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Live Report   

Uncle Acid fait voyager dans un film de série B


Le 20 octobre dernier, les cheveux longs et les jeans pattes d’eph’ étaient de sortie à l’Épicerie Moderne de Feyzin. Et pour cause : ce soir-là, les Suédois de Spiders et les Britanniques d’Uncle Acid And The Deadbeats nous proposent un voyage dans le temps ; au programme, retour à l’âge d’or du rock et aux années 70. Les membres des deux groupes n’étaient sans doute même pas nés à l’époque, mais qu’importe, ce n’est pas de se souvenir dont il est question, mais plutôt de ressusciter une période fantasmée par les générations qui l’ont suivie. On ne s’attend donc pas à un son ou à une esthétique révolutionnaire, surtout après des années de revival 70s’ intensif : si on a fait le déplacement jusqu’à Feyzin ce soir, c’est pour retourner aux sources du rock’n’roll. Guitares incisives, sueur et basses qui groovent : on peut dire qu’on aura été servis !

Artistes : Uncle Acid And The DeadbeatsSpiders
Date : 20 octobre
Salle : Epicerie Moderne
Ville : Feyzin [69]

Alors que la salle se remplit, Spiders ouvre le bal. Le groupe, qui a sorti son deuxième album, Shake Electric, en 2014, n’en est pas pour autant à son coup d’essai : comptant dans ses rangs John Hoyles, le guitariste de Witchcraft, et ayant été co-fondé par Axel Sjöberg de Graveyard, qui a quitté la formation en 2011, son pedigree retro n’est pas à prouver. Emmené par une Ann-Sofie Hoyles survoltée, les Suédois compensent en énergie ce qu’ils n’ont pas en originalité. En effet, on pense beaucoup aux Runaways, à Heart ou à Blues Pills pendant leur set, mais ne boudons pas notre plaisir : à la guitare, à l’harmonica, au tambourin ou au chant, la frontwoman ne ménage pas ses efforts et l’enthousiasme du groupe est contagieux. Proposant des titres accrocheurs qui revisitent les grands classiques de l’époque, des Stooges à Motörhead (sur « Hang Man »), ils revisitent leurs deux albums, présentent une nouvelle chanson (« Why Don’t You »), et font danser les premiers rangs avec le tubesque « Shake Electric ».

Bref, entre paillettes glam et riffs punk, les Suédois mettent une Épicerie Moderne déjà bien remplie dans l’ambiance, et laissent le public dans l’état d’esprit idéal pour accueillir les têtes d’affiche de la soirée.

Setlist Spiders (sous-réserve) :

Mad Dog
Control
Hard Times
Hang Man
Give Up the Fight
Only Your Skin
Why Don’t You
Shake Electric
War Of The World

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Uncle Acid (Bercy 2013)

En effet, si les Lyonnais ont fait le déplacement jusqu’à Feyzin, c’est avant tout pour les Anglais d’Uncle Acid And The Deadbeats, en tournée pour soutenir leur dernier album, The Night Creeper. On parlait plus haut de tendance rétro 70s’ : en cinq ans de carrière et quatre albums, Kevin Starr et sa troupe ont réussi à s’imposer comme l’un des fers de lance du mouvement et à se créer une patte unique, marquée par une imagerie très 60s’, un humour grinçant et une utilisation unique des voix. Ayant fait ses débuts sur scène il y a deux ans seulement, au Roadburn, puis en première partie de Black Sabbath, excusez du peu, le groupe a appris sur le tas, et, le concert de ce soir en est une preuve indubitable, a progressé à toute allure.

S’étant constitué une fanbase solide et ayant de quoi interpeller les curieux, Uncle Acid And The Deadbeats apparaît sur scène devant une salle bien pleine et soit déjà acquise à la cause des Anglais, soit prête à se laisser séduire par ses mélodies accrocheuses et ses mélopées psychédéliques. Silhouettes noires se détachant sur un jeu de lumières travaillé, les musiciens rentrent sur scène sur le thème des Vierges de Satan (tout un programme !), et entament leur set avec le riff tranchant de « Waiting For Blood », le single du dernier album. Le message est clair : ça va saigner.

Ce soir-là, le groupe bénéficie d’un son au poil, et à ce stade de sa carrière, a définitivement trouvé sa formule. Distant, interagissant peu et toujours poliment avec le public, noyé dans la pénombre et les fumigènes, la voix étrange semblant venir de toute part – et pour cause, la voix si particulière d’Uncle Acid étant en fait constituée de celle de deux voire trois membres du groupe chantant en même temps –, sa présence est unique. Charmeur, menaçant, outré et sanguinolent comme un giallo, la foule ne lui résiste pas longtemps et esquisse ses premiers pas de danse dès « Mind Crawler », puis headbangue copieusement sur l’irrésistible « Death’s Door ». Les titres s’enchaînent impeccablement grâce à un son plus incisif et garage que sur disque qui leur permet d’estomper les différences entre les différents albums, et à un sens du groove qui ne faiblira pas une seconde.

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Classe et politesse (Bercy 2013)

Ce n’est pas avant d’avoir passé la moitié de leur set, après un « Pusher Man » sabbathesque à souhait, que le groupe dégaine son va-tout : « I’ll Cut You Down », l’ouverture désormais classique de Blood Lust, toute en riffs hypnotiques et menaces lancinantes, de quoi rallier à leur cause les derniers réfractaires à leurs mélodies psychédéliques. Même leur premier album, le trop souvent oublié Vol. 1, est dûment représenté avec « Crystal Spiders » et « Vampire Circus », qui viennent achever un set endiablé : les quatre albums qu’il a sous la ceinture permettent au quatuor d’enchaîner une heure et demie de tubes sans temps morts. Et le groupe donne le coup de grâce au public qui en redemande en lui accordant trois chansons en rappel : « Melody Lane », le single ravageur issu de The Night Creeper, le trop rare « Ritual Knife », dangereux et séducteur, puis, pour faire redescendre la pression et se quitter en douceur, le très planant et délicieusement vintage « Withered Hand Of Evil ».

Lorsque les lumières se rallument, les spectateurs se regardent, hébétés, comme surpris de se retrouver dans une salle de spectacle en 2015 après avoir été transportés le temps d’une soirée dans un film de série B des années 70. Nul doute qu’ils seront près à suivre leur oncle anglais et sa bande lors de son prochain trip.

Setlist Uncle Acid :

Waiting For Blood
Mind Crawler
Death’s Door
Murder Nights
Poison Apple
13 Candles
Pusher Man
I’ll Cut You Down
Crystal Spiders
Inside
Vampire Circus

Rappels :

Melody Lane
Ritual Knife
Withered Hand Of Evil

Live report : Chloé Perrin.
Photos : Lost.



Laisser un commentaire

  • Un, sinon LE, concert de l’année 2015.

    Décollage au plafond immédiat. L’effet « Epicerie Moderne » aussi qui a toujours un son nickel, une bière de qualité et pas chère. Tous les ingrédients d’une soirée concert réussie. Un pur voyage sonore et temporel grâce à l’Oncle Acid.

    Lyon vous remercie.

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