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Interview   

Venom : l’ère du Demolition Man


Dans l’histoire tumultueuse de Venom, il y a une courte et singulière période de trois ans qui a su susciter l’intérêt des curieux : celle où l’irremplaçable Cronos fut remplacé. Une histoire dans l’histoire, un groupe dans le groupe, qui a vu non seulement le retour du guitariste Mantas mais aussi introduit Tony Dolan alias The Demolition Man en tant que frontman au fort capital sympathie. La production artistique de cette formation n’est d’ailleurs pas dénuée de qualités. Certains vont même jusqu’à considérer l’album Prime Evil, si ce n’est comme un classique aux côtés de la légendaire triplette initiale, comme un joyau oublié.

Nous avons profité du retour en force du trio sous le patronyme de Venom Inc., avec l’album Avé, pour poursuivre notre conversation avec Tony Dolan et ainsi faire la lumière sur cette époque méconnue que certains, d’après Dolan, aimeraient cacher sous le tapis. De son recrutement jusqu’au coup d’arrêt de la formation, en passant par les albums produits entre-temps (des enregistrements dont ils ne parviennent pas à récupérer les droits) et les anecdotes qu’ils renferment, le bassiste-chanteur revient généreusement sur ses années passées au sein de Venom et l’origine des liens qui l’unit désormais à Jeffrey Dunn alias Mantas et Anthony Bray alias Abaddon.

« J’étais le Demolition Man dès 1978 et je le suis resté pendant tout ce temps. Je n’ai pas changé qui j’étais lorsque j’ai intégré Venom, et je n’ai toujours pas changé qui je suis aujourd’hui. »

Radio Metal : Tu as rejoint Venom en 1988. Peux-tu nous parler de cette époque et comment tu t’es retrouvé à prendre la place de Cronos ?

Tony Dolan (chant) : C’est marrant, il n’y a pas si longtemps, voilà ce que j’ai dit à propos du fait de prendre la place de Cronos : je ne me suis pas mis à la place de Cronos ! Et je le jure devant Dieu, c’est vrai – ou je le jure devant Lucifer, dans mon cas [petits rires] – ce sont des années plus tard lorsque quelqu’un m’a demandé exactement ça : « Qu’est-ce ça faisait de te mettre à la place de quelqu’un ? » Et j’ai répondu : « A la place de qui je me suis mis ? » « Cronos ! » « Oh, d’accord, oui, ok ! » Car ce n’était pas le sentiment que ça me donnait. Tu sais, j’étais le Demolition Man dès 1978 et je le suis resté pendant tout ce temps. Je n’ai pas changé qui j’étais lorsque j’ai intégré Venom, et je n’ai toujours pas changé qui je suis aujourd’hui. Je suis la même personne qu’avant ; plus vieux, j’espère plus sage, mais je suis le même mec, avec les mêmes sentiments.

Après, pour en revenir au tout début, la petite amie de Cronos et ma petite amie étaient amies. La première fois où j’ai été enregistrer une démo, il travaillait à Neat Records, il était aux Impulse Studios, en tant que technicien, gérant les câblages ou je ne sais quoi. Je l’ai rencontré à l’époque, je ne savais pas qu’il était dans un groupe, et plus tard, sa petite amie a dit : « Oh, mon copain prend part à une session photo. » Et j’ai vu les premières photos en noir et blanc qui ont ensuite servies pour Welcome To Hell. La petite amie de Mantas vivait dans la même rue que ma mère, et son frère venait tout le temps, et nous jammions, jouions de la guitare et tout. Et un jour il est venu avec le premier pressage test du premier single et a dit : « Oh ouais, le copain de ma sœur, Jeff, est sur le single ! » J’étais là : « Putain, c’est vrai ? » Et puis souvent j’allais boire un coup et Abaddon était là avec son technicien batterie, qui était un bon ami à moi… Donc nous étions tous un peu en lien. Je jouais de la musique extrême, eux faisaient leur truc, et j’aimais bien ! Dès que je l’ai entendu, j’ai aimé. Je les ai vus donner deux concerts dans deux salles de paroisse devant une trentaine de personnes. J’ai un peu grandi avec ça et nous évoluions tous en parallèle. Lorsque j’ai fini la tournée avec Nasty Savage et Exumer, lorsque j’étais dans Atomkraft en 88, Abaddon était manageur de tournée. Ils avaient fait Calm Before The Storm, ça n’a pas eu beaucoup de succès, ils se sont un peu égarés, et ensuite Cronos a décidé qu’il voulait se la jouer David Lee Roth. Il avait deux super guitaristes, il voulait déménager aux Etats-Unis et partir en solo, ce qu’il a fait.

