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Interview   

Vinnie Paul : Hellyeah à Sang pour Sang


Après trois albums avec Hellyeah – le quatrième débarquant la semaine prochaine -, le légendaire batteur Vinnie Paul est définitivement de retour sur ses rails. Le groupe avance d’un pas déterminé et assuré, avec une cadence qui ne failli pas, pas même ébranlé, vu de l’extérieur, par les tumultes qui ont mené aux départs du guitariste Greg Tribbett et du bassiste Bob « Zilla ». Vinnie Paul ne veut pas entendre parler d’une reformation de Pantera. Vinnie Paul regarde l’horizon pour construire un nouvel héritage avec Hellyeah.

Dans l’entretien qui suit il nous parle donc de son nouvel album Blood For Blood, « le meilleur putain d’album que nous ayons jamais fait », d’après lui, et des derniers changements dans le line-up du groupe. Mais plus généralement il nous parle aussi de l’état d’esprit qui les animent, de leurs motivations, leurs objectifs, de son histoire. Cet entretien a été également l’occasion de revenir sur les vingt ans de Far Beyond Driven, peut-être l’album le plus musclé de Pantera, pour ceux qui auraient loupé notre dossier sur le sujet. Et également de l’autre passion de Vinnie Paul, la cuisine – dont il nous parle les yeux pétillants et la salive aux lèvres – qui lui offre de beaux moments de partage.

« Je ne vais pas me reposer sur mes lauriers. Si tu vis dans le passé, tu n’as pas de futur. »

Radio Metal : Il a été annoncé que Greg Tribbett et Bob “Zilla” ont tous les deux quitté le groupe. Mais il n’y a pas eu davantage d’explication. Que s’est-il passé, en fait, et quel line-up a joué sur le nouvel album ?

Vinnie Paul (batterie) : Ça s’est en fait passé avant que nous commencions à faire l’album. Bob et Greg font tous les deux partie de la famille Hellyeah et ça a toujours été le cas, mais les deux ont eu de sérieux problèmes personnels dans lesquels je ne rentrerai pas, mais ils sont devenus une source d’éparpillement pour le reste du groupe, au point que nous savions que nous ne pourrions pas faire cet album avec eux. Nous nous sommes donc séparés d’eux et moi, Tom [Maxwell] et Chad [Gray] avons écrit cet album, enregistré cet album et réalisé cet album et c’est devenu le meilleur putain d’album que nous ayons jamais fait. Nous avons vraiment dû unir nos forces et, évidemment, le fait d’avoir notre producteur Kevin [Churko] y prendre part, était énorme. Et depuis, nous avons accueilli Kyle Sanders de Bloodsimple pour qu’il soit notre bassiste. C’est un de nos amis et nous le connaissons depuis de nombreuses années, un bassiste génial, un chouette type et un bon vieux gars sudiste d’Atlanta en Géorgie. Et ensuite, nous allons prendre un guitariste pour la tournée, qui sera sur la route avec nous et qui pourrait devenir au bout du compte un membre permanent. Nous ne faisons pas d’annonce au sujet de qui il s’agit, mais il y aura clairement un autre guitariste pour complémenter Tom. Tom a fait un boulot merveilleux sur cet album avec toutes les guitares et toutes les parties de guitare, je suis vraiment très fier de lui, il a vraiment relevé le défi.

Comment Kyle a en fait été recruté ? L’a-t-il été juste parce que c’est un de vos amis ?

Ouais, nous ne voulions pas rentrer dans le truc de l’audition ou du recrutement, nous savions qu’il nous fallait quelqu’un qui était un frangin, qui collerait parfaitement, et Kyle était vraiment le seul gars qui venait à l’esprit et lorsque nous l’avons appelé pour la première fois, il était là : « Mec, je suis ton homme, je veux le faire ! » Il n’y avait donc pas à réfléchir, c’était très simple pour nous de faire ce choix. Nous avons tourné une vidéo ensemble, il colle parfaitement, il a un super look, il sonne super bien, et nous sommes excités à l’idée de travailler ensemble, tu sais. Parfois, pour que la fraternité prenne de la force, il faut se débarrasser de certaines choses qui te pèses. Le fait d’avoir ce sang neuf et cette nouvelle énergie dans le groupe, en plus de cet album qui est putain de génial, ce sera vraiment excitant de tourner cette année.

