. Andrey Smirnov a remplacé Stefan Kaufmann et vous avez dû trouver un autre guitariste cette année : en quoi cela a-t-il eu des conséquences sur l’écriture du nouvel album ?

Stefan a dû arrêter à cause de problèmes de santé, il est donc venu me voir un jour et m’a dit : « S’il te plaît, j’ai besoin de repos. On est toujours en contrat tous les deux, mais je ne souhaite ni écrire, ni produire le nouvel album ». Donc, j’ai parlé ave Fitty Wienhold, notre bassiste, qui a déjà participé à l’écriture de bonnes chansons pour U.D.O. Je lui ai dit : « OK, essayons pour voir si nous pouvons travailler tous les deux comme une équipe ». A la fin, on avait écrit l’intégralité de l’album. La prochaine étape, bien sûr, c’était “Qui sera notre producteur ?”. On avait des noms en tête, et j’ai appelé mon vieil ami Michael Wagener (NDLR : producteur légendaire d’Accept, Skid Row et Dokken entre autres), mais il était occupé avec Lordi. Il m’a dit : « Hey, Udo, pourquoi ne pas le faire toi-même ? Tu en es capable ! ». J’ai donc encore parlé avec Fitty et je me suis dit : « Essaie de produire l’album », ce que nous avons finalement fait. Quand on a trouvé Andrey, il venait en Allemagne pour l’audition, mais il est finalement resté en studio cinq semaines, pour enregistrer toutes les parties de guitare, car Igor n’avait pas pu le faire. On a eu de la chance de trouver Igor au bon moment.

Est-ce que Stefan n’est pas frustré de ne plus être sur scène avec vous ?

Non. En un certain sens, c’est nouveau pour lui, c’est sûr, mais on a déjà effectué deux tournées en Amérique et au Canada avec les nouveaux gars. Qu’on ne se méprenne pas, mais lorsque je suis sur scène avec ces gars, c’est comme si je jouais avec eux depuis des années, car l’alchimie est là : ils bossent et jouent bien. Ils sont très jeunes, et insufflent beaucoup d’énergie fraîche dans le groupe et c’est vraiment fun de jouer avec ces gars. Bien sûr, c’est triste que Stefan ait dû arrêter à cause de problèmes de santé : on est ensemble depuis tellement longtemps, il était batteur au sein d’Accept, il était guitariste au sein d’U.D.O, et il était compositeur et producteur. Cela n’a pas été facile, mais je pense que prendre soin de ton corps est beaucoup plus important que jouer sur scène et prendre des pilules contre la douleur. Je ne veux surtout pas que Stefan finisse sur une chaise roulante.

Le premier single de l”album est “Metal Machine” : peut-on dire que vous êtes des “Metal Machine” ? (rires)

(Rires) Non. Le sens de “Metal Machine”, c’est “robot”. On doit faire attention que les robots ne prennent pas les boulots de nous autres êtres humains. Mais tu peux aussi dire que nous sommes des “Metal Machines”!

Il y a une chanson sur l’album qui s’appelle “Basta Ya”, qui est écrite en espagnol : quelle en fut la genèse ?

“Basta Ya” veut dire que tu en as marre de quelque chose. On avait cette chanson “Dust and Rust”, écrite en anglais, qui parlait de la crise financière actuelle en Espagne et en Europe. On avait en tête depuis un certain temps de faire une ballade en espagnol, mais était-ce vraiment le moment ? On a appelé le chanteur de Warcry, Victor Garcia, avec qui on était en contact, et on lui a parlé des paroles de “Basta Ya”. Il a dit : « OK, envoyez-les moi » et il les a traduites en espagnol. Il nous a dit que les paroles de la chanson étaient très difficiles. A la fin, il a chanté sur la démo afin que nous sachions comment prononcer certains mots en espagnol. La chanson, au final, s’est avérée très intéressante, alors pourquoi ne pas faire un duo ? Voilà l’histoire de “Basta Ya”.

Parles-tu l’espagnol ?

J’ai vécu en Espagne, alors disons que je comprends plutôt pas mal la langue, mais je suis un peu flemmard au niveau pratique orale. Toutefois, je peux le parler.

« Lorsque je suis sur scène avec ces gars, c’est comme si je jouais avec eux depuis des années, car l’alchimie est là : ils bossent et jouent bien. Ils sont très jeunes et insufflent beaucoup d’énergie fraîche dans le groupe. »

Qu’en est-il de ton autobiographie ?

Pour le moment, elle est en stand-by à cause de tout ce qui est arrive depuis l’année dernière. Je n’avais ni le temps, ni l’esprit à ça. Je commencerai à y travailler de nouveau dès la tournée européenne, en septembre prochain.

L’écriture est-elle un moyen pour toi de comprendre certains côtés de ton existence, de ta personnalité et de ta carrière ?

C’est intéressant, car lorsque tu commences à écrire un truc comme ça, tant de choses te reviennent à l’esprit, comme des trucs que tu avais oublié et tu te dis « Ha oui, c’était comme ça et comme ça ». Ensuite, tu parles avec des gens qui étaient autour de toi à cette époque, et oui, toute ta vie défile devant tes yeux.

As-tu écouté le dernier album d’Accept ?

Oui, j’ai écouté Blood Of The Nations. Il est très bien produit, même si pour moi, il est un peu trop “Wolf Hoffmann” : il y a trop de guitares. Les chansons sont un peu trop longues pour moi. L’album a eu du succès, ils ont un bon chanteur : que puis-je dire de plus ? Mais pour moi cependant, c’est un autre groupe.

Interview réalisée par téléphone le 14 mai 2013

Retranscription et traduction : Jean Martinez – Traduction(s) Net

Album Steelhammer, sortie le 24 mai 2013 chez AFM Records

Site internet officiel d’U.D.O. : www.udo-online.com



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  • Je plussoie complètement, et je suis fan depuis le début …. Cet album est une daube infâme, comme d’ailleurs à peut près tout ce qu’à fait UDO depuis Mastercutor …. Qui était déjà un peu moisi …. En fait depuis Thunderball, dernière réussite en date (plus de 10 ans) si le groupe à produit cinq morceaux sympas , c’est bien le diable … Je pense qu’UDO à complètement raté le coche pour une sortie glorieuse en 2009 lors de la réformation d’Accept … C’est dur de voir ces anciennes gloires se vautrer ainsi et finir dans la misère créative 🙁

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    django

    mmh une dernière tournée d’adieu ferait l’affaire car j’ai raté celle de 2009. D’accord sur les daubes depuis Thunderball. Quel gachis quand on pense aux albums Facelessworld ou Animal house.
    Vague impression que Wolf Hoffman a toujours voulu un autre chanteur qu’Udo dans Accept et qu’il estimait être la seule vedette (voir les interviews à l’époque de Predator) Franchement, les deux gus n’ont pas l’air d’être des lumières (il suffit de voir les paroles d’UDo et son artwork) et leur querelle ressemble vraiment à un suicide collectif. Il leur manquait juste un peu de cerveau

  • Vous ne parlez presque pas de l’album. A vrai dire, bien qu’étant fan d’UDO depuis 20 ans, la dernière galette est pathétique. Du réchauffé encore pire que d’habitude. Le niveau est en chute libre depuis des années. Une dernière reformation avec Accept et puis tout le monde à la maison de retraite !

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