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Interview   

Uriah Heep ne s’arrêtera jamais de voyager


… tout d’abord parce que c’est de ses voyages au cours des tournées que le groupe tire son inspiration, ne se contentant pas de simplement flâner dans la chambre d’hôtel ou dans la salle de concert. Mais surtout, parce qu’Uriah Heep, n’a aucune intention de s’arrêter de faire de la musique, tant qu’il y aura un public pour les voir. Du moins pour l’instant : le groupe ne planifie rien à long terme, à l’image de son guitariste Mick Box.

Nous nous sommes entretenus avec ce dernier, à l’occasion de la sortie de l’album Into The Wild, au titre symbolisant ce que représente pour le groupe le fait de dévoiler de nouveaux morceaux au public. Uriah Heep suit son bonhomme de chemin depuis 40 ans sans se mettre de pression particulière, notamment concernant le renouvellement de son style, inutile selon Mick Box : ne soyez pas d’éternels seconds à essayer de vous adapter aux tendances du moment ! Le guitariste nous parlera également, en fin d’interview, de son regret de ne pouvoir jouer plus souvent en France.

Interview.

« Si tu essaies de te renouveler en faisant ce qui se fait autour de toi, tu seras toujours second, car il y aura toujours quelqu’un qui l’aura fait avant toi ».

Radio Metal : Le groupe a récemment signé chez Frontiers Records, pourquoi ce choix et qu’attendez-vous de cette collaboration ?

Mick Box (guitare) : Je pense que c’était une bonne décision, on est vraiment contents d’être avec Frontiers parce qu’ils semblent comprendre notre genre de musique, et vous savez, leurs groupes sont très rock, donc on s’y sent chez nous. En plus ils sont présents sur le marché américain, et c’est quelque chose qu’on est en train de développer en ce moment, donc ça marche vraiment à tous les niveaux.

Etait-ce votre seule option ?

Non, on avait plein d’autres options, mais on a choisi Frontiers.

Frontiers Records est-il le seul label à signer de vieux groupes de hard ?

Non, je ne dirai pas que c’est le seul ; il y a des tas et des tas d’autres labels qui cherchent ce genre de groupes. Mais je pense que Frontiers a beaucoup de groupes semblables à nous, tu sais, il y a Whitesnake, Uriah Heep, Def Leppard, tout un tas de groupes de rock, ce qui est génial !

Dans une récente interview, à la question « Comment est-il possible de réussir à toujours écrire des chansons après quarante ans », Bernie répondait qu’il est impossible pour un artiste de s’arrêter d’écrire. Néanmoins, après 40 ans de carrière, n’y a-t-il pas des automatismes de compositions quelque peu dangereux pour le renouvellement de sa musique ?

Non, il n’y a pas de danger dans tout ça, on ne voit jamais les choses comme ça tu sais, tout ce qui se passe dans Uriah Heep est très naturel, et écrire des morceaux pendant 40 ans, ça a toujours été un plaisir. C’est quelque chose que l’on fait naturellement, quelque chose que nous, en tant que compositeurs, faisons tous les jours. On voyage dans 53 pays dans le monde, donc il y a toujours des choses inspirantes autour de nous. Il suffit d’ouvrir sa parabole, son radar, pour se rendre compte qu’il y a de l’inspiration partout, ensuite ça devient vraiment simple.

D’accord, mais ne pensez-vous pas que le fait que ce soit si naturel soit un danger ?

On a établi la base de ce qu’est Uriah Heep dans les années 70, et on est restés là-dessus car c’est ce qu’on fait le mieux. Si tu essaies de te renouveler en faisant ce qui se fait autour de toi, tu seras toujours second, car il y aura toujours quelqu’un qui l’aura fait avant toi. On reste sur ce qu’on connaît le mieux, et ça a très bien marché pendant plus de 40 ans.

De plus en plus de groupes légendaires arrêtent leur carrière ou du moins l’annoncent. J’imagine, vu votre discours, que ce n’est pas prêt d’arriver, pour vous ?

