ENVOYEZ VOS INFOS :

CONTACT [at] RADIOMETAL [dot] FR

Interview   

Un peu de noblesse à Radio Metal


A l’instar d’un Aesthesia, faire une interview de Last Bärons aura été un vrai parcours du combattant ! Alors que je devais la mener à l’origine de visu avec le groupe lors de leur passage au Metal Café de Lyon il y a quelques semaines de cela, une certaine guérilla urbaine s’en était mêlée et le combo avait dû purement et simplement annuler leur show… ainsi que leur venue dans notre belle ville. Et là, il y a quelques jours, l’interview replanifiée sur l’antenne de High Hopes ce soir a bien failli être remise en cause. En effet Damien, le gratteux de la bande, s’est montré bien farouche en préférant se rendre dans d’autres contrées médiatiques. Et plus particulièrement chez d’avides concurrents d’une radio régionale normande répondant au doux nom de 666 !

Mais, mais, mais, car oui il y a un mais (même trois autres accessoirement), il fallait tout de même compter sur Julien (chant), bien plus courageux que son comparse, pour remplacer ce dernier au pied levé et nous faire l’honneur de sa présence. Il nous parlera de leur excellent album, non que dis-je, leur putain d’album sorti en octobre dernier.

Ça se passe ce soir à 20h30 et vous êtes comme d’habitude conviés sur le chat pour réagir en direct. A ce soir !

Interview :

Radio Metal : Elephantyasis est le premier album que vous sortez sous le nom de Last Bärons mais il faut savoir que vous officiez auparavant sous un autre nom depuis 2006 environ, c’est ça ?

Julien (Last Bärons) : Oui, même 2005. Pour tout dire, on s’appelait Dezperados avant. Tu vois, c’était pas terrible…

Pourquoi ça ?

Parce que ça ne collait pas avec ce qu’on faisait. C’était un premier nom qu’on avait et ça faisait un peu gamin. On était jeune et on avait un nom à la con qui ne collait pas avec notre style. On a rencontré Flo qui était notre manager il y a un an ou deux et il a eu la brillante idée de nous faire changer de nom. Spéciale dédicace à Flo (rires) !

Et pourquoi Last Bärons maintenant ?

Je n’en sais trop rien. C’est un peu moi qui suis à l’origine de ça. Je cherchais un nom un peu noble qui ouvre la porte sur un univers un peu visuel. En gros, pour être franc, j’ai piqué ce nom-là à Mastodon dont j’ai adoré leur dernier album. Voilà, il n’y a pas tellement de raison, je recherchais quelque chose de noble qui nous fasse un peu honneur. Bon, ça fait un peu branleur mais je ne sais pas, j’ai bloqué sur cette idée de noblesse.

Vous avez sorti des choses sous le nom de Dezperados : un EP en 2006, un premier album éponyme en 2007 puis, en 2008, un second album du nom d’Elephantyasis. Ce ne serait pas celui que vous avez sorti il y a quelques mois par hasard ?

C’est quasiment le même. En fait, celui qu’on vient de sortir est quasiment l’aboutissement de ce qu’on fait depuis le début avec les gars depuis six ans. On en est très heureux car on a mis longtemps à le faire, le sortir, à le remixer, à le ressortir. On est super content de l’accueil aussi. C’est un peu l’aboutissement et une page qui se tourne depuis nos débuts.

Votre musique n’est pas évidente à catégoriser. De mon côté, je la résumerais par stoner mais ça va tout de même bien au-delà. De votre côté, quelle étiquette vous vous donneriez ?

C’est vrai que souvent, on nous colle « stoner ». C’est un peu la nouvelle vague, tous les groupes qui sont un peu catalogués stoner. En fait, on ne se colle pas vraiment d’étiquette. On va là où on a envie d’aller. C’est un peu difficile. Mais si on devait nous en coller une, ce serait peut-être « fusion » parce que c’est bêtement la fusion de tout ce qu’on aime : du rock, du metal, des fois on est un peu pop, blues. Je ne saurais pas trop t’aider là-dessus.

