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Interview   

V comme …


L’origine de Vreid, au-delà du décès de Valfar entraînant la fin du groupe Windir, se trouve surtout dans le mélange de colère et de tristesse qu’a inspiré ce décès à ses proches. Vreid signifiant « colère » en norvégien.

Windir apportait une musique originale, exploitant des influences folkloriques bien plus finement que cette pléiade de groupes de folk metal « pour boire de la bière ». A sa manière, Vreid continue ce travail, se démarquant volontairement et qualitativement d’une scène qui a tendance à tomber dans la redondance. Scène que Hvall nous confirmera, au cours de cet entretien, ne pas apprécier.

Avec ce nouvel album V, titre aux significations multiples mais qui ne vous sont aucunement imposées, Hvall réalise le rêve de beaucoup de musiciens : pouvoir travailler dans son propre studio, libéré de toute contrainte de temps et d’argent. Un sérénité et un confort que certains, malgré leurs efforts démesurés et leur investissement presque nuisible pour la santé, n’arrivent jamais à atteindre. De tels efforts pour si peu de résultat, ce n’est pas facile à a-Hvall-er quand on n’est pas musicien… Désolé, il fallait que je la place.

« C’est une réaction naturelle lorsqu’une personne proche de vous meurt : on ressent de la tristesse, un grand manque, mais aussi de la rage et de la colère. « Vreid », la colère, est une réaction de ce genre. »

Pour commencer, comment se sont passés les concerts donnés en avril dernier en l’honneur de Valfar de Windir ?

Hvall (basse) : C’était une formidable expérience. Nous avons été rejoints par le frère de Valfar, Vegard, qui nous demandait depuis un moment si nous étions intéressés par l’idée de faire quelque chose de spécial au cours de nos concerts. Nous avons joué notre set, puis nous avons joué trois chansons avec lui au chant. C’était super et c’était bon de voir tous ces gens dans le public applaudir Windir.

En norvégien, « vreid » signifie « colère ». Dans la mesure où Vreid a été créé après la mort de Valfar, est-il exact de dire que sa mort a inspiré plus de colère que de tristesse ?

Oui, il y a un peu des deux. Je pense qu’il y a une dualité entre tristesse et colère, tu vois ce que je veux dire ? C’est une réaction naturelle lorsqu’une personne proche de vous meurt : on ressent de la tristesse, un grand manque, mais aussi de la rage et de la colère. « Vreid », la colère, est une réaction de ce genre.

À quoi le titre « V » fait-il référence ? À Vreid, j’imagine ?

Oui, mais il existe plusieurs interprétations de ce titre. Ça me plaît. Pour moi,  il y a plusieurs sens, mais je préfère les garder pour moi afin que les gens puissent interpréter ce titre comme ils le souhaitent. Mais il y a bien sûr une référence à Vreid et, en plus, il s’agit de notre cinquième album.

C’est donc un secret ?

Il y a beaucoup de possibilités d’interprétation pour ces titres. Je pense que le public doit se faire sa propre opinion.

Bien que l’album s’intitule « V » plutôt que « Vreid », peut-on malgré tout le voir comme un album éponyme ?

Selon moi, le titre fait également référence au fait qu’une nouvelle ère s’ouvre pour le groupe. Nous avons travaillé dur sur tous nos albums qui ont eu des sorties assez rapprochées, puis nous avons connu des changements de line-up. Je pense que cela a entraîné des changements dans la musique et dans notre façon de travailler. Un nouveau chapitre semble s’ouvrir avec cet album. C’était important d’avoir un titre symbolique.

Un nouveau départ, donc ?

C’est ça. Nous construisons l’avenir sur les ruines du passé, et le groupe connaît un nouveau départ avec cet album.

« Sur les précédents albums, nous en faisions chaque fois un peu plus nous-mêmes. Cette fois, nous nous sentions suffisamment confiants et compétents pour tout faire nous-mêmes. C’était très libérateur dans le sens où nous avions tout notre temps.  […]Nous avons eu la possibilité d’expérimenter, et cela nous a donné une grande liberté. »

Il s’agit du premier album produit par le groupe. Vous avez déclaré que cette expérience était particulièrement rafraîchissante et libératrice. Étiez-vous trop encadrés sur les précédents albums ? Votre créativité était-elle bridée ?