Quel était l’état d’esprit du groupe pour ce quatrième disque ? Y avait-il quelque chose en particulier que vous avez essayé d’accomplir ?

Je trouve qu’avec le dernier album nous avons été plus proche de capturer l’essence de Hellyeah, mais pas complètement. C’est proche, c’était un retour à nos racines metal, un retour d’où nous venions, et je pense qu’avec cet album nous avons vraiment capturé l’essence de Hellyeah. Il a vraiment la dynamique et la diversité que nous recherchions, mais tout en étant extrêmement heavy en même temps, et les meilleurs chansons que nous ayons jamais écrit. Nous avons vraiment le sentiment qu’en tant que compositeurs et musiciens nous avons grandi ensemble, et le fait d’avoir Kevin avec nous a vraiment, en quelque sorte, aidé à tout raccorder et faire en sorte que ce soit homogène.

Le nouvel album s’appelle Blood For Blood mais le nom de la chanson éponyme a été traduite en espagnol, « Sangre Por Sangre ». Quel est la symbolique de ce titre et du fait de l’avoir traduit en espagnol ?

Eh bien, je trouve simplement que la traduction est une manière sympa de communiquer dans une langue différente avec d’autres gens. Il n’y a pas vraiment de signification derrière ça, c’est juste une manière différente de l’exprimer, tu sais. Mais le concept de base derrière les chansons est qu’il y a tant de choses dans ce monde aujourd’hui que les gens n’ont pas à payer le prix pour ce qu’ils font. Il y a des gens qui sont des meurtriers et ils sortent de prison deux ans plus tard, tu sais, ce n’est pas juste. Avant, c’était oeil pour oeil, dent pour dent et du sang pour du sang. C’est vraiment tout ce qu’il y a derrière ces chansons : revenir à ça. Si nous étions de retours en ces temps, on réfléchirait à deux fois avant de faire certaines des choses qu’on fait, et c’est ce qui maintenait le niveau des hommes à l’époque, mais malheureusement, ce n’est plus comme ça.

En dehors d’être un producteur, Kevin Churko est aussi un compositeur et, par exemple, il a écrit tous les riffs sur le dernier album d’Ozzy Osbourne. A-t-il donc pris également part à l’écriture de Blood For Blood ?

Nous lui avons amené douze chansons à partir desquelles moi et Tom avions fait des demos, et il nous a dit que c’était les meilleures démos qu’il a jamais entendu de sa vie. Il a l’habitude que les groupes lui amènent deux ou trois chansons, espérant qu’il écrive le reste pour eux, tu sais. Il était très excité à l’idée de travailler avec nous. Ces chansons sont restées plus ou moins les mêmes. Il nous a clairement aidé avec certains arrangements et transitions et aussi a assembler le tout mais pour ce qui est de la composition des chansons, non. Nous les avons écrites. Chad a écrit les paroles, Kevin était là et il était une super source d’idées pour Chad, il a vraiment poussé Chad a donné le meilleur de lui-même… Il a fait ce qu’un excellent producteur doit faire : amener le groupe exactement là où il cherche à aller. C’était donc génial de travailler avec lui et son apport était incroyablement super mais, en même temps, c’étaient nos chansons, nous les avons écrites.

« Avoir été au top du rock avec Pantera est une énorme source d’inspiration pour essayer de retrouver ça avec ce groupe. »

Ceci est déjà le quatrième album de Hellyeah, ce qui en fait un groupe très productif. Est-ce important pour toi de ne pas te reposer sur tes lauriers et retrouver la productivité et la régularité que, en l’occurrence, tu avais avec Pantera ?

