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Interview   

ULI JON ROTH : ENTRETIEN AVEC L’ARTISTE




Radio Metal : Commençons par évoquer la tournée promo du dernier album, « Under A Dark Sky ». Peux-tu nous en dire un peu plus à propos du fameux show que tu as donné au BB King’s de New York ?!

Uli Jon Roth : C’est un concert célèbre ? Je ne savais pas que c’était un concert célèbre ! (rires) Nous venons de jouer en Amérique du Nord pour environ un mois. Nous avons commencé par la Sky Academy, Los Angeles et l’Arizona: l’Angleterre aussi, avec Scorpions la semaine dernière. La tournée part en Grèce la semaine prochaine, puis nous nous rendrons au Japon. Que voulais-tu savoir à propos du concert du BB King’s ?!

En fait, j’ai lu que vous étiez impatients de donner ce concert…

Je suis toujours impatient de donner des concerts ! En fait, celui du BB King’s était diffèrent parce que nous y avions de nombreux invités. Il y avait Chris Caffery de Savatage et Alex Skolnick du groupe Testament. Mais c’est toujours un plaisir de jouer au BB King’s, car le public y est grandiose. C’est un lieu vraiment particulier.

D’ailleurs, toujours dans la rubrique concert, tu as récemment joué avec Avantasia au Wacken Open Air. Qu’est ce que tu y as appris ?

Qu’est ce que j’y ai appris ?! Je ne sais pas vraiment… Je ne connaissais pas le groupe Avantasia avant. Nous nous sommes juste rencontrés avant le concert et nous n’avons joué que sur deux morceaux. En fait, cela m’a surtout appris à rester plus près de mon ampli car je ne pouvais pas m’entendre sur scène ! J’ai aimé traîner avec Tobias Sammet (NDLR : chanteur des groupes Edguy et Avantasia) . C’est un type génial et j’ai beaucoup apprécié sa compagnie.



(Uli) : « De nombreux groupes apportent leur morceaux et quelqu’un leur arrange pour l’orchestre, comme une sorte d’accompagnement au clavier. Pour moi ce n’est pas symphonique. La symphonie : c’est quand l’orchestre est aussi important que tous les autres instruments. C’est, en tout cas, ma manière de procéder. »

Je vais t’épargner l’habituelle question sur tes influences musicales mais je sais que tu es un amateur de musique classique. Quelles sont tes influences dans ce style musical en particulier ?

En fait je ne pourrais pas vraiment nommer d’influences principales car j’aime tous les grands compositeurs classiques pour différentes raisons et à différentes périodes. Et j’ai appris énormément d’eux. Enormément. C’est toujours le cas aujourd’hui car j’aime me relaxer au piano en jouant de grandes compositions comme celles de Mozart, Bach ou Chopin. J’adore cela, donc je n’ai pas vraiment de favori et c’est toujours un favori que j’écoute à un moment donné.

« Under A Dark Sky » est un album très varié, tout comme tes influences. Pourrait-on dire que cet album est un bon résumé de ta carrière et de tes influences ?

Non. Cet album est ce qu’il est. Il n’a rien à voir avec des influences. C’est juste une musique qui m’est venue très rapidement, et que j’ai eu envie d’écrire sur le moment. Je n’ai pas eu envie d’essayer de sonner comme quelqu’un. Je voulais avoir un nouveau son, un son que je n’avais encore * jamais entendu auparavant. C’est aussi une manière de fonctionner en phase avec l’idée de liberté. J’aime que la musique soit complétement libre et très cool (Uli fraudonne un air groovy). Je ne me fixe aucune restriction de style. Généralement je vois un style comme une prison.

Qu’est-ce qu’un amateur de musique classique comme toi pense de tous ces groupes de rock qui jouent avec des orchestres symphoniques ? Ce fut le cas pour Metallica, Deep Purple, Scorpions, et plus récemment un groupe comme Within Temptation.

Tu sais, cela dépend. Quelques-uns ont fait du bon travail, même si parfois je n’accroche pas. Je préfère avoir une approche différente avec l’orchestre. De nombreux groupes apportent leur morceaux et quelqu’un leur arrange pour l’orchestre, comme une sorte d’accompagnement au clavier. Pour moi ce n’est pas symphonique. La symphonie : c’est quand l’orchestre est aussi important que tous les autres instruments. C’est, en tout cas, ma manière de procéder. Je pense que c’est ce qui fait que ma manière de faire est sensiblement différente de celle de la plupart des groupes de rock. Parce que j’écris dès le départ pour tout au même niveau. L’orchestre est sur un pied d’égalité avec les guitares. Parfois les guitares sont en avant, parfois en retrait, parfois ce sont les vocaux qui dominent. Il y a toujours une partie qui domine mais c’est organique. C’est de la musique, ca n’est pas juste « oh non, je travaille avec un orchestre symphonique ! ». Et si je ne veux pas de l’orchestre symphonique…alors je ne l’utilise pas ! Sur l’album, il ne joue pas tout le temps. Il joue souvent, mais il y a des moments où il ne joue pas, car cela ne correspond pas à la musique.