On n’en voit pas le bout, on n’a jamais ces discussions, et ça ne nous vient même pas à l’esprit, on cherche toujours le prochain truc à faire, sinon on n’aurait jamais enregistré notre dernier album, Into The Wild. Honnêtement, pour nous je pense que la retraite sera quand il n’y aura plus de public. Mais on a de la chance, on a un public dans plus de 53 pays, donc il n’est jamais question de s’arrêter car on aime ce qu’on fait. On a vraiment une position enviable : on a le meilleur boulot au monde et il n’y a aucune raison de s’arrêter.

« Je pense qu’aujourd’hui, beaucoup de choses dans le marché sont fabriquées de toutes pièces, ce que je trouve déplorable. ».

Le nouvel album sonne comme un classique de Uriah Heep et, plus généralement, du hard. Dans quel état d’esprit étiez-vous au moment d’écrire ce disque ?

Encore une fois, c’était très naturel pour nous. C’est une succession à notre dernier album Wake the Sleeper, et aux deux nouveaux morceaux qu’on avait mis sur notre album Celebration, « Corridors Of Madness » et « Only Human ». C’est une progression naturelle à partir de ça, et je suppose que celui-ci est plus un album de rock, ou du moins, les deux premiers tiers de l’album, avant que l’on entre dans les morceaux plus épiques et les ballades. Donc on a mis nos costumes de rockeurs pour celui là.

Comment gérez-vous l’influence des musiques actuelles, si elle existe ?

J’en aime une partie, et pas d’autres. J’aime la musique qui est jouée par des musiciens, et pas par des machines ou des choses comme ça. Je pense qu’aujourd’hui, beaucoup de choses dans le marché sont fabriquées de toutes pièces, ce que je trouve déplorable. Il n’y a pas d’âme, et pour moi, quand il n’y a pas d’âme, il n’y a pas de musique.

Le titre de l’album, Into The Wild, a-t-il quoi que ce soit à voir avec le film de Sean Penn ?

A vrai dire, Phil Lanzon, avec qui j’écris la plupart de mes chansons, est allé voir le film et a lu le livre, ce qui l’a beaucoup inspiré, donc on a commencé à écrire les chansons, et bien que c’était une inspiration pour les paroles du morceau éponyme « Into The Wild », on a dévié vers autre chose. Donc au niveau des paroles, c’est là qu’on a commencé, mais on a été complètement autre part ensuite. Mais clairement, il y avait une influence oui.

Est-tu touché par la thématique abordée par ce film ? L’idée de tout plaquer vous est-elle passée par la tête ?

Pas particulièrement, non. Je vis toujours à l’instant présent, donc je ne pense pas à ce genre de choses pour l’instant.

« On prend toujours le temps de découvrir les endroits où on va, c’est très important, autrement on n’est pas inspirés. Si tu te contentes de l’hôtel, du bar, de la salle de concert, tu n’en tires rien, donc on essaie toujours de trouver le temps pour visiter partout où on va. »

« Into The Wild » sous-entend la découverte de territoires inconnus. Pour un groupe comme vous, avec 40 ans de carrière et des concerts dans le monde entier, quel est cet inconnu ?

L’inconnu c’est la réaction que les gens auront à ta musique et à ce que tu fais. On a de la chance, ils réagissent très bien à ce qu’on fait, donc c’est le plus important. Une des autres raisons pour lesquelles on a pris comme titre Into The Wild pour l’album, c’est que grosso modo, ce qu’on fait une fois qu’on a enregistré toutes les chansons avec notre producteur, une fois qu’on a fini toutes les chansons et qu’elles sonnent exactement comme on les veux, on les lâche dans la nature pour que chacun se fasse sa propre opinion. C’est un peu pour cela qu’on a utilisé ce titre.