Nous avons fini la tournée, Abaddon était notre manageur de tournée, nous avons joué « Welcome To Hell » le dernier jour, je l’ai joué à la guitare et chanté avec le groupe polonais Wolf Spider, et il est possible que ça ait planté une graine dans l’esprit d’Abaddon. Lorsqu’il est revenu, les choses changeaient pour Venom, et ils ont reçu une proposition de contrat de la part de Music For Nations. Lui et le manageur Eric Cook, qui est depuis décédé, m’ont appelé pour se rencontrer dans un pub. Donc j’ai été au pub, nous avons bu quelques bières, nous avons parlé, et je pensais que nous allions discuter de mon petit groupe, ce que j’allais faire ensuite, et puis ils ont expliqué que Cronos avait quitté le groupe, il était parti en Amérique pour lancer une carrière solo, Calm Before The Storm n’était pas très bon, ils se sont égarés… « On ne sait comment mais on nous a proposé un contrat. On essaie de faire revenir Mantas. » J’ai dit : « C’est une idée géniale ! » Et ensuite ils ont dit : « Mais on a besoin d’un bassiste-chanteur. » J’ai dit : « D’accord, donc à qui pensez-vous ? » Ils ont dit : « Eh bien, on s’est dit que peut-être que tu saurais, car tu nous connais mieux que quiconque. Tu sais où on a fait des erreurs, et tu es à la fois un fan et un ami… » Donc j’ai commencé à proposer des noms et ils se sont mis à rire, et j’ai dit : « Je ne comprends pas. Pourquoi est-ce que vous vous marrez ? » Et ils ont dit : « Toi ! Pourquoi toi, tu ne le ferais pas ?! » Et j’ai dit : « Moi ?! » Et ils étaient là : « Ouais, tu es un bassiste-chanteur, pourquoi tu ne le fais pas ?! Il n’y a qu’une personne qui, pour nous, est susceptible de le faire, qui est en lien avec le groupe et qui nous connaît très bien. » Donc j’étais là : « Oh, d’accord ! » Du coup j’ai été parlé à Jeff et il a dit : « Non, je ne vais pas le faire. » Et j’ai dit : « Eh bien, sache qu’ils m’ont proposé d’intégrer le groupe. » Et il a dit : « C’est vrai ?! » J’ai dit : « Ouais mais je le fais seulement si tu le fais. » Et il a dit : « Bon, alors si tu le fais, je le fais ! » Donc nous avons dit : « D’accord ! » Et voilà !

Je n’ai jamais rien envisagé d’autre que d’écrire des chansons, ce que j’ai fait : « Parasite », « Blackened Are The Priest », « Carnivorous », « Insane », « Sekeletal Dance »… J’allais écrire des chansons, j’allais écrire avec Jeff et nous allions jouer dans un groupe, tous les trois, moi, Abaddon et Mantas, et ensuite, nous allions partir en tournée et j’allais jouer ces excellentes anciennes chansons que j’adore : « Sons Of Satan », « Witching Hour », « Don’t Burn The Witch »… J’ai pu jouer toutes ces supers chansons, en plus de toutes les nouvelles chansons que nous faisions ! Donc, pour moi, c’était… Tu sais, je ne connais aucun fan d’un groupe… C’est comme si Tom Araya se tournait et disait : « Toi ! Là-bas ! Monte sur scène, je veux que tu prennes la basse et chante ‘Angel Of Death’. » Le gars ne serait pas là : « Putain, pas question ! Je ne vais pas faire ça. Qu’est-ce que tu imagines ? » Non, il serait là : « Oh putain ! J’arrive ! » Donc pour moi, c’était un peu comme ça. « Pourquoi on ne mettrait pas ces chansons dans le set ? » Et j’étais là : « Bordel, mets-en plus ! » « Ouais, super ! » Et je n’y ai jamais réfléchi. Peut-être que c’est de la naïveté, peut-être que c’est juste comme ça que je suis, je ne sais pas. Je ne faisais que jouer de la basse comme j’en ai l’habitude. Je n’ai pas essayé de copier quoi que ce soit. Je jouais à ma façon, je chantais à ma façon, j’y allais et je m’éclatais en le faisant. Comme je l’ai dit, je n’ai jamais pensé à tout ça avant des années plus tard lorsque je suis parti, et là les gens demandaient : « Comment c’était de faire ça ? » Et je disais : « Tu sais quoi ? Pas une fois je n’y ai réfléchi. » Je n’ai jamais comparé.

« Les trois musiciens originaux avaient une espèce de synergie, ils avaient ce quelque chose qu’on ne peut décrire et les rendaient spéciaux, et d’un autre côté, j’ai de la chance que tous les trois avons aussi un truc. C’est différent de ce qu’ils avaient, mais c’est là, et ça change tout. »

