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Live Report   

Un melting pot appelé Korn


Après avoir atterri dimanche 11 mars en Allemagne, Korn démarrait hier soir sa tournée européenne en se produisant au Bataclan de Paris. Visiblement enchantés d’être en France, ce sont des musiciens détendus et souriants qui sont apparus sous les yeux d’une salle sold-out depuis des semaines.

Avec son dernier album intitulé The Path Of Totality, Korn a évolué vers un registre dubstep/metal inédit et plutôt bien réussi. Restait à savoir comment ces compos tournées vers l’électronique s’intégreraient à la setlist du combo et si, tout simplement, ces morceaux passeraient l’épreuve du live. Au cours de sa carrière, Korn a souvent pris des risques. Il n’était donc pas si étonnant, hier soir à 20h15, de voir débarquer sur scène son chanteur Jonathan Davis pour un DJ set de 25 minutes.

Artistes : KornJ Devil
Date : 12 mars 2012
Lieu : Paris
Salle : Le Bataclan

Jonathan Davis en solo

J Devil est le nom du projet dancefloor du chanteur de Korn où l’artiste propose une musique plus dubstep que metal. Même s’il reste bien calé derrière sa table centrale avec ses effets et son ordinateur, le frontman parvient à ne pas tomber dans le piège du statisme et n’hésite donc pas à venir danser devant la scène en haranguant le public. Ce dernier, pour sa très grande majorité, paraît en tout cas surpris par le son que Jonathan fait partager et par les gesticulations du frontman…

Mais la joie de ce dernier, complètement à fond dans son délire, fait plaisir à voir et est très communicative. En voyant Jonathan Davis se déchaîner comme un beau diable en apparaissant presque en transe sur les passages les plus dubstep de sa musique, on ne peut d’ailleurs que constater la sincérité de sa passion. Comme il l’a confié en interview récemment, Jonathan Davis considère aujourd’hui le dubstep comme le courant musical le plus heavy qui existe et son DJ set d’hier soir – qui l’aura vu taper dans les mains, danser et tout tenter pour faire bouger l’audience – prouve que le dubstep est le style musical qui, aujourd’hui, lui donne les meilleures vibrations et lui correspond en tout cas plus que le metal « pur ».

Un musicien en solo hyper concerné et donnant tout devant une foule majoritairement sceptique (malgré les hochements de têtes de quelques convaincus et d’un ou deux pogos en fosse) auront en tout cas donné un résultat franchement spécial !

Ordinateur mon amour !

21h a déjà sonné lorsque Korn foule les planches d’un Bataclan prêt à en découdre. Comme lors de ses récents shows donnés aux États-Unis, le groupe américain a divisé son concert en trois temps. Le premier met en avant d’anciens morceaux de sa discographie, la deuxième est consacrée aux nouveaux titres extraits de The Path Of Totality et la dernière partie propose à la foule une setlist best-of. Ce sont donc « Predictable » et « Lies », tous deux extraits de l’album Korn (1994), qui ouvrent le bal. Le public est chaud mais c’est « Narcissistic Cannibal » qui va vraiment faire passer un cap à ce concert en termes d’intensité car à l’instar de « Get Up! », l’autre single de The Path Of Totality, « Narcissistic Cannibal » est un tube puissant et parfaitement calibré pour le live. Le public ne s’y trompe pas en réservant à la fin du morceau sa première ovation à Korn.

Si le deuxième temps signifie « période dubstep/metal » sur le plan musical, cela est également visible en jetant un coup d’œil au décor puisque c’est à ce moment que les minis-écrans horizontaux et verticaux sont utilisés. Cependant ils auront juste permis d’agrémenter le show avec des couleurs alors que le groupe aurait pu être plus inventif sur le sujet. Mais Korn s’est sans doute satisfait de cette situation en pensant que quelques stroboscopes ici et là et le fait d’être déjà six musiciens sur scène – Wes Geer (guitare) et Zac Baird (claviers/piano) étaient présents aux côtés de la batterie de Ray Luzier – suffiraient. Dommage car c’est sans doute ici que réside le tout petit détail, la petite différence entre le très bon concert qu’a effectué Korn hier soir et l’excellent show.

Fieldy (basse)

Malgré tout, ne boudons pas notre plaisir car l’audience gardera en tête de nombreux moments forts durant cette prestation. Ce fut par exemple le cas du hit « Here To Stay » tiré de l’album Untouchables (2002) qui a littéralement fait exploser la foule (dont deux personnes parviendront à prendre à revers le service de sécurité pendant le set pour pénétrer sur scène et se jeter dans la fosse !). D’ailleurs, l’enchaînement « Here To Stay », « Freak On A Leash » et « Falling Away From Me » fut à lui seul un grand moment. Notamment cette montée en régime de “Freak On A Leash” qui aura vu Jonathan Davis, l’oreille quasiment collée à la basse de Fieldy, faire sauter la foule avec son « go! » effectué à 3 minutes. Une sacrée claque !