Je ne vais pas me reposer sur mes lauriers. Si tu vis dans le passé, tu n’as pas de futur. Ce serais vraiment facile pour moi de dire : « Ouais, nous ferons une reformation de Pantera et nous la ferons avec Zakk [Wylde] et nous récolterons des millions de dollars… » Je ne veux pas faire ça. Je suis vraiment focalisé sur ce groupe, je suis à fond dans ce qui se passe avec ce groupe et lorsque les gens parlent de « reformation », il ne peut y avoir de reformation sans Dimebag, point barre. Ça n’existe même pas dans mon esprit. Avoir été au top du rock avec Pantera est une énorme source d’inspiration pour essayer de retrouver ça avec ce groupe. C’est plus difficile aujourd’hui, en tout point la scène est plus difficile là dehors, mais je pense que nous avons posé les bases, nous avançons, ceci est le meilleur album que nous ayons fait à ce jour et je suis impatient de partir en tournée sans temps mort pendant deux ans et ensuite nous verrons où tout ça nous mène. Mais il n’y a rien de ce que j’étais dans Pantera ou Chad était dans Mudvayne, tu sais, ça n’existe pas pour nous, nous sommes fixés sur Hellyeah et nous allons de l’avant.

Et à ce sujet, comme tu l’as dit, Chad Gray est aussi le chanteur du groupe Mudvayne mais sa formation est en pause presque depuis que le premier album de Hellyeah a vu le jour. Est-ce que vous vous êtes imposés d’arrêter toute activité extérieure au groupe pour vous concentrer sur Hellyeah ?

Personne n’a imposé ça à quiconque. Tout le monde a simplement décidé que ceci serait notre centre d’attention et que c’est là-dedans que nous voulons nous donner. Chad, je pense que tu devras lui demander, mais je crois qu’il a senti qu’il avait grosso modo donné tout ce qu’il avait pu avec Mudvayne, le groupe a en quelque sorte fini sa course et terminé ce qu’il y avait à terminer. Il s’est concentré [sur Hellyeah] et était à fond dès le début. Lorsque ça a commencé, c’était une super façon pour nous d’échapper à Pantera, Mudvayne et tout ça, et faire des chansons comme “Acohaulin’ Ass” et “Cowboy Way” et des trucs comme ça qui n’auraient jamais marché avec Pantera ou Mudvayne. C’est tellement varié, ces chansons sont presque de la country et du blues, et ensuite il y a des chansons calmes et des chansons rock. Une fois que nous avions évacué ça de notre système avec les deux premiers albums, avec Band Of Brothers nous voulions revenir à nos racines metal et faire un album de metal. Voilà pourquoi il est sans aucun doute l’album le plus heavy que nous ayons fait, et ensuite, celui-ci est juste une évolution naturelle. Il a le même feeling, sauf qu’il va plus en profondeur d’un point de vue de la composition.

Hellyeah semble être très discret pour tout ce qui sort du contexte musical en tant que tel, à la différence de l’époque avec Pantera qui récoltait souvent des histoires dans la presse. Est-ce que cette discrétion est quelque chose que vous essayez d’entretenir avec le groupe ?

Je ne sais pas. Je ne compare même pas les deux car c’est tellement différent. Les dynamiques des personnalités sont totalement différentes. Moi et mon frère pensons exactement pareil. Lorsque j’étais dans Pantera, j’étais le gars qui s’occupait du business et lui était le gros fêtard, mais à nous deux, nous faisions tout ce qu’il y avait à faire. Ce sont deux bêtes différentes, vraiment. Pantera est un héritage intouchable et le sera toujours, et je travaille pour en construire un nouveau avec ça.

Cette année marque les 20 ans de l’album Far Beyond Driven. C’est sans doute le plus brutal des albums de Pantera. Où aviez vous été chercher toute cette colère et toute cette brutalité à l’époque ?

Eh bien, nous avons fait cet album assez incroyable appelé Vulgar Display Of Power, il représentait une montagne déjà très haute, et lorsque nous avons terminé de tourner pour cet album, nous savions que la seule chose que nous pouvions faire pour faire plaisir aux fans, c’était de bâtir une montagne encore plus haute. C’était beaucoup de travail. Nous avons trouvé le titre, Far Beyond Driven, avant même de commencer et nous nous sommes tous poussés à un autre niveau, à de totales extrémités sur tous les tableaux. Après le succès de Vulgar et tous les concerts que nous avons donnés, les gens pensaient que nous allions nous diriger dans une direction plus commerciale, peut-être faire quelque chose dans le genre Black Album, comme Metallica l’a fait – c’est un super album mais c’était un sacré écart par rapport à ce qu’ils avaient fait par le passé. Mais nous, nous voulions prendre la direction opposée, nous voulions faire un album pour nos putain de fans, nous ne nous inquiétions pas de savoir si la maison de disques allait vendre dix millions d’albums. Nous voulions simplement faire l’album le plus brutal et ‘dans ta face’ que nous pouvions pour les concerts. Et c’était le premier véritable album de heavy metal a démarrer numéro un dans le classement du Billboard, c’était énorme. C’était 312 dates de concerts en une année, ce qui représente presque une année entière à être sur les routes et à jouer face aux fans les plus enragés du monde. C’était une époque extraordinaire.