Les albums que nous avons fait… Ok, le dernier n’a pas autant fait parler de lui que les deux premiers disques, mais lorsque nous avons sorti Prime Evil, et ensuite Tear Your Soul Apart, et ensuite la vidéo Live ’90, ces trois trucs ont reçu cinq étoiles et les gens disaient de super choses à leur sujet. Donc, pour moi, c’était la progression naturelle du groupe, le palier suivant. Et l’autre gars, ça ne l’intéressait plus, donc il n’y avait aucun conflit, il n’a pas été viré ou quoi que ce soit. Il a juste décidé qu’il voulait arrêter. Donc je suis arrivé et j’ai pris sa suite. Et nous sommes partis en tournée et à aucun moment quelqu’un est venu et a dit quoi que ce soit de négatif, ou « tu n’es pas lui », ou je ne sais quoi. Pas une seule fois ! Et les gens peuvent dire ce qu’ils veulent : j’étais là et je sais quand ce qu’ils disent est faux. Donc, pour moi, c’était absolument génial, j’ai pris beaucoup de plaisir. Je suis content de l’avoir fait ! Nous avons forgé une amitié et un partenariat, et je pense que Venom a eu deux sortes d’entités. Les trois musiciens originaux avaient une espèce de synergie, ils avaient ce quelque chose qu’on ne peut décrire et les rendaient spéciaux, et d’un autre côté, j’ai de la chance que tous les trois avons aussi un truc. C’est différent de ce qu’ils avaient, mais c’est là, et ça change tout. Il faut avoir un truc en plus. Si on compare, en regardant l’autre groupe, ils ne semblent pas avoir ce truc en plus, quoi que ça puisse être. Je ne sais pas ce que c’est mais, lorsque je les vois, ça ne semble pas être là. Et peut-être n’est-ce qu’une combinaison de gens qui partagent un même état d’esprit, qui vont bien ensemble ou pas. C’est peut-être pour ça que certains musiciens rejoignent un groupe pour en repartir aussitôt. C’est comme quand tu croises un gars à une fête, ensuite il repart et ta partenaire dit « il a l’air sympa », et tu dis « ouais, très sympa ! J’aime bien ce gars, je me suis vraiment bien entendu avec lui ! » Puis un autre gars arrive, il va te saluer et partir, et ta partenaire va dire à nouveau « il a l’air sympa » et toi tu diras « c’est un connard ! » Mais tu ne sais pas pourquoi ! Peut-être qu’on dégage quelque chose sans s’en rendre compte, mais je pense qu’une combinaison de personne peut fonctionner ou pas. Heureusement pour nous, ça a fonctionné. Donc c’est bien !

Avec le recul, quel est ton sentiment sur ces trois albums que vous avez sorti à l’époque ?

Je suis très fier de ce que nous avons fait ! En termes de chansons, je trouve que Prime Evil était comme il faut, la production était comme elle devait être, l’intensité des chansons, l’atmosphère, la pochette, tout fonctionnait. Tear Your Soul Apart était l’EP qui a suivi, il allait bien, c’était dans la même veine, et nous avons pris quelques chansons pour les inclure dans le set live. Temples Of Ice, j’aime les chansons que nous avons composées mais le résultat n’était pas conforme à ce que j’attendais. J’aime ce que Jeff a composé mais le côté sombre était absent, la production n’était pas aussi bonne et la pochette ne me convenait pas, je ne l’aimais pas, et je n’ai rien vu ni entendu avant qu’on me montre le produit fini, et à ce stade je ne pouvais plus rien y faire. Je sais que le label a refusé la pochette plusieurs fois avant d’avoir la version définitive mais même là, ça ne m’allait pas. Je trouve que nous avons composé de la bonne musique mais j’avais le sentiment qu’elle était gâchée.

Et ensuite, The Waste Lands, je pense que nous touchions à la fin et Mantas ne s’y est pas tellement impliqué, car il avait un boulot qui ne lui laissait pas suffisamment de temps pour l’album, moi-même je travaillais dans un théâtre à Newcastle, donc je courais entre ce théâtre et le studio à essayer de faire en sorte que les choses avancent. « Crucified » et « Cursed » sont deux chansons sur lesquelles nous avons travaillé ensemble, il est venu avec le riff, mais la plupart du reste étaient des compositions faites chacun de son côté. Nous n’avions tout simplement pas de temps ensemble. Pour avancer assez vite dans le laps de temps que nous avions, j’ai amené un ancien guitariste de mon groupe originel, Atomkraft, avec qui je travaillais, et j’ai dit : « Peut-être que tu pourrais nous aider à poser certaines parties de guitare. » C’était Steve White, et donc c’est ce qu’il a fait. Mais au cours du processus, tous les deux, nous avons commencé à écrire des bouts ici et là. Nous composions, jouions et enregistrions l’album entre horaires de boulot. Mais nous n’avions pas la même dynamique.

La pochette, encore une fois, je ne la comprenais pas. Elle a été faite sans notre avis et nous a été présenté finie. Je ne l’ai pas du tout comprise, et je ne la comprends toujours pas [petits rires]. Et je ne l’aimais pas. Mais je ne pouvais rien y faire. La production a une nouvelle fois été faite maison au studio qu’Abaddon et Eric [Cook] avaient acquis de Brian Johnson d’AC/DC, mais je pense qu’elle était mieux que Temples mais pas aussi bonne que Prime Evil. Donc ça faisait deux albums qui, pour moi, n’étaient pas aussi bien produits que le premier, et les artworks ne me parlaient pas comme le premier me parlait. Peut-être que nous étions moins impliqués et que nous aurions dû l’être davantage. Peut-être était-ce de notre faute, à Mantas et moi, du fait que nous n’étions pas aussi impliqués qu’Abaddon à ce moment-là. Je ne sais pas. Mais je pense que les idées des compositions étaient là.

