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Nouvelles Du Front   

Unlocking The Truth : le sang neuf du metal


Unlocking The Truth est le nom d’un nouveau groupe qui fait drôlement parler de lui outre-atlantique, et notamment à New-York. Pourquoi ? Parce que ce sont des gamins qui font partie de ce groupe. De vrais gamins, même pas encore des ados, d’un âge compris entre onze et douze ans.

Avec le nombre d’enfants ultra-doués effectuant des prouesses instrumentales sur le Net, ceci n’a rien d’étonnant, encore moins d’extraordinaire. Mais ces trois gamins là resteront peut-être un peu plus longtemps dans les mémoires, car à l’image d’un Rage Against The Machine assiégeant Wall Street, ils cartonnent sur Times Square, accomplissant la mission qu’ils se sont donnés : faire tomber quelques préjugés, comme l’idée préconçue que deux kids black de New York qui se lancent dans la musique auraient plus de chances de mettre des baggys et de faire du hip-hop.

Eux aiment le metal, le revendiquent, et le pratiquent de manière plus que prometteuse (en particulier en jouant leurs propres compositions). Et même s’ils n’ont pas encore l’air de stupéfiants virtuoses (ils répètent néanmoins dix heures chaque weekend et chacun est capable de jouer de l’instrument de l’autre) qui pourraient vous époustoufler par leurs prouesses sur un seul morceau plus ou moins technique, eux, ont saisi plus que le morceau, ils concentrent tout le gâteau de l’esprit metal, ne montrant, par exemple, aucune envie de rentrer dans le rang : « Nous voulons inspirer les autres. Ne laisse personne te décourager. Sois libre et fais ce que tu as envie de faire. » C’est décidé, ces kids là, on va bien les aimer.

« Je n’aime pas faire les choses que tous les autre font. Je veux faire mon propre truc. » Voilà ce que déclare le jeune Malcolm Brickhouse, guitariste de son état, se prêtant au jeu de l’interview comme n’importe laquelle des rock stars. Et le moins qu’on puisse dire, c’est qu’ils sont déjà plutôt déterminés, avec cette vision qui les fait incarner à la perfection l’esprit qui anime bon nombre d’acteurs importants du metal : être différent, s’affirmer par cette différence et penser par soi-même au-delà des clichés.

Être metal en 2013, c’est peut-être tout simplement ça : avoir onze ans, une attitude live déjà ravageuse et une volonté de n’en avoir rien à faire des on-dits. Car il faut tout de même un sacré cran pour aller jouer en plein milieu de la Grosse Pomme en pleine journée, affronter la peur du ridicule et du regard des autres, à un âge où une telle assurance n’est pas forcément acquise. Et y retourner, encore et toujours, assez pour que cela devienne un rituel et un endroit de répétition habituel, avec un gobelet dans lequel les citadins et touristes de passage sur Times Square jettent une pièce, que les trois garçons utilisent pour s’offrir un chocolat chaud quand le climat de la côte Est se fait glacial.

Et apparemment, depuis que les deux compères du départ de l’aventure, le duo Malcolm Brickhouse et Jarad Dawkins, ont trouvé un bassiste en la personne d’Alec Atkins (que les proches du groupe ont tout fait pour dégotter), le gobelet se remplit à ras bord tous les jours. Et les répétitions se passent dans la cave de leur plus fervente admiratrice, leur « momager », comme ils l’appellent, contraction de «Mom » et « Manager » caractérisant la personne qui réunit amour maternel et support logistique n°1 du groupe, la mère de Malcolm. S’ils n’ont pas réussi à la convertir au metal, ils l’ont tout de même séduit par leurs compositions, même si on doute un peu de l’objectivité de la maman… Ces fans de Motionless In White, Chelsea Grin, Escape the Fate, Slipknot, Metallica, Disturbed et d’autres n’ont de plus pas fait dans le look avant d’offrir du contenu à leurs spectateurs, toujours plus nombreux : on n’est pas dans un show du type « La France A Un Incroyable Talent », quand même. A les voir, on croirait voir débarquer des premiers de la classe, à l’exception d’une coupe Afro pour Malcolm, digne de la gouffa de certains illustres prédécesseurs : Hendrix, Lynott ou Kravitz.

