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En Tournée Avec    Live Report   

Une journée avec Dagoba


Artistes : DagobaAnantACheckMate
Lieu : Paris
Salle : La Maroquinerie
Date : 27 novembre 2010

Marseille. Pour les fans de foot, cette ville évoque l’OM. Parfait. Pour les fans de metal, cela devrait évoquer un groupe qui d’album en album envoie claques sur claques et dont le dernier opus ne déroge pas à la règle. Mesdames, mesdemoiselles, messieurs, bienvenue à bord du Poseidon, le voyage maritime proposé par nos Sudistes préférés de Dagoba. En ce samedi 27 novembre, les Marseillais ont ouvert les portes de La Maroquinerie parisienne à Radio Metal qui ne s’est pas fait prier pour embarquer. Alors, prêt à savoir de quoi est fait l’Enfer ? Prêt à affronter le Colosse ? Suivez le guide à la rencontre de Werther, Franky, Izakar et Shawter et retenez deux mots : générosité et puissance ; ils sont importants pour la suite.

Rendez-vous est pris à 14h30 pour une journée All Inclusive avec Dagoba. Balances, coulisses, accès au groupe et même aux bières de son frigo sans oublier le concert du soir évidemment !

Ce soir, cela va péter.

Étonnant, le nombre de contacts qui sont comme d’habitude intervenus dans la chaîne pour que cette journée soit possible. De HimMedia au tour manager en passant par XIII Bis Records, la demande de Radio Metal passant de boîte mail en boîte mail. Heureusement, tout le monde était partant et cette journée a été une vraie réussite. Mais revenons au cœur de La Maroquinerie dans laquelle je suis entré.

Le premier contact avec Dagoba se fera par Werther, le bassiste. C’est le premier que je vois, occupé à installer le stand merchandising. Je me présente et Werther m’accueille vraiment très sympathiquement et très simplement, m’accompagne rapidement faire le tour du propriétaire, me montre les loges du groupe où je peux poser mes affaires, m’emmène à la salle où se tiendra le concert et où Franky s’affaire sur sa batterie. Il finit le tour en me présentant Rahan, le tour manager. Tous sont tout sourire, accueillants, sans stress et c’est vraiment agréable. Franky me salue et m’invite à faire comme chez moi.

Dans les loges, Izakar essaie de déshumidifier quelques affaires qui n’ont pas eu le temps de sécher complètement entre deux concerts. Eh oui, la générosité implique de se dépenser donc de mouiller le maillot. Et quand vous ne restez pas deux jours au même endroit, il faut faire avec.

A ce moment de la journée, les loges, c’est un peu le souk. Les sacs des musiciens traînent partout. Pas encore eu le temps de ranger. Le groupe est parti le matin-même de Lyon où ils sont super contents du concert qu’ils ont donné la veille. Les WC/toilettes sont opportunément transformés en buanderie pour essayer de faire sécher le linge. Douze jours que les gars sont sur la route. Grosso modo, douze heures de sommeil pour Izakar, dixit le guitariste lui-même. Malgré ce peu de sommeil, il reste de bonne humeur et nous discutons chiffons – ou plutôt logistique tranquillement.

Le stand merch mis en place par les soins de Werther lui-même.

Rahan arrive et la discussion part sur les journalistes divers et variés et autres photographes, certains étant de vrais branleurs, ne se pointant même pas aux rendez-vous. Nous constatons qu’aujourd’hui, Internet et le numérique donnent à tout un chacun la possibilité de s’ériger webzine, journaliste ou autre sans réelle consistance. Izakar est d’autant plus critique que Dagoba est plutôt ouvert, accessible et sans aucune prétention ni snobisme. La preuve : Izakar me remet alors que nous ne nous sommes croisés qu’une fois au Hellfest. Toujours à propos d’accessibilité, Izakar m’explique une certaine frustration face à ces services de sécurité qui s’empressent de faire partir les gens de la salle alors que le groupe prolongerait bien le contact avec les fans.

Le programme est dense pour le groupe cet après-midi entre les interviews, les séances photos et la balance. Même Air France est là pour une séance photos et les auditeurs de Radio Metal qui prennent l’avion pourront donc voir le groupe dans le magazine de la compagnie aérienne. Énorme, non ? Surtout pour un groupe qui vient de sortir un concept album sur un voyage en pleine mer !

