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Live Report   

Une veille d’élection : les punks envahissent l’Élysée


Un concert punk dans une grande salle, la veille des élections, à Paris. On sent comme un vent de contestation… surtout lorsque l’on voit sur l’affiche les noms de No One Is Innocent et Tagada Jones ! Deux groupes aux textes fort engagés, socialement et politiquement. Mais ce qui couronne cette soirée est un groupe de punk, que l’on entend trop peu et ne faisant parler que de fête et de joie : Les Sheriff. Trois groupes et trois public assez différents, variant tous les âges, permettant de retrouver un Élysée Montmartre éclectique et surtout : complet.

Lancement des festivités à 19h30 avec No One Is Innocent qui démarre rapidement la ferveur de la salle. Celle-ci ne possédant de barrière pour contenir la foule, personne ne sortira indemne de cette soirée. Allez venez ! Nouveaux et anciens punks, jeunes et anciens contestataires, jeunes et anciens fêtards. Bienvenue dans la fosse !

Artistes : Les SheriffTagada JonesNo One Is Innocent
Date : 22 Avril 2017
Salle : L’Élysée Montmartre
Ville : Paris [75]

No One Is Innocent

Les parisiens de No One Is Innocent ne sont pas des inconnus au bataillon de la scène. Avec déjà une longue carrière derrière eux (notamment Kemar, le chanteur), le groupe a fait forte impression en 2015 en assurant la première partie d’AC/DC au Stade de France et en donnant un concert mémorable à la Cigale, et surtout avec leur dernier album Propaganda qui fut l’un des grands moments de l’année. Un album traitant notamment du terrorisme grandissant, ainsi chacun de leurs concerts semble propager une forme de défense, ainsi qu’un pogo libérateur, festif.

Et ce passage à l’Élysée Montmartre ne déroge pas à la règle. Dès le premier morceau, de grands mouvements de foule se forment et offrent un excellent avant-gout de ce que sera la soirée à venir. La bande joue des morceaux dynamiques et enragés, principalement tirés de leur dernier opus. Mais on aura le droit au croche patte destiné aux Sex Pistols avec le titre « Johnny Rotten », ou encore leur titre phare : « La Peau », tiré de leur premier album. Un concert régulièrement ponctué de slogans révolutionnaires scandés par la foule, tels que : « La jeunesse emmerde le Front National ». Mais à part cela, c’était sans doute une bonne chose que la soirée n’ait pas été trop politisée, et qu’il n’y ait pas eu de grands discours sur la politique et la société. C’était avant tout une soirée pour célébrer la musique, tout juste survolé par un esprit de veille d’élection que le groupe évoquera brièvement. 

No One Is Innocent

Mais ce qui fait la force de No One, c’est surtout son énergie : de l’énergie lorsque Niko, frontman de Tagada Jones, viendra prêter main forte à Kemar lors de « Charlie », le dernier morceau du set. Mais également de l’énergie chez les musiciens qui viennent régulièrement sur le devant de la scène ou se rassemblent tel une famille autour de la batterie avant de sauter aux rythmes des riffs, avec Shanka et son micro intégré à la guitare, permettant de donner encore plus de corps au son de No One. De l’énergie chez Kemar, crachant ses tripes dans son micro, et donnant son âme à la foule lorsqu’il plonge dedans, ou encore lorsqu’il bondit comme un beau diable sur la scène, toujours en sueur, et tendant le micro au public qui connait les paroles par cœur.

No One Is Innocent, on en demande encore et encore. Leurs shows font partie des plus dynamiques et investis que l’on peut voir. Un tel niveau de passion est rare et la sueur est présente à la fois dans la foule, mais aussi sur scène.

Setlist No One Is Innocent :

Djihad Propaganda
Nomenklatura
Silencio
Kids Are On The Run
La peau
Johnny Rotten
20 ans
Chile
Charlie

Tagada Jones

Les habitués du Bal Des Enragés sont sans doute familiers avec les membres de Tagada Jones. Alors, toujours avec énergie, on retrouve la joyeuse bande menée par Niko Jones et son sempiternel béret. On est parti pour un bon set de punk déchaîné, promouvant le dernier album La Peste Et Le Choléra, fraîchement sorti et qui ne manque pas d’hymnes à égosiller le public. Et entre le bassiste faisant tourner son instrument, le batteur et ses innombrables grimaces et Niko qui saute et traverse la scène de gauche à droite comme un salle gosse bagarreur, on ne sait plus où donner de la tête.

