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Chronique   

Venom Inc. – There’s Only Black


Venom a beau être un groupe de légende, il n’a pas évité le sort de bien d’autres pionniers : changements de line-up, guéguerres internes et batailles autour de son héritage. Le nom de Venom étant resté dans les mains de l’iconique Cronos, les autres vétérans des classiques des années 80 ont dû faire sans. C’est le cas notamment de Jeff « Mantas » Dunn et Tony « Demolition Man » Dolan, l’équipe à qui l’on doit notamment Prime Evil, et dont le partenariat a survécu à leur départ du groupe. Après avoir travaillé ensemble dans Mantas et M-Pire Of Evil, ils ont été rejoints en 2015 par Tony « Abaddon » Bray pour des performances live reprenant les tubes de Venom, et ont fondé Venom Inc. dans la foulée. Alors que Cronos continuait de sortir des albums avec des musiciens l’ayant rejoint en route, et de jouer lors de dates très choisies, Venom Inc. tournait abondamment. De quoi fourbir ses armes et proposer en 2017, chez Nuclear Blast Avé, une heure et douze titres de thrash sombre et abrasif plus Venom que Venom, pour le plus grand bonheur de fans qui osaient à peine y croire. Après le break forcé de 2020-2021, le duo est de retour, épaulé d’un nouveau batteur, l’Américain Jeramie « War Machine » Kling. Et avec There’s Only Black, il est clair qu’ils ne sont pas près de changer le fusil d’épaule…

En effet, « How Many Can Die » balaie tous les doutes qu’on aurait pu avoir : rapide et agressif, tout en riffs imparables, solos endiablés et grognements colériques, il donne le ton d’un album débordant de hargne et d’énergie. Une gageure pour deux musiciens qui ont plus de quarante ans de carrière derrière eux, et un apport peut-être de Kling, plus jeune et manifestement prêt à en découdre, qui tient le rythme de manière impitoyable durant les douze titres (à nouveau) de There’s Only Black. L’album est à peine plus bref que son prédécesseur : en presque une heure, il prouve que l’inspiration des musiciens n’est pas près de tarir – c’est même vingt-quatre titres qui auraient été écrits lors de la genèse de l’album. S’il est frais par son agressivité et sa production moderne, c’est évidemment dans les années 80 que There’s Only Black trouve ses racines : entre swag à la Motörhead et touches NWOBHM (les guitares presque Iron Maiden de « Tyrant »), c’est évidemment le Venom de la grande époque que l’on retrouve. Il irrigue tout le travail de Mantas, à qui l’on doit le son des incontournables Welcome To Hell, Black Metal et consorts, intense et vicieusement accrocheur. There’s Only Black est roboratif : même si sa longueur dilue un peu son impact, difficile de trouver des temps faibles dans ces douze titres. Difficile de s’ennuyer, aussi : les morceaux les plus efficaces (« Come to Me », « Nine », « Rampant ») laissent régulièrement place à des touches d’originalité, comme l’épique « Burn Liar Burn » ou la longue introduction de « The Dance ».

Bref, There’s Only Black est le résultat de carrières bien remplies, d’une motivation à toute épreuve, et de tournées à répétition qui ont, à n’en pas douter, fait beaucoup pour l’alchimie entre les trois musiciens. Le titre n’est pas seulement un clin d’œil à l’un des chefs-d’œuvre de Venom : c’est aussi une allusion à un accident cardiaque vécu par Mantas en 2018. « Il n’y a que du noir » est sa manière de résumer l’événement : pas de lumière au bout du tunnel, encore moins d’illumination avec Venom Inc., le trio reste plus que jamais fidèle à ses débuts infernaux. Mais pas de nostalgie pour autant, ni de mélancolie : avec une urgence renouvelée, il offre des titres qui n’ont pas à rougir devant les tubes de Venom, et qui pourront venir s’insérer sans à-coups dans des set-lists live longtemps consacrées à ces derniers. Bref, Venom Inc. enfonce le clou et prouve une fois de plus qu’il est plus qu’un groupe de reprises. De quoi donner à Cronos quelques raisons de s’inquiéter…

Lyric vidéo de la chanson  » Come To Me » :

Lyric vidéo de la chanson « Don’t Feed Me Your Lies » :

Lyric vidéo de la chanson « How Many Can Die » :

Album There’s Only Black, sortie le 23 septembre 2022 via Nuclear Blast. Disponible à l’achat ici



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