Mais trêve de jeu de mots oiseux, Franky s’installe derrière ses fûts, la balance commence. Il est 15h00. Aïe, nous allons encore assister à ce moment si mélodieux où le batteur tape de manière répétitive sur chacun des composants de sa batterie pour en régler le son. C’est mal connaître le batteur de Dagoba qui rend cet exercice carrément attractif en exécutant de vraies séquences de batterie, véritables mini soli. Le batteur est dedans, cela se voit, cela se sent. Il fait même tourner ses baguettes. Dans son attitude, il rappelle K.K. Downing, le guitariste de Judas, qui expliquait qu’il headbanguait même en studio car, une fois que sa guitare est branchée, c’est parti, où qu’elle soit branchée !

Franky ne saurait faire simple

Quand j’évoquerai cette attitude avec Franky plus tard dans la journée, il m’expliquera qu’il effectue ses balances dans un état d’esprit live car ainsi, il cogne vraiment et permet à l’ingénieur du son de régler au mieux le son, même si en cours de concert, l’adrénaline aidant, il sera amené à taper plus fort encore. 15h30, la basse résonne dans la Maroquinerie. Werther a rejoint le batteur sur scène bientôt suivi d’Izakar pour la suite des balances. Ils se règlent sur « Blood Offshore », le guitariste montrant ses talents de grosse voix gutturale. 15h50, les balances sont terminées et nous sommes au moins sûrs d’une chose : ce soir, cela va péter.

Petite pause en coulisses avant de continuer le programme pour le groupe par les séances photos. Shawter est là, le plus discret des membres du groupe « côté cour » car côté scène, il assume pleinement son rôle de chanteur/leader. Franky me demande si tout va bien et Werther s’interroge si j’ai pu faire les photos que je voulais. Impec’, les gars mais c’est vous les rois de la fête aujourd’hui ! Vous vous rappelez de ce mot, « générosité » ? Nous y sommes en plein.

Franky se change et le groupe se retrouve face aux objectifs sans sourciller, en pros, avant d’enchaîner les interviews pour le chanteur et le batteur. Il est 17h00 et AnantA effectue sa balance. Dans la salle, du matériel traîne, une échelle trône au milieu de la fosse, les choses s’installent dans le calme qui précède les tempêtes et chacun s’affaire à ses occupations. Rahan s’occupe des déclarations Sacem et de trouver un hôtel pour ceux du groupe et de l’équipe qui resteront sur Paris.

De son côté, Izakar se consacre à une séance photo avec sa toute nouvelle guitare. Une fois celle-ci terminée, je lui demande s’ils ont déjà défini leur setlist. « Oui, tu veux la voir ? ». Bien sûr ! Et il m’emmène dans l’espace aménagé pour le matériel sur le côté de la scène. Et justement la setlist est casée au milieu de son rack de guitare où trône son nouveau jouet. Il est un peu frustré car il ne pourra pas l’utiliser dès ce soir. En attendant, je photographie la setlist et demande au guitariste s’il serait en phase pour quelques photos devant son rack – l’endroit m’inspire. Très gentiment, sans réfléchir dix ans, il accepte et prend la pose.

Izakar et son nouveau joujou

Ces mecs sont des crèmes et en plus ils ont de la bière fraîche au frigo ! Le temps d’en descendre une, on ouvre les portes. C’est le moment de prendre place pour les photographies des concerts. La salle est plutôt fraîche mais nul doute que la température va monter au vu de la réaction assez énergique du public au riff de guitare envoyé par un technicien qui effectue les dernières vérifications. Dans la salle, les fans d’Ultra Vomit signalent leur présence en entonnant « Je collectionne des canaaaards ! » avant de chanter le refrain de « Sweet Mary » des Black Bomb A. « Messieurs que faisiez-vous le soir du 25 Novembre ? N’étiez-vous pas au Trabendo ? Inutile de nier, vous êtes faits. »

Mais revenons à La Maroquinerie, au présent et aux lumières qui s’éteignent pour accueillir Checkmate et leur très bonne prestation de trente-cinq minutes. Le groupe existe depuis 2004 et possède à son actif un album, D’Or et d’Acier, sorti en 2009. Nous sommes dans du metalcore qui envoie, plutôt bien foutu et qui passe bien en live. Il y aura bien un passage calme, très court, trop anecdotique finalement – pas assumé complètement ? – pour cadrer avec l’ensemble.

Le public réagit positivement et enchaîne pogos, circle pit et braveheart. Bonne mise en bouche pour cette soirée musclée. Sur scène, les musiciens assurent une bonne présence et Julien au chant finira par se jeter dans la foule qui le portera un bon moment. Le chanteur annoncera qu’ils donnent là le dernier concert de leur tournée et qu’ils vont entrer en studio. Nul doute que si les musiciens arrivent à trouver leur marque propre, ils se bonifieront en vieillissant. En tous les cas, ils ont montré ce soir des signes encourageants.

