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Live Report   

Un pachyderme nommé Obituary


Vingt ans de scène pour les Américains d’Obituary, célébrés durant ce Rotting Slow Europe 2012 qui a pénétré avec force et à coups de décibels, ce mardi 12 décembre, le CCO de Villeurbane lors d’une soirée placée sous le signe de l’extrême. Pogos, headbanging, gros son : tous les ingrédients étaient réunis en ce soir-là afin de satisfaire les amoureux et puristes de death. Car, si Obituary a frappé fort durant son show, ce dernier n’est pas venu seul. Accompagné par The Amenta, Psycroptic et enfin Macabre, ce mardi soir aura été fichtrement éprouvant pour les corps. Et bien que la soirée ait mis un peu de temps à se lancer, quand dehors le ciel était d’encre arrivé vers 23h, le public, lui, était rougi par le viol auditif subi.

Pas de préliminaire dans ce genre de soirée. Le mot « finesse » n’étant pas là le plus adapté. Alors que The Amenta puis Psycroptic ont laissés plutôt insatisfait une partie de l’audience, Macabre et enfin Obituary ont rappelé qui étaient les chefs d’orchestre. Obituary ou ce genre de groupe qui a de la bouteille et qui sait le prouver.

Artistes : Obituary Macabre Psycroptic The Amenta
Date : 12 décembre 2012
Salle : CCO
Ville : Villeurbanne


Cain Cressall, chanteur de The Amenta, le gendre idéal à présenter à sa belle famille.

The Amenta ouvre ce bal d’acharnés des cervicales déplacées (à l’image des deux seuls chevelus ayant remué leur tignasse, chacun à une extrémité de la scène). Sobriété et sur-jeu : deux termes pourtant antinomiques mais qui, pourtant, représentent bel et bien la demi-heure de show de ces Australiens. Tout commence pourtant dans la sobriété avec ce groupe installé sur scène, plongé dans une semi obscurité, réglant, peaufinant ses derniers réglages, dos à un public alors en mode minimal. Il y a un aspect froid qui émane alors de la scène. Le groupe intrigue et la curiosité de voir à l’œuvre ces étranges individus squelettiques et corpse-paintés prédomine. Le combo se retourne et… feu !

Le groupe évolue entre death et black, un entre-deux devenu commun aujourd’hui. Visuellement et auditivement, le groupe se rapproche des Italiens de Fleshgod Apocalypse, mais cette comparaison en restera là. Car, musicalement, le groupe ne fait guère preuve d’originalité et, de plus, souffre d’un son catastrophique. Les guitares sont brouillonnes, la basse absente, les samples lointains et certains fûts de la batterie sont sous-mixés… S’ajoute à cela une dose de sur-jeu et vous obtenez le stéréotype parfait du groupe d’extrême. Pourtant, Cain Cressall, leader du groupe, y met de la bonne volonté. Mais non, rien n’y fait, pas même ses petits mouvements reptiliens de la langue, ni même les lentilles de contact qui donnent au groupe des yeux captivants à observer. Mais le show se rattrape à la fin avec l’excellent « Dirt », riche, varié. Ce titre apporte une vraie plus-value au show des Antipodistes qui quittent alors la scène après ce dernier titre de dix minutes.

Setlist de The Amenta (source setlist.fm)

Junky
Sekem
Mictlan
Vermin
Erebus
Dirt


Technique, la musique de Psycroptic n’en reste pas moins efficace !

Psycroptic emboîte le pas à The Amenta. Ces derniers ayant laissé la salle de marbre, ce sont leurs compatriotes australiens qui se voient dans l’obligation de réveiller ce public amorphe. Il faut bien reconnaître que le show s’est mieux passé pour Psycroptic qui, musicalement, reste plus axé sur un death technique, plus proche ainsi de ce que le public attend ce soir. Le set est brutal, expéditif, à l’image du titre « Ob(Servant) ». Tout est très direct durant ce show. Peut-être trop… Il défile sans temps morts, accentuant l’image d’un groupe de première partie enchaînant titre sur titre durant son laps de temps imparti.

La majorité de la setlist est axée autour de The Inherited Repression, dernier opus du groupe en date, sorti en février dernier. Une setlist un peu pauvre malheureusement, car trop confinée dans l’aspect « promotion d’album ». Ainsi, les titres « Initiate » ou encore « The Colour Of Sleep » (tous deux antérieurs à 2012) apportent un réel contraste dans ce court show. Celui-ci se déroulera sans encombre jusqu’à la fin. Au final, Psycroptic a parfaitement joué son rôle de première partie, n’essayant pas d’apparaître pour ce qu’il n’est pas, à savoir une tête d’affiche.