Mantas et moi, lorsque nous avons enregistré le dernier album de M:Pire, Crucified, avons eu l’occasion de ressortir certains de ces morceaux, car Universal, qui possède les masters, ainsi que Sony qui a Spinefarm, chez qui est signé Cronos, bloquait tous ces disques. Donc nous ne pouvons pas ressortir ces albums, ils les bloquent, ils veulent en accorder les licences à personne, ils le font exprès. Nous nous sommes battus pour essayer de les obtenir pour pouvoir en faire un coffret et les ressortir, sans succès. Donc j’ai pensé : « Bon, ce sont les master, donc si nous enregistrons, nous aurons nos propres masters. » Du coup, nous avons choisi quelques chansons, « Temples Of Ice », « Kissing The Beast », « Black Legions », « Wolverine »… Des chansons que nous aimions beaucoup issues de Temples Of Ice et Prime Evil, ainsi que The Waste Lands, et nous les avons refaites. Le résultat est phénoménal sur Crucified ! J’ai pu me rendre compte de ce que j’essayais de faire lorsque je les ai composées à l’origine. C’était magnifique de pouvoir faire ça. Et si nous en avons l’occasion, peut-être que nous pouvons le refaire avec Abaddon, les revisiter. Je ne suis pas fan des gens qui refont un album classique, car ils disent « la production était mauvaise à l’époque, aujourd’hui on peut faire mieux, alors on le refait. » Mais il y a quelque chose dans ces enregistrements, ça n’a pas d’importance, il y a quelque chose de génial là-dedans. Mais avec ces deux albums en particulier, je trouve qu’ils ont été sous-produits à l’époque. Je ne pense pas qu’ils étaient de la qualité qu’ils auraient dû être, et j’aimerais les réenregistrer juste pour les mettre au niveau de cette qualité, et que les gens les apprécient ou pas, j’aimerais qu’ils les entendent comme ils auraient dû être et pas comme ils sont devenus.

« Ils avaient le sentiment d’être plus libres qu’avant. […] C’était une réinvention du groupe, et nous pouvions faire tout ce que nous voulions sans s’en soucier. »

Comment avez-vous eu l’idée de faire ces reprises : « Megalomania », « Speed King » et « Hell Bent For Leather » ?

Pour « Megalomania », j’ai été chez Abaddon et il a dit : « Qu’est-ce que tu dirais de reprendre une chanson de Sabbath ? » Et j’étais un énorme fan de Sabbath, évidemment, Geezer Butler est un autre bassiste que j’adore. Donc j’étais là : « Ouais, carrément ! Quelle chanson ? » Et il a dit : « Megalomania » de Sabotage et j’ai dit : « Bordel de merde ! C’est une chanson vraiment longue ! » Et il a dit : « Ouais, mais rien que la seconde moitié. » Donc j’ai écouté et pensé : « Ouais, ça pourrait marcher… » Après, il a dit : « Peut-être que si on veut sortir une reprise, Mantas ne sera pas trop emballé, donc on ne va pas lui dire que c’est une chanson de Black Sabbath, on va venir en répétition et tu la joueras comme si tu l’avais toi-même composée. » J’étais là : « D’accord. » Donc nous avons un peu fait ça comme une blague au départ, et j’ai joué le riff à Jeff, Anthony a joué avec moi, et Jeff a dit : « Putain mais c’est super, j’adore ! » Et donc nous n’avons joué que la seconde moitié de la chanson. Et ce n’était que lorsque nous avions fini tout l’album… Nous avons complètement oublié cette histoire et nous étions à une session d’écoute à Newcastle, après avoir fini l’album, en compagnie de journalistes, et quelqu’un a demandé : « Pourquoi avez-vous choisi de ne faire que la seconde moitié de la chanson de Sabbath ? » Et Jeff m’a regardé et a dit [rires] : « Qu’est-ce qu’il a dit ?! » Et j’ai dit : « Il parle de ‘Megalomania’. » Il a dit : « Ouais, mais il a parlé d’une chanson de Black Sabbath, de quoi il parle ? » Le gars a dit : « Ben, ‘Megalomania’ est une chanson de Black Sabbath. » Et Jeff a dit : « Oh, ils ont une chanson qui s’appelle ‘Megalomania’ aussi ? » Et je me suis rendu compte du truc et j’ai dit à Jeff : « Non, ça c’est ‘Megalomania’ de Black Sabbath ! » Et il était là : « Quoi ?! » Donc je me disais : « Eh merde… » [Rires] Bref, c’est juste que c’était cool, nous aimions la chanson et elle avait un côté qui cadrait bien avec Prime Evil. Mais c’était l’idée d’Abaddon, et j’ai dit « ouais, super » parce que j’étais content d’être là. C’était un défi de la faire mais c’était marrant. Et nous l’avons joué en concert parce que quelqu’un a dit : « Je parie que tu ne peux pas la faire en live vocalement, c’est impossible pour toi. » Alors je me suis assuré qu’au concert suivant où cette personne se rendrait nous jouerions « Megalomania », et alors il a dit : « D’accord, pas de problème, tu peux la faire. »