Julien (Checkmate)

La sueur a donc commencé à couler dans La Maroquinerie et la température est montée quand AnantA entre sur scène. Leur musique est plus rugueuse, plus crade, plus hardcore. Leur prestation est moins percutante aussi. Le public est toujours là, moins enclin aux pogos et autres circle pit même si le braveheart final montre un enthousiasme certain.

Mais de qui parlons-nous ? Certes pas du serpent de la mythologie indienne (d’Inde) – eh oui, avec Radio Metal, on se cultive – mais d’un groupe qui existe depuis 2005, originaire de Montpellier, avec un album à son actif, In Media Res, et qui évolue aussi dans du metal qui envoie avec quelques touches plus atmosphériques mieux réparties que leur prédécesseur.

Tout le monde connaît tout le monde maintenant ? On revient sur scène ?

Matthieu au chant avec son crâne rasé est plus efficace dans les graves que dans les mélodies claires et se démène comme les autres musiciens qui headbanguent et occupent l’espace. Malgré tout il manque un petit quelque chose pour marquer les esprits. Leur musique est bien exécutée, rien à redire, mais cela ne décolle pas vraiment. Sur le côté, Werther regarde cela avec attention, perturbant gentiment la fin de ce set de quarante minutes par quelques jets de bouteille d’eau en plastique vide.

Matthieu (AnantA)

Les Montpelliérains partis, la scène se prépare pour recevoir une tornade marseillaise qui décoiffe. Les techniciens démontent la batterie des premières parties et retirent le drap noir posé sur celle de Franky. Les micros avec leur pied en maillons de chaîne noirs, genre chaîne d’ancre, sont installés. Côté public, on se prépare aussi : de puissants « Dagoba ! Dagoba ! » résonnent dans la Maroquinerie. Les lumières s’éteignent et tout change. La musique monte d’un niveau en termes de qualité, de puissance, l’impact du groupe est sans ambiguïtés, les musiciens sont déchainés – et le mot est faible concernant Werther -, la foule est soudainement plus nombreuse, plus dense et bien plus agitée. Bref, les vitesses supérieures sont passées, tous les niveaux sont au rouge.

Abordons tout de suite les points qui fâchent. Eh oui, il y en a, malheureusement. La durée du set en premier lieu. Assez court, une heure quinze et même si, au vu l’énergie déployée, cela peut s’entendre. Mais même si on ne paie pas pour une durée de séance, merde, il y avait la place pour le superbe « Dead Lion Reef » et la douce chinoiserie de « Ha Long » ! Ces titres auraient claqué à n’en point douter. Tant pis. Autre sujet, le son qui parfois, sur les voix claires ne donnait pas le meilleur rendu possible. Dommage. Ces points évacués, plongeons dans le plaisir et laissons les grincheux s’escrimer à lire les lignes précédentes.

« There’s Blood Offshore » de Poseidon ouvre le bal suivi de « The Man You’re Not » de l’avant-dernier puis arrive « The Nightfall and All Its Mistake », seul représentant de Face The Colossus dans la setlist. Sur ce titre, Shawter demande le premier braveheart de la soirée. Le chanteur a une présence évidente, un impact direct sur le public. En fait chaque membre du groupe apporte sa touche, son énergie à l’entité Dagoba. Franky a mis ses peintures de guerre, un trait noir sur chaque pommette et explose sa batterie. Izakar, Werther et Shawter ne restent nullement à leur position initiale et vont et viennent. Izakar nous fait même quelques effets de manches avec sa guitare aux points rouges lumineux. Werther monte sur les amplis. Au sujet du bassiste, c’est peut-être lui dont la métamorphose est la plus impressionnante, tant il a pu avoir l’air cool, calme dans la journée et tant il se déchaine live !

Werther avant…

… et après

Avec le titre « Black Smokers » les choses s’emballent vraiment. Énorme. Une fan déboule sur scène pour un petit slam et Shawter intervient expliquant que cela fait maintenant quinze jours qu’ils sont sur la route et que la moindre des choses, c’est que quand les filles viennent sur scène, elles se dévoilent un peu (il n’aurait pas dédicacé une revue porno récemment ? Cet homme est un pervers !!!). Sans se démonter la même fan remonte et soulève son tee-shirt !

Franky prend la parole avant « It’s All about Time » qu’il dédie à XIII Bis Records et explique qu’il reconnaît des visages qu’il a déjà vu à des concerts précédents, qu’il se sent comme chez lui ici à Paris en faisant remarquer que pour un Marseillais, c’est singulier !