Quand j’ai écouté votre musique, j’ai tout de suite pensé que le grunge était important pour vous. A ce qu’il paraît, tu es en plus un gros fan de Soundgarden. La scène de Seattle doit probablement être une grosse influence pour vous ?

Oui, souvent, on nous parle d’Alice In Chains. Ça, c’est peut-être plus dû à moi parce que c’est vraiment moi qui écoute ce genre de musique : Nirvana, Soundgarden… C’est vrai que c’est une super grosse influence et ça ne nous pose vraiment aucun problème que tu nous compares à eux.

Qu’est-ce qui te plaît le plus dans la scène grunge ?

Je ne saurais pas te dire. C’est difficile. Pourquoi on aime ? Je me sens juste en relation avec cette période-là de la musique. Désolé, je ne peux pas t’aider (rires) !

Quelles sont vos autres influences dans le groupe ?

On est assez varié. Si on voulait catégoriser, David ce serait des groupes de metal genre Megadeth, Nevermore, Gojira… Autrement, on pourrait citer AC/DC, Faith No More, Alice In Chains, Nirvana, Soundgarden, Oasis, les Beatles, David Bowie… Vraiment, tout ce qui a une guitare, ça nous colle, même plus loin. On est ouvert à tout du moment que c’est bon.

En ce qui concerne Elephantyasis, y a-t-il un concept ou un fil directeur ?

Ce n’est pas une volonté, ce n’est pas un concept-album, on n’est pas un groupe de prog’. En fait, c’est à travers les interviews qu’on est obligé de trouver des réponses. En fait, s’il y avait un fil, ce serait peut-être les freaks, les monstres et les gens à part parce qu’on se sent un peu isolé dans notre petite Normandie. On ne se sent pas vraiment inséré quelque part et on a du mal à trouver notre place.

Est-ce que tu décèles chez Last Bärons une identité qui se détache par rapport à d’autres groupes qui navigueraient dans des sphères semblables à la vôtre grâce à ce que tu viens de dire ?

Encore une fois, ce n’est pas quelque chose de réfléchi, c’est quelque chose qu’on fait instinctivement. On n’a pas tellement de limites. La seule limite qu’on s’impose est de ne pas faire la musique qu’on ne veut pas faire, une musique trop évidente. Après, pour le reste, toutes les portes sont ouvertes et on y va volontiers.

Tu parlais de freaks, cela voudrait-il donc dire que la fixette sur les éléphants que vous faites ferait référence à Elephant Man ?

C’est peut-être quelque chose qui est le plus propre à moi. J’ai toujours eu du mal à me sentir inséré dans n’importe quel milieu. C’est peut-être une phobie ou quelque chose qui me suit depuis toujours. Même avec le groupe, j’avoue qu’on est un peu antisocial. On n’arrive pas à s’insérer, on voudrait le faire exprès, on n’y arriverait pas.

En termes de communication, n’est-ce pas un problème pour un groupe qui est encore jeune ?

Si, complètement ! Ça fait six ans qu’on galère un peu. On est super content de l’accueil de l’album par la presse depuis sa sortie. Après, ça n’a pas changé quoi que ce soit. On aimerait faire plus de dates ou bien des dates un peu plus importantes, que toute cette presse pèse un peu plus sur les programmateurs de salle. Ce n’est pas le cas, ce n’est pas grave mais j’avoue que communiquer n’est pas forcément notre fort.

Parce qu’à la base, vous avez des personnalités introverties ?

Oui, oui.

Parlons un peu du label Correcto Mundo!, le label que vous avez crée avec le groupe Noïd. D’où vous est venue cette décision et est-ce que ça a été facile à mettre en place ?

Le label, ce n’est pas moi qui le gère. Est-ce que c’est facile à mettre en place, je ne peux pas trop te dire. Ca s’est fait assez rapidement. On fait ça parce que tout bêtement, on était seul. Au bout d’un moment, soit tu attends qu’on vienne t’aider, soit tu t’aides toi-même. Donc, les mecs de Noïd étaient juste à côté de chez nous, nous juste à côté de chez eux, on s’est regardé et ça s’est fait. L’union fait la force.