Abaddon est un énorme fan de Deep Purple, et quand nous sommes arrivés à Temples Of Ice, il a suggéré que nous fassions « Speed King », et nous avons pensé « pourquoi pas. » Je pense qu’Abaddon s’est senti un peu libéré. Nous pouvions faire plus que ce dont il imaginait peut-être le groupe capable, car Mantas a aussi un style mélodieux, et Abaddon voulait jouer, je pense, un peu différemment et pas seulement les trucs black sataniques, donc nous avons essayé des choses, et c’était appréciable parfois, comme « Clarisse » qui est une ballade. « Acid » sur Temples Of Ice et « Temples Of Ice » lui-même étaient plus dans la veine de Slayer. « In Memory Of », qui est dédiée à un ami journaliste, était plus groovy et un peu plus à la Motörhead, selon moi. Donc je suppose qu’ils avaient le sentiment d’être plus libres qu’avant. Et nous en avons profité pour faire quelques reprises qu’Anthony voulait faire. C’était une réinvention du groupe, et nous pouvions faire tout ce que nous voulions sans s’en soucier. Sur l’EP Tear Your Soul Apart, nous avons fait le morceau de Judas Priest, « Hell Bent For Metal », je crois que c’est ce qu’elle est devenue [petits rires] – il me semble que de toute façon je me suis planté dans les paroles. Car Jeff est un énorme fan de Judas Priest et il voulait faire une version de « Hell Bent For Metal », donc nous avons fini par la faire.

J’ai lu que le riff de « Prime Evil » venait de « This Planets On Fire » de Sammy Hagar mais ralenti par Abaddon…

C’est exact ! Je déconnais avec des riffs chez moi et j’adore celui de « This Planets On Fire » de Sammy Hagar. Donc je voulais quelque chose qui soit un peu comme ça et je cherchais une façon d’y parvenir. J’ai trouvé le riff initial et ensuite un motif pour le couplet. J’ai amené ça en répétition, Mantas n’était pas encore arrivé, donc il n’y avait que moi et Abaddon, nous nous sommes assis et j’ai dit : « J’ai ce riff, j’ai ce riff ! » Donc j’ai commencé à le jouer et j’ai dit : « C’est ce tempo. » Ensuite il a dit : « Attends, ralenti-le et joue-le vraiment lentement. » Je me disais : « Putain mais non, c’est nul, ça ne va pas marcher. » J’ai quand même joué le riff, genre [il chante le riff très lentement et décomposé], je pensais : « Bordel, ça va prendre une éternité ! » [Petits rires] Et ensuite Jeff est arrivé, nous avons discuté et tout. Anthony a dit : « Rejoue ce riff ! » Donc j’ai recommencé à jouer le riff et Anthony m’a suivi, et Jeff a dit « oh, c’est pas mal du tout » et a commencé à grattouiller. Après, il avait un riff qu’il avait fait sur les démos Deadline. C’était une chanson sans titre, il n’y avait que la musique, mais il y avait ce riff. Il a donc enchainé sur riff à la suite de mon riff et du couplet, et nous avons commencé à jammer pour structurer toute la chanson. Tout d’un coup, le tempo était fixé, et c’est devenu de mieux en mieux. Je me suis mis à chanter dès cette première répétition, car j’avais l’idée de « Prime Evil ». Donc j’ai commencé à chanter le phrasé que j’avais en tête afin d’avoir une idée des placements. Et c’est tout, la chanson était né ! Mais au départ, c’était une chanson bien plus rapide, exactement comme le riff de Sammy Hagar [petits rires]. C’était incroyable de finalement arriver là, mais c’est ce qu’il y a de merveilleux avec ce processus. Lorsque tu combines trois personnes et leurs idées, tu ne sais jamais vraiment où tu vas finir, mais on dirait toujours que tu te retrouves avec quelque chose à laquelle tu n’avais jamais pensé, ce qui est super.

Tu as mentionné ton ami journaliste Paul Miller a qui tu as dédié une chanson. Qui était-il pour toi ?

L’un des premiers concerts que j’ai donné en Angleterre en dehors de Newcastle était au Marquee avec Slayer. Et avant ça, j’avais pour habitude d’échanger des casettes et des fanzines, et c’est comme ça que j’ai rencontré un jeune gars qui s’appelait Paul Miller, lorsqu’il avait seize ans, et nous avons discuté. Il est venu au concert, nous avons trainé ensemble, nous nous parlions et il travaillait pour Metal Forces, puis il est allé chez Kerrang!, il a commencé à écrire pour tout le monde… Durant toute la décennie des années 80, partout où nous allions, je tombais sur Paul et c’était toujours un plaisir. Et il était brutalement honnête, il ne te soutenait jamais totalement sous prétexte qu’il te connaissait ; il était toujours très sincère et disait ce qu’il ressentait quand il écoutait la musique. C’est ce que j’admire, quand les gens ne disent pas juste ce qu’ils croient que tu veux entendre ou « tu fais de la merde » parce qu’ils ne t’aiment pas en tant que personne, mais au contraire, c’est la musique qui leur importe, et j’ai toujours admiré ça chez Paul. Et puis un jour, il rentrait du bureau en vélo dans Londres, il a été percuté par un bus et tué. Ca a eu un effet énorme sur moi parce que c’était quelqu’un qui était directement lié à moi en tant qu’ami et qui était parti en un instant, et ça m’a fait réaliser « bon sang, il ne faut pas prendre les choses pour acquises car d’une minute à l’autre ça peut disparaître, et impossible de savoir quand ou comment ça arrivera. » Donc j’ai écrit la chanson pour lui. Il aimait également Motörhead. Lorsque j’ai joué la chanson et écrit les paroles pour lui, je voulais juste célébrer qui il était et ce qu’il était.

