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Live Report   

Une autre planète


Pour le fan de metal en général, un vrai casse-tête s’imposait ce soir du 25 avril à Paris. Alors que Fabio Lione remplaçait Roy Khan chez Kamelot à l’Alhambra, Enslaved distillait son black subtil et raffiné au Nouveau Casino, tandis que la venue d’Atheist dans la capitale allait ravir le groupe et les fans.

Après plus de vingt ans depuis leur début au service d’un death technique qui l’a rendu culte, Atheist parvient à jouer à Paris afin de promouvoir Jupiter, son dernier – et excellent – brûlot. A les voir se produire au Divan du Monde, on se dit que c’est mieux que rien, même si ce groupe aurait mérité bien plus. Cela dit, la salle est correctement remplie, et l’ambiance sera bonne.

Artistes : AtheistExhumed
Lieu : Paris (France)
Salle : Divan du Monde
Date : 25 avril 2011

Malheureusement pour Exhumed, le son n’aura pas franchement aidé pour apprécier la prestation du groupe. De ce fait, les Américains semblaient peu détendus et le tout ressemblait à un rouleau compresseur dont la puissance a été noyé dans le mix… Alors que la guitare du chanteur lâchait, le batteur a dû pondre un solo pas piqué des vers, plutôt brutal et efficace. Ce fût le moment fort du show…

Matt Harvey (Exhumed)

Atheist tourne avec cette setlist depuis quelques années déjà, et les morceaux de Jupiter ne font que renforcer sa pertinence. Débuter par « Unquestionable Presence » (intro comprise) ne pouvait que mettre d’accord. Le ton est donné d’emblée avec un son très clair qui permet de bien distinguer tous les instruments. De ce fait, le groove des morceaux ressort parfaitement, et le chant Kelly Shaefer se meut en fonction des ondulations guitaristiques.

Sa gestuelle et sa présence sont quelque peu hypnotisantes. Il aura d’ailleurs un contact très communicatif avec le public, se moquant gentiment des sourcils d’un fan du premier rang, cherchant à obtenir quelques substances du domaine de l’horticulture ou encore remerciant le public d’être venu, être à Paris lui ayant permis d’aller sur la tombe de Jim Morrisson. Il communique également beaucoup avec ses compères et n’oublie pas de présenter les petits derniers.

Kelly Shaefer (Atheist)

Hormis Steve Flynn (batterie) , les deux guitaristes et le bassiste sont les « dernières » recrues, mais force est de constater qu’elles ne sont pas là pour rien. Le niveau technique étant largement à leur portée, il restait à voir si la motivation irait de paire. Jonathan Thompson et Chris Baker aux guitares s’en sortent avec les honneurs, tandis que Travis Morgan agite sa longue chevelure blonde en martyrisant sa basse qu’on entend à merveille. Derrière ses fûts, invisible et pieds nus, Steve Flynn allie puissance et intelligence dans son jeu ingénieux et brutal.

Si la bonne humeur est de mise sur scène, l’ambiance est torride dans le public, les slams et les pogos allant bon train. L’accueil sur les nouveaux morceaux est aussi bon que sur les « vieux » morceaux, plus attendus. Entre deux classiques, Atheist parsème la setlist des morceaux forts de Jupiter. Le riff de « Faux King Christ », le refrain de « Second Sun », la répétition addictive de « Live And Live Again », la mise sous pression de « Fraudulent Cloth » font mouche. L’attente de dix-sept ans entre le très bon Elements et Jupiter n’aura pas été vaine, et Atheist reste définitivement premier de la liste dans ce style unique. Et c’est toujours agréable de voir un groupe exécuter des morceaux de diverses périodes avec le même plaisir.

Travis Morgan (Atheist)

Pourtant, même si l’impression d’ensemble de ce show est excellente, deux défauts viennent frustrer l’assistance. Les lights discontinues et faibles empêchent de voir tout ce qui se passe. Mais surtout le temps de scène est bien trop court. A peine une heure et c’est déjà la fin. Le concert est passé à une vitesse folle, agrémenté d’une intensité certaine, certes, mais on en aurait bien repris une louche, quitte à jouer d’autres nouveaux morceaux (« When The Beast ») ou de déterrer des titres peu joués (« Water »).

Il n’empêche que la claque prise ce soir nous laisse optimiste pour la suite. La relève dans le genre death technique est déjà plus ou moins là (Necrophagist, Obscura), mais il ne faut pas oublier les vieux loups qui ont su digérer les années passées loin de la scène…

Setlist :

Unquestionable Presence
Second To Sun
On They Slay /Mineral
Fraudulent Cloth
An Incarnation’s Dream
Live And Live Again
Retribution
Air
Mother Man
Faux King Christ
Piece Of Time



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