ENVOYEZ VOS INFOS :

CONTACT [at] RADIOMETAL [dot] FR

Interview   

Visions Of Atlantis erre, mais pas sans but


Si The Deep & The Dark était né après plusieurs années de remise en question, d’attente et de frustration, il a permis à Visions Of Atlantis de trouver un nouveau souffle créatif, renouant avec ses débuts et l’amour pour le metal symphonique de la vieille école. Une démarche qui a été validée et encouragée par son public.

Pas étonnant donc que Wanderers sorte si vite après son prédécesseur, soit à peine un an et demi plus tard. Wanderers ne raconte donc pas l’histoire d’artistes qui errent et se perdent, mais au contraire d’un groupe sûr de lui pour qui le voyage est un prétexte à l’exploration musicale et à l’introspection.

La chanteuse Clémentine Delauney, à qui l’assurance gagnée durant le cycle précédent a permis d’asseoir un style vocal diversifié et de relever de nouveaux challenges, se raconte à travers ses textes et nous en parle dans cette interview.

« Ça nous a intéressés d’aller flirter avec des choses plus rock, des choses plus pop, et parfois des choses beaucoup plus épiques, pour essayer de redéfinir le genre du metal symphonique. Nous nous sommes rendu compte que c’était un genre très codifié, limité. Dès qu’il y avait des accords différents, les gens te taxent d’être progressif, dès que c’est un peu trop basé sur la mélodie, tu fais de la pop… »

Radio Metal : Ce nouvel album sort à peine un an après le précédent, The Deep & The Dark, ce qui contrebalance avec les quatre ans qu’il vous avait fallu pour sortir ce même album, du fait des petits soucis de line-up que vous aviez eus. Etait-ce important pour vous de relancer la machine et de tout de suite ressortir un album derrière ?

Clémentine Delauney (chant) : Oui. Il y a un peu moins d’un an et demi entre les deux puisqu’il est sorti en février 2018. C’est vrai que nous avons été assez frustrés, après toutes ces années où nous n’étions pas arrivés à finaliser les morceaux de The Deep & The Dark et le temps que ça a pris pour le sortir. Nous n’avions pas du tout envie de revivre ça. Quand nous nous sommes rendu compte qu’il y avait un répondant, que les gens avaient aimé cet album, que nous avions réussi à tourner plusieurs fois avec, en ouvrant pour des groupes comme Kamelot, en parant à l’étranger, en faisant des festivals de plus en plus conséquents : nous nous sommes dit qu’il fallait absolument rester dans cette dynamique, et nous avons commencé à travailler sur l’album suivant très vite après la sortie de The Deep & The Dark. Comme nous avons gardé la même équipe, le même producteur, même malgré l’arrivée de Michele [Guaitoli], nous avons globalement gardé la même méthode de travail, et comme ce n’était pas la première fois, et que la méthode était en place, c’est allé beaucoup plus vite, et c’est aussi une des raisons pour lesquelles nous avons plus de morceaux que sur l’album précédent. Nous avions envie de garder le dynamisme. Être capables de sortir des choses de manière régulière, je pense que c’est très important pour les groupes aujourd’hui. Nous n’avons pas encore la capacité de tourner pendant deux ans avec le même album. C’est vrai que pour nous, il faut encore garder le rythme, et surtout donner le signal comme quoi nous sommes de retour, The Deep & The Dark n’est pas un coup d’essai, Visions Of Altantis est bien revenu dans la scène du metal symphonique.

Est-ce que pendant cette période de frustration qui a précédé The Deep & The Dark il y a des débuts de morceaux qui ont été écrits et qui ont fini par se retrouver sur ce nouvel album-là, Wanderers ?

Pas du tout. Aucun « déchet » de The Deep & The Dark n’a été réutilisé. L’album Wanderers a été écrit assez rapidement. Moi, j’ai amené un morceau complet, Michele aussi. Mais non, ça a juste été un seul flot de créativité sur plusieurs mois, mais qui ne datait pas du tout de l’époque de The Deep & The Dark.