« Nous ne pouvons pas ressortir ces albums, ils les bloquent, ils veulent en accorder les licences à personne, ils le font exprès. »

A l’époque, dans le line-up du groupe, il y avait un second guitariste et puis vous avez même rajouté un claviériste sur The Waste Lands. Etait-ce nécessaire à l’époque d’avoir un second guitariste, et puis comment avez-vous eu l’idée pour le claviériste ?

Bon, en fait nous n’en avons pas vraiment eu l’idée. Tout d’abord, Al Barnes, le gars au départ travaillait avec Jeff sur son projet solo, et Jeff voulait l’amener parce qu’il ne voulait pas juste partir et abandonner Al. Donc il l’a amené avec lui mais il était assez évident qu’Al n’était pas un gars de studio. Il ne travaillait pas très bien en studio mais il était bon en live. Donc nous nous sommes dits que si nous composions en studio, ensuite ça voulait dire que nous pourrions partir donner des concerts et avoir deux guitares rythmiques afin de donner plus de liberté à Mantas pour jouer, et ça épaissis le son un peu. Donc c’est ce que nous avons fait. Nous avons fait quelques tests aussi pour mettre Al au diapason sur « Sons Of Satan », et puis nous avons été faire du live avec lui. Il n’avait pas non plus fait de compositions mais lorsque nous en sommes arrivés à Temples Of Ice, il est arrivé et il avait une chanson qui s’appelait « Tribes », que j’ai beaucoup aimé, à propos du Hellraiser de Clive Barker et tout, donc nous avons utilisé cette chanson. Sur Temples, il a fait quelques enregistrements mais nous en avons remplacé un bon paquet, et je pense qu’au final c’est Mantas qui a fait toutes les guitares.

Quand nous sommes arrivés à The Waste Lands, j’ai amené Steve White parce qu’Al n’était plus avec nous. Nous avons d’abord été à trois, Mantas travaillait et j’avais besoin de continuer à faire sortir les idées avec Abaddon et lui présenter les choses. Je ne peux pas jouer de la guitare, jouer de la basse et puis chanter. Donc ce que j’ai fait, c’est que j’ai fait intervenir Steve White pour jouer de la guitare afin de pouvoir enregistrer l’album. Il a joué certaines parties sur certaines compositions que nous avons écrites ensemble et Mantas a fait le reste. Donc Al était là uniquement pour les concerts, même s’il a bien composé « Tribes » que nous avons mis sur Temples Of Ice, et Steve White est venu sur The Waste Lands pour ne faire rien d’autre qu’aider à faire passer les compositions à Abaddon, et nous avons fini par l’enregistrer parce que Mantas était indisponible, donc nous nous sommes dit qu’au lieu de montrer les riffs à Mantas, autant continuer, enregistrer et terminer les chansons, ce que nous avons fait.

Au clavier, c’était un gars qu’Abaddon connaissait. Je ne savais pas qu’il était en train d’ajouter du clavier. Je suis venu un jour et j’ai découvert des effets de clavier sur les chansons. Je pensais que c’était l’ingénieur qui avait appliqué ces effets. Donc je me suis dit « ouais, d’accord, ça fonctionne sur certaines parties. » Et puis c’était seulement lorsque j’ai eu le livret de l’album que j’ai vu que c’était marqué V.X.S., je n’avais aucune idée de qui c’était. J’ai découvert plus tard que c’était quelques gars avec qui Abaddon travaillait. Il a fait des trucs solo, comme « Holy Man » qui s’est retrouvé sur le premier album d’Abaddon, et d’autres qui se sont retrouvés sur Cast In Stone avec eux. Mais nous ne nous sommes jamais posés pour dire « oui, il nous faut un claviériste. » Je n’ai jamais pensé que nous en avions besoin. Je croyais que ce n’était que des effets sonores que nous ajoutions. Donc, en ce qui concerne Mantas et moi, nous n’avons jamais eu de claviériste [petits rires].

Vous avez travaillé avec le producteur Kevin Ridley sur les trois albums, mais tu as dit que tu n’étais pas très satisfait de la production. Du coup, pourquoi avoir continué de travailler avec lui durant tout ce temps ?

