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Chronique   

Vallenfyre – Splinters


Vallenfyre, c’est un peu la crise de la quarantaine de Gregor Mackintosh, déclenchée par la disparition tragique de la figure paternelle. Un retour à l’adolescence, une époque où le guitariste se plongeait, fasciné par le morbide, dans un death metal qui faisait ses premiers pas en Europe, alors que lui faisait les siens avec Paradise Lost via un Lost Paradise doom et rudimentaire. Son propre paradis perdu, son pêché originel, qu’il a tenté de revivre il y a trois ans avec un premier album, A Fragile King, en compagnie de son prolifique acolyte batteur Adrian Erlandsson, le guitariste de My Dying Bride Hamish Hamilton Glencross, un certain Scoot à la basse et un de ses amis dénommé Mully empoignant une autre guitare, toujours à ses côtés aujourd’hui pour les trois premiers. Qui aurait parié au départ que cette histoire irait plus loin qu’un album, pour ainsi dire, « thérapeutique » ?

Avec Splinters, second disque du combo, Mackintosh continue à rendre hommage à ses racines : voix gutturale d’outre-tombe et guitares dégueulasses sursaturées, transpercées de larsens qui couinent entre les riffs. Tout ça paraît bien primitif, et ça l’est, mais élaboré avec un amour évident. Splinters rappelle à notre bon souvenir la vieille scène suédoise des premiers Entombed et Dismember, d’où le son velu et baveux des guitares semble tout droit échappé, mais aussi la noirceur sinistre de Celtic Frost. Tantôt colérique, tantôt macabre, Vallenfyre alterne entre les coups de sang bas du front (« Instinct Slaughter », « Cattle », « Thirst For Extinction), quelques mid-tempos qui balancent (le milieu d' »Aghast », l’entraînant « The Wolves Of Sin ») et (beaucoup) de lourdeur qui le font souvent pencher vers un doom death acrimonieux (l’éponyme qui clos le tout de manière écrasante). Et si ces ingrédients étaient déjà l’apanage du premier opus, ce second profite d’une dynamique mieux équilibrée sur l’ensemble, avec des chansons jouant sur les alternances, variant les grooves et les plaisirs, nourrissant les opposés. La production a elle gagné en envergure, se faisant plus imposante et moins renfermée, mais demeurant toujours aussi brute de fonderie.

Mais il faut l’avouer, même si on a bien saisi qu’il s’agissait d’une toute autre bestiole, malgré tout, connaissant le personnage derrière l’oeuvre, on ne peut encore s’empêcher de guetter chez Vallenfyre l’ombre de Paradise Lost. On la recherchait à la loupe dans le premier opus, s’en saisissant qu’à de très rares occasions. Ici encore sporadiques, les brillantes mélodies gothiques dont Mackintosh a le secret font des apparitions remarquées sur « Scabs », « Berefit » et « Splinters ». Peut être est-ce là un élément qu’il ne devrait pas avoir peur d’exploiter davantage. Car ces incrustations marquent une personnalité, sans pour autant doubler son groupe principal, et créent d’intéressantes touches de mélancolie dans le, autrement sulfureux, magma primaire. Mais laissons à Mackintosh et ses collègues le temps de mettre leurs idées en ordre, laissons-leur le plaisir de réécrire leur propre histoire, pendant qu’on prend le notre en humant le parfum du bon vieux temps.

Regarder le clip de « Splinters » :

Ecouter le morceau « Scabs » :

Album Splinters, sorti le le 12 mai 2014 chez Century Media Records.



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