Qui a eu l’idée du label : Noïd, Last Bärons ou bien les deux en même temps ?

Les deux en fait. C’est plus précisément Alex de Noïd, le batteur et Damien, le gratteux de chez nous. C’est plus ou moins eux deux qui gèrent le truc. Après, chacun met sa pierre aussi quand il peut.

La scène bas-normande n’est pas très connue pour la simple et bonne raison qu’il n’y avait pas grand chose en matière de rock/metal. Headcharger est apparu et grimpe maintenant de façon exponentielle. Depuis cette montée, on a l’impression que les groupes de la région apparaissent de plus en plus avec une réelle motivation de se faire connaître. Que penses-tu de ça ?

Pour être franc, je ne connais pas des masses Headcharger. Enfin, je connais deux-trois chansons forcément puisqu’on est obligé de suivre un peu. J’aime bien sans connaître. Après, je ne sais pas si c’est dû à Headcharger ou pas mais oui, on remarquait ça avec les gars mais il y a bien une scène qui sort. Il y a deux ou trois groupes qu’on a vu récemment, qui sortent et qui sont putain de bons. Damien a enregistré un groupe dont je ne me souviens plus du nom et ce qu’ils faisaient était vraiment bon. Il y a une véritable scène normande qui est en train de naître. Il y avait des groupes avant qui n’étaient pas forcément bon mais là il y a vraiment du talent qui sort.

Avant de parler de votre actu live, j’aimerais revenir sur une date. Vous aviez joué en 2009 à un festival normand Jazz Sous Les Pommiers qui, comme son nom l’indique, est un festival jazz. Comment avez-vous été accueillis, parce qu’il s’agit quand même d’un public assez particulier ?

En fait, pas tellement parce que le public de jazz, c’est surtout des jeunes. Après, ceux qui vont dans les salles pour aller voir les concerts, c’est autre chose vu qu’ils paient leur place. Nous, on a joué dans un bar ouvert à tout le monde. C’est surtout des jeunes qui sont venus nous voir donc ça s’est super bien passé, on en a un super souvenir et on y retourne volontiers cette année. On est sûr que ça va super bien se passer.

Parce qu’il y a toutes les sortes de jazz dans ce festival ?

Ça s’intéresse plus au jazz mais toutes les musiques sont les bienvenues je pense. Il n’y a pas de ségrégations envers le reste.

Autrement, au niveau des live qui se profilent, qu’est-ce que vous avez prochainement ?

On a surtout une date avec nos potes de Noïd et un groupe qui s’appelle Kilo que je ne connais pas. Par contre, j’ai écouté et c’est super bien. Donc ce sera au Cargö demain soir. Les gens de Caen qui n’auront rien à faire, qu’ils viennent nous voir. En plus, c’est gratuit.

Et après, vous avez d’autres dates de prévues ?

Oui, on va faire un petit tour dans le nord à Arras et chez nos amis belges. Et puis, on va faire un tour chez nos potes de Doctor Cyclops, un groupe italien très seventies qui est vraiment super bon. D’ailleurs, je leur fais un petit coup de pub, ils passent vendredi au Metal Café de Lyon.

Dernière question : avez-vous commencé à plancher sur un nouvel album ?

Oui, on a du matériel et d’ici la fin de l’année, on devrait l’enregistrer. Ça nous démange tous, on est super heureux de l’accueil de l’album, on en a un peu chier pour le porter depuis le début du groupe. On a envie aussi de passer à autre chose.

Avez-vous des objectifs réels pour fin 2011/début 2012 pour la sortie d’un nouveau disque ?

L’enregistrement du prochain devrait se passer à la fin de l’année. Là, on commence seulement à mettre les bases du prochain. On va voir ça cette année et finir notre tournée aussi.



Laisser un commentaire

  • Arrow
    Arrow
    Slipknot @ Lyon
    Slider
  • 1/3