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Nouvelles Du Front   

Une bande-originale qui nous en met plein la tronche


Le 30 mars prochain arrivera sur les écrans français le film Sucker Punch. Un titre qui apporte en deux mots une pelletée d’images délicieuses dans nos esprits mais signifiant en fait, grosso merdo, « tu l’as pas vu venir mon poing dans ta tronche ».

Si vous en jugez – et vous jugerez bien – d’après l’affiche du film que vous pouvez voir ci-contre, vous devez vous attendre à une bobine venue déverser de nouveaux fantasmes dans le réservoir libidineux de tous les geeks bavant sur des photos de lolitas japonaises en tenue d’écolières s’ébattant dans des rêves de cuir et de mitrailles. Mais ce serait bien mal analyser l’objectif du nouveau film de Zack Snyder.

Le réalisateur a déjà eu de beaux succès avec 300, Watchmen ou le remake de Zombie de George A. Romero, Army Of The Dead et, sans être génial, il est tout de même bien loin des abominables tâcherons qu’on met aux commandes de certains blockbusters (suivez mon regard). Nous sommes donc prêts à ne pas nous montrer circonspects vis-à-vis de sa dernière œuvre censée nous conduire entre différents niveaux de réalité produits par les esprits de jeunes filles enfermées dans un hôpital psychiatrique (l’héroïne, Baby Doll – tout sauf un nom à faire naître des fantasmes, ça -, a été mise là par un beau-père ayant au préalable pris soin d’abuser d’elle).

Zack Snyder décrit son film comme un « Alice aux Pays des Merveilles avec des mitraillettes » (toutes les citations de cet article sont empruntées au numéro d’octobre 2010 de Mad Movies ; promis, on les leur rendra). Et on veut bien le croire. Au moins son esthétique cyberpunk est déjà bien plus agréable à regarder que le « Alice au pays du vomi numérique étalé sur la pellicule » de Tim Burton. On ne pense pas percer un grand mystère en affirmant, en plus, qu’il doit aussi bien se balader sur les mêmes sentiers que Matrix (« Follow the white rabbit »). En effet, les Amazones du film de Snyder, en passant de la réalité au rêve, acquièrent des aptitudes de guerrières et de tacticiennes hors du commun, ce qui n’est clairement pas sans nous rappeler les petits avantages gagnés à savoir jouer avec le code de la Matrice.

Cependant, point d’interface informatique futuriste pour se connecter à cette autre dimension où tout devient possible, l’histoire de Sucker Punch se déroulant dans les années 50, je vous laisse deviner pourquoi il ne faut pas compter sur un super-ordinateur dans ce contexte. La parole est à Zack Snyder : « c’est [la musique] qui les précipite dans leur monde imaginaire. La musique est le squelette du film, nous avons employé plusieurs chansons pour créer certains états émotionnels et elles sont utilisées un peu comme dans Moulin Rouge. »


Intéressons-nous donc à la bande-originale du film dans ce cas. L’une des bande-annonces nous avait mis dans l’ambiance avec un extrait du « When The Levee Breaks » de Led Zep’ alors le reste promet-il d’être aussi rock’n’roll ? Très certainement si on s’intéresse à la tracklist du CD de la B.O. qui sortira une semaine avant le film, plus précisément le 22 mars.

Sans surprise nous y retrouvons le « White Rabbit » (lapin blanc, Alice, vous voyez, quoi) de Jefferson Airplane (repris ici par l’une des actrices du film et arrangé par Marius de Vries, responsable de la B.O. de Moulin Rouge), chanson qui ne fait là que son énième apparition dans un film (Platoon, Las Vegas Parano, etc.). Elle y côtoie une reprise de « Where Is My Mind ? » des Pixies que certains ont peut-être connu au cours du générique de fin du film Fight Club ; encore un film qui nous en aura mis plein les yeux à l’articulation des années 90 et 2000, naviguant lui aussi entre deux « réalités ».

On y retrouve encore d’autres reprises de classiques du rock et du du hard rock : « Tomorrow Never Knows » des Beatles, un medley « I Want It All / We Will Rock You » de Queen. Mais je ne me montrerai pas plus exhaustif pour en venir directement à une paire de titres « cherry on the cake » interprétés par Skunk Anansie. Le premier est une version remixée pour l’occasion d’une association entre le groupe et l’extraterrestre islandaise Björk sur le titre « Army Of Me », un morceau qui, si vous ne le connaissez pas encore, réconciliera sans doute ceux qui voient encore trop de pop dans la musique de l’artiste venue de froid.


Le second est une reprise – oui, encore – du « Search And Destroy » d’Iggy & The Stooges, et quelle reprise ! On y retrouve toute l’énergie punk des interprètes originaux et la couleur musicale de Skunk. Voilà de quoi finir de convaincre ma pomme de se jeter dans les salles obscures le 30 mars, d’abord pour remplir « de nouveaux fantasmes mon réservoir libidineux de geek » et ensuite pour m’en mettre plein les ouïes en dolby surround. J’espère vous y retrouver.



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  • Zack Snyder est le Devin Townsend du grand écran, toujours dans l’expérimentation, rarement dans la déception.

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  • Le film ressemble une adaptation de jeu video, je sens que je ne vais pas aimer^^, mais la musique est plutot sympa :).

    [Reply]

    Je ne cherche pas spécialement à défendre un film que je n’ai même pas encore vu mais on pouvait en dire autant de Matrix (le premier, ne nous faisons pas de mal avec les deux autres) et il est devenu une véritable référence culturelle. Alors pourquoi pas celui-ci aussi ?

  • C’est vrai qu’on l’attend depuis (trop) longtemps ce film!
    Cela dit, en voyant la BO j’avais justement trouvé que la musique était un point négatif du film parce que trop easy listening et en décalage avec les scenes. Dans des bon gros moments d’actions on se serait attendu à du thrash, etc
    Mais la raison est peut être que l’action se passe bien avant l’invention du genre musical que nous aimons tant…

    Enfin, c’est pas ca qui va m’empêcher de le regarder.

    « White Rabbiiiiiiit ! Je veux Whiiiite Rabbiiiiiit! »

    [Reply]

    Papy Wired

    Parfois justement, il est bien plus marquant d’avoir une musique en « décalage » avec le scène justement, surtout pour les scènes d’action. Ça donne beaucoup plus d’impact car moins convenu et attendu.
    On le voit de plus en plus souvent justement, avec des scènes très violentes, filmées au ralenti avec une zique plus lente, voire mélancolique qui accentue fortement le côté dramatique.

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