Comme à son habitude en live, Korn aura également fait des medleys/reprises d’artistes reconnus comme Pink Floyd (« Another Brick In The Wall » mais aussi « Goodbye Cruel World ») et Metallica (« One »). Une reprise des Mets qui ouvrira les rappels dans la continuité du morceau « Shoots And Ladders » sur lequel Jonathan Davis débarquera sur scène avec une cornemuse. « Got The Life » et « Blind » clôtureront ce set dans la difficulté puisqu’une rupture de son sur le micro du frontman à la fin de « Got The Life » retardera la mise en place de « Blind »… dont le batteur avait déjà commencé l’intro.

Munky (guitare)

Par conséquent, le groupe a dû jouer deux fois sa célèbre intro pour un final dantesque car quand une foule surchauffée, dans une salle surchauffée, attend le tube de son groupe préféré pour mettre définitivement le feu, et qu’en plus ce tube tarde à venir… alors là c’est l’explosion totale. Hier le public était « really ready » et le groupe aussi puisque c’est avec un grand sourire que les membres de Korn reprendront leur morceau phare une seconde fois l’air de dire : « Purée les mecs, on était bien et puis la technique nous lâche sur les toutes dernières notes : c’est vraiment pas de chance ! ». Un bon esprit à saluer.

Korn aura proposé sur ce concert un judicieux melting pot musical qui a fait la part belle à six albums de sa discographie sur les dix disques studios qu’il a sorti depuis 1994. Mettant en avant du neuf comme de l’ancien, du rap/metal et du dubstep ou encore des reprises de groupes cultes dispatchées au milieu de ses compos personnelles, Korn sera parvenu hier soir à contenter tous ces fans. La classe du grand groupe en somme.

Wes Geer (guitare)

Setlist Korn :

Predictable
Lies
No Place To Hide
Helmet In The Bush
Narcissistic Cannibal
Chaos Lives In Everything
My Wall
Get Up!
Way Too Far
Here To Stay
Freak On A Leash
Falling Away From Me
Another Brick In The Wall / Goodbye Cruel World (reprises de Pink Floyd)

Rappels:

Shoots And Ladders / One (reprise de Metallica)
Got The Life
Blind

Photos : Julien Perez

Jonathan Davis (chant)



Laisser un commentaire

  • geneste gerald dit :

    il dechire trop se groupe plus que slipknot ou dream theater

    [Reply]

  • Merci pour ce live report. Très bon 😉

    [Reply]

  • « Ce fut par exemple le cas du hit « Here To Stay » tiré de l’album Untouchables (2002) qui a littéralement faire exploser la foule  »
    faire? –> fait plutot, non? ^^
    A toute ! ^^
    -oui oui, je ne passais que pour l’hortografe ^^)

    [Reply]

    Doc'

    C pa vré jfé pa2 fottes.

    Merci Suspiria, j’ai rectifié.

    😉

  • Les premiers albums de Korn sont plutôt malsains avec des textes très glauques (d’après Davis : ‘tirés de son expérience personnelle’). C’est bon pour le leader du groupe de voir qu’il a pu passer à autre chose, et ce n’est aps etonnant qu’il se retrouve maintenant dasn un autre style musical (le dubstep).

    [Reply]

  • Jordan Breakdown dit :

    Le nom du second guitariste est Wesley Geer , et non Shane Gibson.

    [Reply]

    Doc'

    Merci j’ai corrigé. Ma source était mauvaise sur ce coup.

  • puissant le concert mais il y a qu’une personne qui est monté sur la scène et c’est moi.le staff de korn m’a arraché mon tshirt completement fou le gas!!!!

    [Reply]

    Doc'

    Héhé ! C’est clair qu’il était costaud le mec !

    Mais visiblement ton entrée en scène ne lui a pas franchement plu… et heureusement pour toi que tu as su éviter sa douce mimine ! 😉

  • c’était énorme

    [Reply]

    Julien THOMAS

    Salut, ce n’est pas le micro du chanteur qui a lâché, mais toute la facade. Ils ont donc terminé le set avec juste le son des amplis sur scène, les retours, la batterie sans être repiqués en façade. Nuance.
    Mais ca le faisait à mort ce semi « a capella »

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