Les tournées permettent d’aller partout dans le monde. Néanmoins le rythme de tournée ne permet pas de véritablement visiter. N’est-ce pas un peu frustrant d’avoir été dans tous ces endroits sans vraiment avoir pu prendre le temps de vraiment les découvrir ?

Oh non, on prend toujours le temps de découvrir les endroits où on va, c’est très important, autrement on n’est pas inspirés. Si tu te contentes de l’hôtel, du bar, de la salle de concert, tu n’en tires rien, donc on essaie toujours de trouver le temps pour visiter partout où on va. On a la chance de pouvoir faire le tour du monde plusieurs fois, donc si on manque quelque chose une fois, on pourra toujours aller le voir la fois suivante.

« A chaque fois qu’on vient en France, on a une réaction géniale de la part du public, et ça nous fait vraiment plaisir, parce que les français aiment le rock tout autant qu’on aime le jouer. On n’a juste pas trouvé les promoteurs qui seraient prêts à nous inviter aussi souvent que nous aimerions venir. « 

Vous avez annoncé que vous comptiez sortir une série de bootlegs officiels. Vous insistez sur le fait qu’ils n’ont pas été retouchés pour que l’auditeur puisse presque avoir l’impression qu’il est dans la salle. Trouves-tu que les lives d’aujourd’hui manquent d’authenticité ou n’ont pas cette dimension d’immersion ?

Non, les bootlegs étaient une idée qu’on a eu pour… Il y a tellement de bootlegs qui circulent, on s’est dit qu’on ferait une série de bootlegs officiels pour que les gens, disons aux Etats-Unis, ou de l’autre côté de l’Atlantique puissent voir ce qu’on fait à Budapest, au Japon, en Suède, où que vous vouliez. Ils sont tels quels, avec des pains et tout. On a Ioannis, qui fait toutes nos pochettes, qui a créé un super artwork pour illustrer ces choses afin qu’ils deviennent un objet collector sympa, plutôt que la présentation miteuse qu’ont généralement les gens quand ils se procurent des bootlegs. Donc c’est vraiment un objet collector, et pour nous c’est assez important de faire ça, et de le contrôler de façon à s’assurer qu’il y a une certaine qualité dedans.

Dans une récente interview, Bernie Shaw disait que, pour se rappeler des noms de ville peu connues, comme des villes d’Europe de l’est par exemple, il les écrivait phonétiquement sur un papier pour les concerts. Est-il arrivé qu’il se trompe de nom de ville ?

J’ai bien peur que oui (rires). Je ne me souviens plus où, mais il me semble que c’était quelque part en Scandinavie, où il s’est emmêlé les pinceaux, et il y a eu un petit silence gêné, qu’on a rapidement surmonté avec une pointe d’humour.

Uriah Heep n’a pas un grand succès en France, à ton avis à quoi est-ce dû ?

Eh bien, à chaque fois qu’on vient en France, on a une réaction géniale de la part du public, et ça nous fait vraiment plaisir, parce que les français aiment le rock tout autant qu’on aime le jouer. On n’a juste pas trouvé les promoteurs qui seraient prêts à nous inviter aussi souvent que nous aimerions venir. Tu sais, on ne peut pas juste arriver avec un van plein de matériel et commencer à jouer, il faut qu’on soit invités par un promoteur, et c’est vraiment à eux de nous demander. S’ils le font, on sera ravis de venir jouer.

Un mot pour la fin ?

On aimerait vraiment venir jouer en France encore une fois, et comme je disais, la dernière fois, je pense qu’on a joué à paris avec Blue Öyster Cult et c’était un concert fantastique. La réaction du public était merveilleuse. On a envie de venir et on est vraiment pressés de venir jouer notre nouvel album. Mais bien sûr on jouera aussi tous les classiques du groupe, « Easy Lives », « Lady In Black », « Gypsy » et tout le reste. Ca fait un super concert de rock, donc on espère vous voir bientôt !

Interview réalisée en le lundi 9 mai par phoner
Retranscription et Traduction : Stan
Site Internet Uriah Heep : www.uriah-heep.com



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