Setlist de Psycroptic (source setlist.fm)

Euphorinasia
Carriers of the Plague
Forward to Submission
Ob(Servant)
Initiate
The Sleepers Have Awoken
The Colour of Sleep


Macabre : un show pas facile d’approche.

Macabre n’est peut-être pas la tête d’affiche de la soirée, cependant le groupe a su attirer ses fans qui sont venus en masse assister à ce show atypique. Car Macabre évolue, certes, dans un metal extrême, mélangeant thrash, death et grindcore – le tout, parfois ponctué de comptines et de mélodies folk. Mais l’originalité du groupe réside dans ses thématiques. Les paroles abordent surtout le thème des tueurs en série, des tueurs de masse et ne rechignent pas à une touche d’humour bien gore. « La plupart des textes s’inspirent d’histoires vraies et de personnages ayant réellement existé. Leur contenu est historiquement exact, et les membres du groupe ont personnellement connu et rencontré des tueurs en série comme John Wayne Gacy » nous précise la Bible Wikipédia.

Macabre propulse le public du CCO dans une sorte de transe tribale, poussant les individus au cannibalisme. Les membres de l’audience s’entrechoquent, essayant de s’assommer mutuellement à grands coups d’épaules. Le public cuit à petit feu, alors que la température intra-muros a elle explosé. Mais le spectacle présenté est tellement dérangé qu’il est difficile d’y entrer de suite. Car Macabre évolue dans son univers. Preuve en est avec les prises de paroles récurrentes de son chanteur Corporate Death (Lance Lencioni) afin d’expliquer au public de qui telle ou telle chanson parle.

Musicalement, le minimalisme est, semble t-il, le mot d’ordre du groupe. Hormis pour Dennis « The Menace » Ritchie, batteur du combo, qui aura offert au premier rang un concert de batterie – tant sa frappe est forte et sa batterie bien mise en avant – ainsi qu’un bel exemple de ce que l’on appelle, dans le jargon, du « remplissage ». Nefarious (Charles Lescewicz), à la basse, offre de son côté une assise rythmique inébranlable et pleine de dextérité. Les membres du groupe ont l’air ailleurs, les yeux vitreux, pétillants ou ont des réactions vives voire brusques. Mais, maintenant accoutumé à l’horreur, c’est le reste du public qui se prend au jeu des Américains. Car, en live, Macabre fait preuve d’une extrême sauvagerie du plus bel effet dans une soirée où le raffinement n’a pas lieu d’être.


Obituary : des riffs pachydermiques.

L’accueil réservé aux Ricains d’Obituary ce soir-là prouve l’ampleur de l’attente vécue par de nombreux fans du combo afin de voir ou revoir ces pionniers du death. Ni une, ni deux, le concert s’ouvre sur « Stinkupuss », suivi par « Intoxicated ». Le public saute, pogotte, déploie une énergie jusqu’alors dissimulée. Le concert part sur des bases solides bien que la répartition du son ne soit pas toujours égale. Mais l’aspect nostalgique et old-school du show satisfait les puristes du groupe. En effet, à l’occasion de leur vingt ans de live, Obituary joue sur cette tournée européenne uniquement des morceaux de ses trois premiers albums : Slowly We Rot, Cause Of Death et The End Complete. Ainsi s’enchaîne « Bloodsoaked » et « Immortal Visions » qui démontrent toute la lourdeur musicale du groupe. Indéniablement, Obituary sait faire des riffs ravageurs, voire tout bonnement pachydermiques. Et ce pour le plus grand plaisir de la foule.

La triplette « Gates To Hell », « Infected », « Cause Of Death » vient à provoquer des spasmes, même chez les plus calmes du public. Bouger timidement ou violemment la tête est inévitable. La machine Obituary semble sans faille et impossible à stopper. L’âge rôde et ça se voit. Le groupe exprime toute sa joie et son plaisir d’être là. Chacun ira de son slam avant d’avoir serré la main à l’un des membres sur scène. D’ailleurs, les slams deviendront bientôt incessants, devenant une vague continue. Les premiers rangs en auront eu pour leur grade. Écrasés de toutes les manières possibles. John Tardy (chant), montrant l’exemple, n’aura pas non plus hésité dès le début du set, à sauter au sein de l’audience (tout comme le chanteur de The Amenta qui le fera plus tard) qui, sur le coup, s’est retrouvée surprise par ce jeté alors que l’homme venait tout juste d’arriver sur scène.