L’entrée en scène s’est faite de manière calme, avec des lumières sombres. Mais très vite la salle française devient le théatre d’un jouissif carnage, avec une foule poussant de plus en plus fort de tous les côtés, jusqu’à faire tomber tout le monde au sol. Mais c’est le jeu, c’est ça les concerts de punk ! Et c’est surtout ça les concerts de Tagada Jones, criant leurs textes engagés. Mais cet aspect passera inaperçu lorsque l’on se rend compte très vite que le groupe a un soucis de micro ou de mixage, le chant ne ressortant pas assez fort vers le public. Ce qui n’empêche pas ce dernier de donner de la voix et hurler les paroles du groupe restées encrées dans leur mémoire.

Tagada Jones

On notera l’effort visuel fait au niveau du backdrop derrière la batterie qui propose d’agréables effets lumineux, ressortant notamment dans l’obscurité et apportant une touche de variété. Mais évidemment ce qui fait le charme et le cœur de ce concert, c’est le groupe, son punch, et sa connexion avec le public. Et toujours dans un esprit familial, Kemar, de No One Is Innocent, viendra prêter sa voix au groupe pour finir le show sur « Mort Aux Cons ».

Setlist Tagada Jones :

Envers et contre tous
Zéro de conduite
La peste et le cholera
Yech’ed mat
Karim & Juliette
Tout va bien
Pertes & fracas
Les nerfs à vif
Vendetta
Vendredi 13
Je suis démocratie
Mort aux cons

Les Sheriff

Il est maintenant l’heure de lâcher les revendications par la musique, afin de seulement se laisser porter par les mouvements de foule qui vont suivre. Des morceaux de deux minutes, des lumières pas très travaillées mais un public balançant de tous les côtés. Pas de doute nous sommes bien à un concert de punk !

Les Sheriff débarque sur scène et le public ne va pas tarder à le rejoindre. En effet, il ne va pas falloir longtemps avant que ce dernier grimpe sur scène, avant de se lancer dans des slams incessants. Tout cela ne laisse pas une seconde de répits durant la soirée qui s’avérera très éprouvante et ne nous épargnera pas de nombreux bleus, ni des acouphènes. Car bien que le groupe commence à prendre de l’âge, il joue toujours aussi fort. Et à mesure que la soirée avance, le public connait de plus en plus les paroles qu’il chante, cri, clame en cœur.

Évidemment, c’est là un set qui plaira principalement aux vieux briscards du punk, ceux qui étaient là avant tout le monde, ceux qui seront heureux de retrouver des titres comme « Pile Ou Face », « Pour Le Meilleur Et Pour Le Pire » ou encore « Ça Fait Mal ». Pourtant la prestation est classique et aurait bien pâli sans la ferverur du public. Au-delà des lumières de faibles qualités, on est face à un groupe qui enchaîne les titres sans s’arrêter, sans adresser un mot à l’audience et, malgré un frontman en sueur qui ne faiblit jamais, les musiciens à ses côtés restent assez en retrait. Pourtant, cela suffit pour produire l’effet d’une claque, presque comme si le groupe nous prenait par le col du t-shirt et nous jetait en milieu de la foule pour se bouger comme il faut. Difficile de résister à ce rythme punk, il y a toujours cette part de nous qui veut lâcher toute la pression pour pousser ses voisins. C’est bien là l’unique vocation que peut avoir Les Sheriff, l’essence du groupe étant : la fête et encore la fête.

Les Sheriff

Des t-shirts No One Is Innocent, des t-shirts Tagada Jones, des t-shirts Les Sheriff. Le public était là pour tout le monde ce soir. De tout âge et de toutes régions, les français sont venus ce soir se défouler. On aurait pu s’attendre à beaucoup de pauses afin de parler des élections mais il n’en était rien ! Et fort heureusement, comme le disait Kemar, « ici ce n’est pas un meeting politique », mais juste un rassemblement de jeunes et de moins jeunes qui partagent une même fosse, pour recevoir les mêmes coups, rassemblés pour fêter la musique et se bousculer à travers toute la salle pendant trois heures de concert. Et même si on aurait aimé voir débarquer sur scène les membres du Bal Des Enragés (Lofofora, Black Bomb A, Parabellum) pourtant présents ce soir là dans la salle, on ressort avec une sacré banane !

Setlist Les Sheriff :

L’essayer c’est l’adopter
Panik (à Daytona Beach)
À coup de battes de base-ball
Bon à rien
Décollage immédiat
Je suis pas menteur
Attention à toi
Les 2 doigts (dans la prise)
Ça fait mal
Pour le meilleur et pour le pire
Pendons-les haut et court
Que pasa ?
À la chaleur des missiles
Condamné à brûler
Arrête de parler (pendant que tu dors)
Jouer avec le feu
Pile ou face
Pas de doute
Fanatique de télé
3, 2, 1… Zéro

Rappel :

La saga des Sheriff
Non ! Non ! Non !



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