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Chronique   

Unto Others – Strength


À la sortie de Mana en 2019, tout semblait sourire à Gabriel Franco et ses collègues : après un EP remarqué, Don’t Waste Your Time, leur mélange de metal et de death rock ravissait la critique et un public toujours plus large, au point de leur valoir une tournée avec Uncle Acid & The Deadbeats et surtout King Diamond. Reprenant là où In Solitude s’était arrêté avec Sister, Mana se proposait d’être le chaînon manquant entre Iron Maiden et Sisters Of Mercy, un hommage à ce que les années 80 avaient fait de plus dark et de plus métallique. Mais depuis, les galères se sont enchaînées : le groupe a dû abandonner son nom, Idle Hands, déjà déposé par un autre, pour adopter Unto Other, faire face aux lois concernant l’immigration de l’administration Trump qui l’ont un temps privé de son guitariste Sebastian Silva, et, comme bien d’autres, a vu ses projets de tournées réduits à néant par la pandémie de Covid-19. Pas question de se laisser abattre pour autant : le quintet a travaillé d’arrache-pied à son deuxième album et quitté Einsenwald pour Roadrunner. C’est qu’il voit les choses en grand : intitulé Strength (« force »), cet album s’annonce comme un nouveau manifeste, moins ésotérique, plus urbain et encore plus accrocheur que son prédécesseur.

« Heroin », qui ouvre Strength tambour battant, se laisse le temps de poser les fondations de l’album en laissant la part belle aux guitares avant l’entrée en scène du chant. À partir de là, pas un moment de répit : entre refrains abrasifs et ponts très mélodiques, Unto Others montre avec enthousiasme l’étendue de sa gamme et suggère à l’auditeur qu’il ne va pas s’ennuyer. Avec douze titres en quarante-cinq minutes, en effet, pas le temps de se lasser : les chansons, plus courtes et plus punchy que par le passé, sont pleines à craquer de riffs accrocheurs et de mélodies entêtantes, le tout servi par une production très clean qui met en valeur le côté un peu théâtral des compositions. Avec trois guitaristes qui lorgnent volontiers du côté de la NWOBHM, les fans de metal sont servis, que ce soit en ouverture de « Strength » ou en fin de « When Will Gods Work Be Done ». Unto Others lorgne parfois franchement du côté de l’arena rock taillé pour le live, comme avec « Little Bird » par exemple, et tout l’album regorge de solos endiablés – sur la reprise de Pat Benatar « Hell is For Childen » par exemple. C’est cependant aux pionniers du rock gothique que le groupe emprunte la plupart de ses ambiances, souvent en début du titre comme pour mettre en place le décor, avec des arpèges à la The Cure ou Joy Division sur « Downtown », du synthé très sombre sur « Destiny », et bien sûr de la basse vrombissante à la Sisters Of Mercy sur « Summer Lightning ». De la même manière, le chant va du « Ough ! » à la Tom Warrior au baryton un peu monocorde qui rappelle une fois de plus Ian Curtis.

Mais de manière peut-être plus inattendue, c’est aussi Brandon Flowers de The Killers qu’on entend parfois, sans doute en raison de la production travaillée et des superpositions qui ont tendance à ressembler à s’y méprendre à de l’Auto-Tune… En effet, après quasiment deux décennies de retour des années 80 dans le rock, Unto Others assume complètement un côté pop extrêmement accrocheur : si on pense parfois aux Suédois de Tribulation, c’est l’obscurité en moins. Le quintet revendique sa nostalgie, quelque chose d’un peu kitsch et presque ludique, une fuite de la réalité oppressante dans le rock comme le montrent des paroles parfois un peu naïves, voire (volontairement ou pas ?) franchement cliché, sans que cette ironie soit suffisamment affirmée pour faire d’Unto Others ce qu’il ambitionne sans doute d’être – être aux années 80 ce que Ghost est aux années 70. Avec Strength, les nostalgiques de l’époque où le metal remplissait les stades trouveront de quoi se prendre à croire que le retour de l’âge d’or est imminent, et Unto Others montre que malgré son changement de nom, il continue sur sa lancée, à la conquête d’un public le plus large et le plus enthousiaste possible.

Chanson « No Children Laughing Now » :

Clip vidéo de la chanson « Downtown » :

Clip vidéo de la chanson « When Will Gods Work Be Done » :

Album Strength, sortie le 24 septembre 2021 via Roadrunner Records. Disponible à l’achat ici



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  • mélange d’Hard FM et, cela me laisse sans voix, d’auto-tune. Mais quelle idée commerciale saugrenue. A fuir de toute urgence ou a laisser pour les fans d’NRJ ou autre Skyrock.

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