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Live Report   

Une chaleur diabolique


C’est dans un CCO bondé que se déroulait le concert de Devildriver en ce lundi 12 juillet. Enfin bondé… que sont, en gros, 400 personnes pour une formation d’une telle notoriété ? Cela dit, nous situant dans l’unique département de France concerné par l’alerte caniculaire (et encore, un petit orage avait eu la bonté de se lever quelques heures plus tôt), c’est pour aller prendre l’air qu’il fallait faire la queue dans la salle. Malgré les efforts de l’organisation pour aérer cette dernière, nous aurons sué à grosses gouttes et par conséquent perdu 5 kilos, à défaut d’apprécier la soirée. Craignant pour la sécurité du matériel, les organisateurs du concert feront d’ailleurs réduire d’un quart d’heure la durée du show des Américains qui, de toute façon, n’en pouvaient déjà plus avant le premier rappel.

Artistes : DevildriverMaleficeEdge Of The Fall
Salle : C.C.O.
Ville : Villeurbanne
Date : 12-07-2010

Photos : Crusty


Edge Of The Fall, entre Hatebreed et Ozzy Osbourne

La soirée n’avait pas trop mal commencé avec les Français d’Edge Of The Fall délivrant un mélange efficace entre riffs stoner et chant hardcore. Impossible de ne pas prendre une tête de méchant et secouer la tronche sur cette rencontre entre le jeu de guitare pachydermique d’un Zack Wylde et le jouissif bourrinage d’un chant à la Hatebreed, sans subtilités, ayant pour seul finalité de faire jumper. Malheureusement, passées les deux premières minutes de chaque titre, le groupe a déjà tout dit et tourne en rond, gâchant ces excellents riffs et rythmiques vocales. On reste malgré tout sur une bonne impression, notamment grâce à cette bonne ambiance communicative au sein de la formation. Rien de plus agréable que de regarder la prestation de zicos qui ont du plaisir à jouer ensemble.


Toi, tu vas me le payer…

« Bon. Admettons. Y a un mec habillé en homme préhistorique qui teste la guitare. Et de l’autre côté, il y a un type déguisé en dinosaure (NDLR : au moment où je rédige ces lignes, le générique de Denver vient de me rentrer dans la tête et commence à m’obséder. Tu vas me le payer, mec !). Tiens, et le chanteur, lui, est habillé en tennisman ! Ok, bon, pourquoi pas. ». C’est quelque peu blasé que j’aborde mon premier concert de Malefice. C’est vrai, quoi : on a tellement l’habitude de voir tout et n’importe quoi dans le metal, que ces déguisements, c’est même plus drôle. Le nom, ultra kitsch, ne fait pas spécialement envie non plus. Et pourtant, les Anglais procureront une excellente surprise à votre serviteur. Malefice, c’est ce genre de groupe pas original pour un sou, mais qui te fout une de ces bananes ! Leur death mid-tempo, beaucoup plus axé sur le groove que sur la vélocité, passe bien le cap de la scène. Et à côté de ça, les mecs ont un capital sympathie irrésistible. Pour la petite histoire, si déguisements il y avait, c’était pour fêter les 25 ans du guitariste-dinosaure.

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He’s got the look!

A aucun moment Dave Butler (chant) ne semble passer une épreuve de force pour réveiller le public. Notre homme joue au contraire le jeu avec plaisir et accepte sans difficultés de lancer un circle pit d’enfer dès le second titre, inspirant quelques sueurs froides aux ingénieurs du son placés non loin de là. Mention spéciale au batteur Chris Allan Whyte qui, sans être toujours très carré à la grosse caisse, propose un jeu véritablement créatif à base de double grosse caisse discontinue et d’une bonne utilisation de tous les éléments de son kit. Le point noir du set reste le mix, mettant la batterie au premier plan et les guitares très en retrait. Dommage, les riffs étaient apparemment de sortie !


Si ton rythme cardiaque ralentit, tu meurs.

Tout au long de la soirée, on aura pu croiser de nombreuses fois Dez Fafara en train de traîner dans la salle. Un bon moyen de faire oublier la longue attente à l’issue du set de Malefice. Puis, sans trop de fioritures ni de mise en scène (tout le monde y compris Dez apparaît quasiment au même moment), Devildriver entame un concert aussi percutant qu’expéditif. Pressés ? Peut-être. Mais cet enchaînement sans temps morts, comme si maintenir cette cadence infernale était pour le groupe une question de vie ou de mort, représente, couplée à cette chaleur quasi-insupportable, une formidable expérience d’intensité et d’endurance.