« C’est important d’avoir du succès et c’est ce que nous voulons faire. C’est ma vie et je suis heureux, mais j’en veux plus, j’en voudrais toujours plus. »

L’album a atteint la première place dans de nombreux classement, aurais-tu imaginé qu’un album aussi brutal aurait pu atteindre un tel succès ?

Je pense que nous nous attendions à être dans le top 5 mais pour un groupe qui ne passait pas à la radio, ni sur MTV, sans couverture médiatique mainstream, atteindre la première place, c’était un hommage à nos fans. Ils sont sortis pour acheter 200 000 exemplaires dès la première semaine et on mis K.O. Bonnie Raitt, Ace Of Base, tous ces gros groupes pop qu’il y avait à l’époque. Et Billboard débarque en disant : « Pantera, un succès du jour au lendemain ». Et nous : « Conneries, mec ! » Nous avons joué dans tous les putains d’endroits à la surface de cette planète pendant les quatre dernières années, nous avons bâti la plus démentielle des fan-bases du monde, et c’est comme ça que nous avons classé un album numéro un, pas grâce à votre magazine, ou la télé, ou la radio, mais grâce aux fans. Les fans ont parlé. C’était un accomplissement monumental.

Dans le livret il est possible de lire une note de Phil Anselmo au nom du groupe pour expliquer la présence de la reprise de « Planet Caravan ». Pourquoi aviez vous ressenti le besoin d’inclure cette note ? Pensiez-vous vraiment que cette chanson aurait pu pousser les gens à péter un câble contre vous ?

En fait, nous avons enregistré cette chanson pour une compilation intitulée Nativity In Black et c’était en réalité la première chanson que nous avons enregistrée pour Far Beyond Driven. Parce que nous savions que nous allions la faire, nous ne voulions pas être distraits en plein milieu par cette chanson douce. Nous l’avons donc faite en premier pour sortir ça de notre système. Et ensuite, les deux maisons de disques, notre maison de disque et le label qui sortait Nativity In Black, n’ont pas pu se mettre d’accord, alors la chanson s’est retrouvée sur la touche. Nous nous disions : « Mec, ça craint ! », car ce choix avait été très réfléchi, nous voulions faire une reprise d’une chanson de Black Sabbath que personne n’aurait jamais rêvé de reprendre. Encore aujourd’hui les gens pensent que c’est une putain de chanson de Pantera ! Je veux dire que tant de personnes ne se rendent pas compte que ce n’est qu’une obscure chanson de Black Sabbath. Je ne trouvais pas que mettre une note dans le livret était nécessaire, mais c’était quelque chose que Phil trouvait qu’il était bon de faire, du point de vue de l’intégrité, car peut-être que des gens se seraient imaginés, dans la mesure ou c’était la dernière chanson, qu’elle représentait une nouvelle direction que nous souhaitions prendre à l’avenir. C’est juste le genre de truc qui dit : « Hey, si tout ce qui t’intéresse c’est de botter des culs et te défoncer le crâne contre le mur, eh bien, ne l’écoute pas ! Mais si après avoir écouté tout cet enchaînement de musiques putain de brutales, tu es prêt à te détendre, fumer un joint, alors c’est cool aussi ! » Je pense que c’était vraiment ça le but.

Cet album est également connu des fans pour sa pochette d’origine. Quelle est son histoire ?

