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Interview   

Un mot par Persson


On ne dirait pas comme ça, mais Johannes Persson, chanteur/guitariste de Cult Of Luna, ne se prend pas la tête. Ses réponses sont courtes et spontanées. Le groupe a sorti l’an dernier un livre musical, poussant à bout le concept de l’album Eternal Kingdom et l’amenant à son terme. Nous nous sommes entretenus avec Johannes sur comment concevoir l’écoute/la lecture de cette oeuvre.

Nous en avons également profité pour l’interroger sur l’actualité du groupe. Mention spéciale pour son point de vue original sur les démarches commerciales des maisons de disques.

Un entretien clair, net et sans bavures.

« Tout ça vient de ces problèmes de téléchargements illégaux qui touchent l’industrie musicale. Cela rend les petits labels exsangues. Ils sont donc obligés de trouver ce genre de solutions. […] Les maisons de disques ne gagnent pas d’argent, c’est la raison pour laquelle elles font ce genre d’offres. […] Elles n’ont pas d’autres choix. Je les comprends totalement. Je crois que nous devrions davantage en vouloir aux gens qui téléchargent illégalement. »

Radio Metal : Votre dernier passage en France remonte à un an et demi. C’était à l’occasion de la deuxième partie de l’Eternal Tour, vous n’avez jamais été dans autant de villes. Est-ce que cela signifie que le groupe a gagné en importance ?

Johannes Persson (guitare/voix) : J’imagine que oui, la dernière tournée en France était incroyable, d’ailleurs la France est l’un de nos pays préférés. Vous savez vraiment apprécier le style de musique que l’on joue. Nous avons été privilégiés de pouvoir jouer là-bas et le concert de Paris en particulier reste un des moments forts de notre carrière. C’était un super show !

2009 fut une bonne année pour le groupe notamment avec la tournée Eternal Tour mais vous avez également sorti le DVD Fire Was Born, comment ce projet est il arrivé ?

A vrai dire je ne m’en souviens pas, des types qui voulaient le sortir en HD nous ont suggéré cette idée. Cela vaut le coup de le faire quand tu sais ce que tu vas faire. On a décidé d’enregistrer ce DVD avec tous les membres et l’équipe d’ingénieurs qui nous accompagnent pendant les concerts. Nous avons tout donné ce soir là et ça a plutôt bien fonctionné. Nous avons eu la chance d’avoir fait un bon concert car de temps à autre, on n’assure pas vraiment, mais cette nuit là on a bien géré.

Es-tu satisfait de l’idée de votre maison de disques de vendre ce DVD avec une réédition de l’album Eternal Kingdom ?

Non, mais on ne pouvait pas y faire grand chose. Lorsque notre label nous en a parlé, ils nous ont simplement dit que les gens ne faisaient que télécharger les DVDs, la maison de disques devait payer pour les produire mais qu’au final ils n’en vendaient aucun ! Tout ça vient de ces problèmes de téléchargements illégaux qui touchent l’industrie musicale. Cela rend les petits labels exsangues. Ils sont donc obligés de trouver ce genre de solutions. Je ne suis pas du tout en train de me plaindre. Mais les maisons de disques ne gagnent pas d’argent, elles doivent en revanche en dépenser pour faire des DVDs, c’est la raison pour laquelle elles font ce genre d’offres. Elles sentent qu’elles n’ont pas d’autres choix. Je les comprends totalement. Je crois que nous devrions davantage en vouloir aux gens qui téléchargent illégalement qu’aux maisons de disques.

Après cela, vous avez fait paraître des titres inédits sur votre site internet. Est-ce une façon d’offrir plus de musique à vos fans ou juste d’en vendre plus ? Et peux-tu nous expliquer de quoi parlent ces chansons ?

Non, c’était simplement un moyen de sortir ces titres, rien de plus. Nous essayons d’écrire chaque album autour d’un thème différent. Chaque album recèle un nouveau concept. Habituellement on partait d’une perspective venant du monde extérieur pour avoir une vision analytique de ce monde. Le dernier album repose davantage sur le point de vue d’une troisième personne, de quelqu’un d’autre…

« C’est un livre audio, c’est une histoire racontée en anglais mais aussi en suédois et les musiques font partie de l’histoire. En conséquence, il n’y aura pas d’album ne contenant que la musique. La musique est ce qu’elle est dans l’histoire. ce n’est pas un disque, c’est un livre. »

Le livre Eviga Riket est basé sur les notes laissées par Holger Nilsson qui vous a notamment inspiré pour créer le concept d’Eternal Kingdom. Est-ce que les deux histoires sont similaires ou est-ce que l’une est la suite de l’autre ?

Il s’agit de la même histoire, mais celle racontée sur l’album n’en contient que des extraits. Ce n’est pas l’histoire complète du début à la fin. Nous avons en effet sélectionné certains passages. L’histoire dans son intégralité se trouve dans le livre.

Comment la musique est-elle incorporée dans l’histoire ?

La musique est dans l’histoire, elle est incluse dedans. Cela traite de différents thèmes et atmosphères que nous voulions faire passer. Nous avons essayé d’interpréter des émotions et des sentiments à travers la musique.

Est-ce que la musique présente sur Eviga Riket est seulement disponible avec le livre ou aurons-nous la possibilité de trouver le CD dans une édition simple ?

Non. C’est un livre audio, c’est une histoire racontée en anglais mais aussi en suédois et les musiques font partie de l’histoire. En conséquence, il n’y aura pas d’album ne contenant que la musique. La musique est ce qu’elle est dans l’histoire. Ce n’est pas un disque, c’est un livre.

En tant qu’album concept, Eternal Kingdom était excellent. Il mélangeait une histoire forte (ndlr : le journal quotidien d’un fou) avec une musique incroyable, très heavy tout en créant des atmosphères très variées. Maintenant avec le livre, la partie écrite prend le dessus sur la musique. Crois-tu que l’histoire devient plus importante que l’écoute ?

Oui, je crois que l’on peut dire ça. La musique permet de souligner l’histoire de façon beaucoup plus variée que sur l’album.

La musique aide donc à créer l’atmosphère idéale pour lire le livre.

Oui, c’est une bonne façon de voir les choses.

Cult Of Luna est unique, le groupe développe sa propre vision de la musique et vous avez une façon peu ordinaire de la présenter. Seriez-vous intéressés par le fait de publier votre musique à travers différents médias comme le cinéma ?

Pas pour l’instant mais pourquoi pas, on ne sait jamais ce qui peut arriver dans le futur. On a toujours aimé trouver de nouveaux moyens d’expérimenter des choses…Cela pourrait être quelque chose dans ce goût là mais rien n’est prévu pour le moment.

Tu n’as aucun projet « surprise » à nous annoncer ou est-ce simplement trop confidentiel ?

Non, je n’aurais qu’une réponse complètement banale à te donner : nous travaillons sur un nouvel album, un vieux projet d’album ni plus ni moins…juste un album. Mais je pense que beaucoup de personnes seront contentes de l’apprendre.

Interview réalisée en septembre 2010 par phoner.
Traduction par Isabelle
MySpace CULT OF LUNA : www.myspace.com/cultofluna



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