Comment vous êtes-vous sentis au moment de commencer à composer Wanderers ? Dirais-tu qu’il y avait une sorte d’enthousiasme et de frénésie de composition qui vous a poussés en avant suite à la sortie de The Deep & The Dark ?

Ouais ! Nous savions aussi que le délai était court, qu’il ne fallait pas que nous fassions le suivant trop tard. Il y avait un peu de pression, mais positive ! Nous nous sommes dit : « Il faut y aller, il faut composer ! » Il fallait essayer de garder la qualité, ne pas se répéter… Il y avait quand même de la réflexion derrière, mais bien sûr une motivation énorme de se dire : « Ça mord à l’hameçon, il ne faut rien lâcher ! » [Rires]. Déjà, ça nous plaisait, nous étions ravis de The Deep & The Dark, et le fait de sentir que ça plait aussi aux autres, c’était une satisfaction énorme. Donc nous nous sommes dit qu’il fallait continuer, qu’il fallait aller plus loin, et surtout ne pas nous reposer sur nos lauriers, toujours nous lancer des challenges. Il y a aussi le plaisir de se dire : « OK, ça, ça a fonctionné. Maintenant, où va-t-on à partir de là ? » Il ne faut jamais se dire : « On refait la même chose », même si c’est avec les mêmes personnes, dans le même contexte. Du coup, il y a cette excitation de se dire qu’il faut se réinventer, qu’il faut aller plus loin que ce qui a été fait là, pour toujours garder une progression. C’est très stimulant. Mais dans tous le processus créatif, il y a des phases, des moments d’exaltation, quand on propose quelque chose et qu’on trouve LA mélodie qui va parfaitement – pour nous – sur tel passage, c’est indescriptible ! Mais par contre, ça va aussi avec de grandes périodes de doute. Par exemple, après une session d’écriture, où on peut se dire : « Ça, je ne sais pas si ça fonctionne, il y a quelque chose qui n’est pas exprimé… » C’est très riche en émotions, tout le long.

Par rapport aux retours du public sur l’album précédent, c’est vrai que The Deep & The Dark revenait vraiment à l’essence du metal symphonique, avec un côté old-school, sans guitare sous-accordées, pas d’arrangement symphonique dans tous les sens, pas de growl, etc. Comment dirais-tu que le public a ressenti cet aspect-là ?

[Réfléchit] C’est difficile de juger. Il y a des gens qui ont trouvé que la production était un peu faible, parce qu’ils sont trop habitués aux surproductions d’aujourd’hui. Ça, je le comprends tout à fait. Nous, c’était une direction artistique que nous avions choisie, parce que c’était une façon pour nous de marquer les origines du groupe. Visions va avoir vingt ans, et ce metal symphonique-là, le groupe le faisait à l’époque. Les deux premiers albums, c’était complètement ça. Je pense que pour nous, quand le line-up a complètement changé après 2013, et qu’il a fallu presque repartir de zéro, il y a eu une envie de retour aux sources, et je crois que les fans du groupe l’ont compris. Parce que c’est ce qu’ils ont ressenti à l’écoute de The Deep & The Dark. Ils ont retrouvé quelque part une marque de fabrique de Visions Of Atlantis qu’ils avaient peut-être perdue avec les albums d’après. Ça, ils l’ont franchement compris. Après, cet album-là est sorti à un moment donné, dans un certain état d’esprit. Il y a des gens qui ne connaissaient pas le groupe du tout, et qui n’ont peut-être pas compris pourquoi nous faisions un truc aussi old-school. Mais à la rigueur, les points de vue des gens extérieurs, si on les prend tous en compte, on ne fait plus rien, parce que tout le monde se contredit dans tous les cas. Il y a des gens qui vont dire que c’est génial, et d’autres qui vont dire que c’est de la merde, très honnêtement ! [Rires] Donc nous faisons notre chemin, ceux qui veulent rejoindre notre navire sont complètement les bienvenus, mais nous ne faisons pas en fonction des retours et des critiques que nous avons.

