Artistes : Slayer – Trivium – Mastodon – Amon Amarth
Lieu : Paris (France)
Salle : Zénith
Date : 11-11-2008
Public : 2 300 environ

Très bon concert des Suédois de Amon Amarth!
Il n’est pas encore 19h mais les Amon Amarth sont déjà sur scène avec l’envie palpable d’en découdre. Les suédois balancent sans failles leurs hymnes vikings et c’est avec beaucoup de plaisir que le public parisien découvre les tubes de « Twilight Of The Thunder God », le dernier album du groupe suédois sorti cette année. On peut notamment noter un très grand moment avec le titre éponyme qui a littéralement atomisé le Zénith ! La musique des Amon Amarth passe bien évidemment l’épreuve du live car les mélodies sont accrocheuses et entêtantes alors que les riffs du combo décrassent les oreilles des graisseux que nous sommes ! Pas étonnant alors de voir les cinq musiciens aux cheveux longs assurer le spectacle en headbanguant férocement au même moment pour marquer le coup lors des riffs. Ces derniers pouvant être qualifiés de « death grand public » par leur accroche immédiate. Le fabuleux tube « Pursuit Of Vikings » conclut un set intense et énergique où l’on a vraiment l’impression d’être parti prêcher la bonne parole nordique : ce qui n’est pas pour nous déplaire !

Mastodon : une musique difficile d’accès.
On poursuit (hahaha !) avec Mastodon et sa musique alambiquée ! Si le groupe américain n’avait pas convaincu grand monde en première partie de Tool il y a de cela deux ans, la prestation du Zénith a été nettement meilleure. Le son est bon, pour les quatre formations du soir d’ailleurs, et la prestation scénique de Mastodon satisfaisante. Pourtant les Mastodon sont seulement trois sur scène, le line-up ayant été réduit récemment, mais ont le mérite de bouger contrairement aux prestations antérieures beaucoup plus statiques. Le jeu de lumière est travaillé et la musique de combo varie entre rythmes difficiles d’accès à la Meshuggah et structures progressives recherchées. Côté technique, les musiciens sont réellement impressionnants, notamment Brann Dailor le très bon batteur du groupe. Le public reste toutefois peu réceptif à la musique du combo, en tout cas moins que celle des Amon Amarth. Quand bien même, les Mastodon peuvent être fiers de leur prestation qui fut un bon mélange de technique et de musicalité. Même si cette dernière peut paraître assez rébarbative à la longue.

Ca bouge avec les Trivium !
Une pause de 15 minutes et les Trivium débarquent sur scène avec une intro calibrée musique de films suivi par un « Kirisute Gomen » accrocheur mais toujours trop long….près de 7 minutes. Sur la scène, le décor est dédié aux couleurs rouges et noires de Shogun et deux toiles japonaises sont donc logiquement présentes face au public parisien. Shogun , le dernier album des Trivium, a quelques tubes qui font plaisir comme « Down From The Sky » ou encore « Throes Of Perdition ». Si la musique du combo reste peu originale, on peut quand même constater l’énergie déployée et la volonté de bien faire des musiciens américains. La prestation du combo est très carrée et leur attitude extrêmement positive. Matt Heafy, le frontman du combo, n’hésitant pas à balancer des « Bougez-vous » à un public parisien étonnamment passif en ce 11 novembre. Les premiers rangs sont malgré tout très réceptifs, la fan-base du groupe commence en effet à voir le jour en France, et le public sort de sa torpeur au fur et à mesure du set pour proposer une belle ovation à la fin de la prestation des Trivium. Le groupe a délivré un bon concert en mettant en avant une vraie énergie et du caractère ce qui est, convenons-en, louable.

Tom Araya au top !
Les Slayer sont-ils devenus fans du groupe In Flames ?! C’est en effet derrière une immense toile blanche que Slayer entre sur scène avec des musiciens qui apparaissent au public comme des géants fantomatiques grâce aux spots venus de la scène. A ce moment on se dit qu’il ne manque plus que les écrans géants pour retrouver l’ambiance de la tournée d’In Flames…et c’est ce qui se passe ! Lorsque le rideau tombe, le public découvre un écran géant avec le nom du groupe inscrit en lettres rouges ! Mais ce soir l’atmosphère n’est pas vraiment aux plaisanteries death mélodiques mais plutôt aux riffs thrash d’un groupe qui va répondre à beaucoup de critiques. Les pentagrammes accompagnés du nom du groupe balancé sur le rideau annonçant clairement la couleur !
Slayer avait déçu au Hellfest mais la prestation des américains signe, en ce 11 novembre, un armistice avec son public. Jeu de lumières parfait (ah ces lights rouges sur « Reign In Blood », son très correct, prestation intense…beaucoup de choses étaient du plus bel effet ce soir. La très bonne surprise fut la voix de Tom Araya. Peut-être que ce dernier a analysé les critiques sur son manque d’investissement…Ce soir Tom a été le meilleur Slayer : vif, tranchant et n’hésitant jamais à jouer avec le public. Pas de cri sur « Angel Of Death » mais un jeu perpétuel avec des fans qui le secondaient souvent. L’effet était sympathique même si l’on n’entendait pas vraiment les ch?urs du public ce qui faisait perdre de l’impact à la musique…
Malgré tout, quelques points négatifs. Des images bien limites sur « Angel Of Death ». Les photos de Joseph Mengele, médecin nazi qui fait l’objet de la chanson, sont compréhensibles. Mais de là à mettre des images de juifs persécutés etc. : c’est un peu « too much ». La musique de Slayer est déjà bien assez intense et les musiciens ont choisi de faire (encore plus) froid dans le dos avec l’utilisation de ces photos qui, à part choquer, n’ont pas vraiment de messages…dommage.

Jeff Hanneman est également pompier.
Sur scène, Jeff Hanneman et Kerry King sont très appliqués et balancent leur riffs d’une manière métronomique. Les deux musiciens sont concentrés et ne communiquent pas ou peu avec le public. D’ailleurs il n y aura pas vraiment d’au revoir, ni de rappels. On joue et on se casse : basta ! Le propos convient d’ailleurs très bien à un Dave Lombardo encore immense !
Côté set-list le Zénith a le droit à du très gros dont l’interprétation intégrale de l’album « Reign In Blood ». On peut, là -encore, saluer les Slayer pour cette initiative. En effet on reproche souvent au groupe de jouer trop souvent les mêmes compositions live et bien là ce ne fut pas le cas ! Certes nous avons eu droit aux classiques « Reign In Blood », « Chemical Warfare », « South Of Heaven », le magique « Seasons In The Abyss » mais aussi à des chansons plus récentes, ou qui ne font pas l’unanimité, comme par exemple « Dittohead ».
L’album « Reign In Blood » fait partie des albums thrash surcotés mais, même si ce n’est pas le meilleur disque de Slayer, il reste incontestablement une pierre angulaire du style et le jouer en intégralité était une bonne idée. Une idée qui, de toute façon, n’allait pas ennuyer le public : le disque étant très court, seulement 28 minutes !

Un Kerry King performant et concentré !
Slayer a donc vraiment assuré ce soir avec des titres variés et une prestation toujours aussi intense. L’écran géant utilisé par le groupe n’a pas vraiment apporté de plus-value et les lights avec la musique auraient sans conteste suffi. Mais dans tous les cas, après avoir assisté à cette très bonne soirée, on constate que Slayer est toujours vivant. Surtout, le groupe n’a pas perdu le plus important : son âme.
On en avait douté…



















































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