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Chronique   

Vader – Tibi Et Igni


Peter Wiwczarek, l’indéboulonnable, aux commandes du vaisseau Vader depuis 1983 – en faisant un quasi « one man band » après d’innombrables mutations de line-up à travers les âges -, presque accompagné de la même bande de mercenaires musicaux depuis le remarquable Welcome To The Morbid Reich (à un batteur près, arrivé au lendemain de la sortie de l’album), rempile à nouveau trois ans plus tard avec ce Tibi Et Igni. Alliage extrême de thrash et de death, ces composantes qui font de Vader, en quelque sorte, le Motörhead du death metal : brute, rugueux mais fichtrement rock’n’roll. Un groupe qui a de surcroît renoué avec la stabilité qui lui manquait très certainement afin d’avancer plus sereinement ; lui qui est l’un des premiers combos extrêmes d’Europe de l’Est à avoir acquis une forte renommée internationale. Alors oui, nul doute, Tibi Et Igni est une oeuvre sereine.

Outre une ouverture en grande pompe avec une introduction cinématographique à la Dimmu Borgir, Tibi Et Igni est un album particulièrement modeste. Justement dosé, il démontre un groupe confiant. Après les légères et très subtiles incartades plus complexes de Welcome To The Morbid Reich, Vader dégrade sa musique de son thrash incisif, direct et virulent et de son death, guttural, massif et sombre. Et c’est tout ! Véritable descente infernale vers des abysses brûlants, Vader offre à tour de bras, en cette ouverture d’album, brûlots death sur brûlots death qui claquent à la manière d’un Astérix gonflé à la potion magique qui assénerait une volée de baffes dans la poire d’un pauvre centurion romain. Aucun repos, Tibi Et Igni fait dans le concis et l’explicite. Les deux premiers titres de l’opus l’expriment d’ailleurs très bien : « Go To Hell » au titre très clair sur les intentions du morceau et « Where Angels Wheep » qui brisera plus d’une nuque. La subtilité de Welcome To The Morbid Reich laisse ainsi sa place à de la violence pure et dure : la production accentuant les riffs et la batterie folle de James Stewart. De quoi offrir du gros hit direct, imparable, à la « Triumph Of Death » et ses « to the grave » ravageurs ou un « The End » lourd et même plutôt original avec ses passages gothiques parlés.

Et d’ailleurs, cette nouvelle galette n’est pas aussi linéaire qu’elle le laisserait entendre : « Hexenkessel », au rythme puissant, renoue avec la face plus sophistiquée du combo. Tout comme « The Eye Of The Abyss » et son orchestration massive venant couvrir un plan de tapping répété à l’envi, entêtant à souhait, en ouverture et clôture du titre. Et ces solos ! Plus nombreux que sur la précédente oeuvre, Marek « Spider » Pająk à la guitare soliste sait de toute évidence pondre du solo mélodique et efficace, à la fibre thrash incontestable. En soi Vader pose une oeuvre conséquente sur la table, plus rentre dedans que Welcome To The Morbid Reich, moins subtile donc, mais riche d’un sentiment de maîtrise. Maîtrise qui, quoi qui se dise, demeurera toujours un gage de qualité. Tibi Et Igni ne fait ainsi que confirmer l’excellente forme du quatuor polonais.

Ci-dessous le titre « Triumph Of Death » et la lyric-vidéo de « Where Angels Weep » :

Album Tibi Et Igni, sortie le 30 mai 2014 chez Nuclear Blast.



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