C’est très simple, je veux dire, le label avait embauché ce gars dénommé Dean Karr, qui est connu pour ses illustrations et photographies extrêmes, pour faire l’album. Et il nous a ramené son bouquin contenant une partie des travaux qu’il avait déjà réalisé. Nous le parcourions et à la minute où nous avons vu ça, nous avons dit : « C’est ça la putain d’illustration de l’album, mec ! Metal up your ass, c’est exactement ce que ça dit ! » Je veux dire, se faire baiser par une foreuse, c’est putain de sérieux ! Le label a trouvé ça cool, ils ont dit : « Ouais, c’est putain d’excellent. Ça colle bien avec la musique, une musique parmi les plus extrêmes au monde, etc. » Et à peu près deux ou trois jours plus tard, ils sont revenus vers nous et ont dit : « Nous ne pouvons pas utiliser cette illustration, ça ne fonctionnera pas. » Nous avons répondu : « Comment ça ? Vous l’avez déjà validé ! C’est fait, c’est l’illustration de l’album ! » Et ils étaient là : « Nan, on ne peut pas mettre ça chez Wallmart ou dans tous les grands revendeurs, on ne peut rien faire avec ça… » On était pas mal remontés à cause ça. Ce n’était pas un moment joyeux lorsque c’est arrivé. Et ils ont alors dit : « Rappelons Dean et voyons s’il peut trouver autre chose. » Dean a donc réalisé ce crâne avec la foreuse qui s’enfonce dedans et lorsque nous l’avons vu nous nous sommes dits : « Tu sais quoi ? Ça représente toujours exactement ce dont nous parlons. La foreuse dans le crâne c’est tout aussi bien que la foreuse dans les fesses ! [Rires] Du moment qu’on nous laisse utiliser l’illustration alternative, pour la mettre sur le vinyle et quelques autres trucs, nous sommes d’accord pour changer ça contre l’illustration bleue de la foreuse dans la tête. »

Il ne fait aucun doute sur le fait que Hellyeah est désormais véritablement ton chez-toi et que tu investis énormément dans ce groupe. Mais crois-tu qu’il sera possible d’atteindre le même niveau de succès que vous aviez atteints avec Pantera ? Crois-tu que Hellyeah a le même potentiel ?

Si tu ne te mets pas des objectifs élevés, tu n’iras nulle part. Ouais, j’adore jouer dans des clubs, j’adore jouer dans des théâtres et de plus petites salles qui ont une atmosphère plus intime, mais rien ne vaut le fait de jouer à Donington ou dans des stades ou être la tête d’affiche lorsqu’il y a 50 000 personnes qui sont là pour te voir. C’est donc important d’avoir du succès et c’est ce que nous voulons faire. C’est ma vie et je suis heureux, mais j’en veux plus, j’en voudrais toujours plus.

Je sais qu’avant de rejoindre Hellyeah tu n’étais pas sûr de revenir faire de la musique. Qu’est-ce qui t’a donc convaincu dans Hellyeah à rester dans le business de la musique ?

Eh bien, c’est quelque chose qui n’est pas tellement dissocié de la chose horrible qui est arrivé à mon frère. Et mon premier pas de retour dans le business de la musique a été de monter ma propre maison de disque et de sortir cet album intitulé Rebel Meets Rebel que moi et mon frère avons fait avec cette légende de la country qu’est David Allan Coe. Et ensuite, mes bons amis Johnny (Kelly) et Kenny (Hickey) de Type O Negative m’ont demandé de produire Seventh Void. Je ne sais pas si ça te parle, mais je crois que c’est l’un des albums les plus cool dans lesquels j’ai été impliqué. J’adore cet album, c’est tellement putain de heavy, tellement sombre. C’est comme la rencontre de Type O Negative et de Soundgarden. C’est vraiment cool, donc si tu n’as jamais posé une oreille dessus, écoute Seventh Void. Et ensuite, à peu près à cette époque, c’est là où les gars de Hellyeah ont commencé à m’appeler pour me demander de rejoindre le groupe. J’étais là : « Eh, je ne sais pas si je suis prêt à faire cette merde ou pas. Je suis tout juste en train de me relever. Merci d’avoir pensé à moi. » Et le jour suivant ils m’ont rappelé, et le jour suivant encore disant : « Allez mec, qu’est-ce que tu en penses ? » Et ensuite, après à peu près dix appels, une nuit je buvais du vin rouge – ce que je ne fais pas normalement, habituellement je bois de la vodka -, j’avais une bouteille de vin rouge et Kiss tournait en musique de fond et je me disais : « Ces enfoirés sont encore en train de m’appeler. » J’ai pris le téléphone et j’ai commencé à parler. Spontanément, j’ai dit : « Tu sais quoi ? Je ne vais jamais savoir si je suis capable de faire ça à nouveau ou pas à moins d’essayer. Aller, montez dans un avion et venez au Texas et nous verrons ce qui se passe. » Donc à peu près deux semaines plus tard, ils ont tous volé jusqu’au Texas et nous nous sommes rencontrés, nous avons fait un barbecue, avons commencé à boire et avons découvert que nous avions beaucoup en commun. Le jour suivant nous étions au studio à enregistrer. C’était comme magique. On avait le sentiment que c’était la bonne chose à faire. J’avais l’impression que Dime était juste là avec moi à me pousser, disant : « Vas-y frangin, tu dois faire ça, tu dois faire ça ! » Il y avait une sacrée alchimie et c’est ainsi que ça a commencé. Lorsque tu as le sentiment que c’est ce qu’il faut faire, tu ne te retournes pas pour poser des questions, tu le fais, c’est tout.