Trevor Peres (guitare) : « Il est où le cu-cul ? Elle est où la tê-tête ? »

« Chopped In Half », « Turned Inside Out » et le très bon « Body Bag » mettent enfin à terre ce public coriace. Essoufflé ? Le groupe ne l’est pas. Chacun est à sa place, assurant un travail de grande qualité, à l’image de Donald Tardy derrière les fûts qui fait preuve d’une précision métronomique ainsi que d’une grande maîtrise dans sa frappe. La basse de Terry Butler (bassiste live) apporte une lourdeur qui n’a d’égale que le charisme scénique de son propriétaire. Enfin, John Tardy et les deux guitaristes, Trevor Peres et le « touring member » Lee Harrison, plus statiques, adoptent un style sobre, simple mais efficace. A l’image du jeu de lumière de la soirée.

Les enceintes du CCO crachent les riffs entêtant de « Killing Time » puis de « The End Complete » où le groupe, en rythme, active ses cervicales d’avant en arrière. Petit bémol toutefois : en se déplaçant – avec difficultés – dans la salle, on se rend compte que les solos de Lee Harrison ne sont pas forcément audibles, notamment au niveau du bar (on retrouvera d’ailleurs ici les membres de The Amenta). Mais comme dit plus haut, se mouvoir dans cette foule compacte est difficile. Le seul espace aéré est juste une zone de non droit où les pogos, petit à petit, reprennent du service. « Dead Silence » et « I’m In Pain» verront les derniers efforts du public avant les habituels rappels.

C’est Donald Tardy qui sera le premier à revenir, le temps d’un solo simple mais transpirant la maîtrise. Incontestablement, une rythmique binaire simple fait toujours son petit effet. Puis le dernier morceau de la soirée. La lenteur presque doomesque de l’intro de « Slowly We Rot » fait vibrer les cœurs des fans n’ayant pas eu besoin de plus de deux notes pour reconnaître le titre. C’est sur ce morceau « synthèse » des premières heures du groupe que se termine cette soirée de l’extrême. Obituary acclamé, encensé, remercié. Ce pachyderme nommé Obituary est passé par ici, et tel les mammouths préhistoriques, a laissé une empreinte sur le sol encore visible dans les années à venir. Ce n’est malheureusement pas le cas pour tous les groupes de ce soir… du moins, pas encore.

Setlist d’Obituary (source setlist.fm)
Stinkupuss
Intoxicated
Bloodsoaked
Immortal Visions
Gates to Hell
Infected
Cause of Death
Chopped in Half
Turned Inside Out
Body Bag
Killing Time
The End Complete
Dead Silence
I’m in Pain

Rappels:
Drum Solo
Slowly We Rot

Photos : Claudia Mollard

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Galerie photos du concert d’Obituary



Laisser un commentaire

  • Un grand merci à My Reference Events pour cette très belle date !

    [Reply]

  • HeavenNorHell dit :

    cette setlist de fou !!!!!!!!!!
    manque juste une petite reprise des maîtres Celtic Frost !!

    [Reply]

  • même que leurs plus grand fan c’est un hobbit…Tuary qu’il s’appelle ^^

    [Reply]

  • Auquel cas fais lui penser à ça la prochaine fois qu’il à un doute http://www.metal-archives.com/ 😉

    [Reply]

  • Sans vouloir chercher la petite bête (et n’étant pas present au concert) , à la vue des photos il semble que ni Santolla, ni Watkins n’étaient présent. Et pour cause ils ont quittés le groupe, il s’agit donc plutôt de Terry Butler (Basse) et de Lee Harrison (Guitare). Après peut être que…

    [Reply]

    Spaceman

    Alastor : stagiaire un jour, stagiaire toujours ! 😉

    HeavenNorHell

    Effectivement… ça craint un peu ce genre de report sans vraiment connaître son sujet.
    Watkins est chez Gorgoroth et Santolla, heuuu… il change tellement qu’on sait plus lol

    Alastor/RM

    Merci pour les remarques. C’est corrigé.

  • shouks_gilbert dit :

    Un excellent concert et une grosse baffe metallique pour ce dernier concert de l’année

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