Kevin, qui est ensuite devenu le guitariste et chanteur de Skyclad après Martin Walkyer, a été recruté par Abaddon et Eric Cook pour être leur ingénieur studio. Kevin est un brillant ingénieur et un bon producteur mais il est venu avec nous au studio résidentiel lorsque nous avons enregistré Prime Evil, et c’était Nick Tauber, qui a fait « Whisky In The Jar » [de Thin Lizzy] et avait produit Calm Before The Storm, ainsi que son ingénieur Barry Clempson, qui est un brillant ingénieur, qui était en charge de cet album. Mais je pense que Kevin et Abaddon ont trouvé que Nick Tauber n’apportait pas grand-chose à la production de l’album, et que Kevin pouvait faire la même chose pour moins cher, et qu’ils pouvaient le faire dans leur propre studio, aux Lynx Studios à Newcastle, plutôt que d’aller dans un studio résidentiel très cher. C’était donc une question d’argent, j’imagine, au bout du compte ; ils préféraient garder l’argent plutôt que de le dépenser. Mais il a été immédiatement évident pour moi sur Temples Of Ice qu’ils ne pouvaient pas faire ce que Nick a fait. Donc quoi qu’ils pensaient de ce que Nick Tauber et Barry Clemson ont fait, ils avaient tort, car eux avaient produit un album qui sonnait ample, lourd et chaleureux, alors que Temples Of Ice n’était rien de tout ça, il sonne maigre, petit, avec beaucoup d’aigus, il n’a pas la même chaleur ou la même profondeur. Donc pour moi, ce n’était pas le bon son et je suis convaincu que nous avons fait une erreur en faisant ce choix. Il est possible que Kevin l’ai aussi ressenti. Car lorsque nous avons fait The Waste Lands, cet album était un peu plus chaud, un peu plus épais, il a une production légèrement meilleure, mais encore une fois, il n’a pas le même impact que les enregistrements que nous avons fait pour Prime Evil. Donc je pense que nous aurions dû nous rendre compte que ceci fonctionnait et rester sur cette formule pour produire la même qualité.

Mais tu sais, avec le recul, ça fait partie de ces choses étonnantes : tu peux écouter Welcome To Hell, et ce n’est pas comparable à la production de Black Metal, et d’un autre côté, tu ne peux pas non plus comparer la production de Black Metal à celle d’At War With Satan, ou At War With Satan à Possessed, ou « Bloodlust » et « Die Hard », ou « Die Hard » et « Manitou », ou « Manitou » et « The Seven Gates Of Hell »… Venom aborde les choses comme elles viennent, donc je suppose que ces albums étaient plus en phase avec l’approche de Venom à l’époque. Je veux dire que, en considérant le fait que Calm Before The Storm et Prime Evil ont été faits par le même producteur, ce sont deux albums totalement différents, non seulement avec les chansons et qui joue dessus, évidemment, mais aussi dans la production, les deux ne sont pas comparables, pourtant ça reste le même producteur. Donc j’imagine que ça dépend du niveau d’influence que le groupe exerce sur le producteur et de liberté qu’il lui donne pour faire son travail. J’étais là juste à côté quand il mixait et masterisait Prime Evil, je pouvais voir ce qu’il faisait, alors que je n’étais pas là quand ils ont fait les deux autres albums, donc je n’ai aucune idée de ce qu’ils faisaient. On m’a juste donné le résultat final, qui à ce stade ne pouvait pas être changé.

« J’ai lu des choses comme quoi j’aurais quitté le groupe pour lui permettre de revenir, […] c’était de la propagande utilisée par Conrad […]. Tout est faux, évidemment. C’est comme tout, si les gens veulent se promouvoir, ils le font en essayant de monter sur les épaules d’un autre. »

Quelles étaient les circonstances de ton départ de Venom en 1992 ? Apparemment, ce serait lié à Music For Nations qui aurait refusé de sortir d’autres albums de Venom par manque de succès…

C’est marrant, j’ai aussi lu ça et c’était de la propagande utilisée par Conrad pour son retour, expliquant le « pourquoi » et toutes ces conneries. Tout est faux, évidemment. C’est comme tout, si les gens veulent se promouvoir, ils le font en essayant de monter sur les épaules d’un autre. En gros, ce qui s’est passé, c’est que nous avons bien commencé, ensuite nous sommes partis en tournée des clubs après Prime Evil et l’EP Tear Your Soul Apart. Les tournées ont eu du succès mais ensuite, lorsque nous arrivions à Temples Of Ice, il ne semblait pas que nous allions tourner à nouveau pour cet album. Après, je ne sais pas ce qui se passait avec notre management mais il y avait plein de choses que nous aurions dû faire mais que nous ne faisions pas, et pendant ce temps, de l’eau coulait sous les ponts. Comme je l’ai dit, Mantas et moi n’étions pas très contents de la production et des pochettes de Temples Of Ice et The Waste Lands. Après ça, il y a eu un autre album que nous avons fait qui s’appelait Kissing The Beast, qui contenait deux nouvelles chansons mais aussi tout un tas de trucs de Venom réenregistrés pour la Russie. Et ensuite, apparemment il y a eu tous ces masters sur bande qui ont disparus… Il se passait plein de choses qui nous faisaient dire « mais qu’est-ce qu’il se passe ? » Mais en dehors de ça, je pense aussi que la synergie de composition entre Mantas et moi était un peu perdue, mais pas de manière intentionnelle, juste à cause de raisons pratiques, nous ne pouvions plus faire ce que nous avons fait avant. Donc je suppose que nous en sommes restés là.