Comment ta relation avec les autres membres du groupe a évolué ?

De toute évidence, Chad, c’est mon chanteur préféré, tu sais, et je l’ai vu traverser un paquet de choses dans sa vie personnelle depuis que nous sommes ensemble en tant que groupe. J’ai vu la force qu’il a et ce qu’il faut pour le ressaisir. La même chose pour Tom. Malheureusement j’en ai vu l’autre face avec Bob et Greg, les regardant aller à leur perte, nous amenant au final à ne plus être dans un groupe ensemble. Je leur souhaite le meilleur, j’espère que tout fonctionne pour eux, mais ceci est Blood For Blood, ceci est Hellyeah, ceci est la nouvelle version. Bienvenue à Kyle Sander et avançons.

« Il n’y a rien de mieux que de mettre un sourire sur le visage de quelqu’un en lui cuisinant un plat spécial ou quelque chose de vraiment bon. »

Sur un autre sujet, tu as un livre de cuisine…

Ouais ! Mon livre de cuisine, je n’en ai pas encore terminé avec mais je suis content que tu en ai entendu parlé ! « Drummin’ Up In Appetite With Vinnie Paul » !

Peux-tu nous dire comment t’es venu cette passion pour la cuisine et comment tu en es venu à cette idée de livre de cuisine ?

L’idée est venue d’une photo de moi assis derrière ma batterie, je tiens deux pattes de dindes qu’on appelle des « drumsticks » (ndt : baguettes de batterie). J’aime m’amuser, il y a beaucoup de second degré dans ma personnalité. Mais la cuisine est une passion que j’ai eu toute ma vie, en dehors de jouer de la batterie. Lorsque j’étais petit, ma maman m’a appris à cuisiner. Elle a toujours cuisiné pour mon papa. Et lorsqu’ils se sont séparés, ma maman travaillait la journée et je cuisinais toujours pour mon frère Dime. Je veux dire que je faisais des œufs brouillés, des sandwiches ou peu importe… C’est ainsi que tout a commencé et à partir de là ça a évolué. Beaucoup de gens pensent qu’ils peuvent cuisiner simplement en jetant quelque chose dans le micro-ondes et c’est tout. C’est tellement plus que ça et il n’y a rien de mieux que de mettre un sourire sur le visage de quelqu’un en lui cuisinant un plat spécial ou quelque chose de vraiment bon. J’aime simplement vraiment faire ça. Nous faisons des barbecues et cuisinons tout le temps sur la route. Pendant le Gigantour, les mecs n’en revenaient pas. J’achetais 7 ou 800 dollars de produits et j’étais là, à trimer sur le grill après que nous ayons joué notre concert. Zakk (Wylde) et Dave (Mustaine), et tout le monde ont fini de manger et ils sont là : « Nom de Dieu ! C’est la meilleure putain de nourriture ! » Et ça me fait juste : « Wow ! Tu vois, c’est ce qui fait que tout ça vaut le coup. » C’est donc quelque chose qui me branche, et ça a toujours été le cas.