Certes, ces gosses ont tout l’air d’être un buzz Internet en puissance, un phénomène de passage et rien de plus. Mais voilà, ces kids représentent l’essence même du metal. Parce que, finalement, on se mettrait bien dans leur peau, on aimerait bien avoir à nouveau onze ans et sortir dans la rue jouer du metal sans se poser de question. Parce que quand on les entend parler de leur passion et de leur façon de voir la vie, une maturité et une envie de bien faire les choses se dégage… jusqu’à leur manière précautionneuse de mettre des protections auditives pour ne pas s’abîmer les oreilles. Ils ont vraiment un quelque chose d’attachant, et finalement on serait presque un peu envieux d’avoir leur avenir devant nous. Car si ces kids là gardent cette vision et continuent à travailler, le futur leur sourira forcément. Et ce qui est peut-être le plus impressionnant de l’histoire, c’est que cela fait déjà six ans, depuis 2007, que les deux gamins mêlent batterie et guitare pour apporter le metal au peuple dans la rue et aussi sur quelques scènes (ils ont même commencé à enregistrer des disques !). Déjà une petite carrière qu’ils souhaitent bien poursuivre, comme l’indique la bio sur leur site web : « Le but d’Unlocking The Truth est de devenir l’un des meilleurs groupes de heavy metal. […] Le heavy metal est dans leur sang. C’est pourquoi ils le font si bien. » C’est bien tout ce qu’on leur souhaite.



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  • Un peu en retard les mecs de RM (je les avait dja vu plusieurs fois) mais c’est cool de consacrer un article entièr à ce groupe qui massacre d’un seul coup tous les clichés sur le « profil type » du métalleux. Big up pour Unlocking The Truth !

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  • ÉtronSlayer dit :

    Merci RM! Grâce à cette info j’ai pu aller les voir sur Times Square lors de mon séjour à NYC ce week end 🙂
    Dommage qu’ils ne vendaient pas de CDs mais je les ai modestement soutenu avec 5$. Une jeunesse en or comme celle-là… ça n’a pas de prix!

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  • Je hais le fait qu’être noir c’est cool. D’ailleurs, ils ont volé où leur matos bordel ? ET CASSE-TOI LE CHAT !

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  • Game-system dit :

    Mon Dieu qu’est-ce que ça fait plaisir de voir des enfants si jeunes s’intéresser au metal. Longue carrière à ces jeunes gens!!

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  • harry_beau dit :

    Ils ont juste l’esprit rock n roll ( on branche le matos et on envoie et le reste on s’en fout ) qu’ils le gardent longtemps, bravo

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  • Player One dit :

    Vraiment bons et « cools ». Qu’ils continuent, merci RM, belle découverte pour moi !

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  • Leurs parents doivent avoir confiance en eux, pour leur acheter ces instruments d’abord, et les laisser jouer dans la rue ensuite … C’est cool pour eux.

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  • The Peach dit :

    C’est pas mon trip leur musique mais c’est clair que y’a quelque chose! J’pense qu’ils ont de l’avenir! Enfin c’est tout le mal que je leur souhaite. 😀

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  • Carpenter dit :

    « ils répètent néanmoins dix heures chaque weekend »

    J’adhère pas du tout ils ont que 10 ans bordel j’ai juste l’impression qu’un mec profite d’eux je sais pas si ils sont vraiment heureux.

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    C’est vrai qu’un gamin qui joue à la console pendant 10 heures chaque weekend, avec beaucoup moins d’encadrement parental, doit être bien plus heureux…

    raskholnikov

    C’est clair Animal !

    De plus sur la vidéo ils ont l’air de bien prendre du plaisir !
    Un instrument ça se travail, 10h chaque week end c’est moins que les mômes qui vont au conservatoire.

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