Non, absolument pas. Ce n’est pas du tout ça. Sur les précédents albums, nous en faisions chaque fois un peu plus nous-mêmes. Cette fois, nous nous sentions suffisamment confiants et compétents pour tout faire nous-mêmes. C’était très libérateur dans le sens où nous avions tout notre temps. Être en studio pendant plusieurs mois coûte très cher, mais cette fois, nous n’avions à nous soucier ni du temps, ni de l’argent. Cela m’a également permis de tester différentes choses, d’écouter d’autres albums et de me dire : « Je veux que la batterie ou la basse sonne plus comme ça ». Nous avons eu la possibilité d’expérimenter et cela nous a donné une grande liberté.

La plupart des artistes qui se séparent de producteurs pour produire un album eux-mêmes ont tendance à affirmer : « C’est notre premier vrai album ». Il faut comprendre par là que c’est la première fois qu’ils ont pu faire ce qu’ils voulaient vraiment faire. Est-ce ce que vous ressentez avec ce nouvel album, V ? Peut-on interpréter ce titre comme une déclaration à vos fans : « Écoutez ça, cette fois, c’est vraiment nous » ?

Non, pas vraiment. Lars Klokkerhaug, avec qui nous travaillions avant, était une source d’inspiration de bien des façons. C’est seulement que, ces derniers années, nous avons enregistré pas mal d’albums avec Vreid, Windir et Ulcus, et l’idée d’avoir un contrôle total sur tout le processus m’intéressait de plus en plus. Étant donné que j’ai mon propre studio, cela permet de calmer un peu le jeu, d’avancer pas à pas et de ne pas s’inquiéter si l’album n’est pas prêt pour telle ou telle date. On ne travaille que quand on s’y sent prêt. De ce point de vue, c’est assez libérateur mais ce n’est pas une critique de ce que nous avons fait auparavant ou des gens avec lesquels nous avons travaillé. Nous sommes très satisfaits de tout ça mais aujourd’hui nous avons le sentiment que nous pouvons très bien tout faire nous-mêmes et qu’il n’y a aucune raison de faire appel à d’autres personnes.

L’artwork du livret évoque à nouveau différents symboles de la Deuxième Guerre mondiale. D’où vient cette fascination pour cette période ?

Le nouvel album ne parle pas du tout de la Deuxième Guerre mondiale, en fait. Mais je comprends que certains symboles présents sur l’album puissent rappeler ceux des précédents. Je pense que nous utiliserons à nouveau cette période de l’Histoire dans nos paroles ; c’est très inspirant et il y a beaucoup d’histoires à raconter. Cette fois, nous avons plus ou moins repris là où nous nous étions arrêtés avec Milorg. Les thèmes de Milorg étaient le travail de la Résistance et la Libération ; nous voulions évoquer la libération à différentes dates et dans différents lieux. Nous voulons voir les choses dans une perspective plus large, cette fois. Le voyage a été intéressant.

La Deuxième Guerre mondiale est l’un des thèmes favoris des fans de metal. Pourquoi, selon toi ?

Je n’en sais trop rien. J’imagine que ce qui me plaît, c’est la guerre et le côté sombre ! (rires) Mais je ne crois pas que ce soit seulement dans le metal. Par exemple, en Norvège, la plupart des livres vendus chaque année traitent de la guerre et plus précisément de la Deuxième Guerre mondiale. C’est un sujet qui intéresse beaucoup le public – pas seulement le public metal, mais les gens en général.

Toi qui as l’habitude de chanter en anglais et en norvégien, que peux-tu nous dire sur les différences qui existent entre ces deux langues d’un point de vue musical ? Est-il plus facile, plus naturel de chanter des paroles rock et metal en anglais qu’en norvégien ?