Nous avions la possibilité de faire d’autres albums, des labels étaient intéressés et si Music For Nations n’avait pas posé une option, nous aurions pu aller ailleurs et assurément produire plus d’albums. Mais Mantas travaillait, donc il ne pouvait pas passer beaucoup de temps dessus. Abaddon avait un studio et voulait faire du management de tournée. Et moi j’ai eu cette opportunité de déménager à Londres pour un très bon boulot et suivre ma partenaire qui voulait s’y installer. Nous ne nous sommes pas engueulés, genre « espèce de gros connard ! », avec des gens qui balancent des chaises contre les murs, rien de tout ça. Simplement, nous nous sommes dits : « Bon, on arrive naturellement à la fin du contrat avec Music For Nations, on pourrait essayer de faire d’autres démos et sortir un autre album, ou essayer de discuter de la logistique des trois prochains albums, ou bien on peut juste apprécier ce qu’on a fait et passer à autre chose. » Donc nous avons décidé : « D’accord, vaquons chacun à nos occupations. » Donc je suis parti à Londres, Abaddon a continué avec son studio et Mantas avec son travail.

Conrad a été en Amérique pour faire son truc solo, il avait un visa de seulement six mois, il a expiré, sa percée en Amérique n’a pas marché, donc il est revenu. C’était une chose naturelle à faire pour l’argent. Si tous les trois pouvaient se réunir, faire un album et mettre en place un show, ils pourraient se fait un paquet de fric. C’est donc ce qu’ils ont fait. Mais nous n’avons pas fait exprès d’arrêter, il n’y avait pas de grand… Tu sais, j’ai lu des choses comme quoi j’aurais quitté le groupe pour lui permettre de revenir, ou parce que je n’étais là que pour combler le vide jusqu’à son retour, ou que le label ne voulait plus de nous. Mais ce ne sont que des légendes, rien de tout ça n’est vrai. C’était vraiment sans histoire, et c’est sans doute la raison pour laquelle les gens en inventent à la place, mais c’était juste « ok, c’est fini. »

En plus de tout ça, à cette époque, en 92, le grunge était énorme, il balayait tout en Europe et en Angleterre, la brit pop en Angleterre était monstrueuse, donc Blur, Oasis et un million de groupes de ce genre dominaient le marché. Le metal ne vendait plus, les gens sur lesquels on comptait, la génération qui émergeait, n’en achetait plus. Il a fallu attendre le milieu des années 90, je suppose, pour que Pantera soit lancé en Amérique, et ça a démarré une nouvelle vague, et bien sûr les Scandinaves ont explosé avec la scène black metal, qui une fois de plus était un mouvement contestataire qui a créé un second genre, une seconde explosion, et le metal a fait son retour à la fin des années 90 et au début des années 2000. Il est possible que nous prenions aussi ça en compte en 92. Dans les faits, nous avons mené Venom jusqu’à un nouveau genre de scène et là, c’était le moment de se poser pendant quelques temps.

Tu as mentionné plus tôt que vous avez essayé de ressortir ces trois albums mais que ça a été bloqué. Est-ce que ça signifie que vous n’avez vraiment aucun droit sur ces enregistrements ?

Non parce que, le truc, c’est que les droits des enregistrements, ce n’est pas la même chose que les compositions elles-mêmes… Car nous pourrions quoi qu’il arrive les réenregistrer et alors les avoir. En fait, ce sont les masters qui étaient détenus par Music For Nations, et Music For Nations a été racheté par Sanctuary. Sanctuary était en train de racheter tous les indépendants et récupérer le catalogue avec l’idée de juste sortir des compilations. Sanctuary a ensuite été récupéré par Universal. Universal possédait une filiale, Spinefarm, qui a signé Cronos. Donc ils avaient les masters. Ils n’étaient tout simplement pas disposés à les céder, à quelque moment que ce soit. Donc nous ne sommes pas parvenus à mettre la main dessus. Ce sont les masters originaux, nous devrions pouvoir obtenir une licence, mais ils ne veulent pas non plus nous en accorder une. Donc ils les laissent dormir dans un placard. Maintenant qu’ils ont été rachetés par Sony Records, c’est Sony qui les a, mais encore une fois, ils refusent de les sortir. Ils ont fait un coffret, qui devait être un grand recueil historique sur toute la période, mais parce que Cronos était impliqué à écrire des notes dans le livret, il n’y a aucune mention de moi, et il a voulu qu’aucun de ces enregistrements n’y apparaissent. Il est signé chez eux en tant qu’artiste, donc ils lui ont accordé ça et ils les ont retirés. Voilà ce qu’il se passe. Nous ne pouvons pas récupérer les enregistrements. Si nous pouvions, nous les sortirions, mais il semblerait que ce soit impossible.

Interview réalisée par téléphone les 20 et 26 juillet 2017 par Nicolas Gricourt.
Retranscription et traduction : Nicolas Gricourt.

Site officiel de Venom Inc. : www.venom-inc.com.



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  • excellente interview , comme la première du 1e Août. Prime Evil marque le retour en grâce de Venom malgré l’absence de Cronos. Tony Dolan était un choix judicieux pour le remplacer.
    Encore une fois , Avé est sans doute le meilleur album de Venom période Dolan.

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