Je sais qu’il n’est pas facile de trouver de la bonne nourriture sur la route…

On essaie de bien manger sur la route. Je veux dire que le McDonalds n’est pas bon pour toi, mais de temps en temps c’est tout ce que tu as, et de temps en temps c’est de la pizza. Mais, tu sais, dès que je peux cuisiner pour les gars, si nous sommes quelque part où il fait froid, j’envoie juste une casserole de chili et je le cuisine dans le bus. Ça sent si bon, les gens arrivent, ils deviennent de bonne humeur. Ils n’ont pas les vieux sandwiches rassis de la cantine ou les trucs de ce genre, ou genre le McDonalds ou les pizzas. Ou s’il fait beau, je suis dehors sur le grill a faire des fajitas ou une sorte de steak, et ils sont là : « Wow, mec, c’est excellent ! » C’est donc un peu comme pouvoir amener ton chez toi avec toi sur la route.

Quelle est ta nourriture préférée et quelle serait ta spécialité en tant que cuisinier ?

Ma spécialité serait probablement la nourriture mexicaine. Je fais des fajitas, les tacos les plus costauds que tu as jamais mangé, tout type de poissons mexicains différents et des trucs dans le genre. Probablement que ma nourriture préférée à manger, mais que je ne cuisine pas beaucoup, serait la nourriture thaï. J’adore les trucs épicés, et ça va un peu avec la nourriture mexicaine. Si tu penses à la nourriture mexicaine traditionnelle, un taco c’est une tortilla avec de la viande dedans et c’est tout, ils ne mettent rien d’autre dedans. Si tu viens chez moi pour manger un taco, c’est du tex mex et ce sont des tortillas avec de la viande, avec du fromage, avec de la laitue, des tomates, des oignons, du piment jalapeño, de la crème et par dessus tout ça de la sauce piquante ! Et lorsque tu croques dans ce vilain garçon, ça c’est un putain de taco ! Tu peux vraiment pousser ça dans les extrêmes. C’est ce que j’aime à propos de la nourriture thaï, ils ne lésinent pas sur le piquant. Ces piments qu’ils utilisent c’est du sérieux, et puis le lait de noix de coco… Ce sont des saveurs tellement différentes de tout, c’est assez spécial.

As-tu déjà pensé à ouvrir ton restaurant ?

J’y ai pensé, mais c’est difficile à maintenir au standard que l’on souhaite imposer à moins d’y être présent. Si tu y réfléchis, j’ouvre un endroit dénommé le Barbecue Grill de Vinnie Paul et lorsque je pars en tournée, j’ai quelques gosses de dix-huit ans qui y travaillent et n’en n’ont rien à foutre, il sont juste là pour travailler, et lorsque quelqu’un vient acheter quelque chose, ils seront là : « Mec, ce putain de barbecue craint. Ce putain de resto de Vinnie Paul est à chier ! » Et j’ai été au restaurant de Michael Jordan, tu sais, le joueur de Basketball, en fait c’était deux de ses restaurants, et j’ai trouvé que c’était deux des pires expériences culinaires que j’ai jamais vécu ! Donc, si tu veux mettre ton nom sur quelque chose et vraiment lui faire honneur, je crois que tu dois toujours être là pour le superviser. Je me suis plus ou moins tenu à l’écart de ça. Ceci dit, j’aimerais le faire un jour, mais pas tant que je pars sur les routes pour faire des tournées…

Après la retraite ?

Ouais, mais je n’ai pas l’intention de prendre ma retraite, donc je ne vois pas comment ça pourrait arriver ! [Rires]

Interview réalisée le 4 mars 2014 par Chloé
Retranscription : Chloé et Spaceman
Fiche de questions, traduction et introduction : Spaceman

Site Internet de Hellyeah : Hellyeahband.com

Album Blood For Blood, sortie le 9 juin 2014 chez Eleven Seven Music.



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  • J’adore ce mec! J’aimerai bien partager un barbuc avec lui! C’est clair pantera c’était bien mais sans dimebag c’est pas possible. Donc arrêtons de remuer le couteau dans la plaie! tournons la page et vive hellyeahhh!

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  • moi ca me va, arrêter de l,emmerder avec la reformation de pantera ;c’est fini, on passe a autre chose. et, ce groupe se bonifie de plus en plus album après album.

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  • DiamondDude dit :

    J’écoute leur skud là et c’est vrai que ça déboite sa race !

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