Le public est à fond, scandant des « Hey, hey », applaudissant de concert avec le groupe et répondant plus que présent à Shawter qui lui demande s’il est prêt à naviguer avec le groupe avant d’entamer « Waves Of Doom ». Werther enchaîne les hélicoptères et file ses bières au public tandis que le chanteur l’arrose avec de l’eau. Aux rappels, il leur donnera aussi des gorgées de Jack Daniels. Shawter organise un nouveau braveheart puis, avant de dédier « I Sea Red » à tous les thrashers, demande de faire du bruit pour les deux groupes d’ouverture, en particulier AnantA.

« I Sea Red », véritable tuerie live, achève la première partie du concert, cinquante-cinq minutes passées à la vitesse de l’éclair. Le public rappelle son groupe qui revient et remercie les gens qui les accompagne, l’ingénieur son, l’ingénieur light, le technicien guitare, leur chauffeur et replonge aux origines avec le très efficace « Maniak » du premier album. Durant les rappels, Shawter saute dans la foule dont il exigera sur le dernier titre un énorme circle pit.

Shawter, grand maître de cérémonie

Le déluge s’arrête au bout d’une heure et quart et Franky distribue ses baguettes tandis que Werther et Izakar distribuent des médiators. Générosité et puissance sont assurément les maîtres-mots de ce concert, sans oublier la qualité car ce soir, Dagoba a produit une excellente prestation avec une setlist basée essentiellement sur Poseidon et What Hell Is About.

De retour dans les loges, les musiciens sont aux anges, contents de leur prestation. Ils ont de quoi. Franky y a même laissé un bout de dent en slammant à la fin du concert ! « Franky le Marseillais se casse une dent à Paris », si c’est pas LE titre de l’article, je n’y comprends plus rien. Cela ne sera en tous les cas pas le mot de la fin car déjà les gars sont sortis des loges au contact des fans pour dédicacer albums, papiers divers et même une cymbale pour le plus grand bonheur des fans.

Il est temps pour moi de descendre à quai et d’abandonner le navire Dagoba après cette belle journée sans oublier de remercier tous ceux qui ont rendu cette journée possible, Samuel Pernes chez XIII Bis Records et Charles Provost de H.I.M Media. Un grand merci au groupe pour son accueil et sa gentillesse sans oublier Rahan, évidemment.

Setlist Dagoba :

Intro
There’s Blood Offshore
The Man You’re Not
NightFall
BlackSmokers
Fall Of Men
Time
Degree Zero
Waves of Doom
Livin Dead
I Sea Red

Rappels :

Maniak
Things Within
White Guy

Franky, guerrier des fûts et cymbales



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  • Merci pour le compliment, j’apprécie, c’est cool.

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  • Hé Lost ! Félicitation pour cette belle chronique qui sort des sentiers battus !
    Depuis l’EP « Release the Fury », le groupe n’a cessé de progresser d’album en album. Leur notoriété grandissante en Europe n’a jamais entamée leur modestie et je suis ravi que tu es pu le constater lors de cette journée.
    En dehors du côté purement artistique ces gars ont des valeurs bcp trop rare dans le métier. Intégrité, professionalisme, reconnaissance, simplicité.

    [Reply]

  • Super article qui rend hommage a un tres grand groupe de l’hexagone et de surcroit de Marseille…ville pas forcement metal au départ…

    Dagoba mérite enfin d etre reconnu comme l’un des leader de la scene metal française et internationale.

    D ‘ailleurs les USA commence à plier puisque Dagoda jouera début janvier 2011 à Los angeles.
    http://rockassdick.blogspot.com/2010/11/dagoba-live-whiskey-go-go-los-angeles.html

    Bravo les gars !

    [Reply]

  • Il paraît que Lost a vachement aimé le Frankylingus…^^

    [Reply]

    Mais je t’emmerde !!! 😉

  • Enfin un article qui rend justice à ce que représente ce groupe ainsi que chacun de ses membres. Des gars qui ne pètent pas plus haut que leur cul, qui se donnent à fond à chaque concert et qui sont ravis de taper la discut’ avec leurs fans à la fin.
    Bien loin de ces commentaires à la con que l’on peut lire sur quelques webzines foireux dont leurs membres le sont tout autant.

    Merci Lost pour ce report. N’ayant pas pu assister à ce show pour des raisons personnelles, çà me met un peu les boules… 🙂

    Et merci pour ces mecs, ils méritent largement que l’on s’intéresse à eux.

    CHEERS !!

    [Reply]

    Merci pour ce commentaire ! Vraiment cool de ta part.
    J’espère que tu auras l’oocasion de les voir bientôt ici ou ailleurs.

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