Peux-tu nous parler de tes différentes apparitions comme invité pour Scorpions ? Tu as joué avec eux au Wacken 2006 et plusieurs dates sur la tournée suivante. T’es-tu senti nostalgique et si oui, est-ce toujours le cas maintenant ?

Non. Je ne suis pas quelqu’un de nostalgique. Pour me rendre nostalgique il me faudrait quelque chose de… différent. J’ai apprécié cette expérience, et particulièrement quand nous avons joué plusieurs morceaux, quand nous rentrions vraiment dans la musique. « Nostalgique » n’est pas le mot approprié, mais j’ai apprécié cela. Parfois c’est comme si nous étions réellement une famille, particulièrement la première fois que nous nous sommes réunis, à Colmar en 2005. C’était très bien et très spécial. Et il y a quelques autres concerts où nous l’avons ressenti comme ceci. Chaque nuit est différente, cela ne se programme pas. En tout cas, moi je ne le peux pas.

D’un point de vue purement technique, que t’a apporté l’ère Scorpions en tant que guitariste ?

Chaque année j’ai appris quelque chose, surtout en donnant autant de concerts. Je crois qu’une année nous avons donné dans les 150 concerts. En 1976 ou 1975, je ne me souviens plus. Nous avons beaucoup joué, et il était possible de faire beaucoup d’expérimentations. J’ai toujours essayé de pousser la guitare en avant, vers un nouveau monde. J’ai toujours essayé de lui donner une identité très nette. Je n’aime pas juste jouer un solo et j’ai toujours souhaité que chaque solo soit spécial pour le morceau. C’était déjà le cas avec Scorpions et c’est ce que j’essaye toujours de faire maintenant.

A part la liberté de composer, que te manquait-il « guitaristiquement » parlant ?

Rien ne me manquait, surtout au début parce que je développais encore mon style. Comme je m’affirmais musicalement, j’ai juste voulu de nouveaux défis. C’est ce qui me manquait vers la fin. C’est pour cela que j’ai ressenti le besoin de quitter le groupe. Ce que je voulais écrire à l’époque ne correspondait plus à Scorpions, et je le savais, mais je voulais l’écrire quand même. Alors je n’ai pas eu d’autre choix que de prendre cette décision. Autrement je n’aurais pas été un musicien satisfait. Pour moi l’aspect artistique est toujours le plus important, plus que l’aspect commercial.

Voici la question polémique ! Tu as exprimé ton exaspération à propos de ce que tu vivais avec Scorpions dans la chanson « I’ve Got To Be Free ». Et Klaus Meine, chanteur de Scorpions, a même chanté cette chanson sans même savoir qu’il en était la cible !

Non, il n’en était pas la cible. Cette chanson était ironique et légèrement satyrique. C’était histoire de se marrer donc j’ai tout exagéré dans cette chanson. Il y a de nombreuses choses dans ce mprceau qui traduisent l’état dans lequel je me sentais mais il ne faut pas tout prendre littéralement.

Comment les membres de Scorpions ont-ils réagi ?

Ils n’ont pas réalisé !

Voici venu le temps de la dernière question. La fameuse question idiote qui n’a aucun lien avec le reste de l’interview. Écoutes-tu du black metal ?!

Non. Pourquoi me poses-tu cette question ?! Tu aimes le black metal ?!

Oui !

Et bien moi je ne l’écoute pas ! Parce que j’essaye de faire l’opposé. Je n’écoute pas non plus ma musique. J’aime juste jouer. Je ne suis pas tant quelqu’un qui écoute, j’aime faire de la musique activement. Je ne suis pas un fan de black metal et donc logiquement je n’aime pas l’écouter. En fait c’est trop violent et je n’aime pas ses vibrations. C’est trop destructeur…et je n’aime pas la destruction. J’aime les messages de paix, pas les messages de guerre. Ce qui me fait vibrer, c’est un message lumineux, pas un message sombre. Parce que c’est comme cela que fonctionne mon esprit. Je sais que le côté sombre peut être fascinant pour beaucoup de gens, mais pour moi ce n’est pas fascinant et cela semble vide. Je l’ai toujours ressenti comme cela. Je n’en aime pas le goût, ses vibrations et le black metal m’est étrangé. C’est donc pour ça que je ne l’écoute absolument pas. J’aime la musique organique. Pour moi ca n’est pas organique, c’est destructeur. Je pense que c’est destructeur, car les gens qui font cette musique sont frustrés. Il m’arrive aussi d’être frustré, mais je gère ma frustration différemment…!

Entretien réalisé le 25 octobre 2008 à Strasbourg
Traduction par Yabon_Gorky

MySpace Uli Jon Roth : myspace.com/ulijonroth



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