La claque qui ne laisse pas de traces

Après, faut être honnête. Expérience ou pas…’faisait quand même trop chaud. Les pogoteurs et slammeurs auront passé leur temps à sortir et rentrer dans le pit après s’être rafraichi le visage. Une masse de chaleur quasi palpable émanait de la salle et se propageait même dans le hall. Une fois sorti une première fois de la pièce, difficile d’avoir envie d’y revenir. Au bout d’une heure et quart, les ingénieurs du son commencent à s’inquiéter pour le matériel et, avant le premier rappel, le groupe, épuisé, décide d’élaguer le set. Et ce n’est pas plus mal. Une heure et quart de Devildriver à fond les ballons, ça use. Pire, ça annule l’effet escompté : Devildriver, c’est trop efficace, trop « in your face », trop véloce, trop de descentes de toms fulgurants et de blasts.

Au bout d’une demi-heure, on sortirait de là et on dirait « putain, je me suis pris une claque ». Mais au bout d’une heure de passage à tabac, les tartes, ça ne fait plus mal. Scéniquement, ça bouge bien, même si Dez Fafara reste le centre de l’attention avec sa nervosité de bagarreur. Cela dit, rien à faire : il a beau haranguer le public et claquer des mains au premier rang, on a du mal à y voir une véritable spontanéité. Et l’aspect clinique des parties instrumentales, le rendu sonore « grosse production américaine » ne font qu’anesthésier encore plus le spectateur.

Devildriver, ce n’est ni un navet, ni un bon film hollywoodien. C’est un film d’action correct, certes bien fait, mais qui n’inspire aucune animosité. Seulement de la neutralité. On s’en prend plein la vue et on passe à autre chose.




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  • lynxdurhone dit :

    perso à part la chaleur j’ai vraiment trouvé le show excellent, aucun regret !!

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  • Crusty / RM dit :

    Ben putain! Et oué là j’ai envie d’être vulgaire! Ce concert était tout simplement une tuerie ; c’est bien simple je n’arrête pas d’y penser… Tout le long du set je ne me suis pas ennuyé une seule fois, avec des titres excellents! Je ne parle même pas de Dez qui était bien évidemment le centre de l’attention et ce vraiment pas pour rien puisqu’il n’avait pas de mal à communiquer avec son public et encore moins à réussir toutes ses parties de chant. J’ai même slamé…. mais sérieux… « slamé »… ça commençait à dater.

    J’ai enfin vu ce dieu vivant, et c’est à refaire car, Devildriver, ce n’est ni un navet, ni un bon film hollywoodien et c’est encore moins un film d’action correct à la Steven Seagal : et tout ça réalisé par le grand FAFARA, qui devrait être un exemple pour bon nombre de musiciens dans le genre ^^ oui c’est dit.

    Putain !

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  • @ Margoth/RM : Ben, si un concert c’est 1h30 en moyenne, ça veut bien dire qu’il y en a des plus courts et des plus long non ? :p

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  • Metal'o Phil/RM dit :

    @ WhoDoYouThinkIAm : Exactement. Car à la vue de ce concert, mis à part pendant la première demi heure vraiment impressionnante en termes d’intensité, je trouve qu’on ne ressent rien. Rien de négatif, ni de positif. Ni émotion positive, ni animosité, juste de la neutralité. Et ça, c’est encore plus triste qu’un concert raté.

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  • C’est dingue! Dès que je vois ou assiste aux concerts de groupes américains, c’est souvent le 1h15 expéditif qui prime. Bon, c’est pas le cas de tout le monde mais quand même, cela devient de plus en plus courant. Mais ça vous fait chier de faire des concerts ou quoi? (ou simplement ça vous fait chier de venir en Europe aussi?) Dire que je me souviens du Bal des Enragés (totalement différent comme style) où le show a duré 2h30/3h… Enfin je sais pas, pour moi une presta c’est en moyenne 1h30 (sans compter les rappels), c’est pas non plus énorme donc si on n’arrive plus à respecter ça, où va le monde?

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  • @ Seb/ RM : tu sais pourtant que ne pas être d’accord avec Metalo est passible de 6 mois de prison avec sursis et 18 mois de travaux d’intérêt généraux ? Fais attention stp.

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  • Ce concert était LE concert de l’année, un set list de rêve et 1h de concert très intense.
    Franchement je suis pas du tout d’accord avec ta chro’. Malefice c’était vraiment pas gégé et Devil Driver a tout cassé !

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  • WhoDoYouThinkIAm dit :

    Vous voudriez qu’un concert rime avec animosité ? Vous êtes bizarres. Comme synonymes à animosité, il y a haine, malveillance, aversion. Vous êtes bizarres

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