Je pense que la façon de prononcer les mots en norvégien a des caractéristiques plus distinctes, même si l’anglais coule mieux. J’apprécie les deux, et je suis incapable de décider si un album sera en anglais ou en norvégien avant de commencer à travailler sur l’album. Je ne sais donc pas encore si le prochain sera en anglais ou en norvégien. Pour celui-ci, l’anglais semblait approprié. J’ai pris une décision et je ne suis pas revenu dessus.

Quelle langue préfères-tu ?

Ça dépend. Quand j’ai commencé à travailler sur cet album, j’avais envie d’écrire en anglais ; mais pour le prochain, qui sait ? J’apprécie les deux langues. Je ne peux pas dire que je préfère l’une à l’autre, ça dépend de mon humeur lorsque je commence à écrire les paroles.

« Je trouve tout ces groupes de folk, ou quel que soit le nom qu’on leur donne, très mauvais. C’est vraiment affreux. »

La plupart des groupes qui font appel à des influences folk en font une musique très positive et festive. Ce n’est pas le cas de Windir et Vreid, qui se distinguent de groupes comme Korpiklaani et Finntroll. Quel est ton point de vue sur la scène folk metal ? La trouves-tu caricaturale ?

Je trouve tout ces groupes de folk, ou quel que soit le nom qu’on leur donne, très mauvais. C’est vraiment affreux. En fait, j’aime bien Finntroll. Ils comptent parmi les rares groupes que j’apprécie dans ce genre. Ils ont essayé de faire quelque chose de neuf, de faire leur propre truc, et je respecte ça. J’ai beaucoup apprécié plusieurs de leurs albums. Mais il y a énormément de pâles copies qui font des trucs très mauvais. Cette musique n’a aucun effet sur moi.

Vous avez récemment annoncé une tournée norvégienne en tête d’affiche. Une tournée européenne est-elle prévue ? Si oui, serez-vous également en tête d’affiche ?

Nous finalisons une tournée européenne en ce moment même mais je préfère ne pas en parler. Tu sais ce que c’est : on organise toute la tournée, puis des concerts sont annulés… On ne sait jamais. Mais j’espère que nous pourrons annoncer une tournée européenne complète au début de l’année prochaine. Nous jouerons soit en première partie, soit en tête d’affiche. Ça dépendra du package.

Des festivals prévus cet été ?

Oui. Nous serons à l’affiche de trois ou quatre festivals allemands, au moins, et nous aimerions bien en faire davantage. J’aimerais participer à huit ou dix festivals cet été.

Cette question doit être posée : j’imagine que la réponse est non, mais le titre du nouvel album a-t-il quoi que ce soit à voir avec la série télé des années 80 ?

Euh… Non. Je n’en ai jamais entendu parler. Je peux te promettre que la réponse est non ! (rires)

Sais-tu que ton nom de scène, Hvàll, sonne comme « avaler » en français ?

(rires) « Avaler » ?! Ça ne passe pas très bien, comme nom, ça !

Entretien réalisé en décembre 2010 par phoner

Traduction : Isère et Saff’

Myspace Vreid : http://www.myspace.com/thepitchblackbrigade



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  • salùùùt je veut etre monbre avec vous dans se site dans faceboock plzz !! 😀

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  • « cette pléiade de groupes de folk metal « pour boire de la bière » »

    ça me désole profondément que radio metal, qui, au passage dit que le métaleux ne sont pas ouverts d’esprit, ne voit dans le folk metal qu’une volonté de faire de la musique pour boire…
    le seul groupe pour lequel on peut dire cela serait korpiklaani, mais bon… dans le magazine metallian (d’il y a peu, mais je ne peux pas dire lequel exactement), Jonne Järvelä, le chanteur guitariste de korpiklaani, s’exprimait et a entre autres dit que ce qu’un véritable fan devrait faire serait de lire leurs paroles, d’apprendre quelles sont leurs croyances pour finalement voir que leurs musique n’est pas simplement pour se bourrer la gueule!!!
    Il ne me semble pas que dans un turisas, un eluveitie, un equilibrium ou encore un tyr, on trouve de paroles qui poussent à boire…

    [Reply]

  • cet album est juste magnifique

    [Reply]

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