ENVOYEZ VOS INFOS :

CONTACT [at] RADIOMETAL [dot] FR

Chronique   

Ultra Vomit – Panzer Surprise !


Il faut le dire, depuis Objectif : Thunes (2008), Ultra Vomit avait laissé un vide qu’il nous fallait combler par nos propres blagues vaseuses et notre humour douteux. Réjouissez-vous, Ultra Vomit a décidé de rempiler et de nous rappeler qui est le maître de la vanne. En ce mois de Pâques, tout le monde fera le lien avec le titre gracieux qu’est Panzer Surprise, aussi rentre-dedans que subtil. Encore une fois, aucun cliché n’est épargné. Ultra Vomit démontre un savoir-faire parodique déstabilisant de crédibilité qui prouve deux choses : d’une les membres du groupe laissent transparaître une curiosité musicale, de deux ils prouvent que derrière l’humour se cachent tout de même de vrais musiciens.

On sait à quoi s’en tenir dès les premières secondes de Panzer Surprise, avec la reprise à coup de riffs bien gras du générique des Looney Tunes faisant écho à l’artwork. Ils bénéficient toujours d’une vraie production (en cela on se distingue de Didier Super, c’est important de le préciser…). « Kammthaar » achève de convaincre. Le titre n’est autre qu’une contrefaçon de Rammstein, avec son chant presque guttural, ses voix grandiloquentes (le mimétisme vocal est saisissant) et ses arrangements au clavier. Seulement, sur cette recette propre au mastodonte allemand, on trouve une thématique « mécanophile » et une adulation du camion… ainsi qu’un clin d’œil à Marc Lavoine sorti vraiment d’on ne sait où. Belle performance encore avec le pastiche de Tagada Jones, « Un Chien Géant », génial ou imbécile (au choix) d’absurdité. « Takoyaki » du nom d’une spécialité culinaire d’Osaka et son introduction digne d’un documentaire touristique sur le Japon nous gratifie d’une imitation des jeunes filles de Babymetal sur le refrain. Il faut bien l’avouer, ça fonctionne parfaitement bien. « Le Train Fantôme » deviendra l’ode aux retards de la SNCF avec un placement incongru du jingle et cette voix douce que nombre de voyageurs connaissent si bien. Là où le génie d’Ultra Vomit émerge réellement, c’est sans doute sur « Calojira ». Oui, tout est dans le titre : une parodie de « Vacuity » avec un refrain de Calogero. Tout y est. Seulement, si l’idée vaut son pesant d’or en soi, l’exécution fait honneur à Ultra Vomit : il y a un véritable effort de mimétisme, jusque dans la production de la caisse claire et des gimmicks de batterie propres à Mario Duplantier (le jeu sur la ride notamment). Ultra Vomit a bossé son sujet. Y compris maîtriser le générique de Ken le Survivant (« Keken ») ou la célèbre intro du « Thunderstruck » d’AC/DC pour en faire un gospel (« Jésus »)…

En cela réside l’intérêt d’un album d’Ultra Vomit. Au-delà de l’aspect humoristique, lorsqu’on se penche sur chaque morceau (deux minutes en moyenne), on peut identifier ce qui fait l’essence des groupes à l’instar de « Pink Pantera » qui résume la recette du groupe d’Anselmo en 1 min 47 montre en main. Ultra Vomit persiste en outre dans la tradition du n’importe quoi avec une reprise de « La Chenille » en pig squeal. On rencontrera même des références aux comics à l’image de l’instrumentale plus sérieuse « Batman VS Predator » (comics publié en 1991), cross-over qui donne envie d’être savouré sur grand-écran… Le groupe en profite pour remémorer l’un des affrontements célèbres qui taraude l’existence de chaque être humain, « Pipi VS Caca », traité radicalement et affligeant de bassesse. Enfin, Ultra Vomit conclut son… propos par un hommage au heavy illustré par le doux jeu de mots « Evier Metal ». La plomberie a son hymne, qui sera sans doute scandé en live.

Non, Ultra Vomit n’est pas devenu sérieux. Non, Panzer Surprise ne s’écoute pas par pure audiophilie. Il faut le goût du jeu de mots, du premier et du second degré et saisir les nombreuses références pour en percevoir l’intérêt. Toutefois, il ne faut pas nier que les musiciens d’Ultra Vomit sont orfèvres de la parodie, alliant gros son et exécution à un esprit de synthèse rare. Panzer Surprise fera mouche sur scène, impossible de le nier. Pour l’heure, impossible de réécouter « Vacuity » sans sourire…

Teaser :

Album Panzer Surprise, sortie le 28 avril 2017 via Verycords. Disponible à l’achat ici



Laisser un commentaire

  • J’ai du mal avec deux points :
    – le son de bourrin de Fred D, qui sied bien à Mass Hysteria mais pas trop à Ultra Vomit ; sur Objectif Thunes les ambiances des différents groupes ou styles parodiés étaient mieux rendues ;
    – Un chien géant. L’imitation est assez nulle, j’ai l’impression d’entendre Fétus imitant Martin Hallier (leur régisseur et ex-Kiemsa) imitant Niko Jones.

    Sorti de là, c’est très bon ! Ça joue, c’est drôle, tout est là.

    [Reply]

  • Juste un détail : il n’y a pas la chanson médiévale. Et ça c’est un scandale.

    [Reply]

  • La chanson Takoyaki fait référence au groupe Maximum the Hormones aussi et surtout !

    [Reply]

  • Depuis le temps qu’on l’attend, celui-là. Et voilà que cette chronique confirme qu’on avait raison d’être impatients. Chouette !

    [Reply]

  • Arrow
    Arrow
    Uli Jon Roth @ Paris
    Slider
  • 1/3