« Une bonne chanson, de base, elle sonne sur une guitare acoustique à partir du moment où la mélodie, la base rythmique et harmonique derrière, fonctionne. Si ça ne marche pas sur un arrangement aussi simple, c’est que la chanson ne marche pas tout court. À partir de là, quand tu as la mélodie et la base harmonique, on peut faire de ces deux choses n’importe quel genre de morceau. Ça peut devenir du jazz, ça peut devenir du brutal death, presque, si on veut… C’est une question d’arrangement. »

Par rapport à la tendance actuelle du metal symphonique, et même du metal en général, qui est donc très axée sur la lourdeur des riffs et sur des productions assez massives, finalement, cet album-là était assez à contre-courant. Avez-vous eu l’impression de faire un acte militant et de lancer un pavé dans la mare en faisant The Deep & The Dark ?

Ce qui nous importe, c’est surtout de faire quelque chose qui nous ressemble et qui soit sincère pour nous. Oui, il y a des tendances dans le metal, des fois il y a des genres qui sont remis au goût du jour, qui ont le vent en poupe, alors que d’autres, pas du tout. Et dans le metal symphonique, effectivement, avec les moyens du bord, les groupes qui sont un peu plus en avant et qui ont une renommée plus grande ont les moyens aussi de faire des productions qui dépassent les nôtres, et de loin. Nous, nous n’avons jamais voulu faire comme les autres. Nous voulons faire notre musique et faire notre chemin. Nous voulions aussi faire avec les moyens que nous avions pour cet album-là. Nous revenions de nulle part, il faut aussi se remettre dans notre contexte à nous. Nous avions les moyens que nous avions pour faire la musique qui nous ressemblait à ce moment-là. Après, encore une fois, nous ne faisons pas les choses par rapport aux autres.

Quel était le challenge sur ce nouvel album, Wanderers ?

D’aller plus loin, comme je le disais tout à l’heure. De nous dire : « OK, nous revenons de The Deep & The Dark, et maintenant, où va-t-on ? Dans quelle direction amenons-nous le groupe ? » Notre volonté était de nous dire : « De toute façon, ça ce sont nos racines, nous n’allons pas nous écarter de ce que nous faisons. Nous allons continuer dans cette voie. » Par contre, ça nous a intéressés d’aller flirter avec des choses plus rock, des choses plus pop, et parfois des choses beaucoup plus épiques que The Deep & The Dark, pour essayer de redéfinir le genre du metal symphonique. Nous nous sommes rendu compte que c’était un genre très codifié, limité. Dès qu’il y avait des accords différents, les gens te taxent d’être progressif, dès que c’est un peu trop basé sur la mélodie, tu fais de la pop… Alors qu’un groupe de metal symphonique peut très bien avoir des morceaux un peu différents, ou empreints d’autres influences, et ça permet d’ouvrir le genre. Nous avons aussi eu envie d’explorer des chemins un peu divers, comme sur le titre « Nothing Lasts Forever », qui est une ballade mid-tempo, une chose que nous n’avions pas du tout faite sur The Deep & The Dark. Ça nous plaît énormément d’explorer ces voies-là aussi, d’être toujours créatifs, et de nous redéfinir nous-mêmes en tant que groupe, surtout d’un point de vue musical, de ne pas continuer à nous répéter, de continuer à ramener quelque chose de frais dans l’approche de notre musique.

Ce qui est assez marquant quand on écoute l’album, c’est que les mélodies sont très en avant, mais comme tu le disais, à aucun moment ça fait vraiment pop. Comment faites-vous en tant qu’artistes pour trouver cet équilibre-là, c’est-à-dire d’axer la composition sur la mélodie, sans pour autant tomber dans la pop ?

Je pense que ce qui fait vraiment la différence, ce sont les arrangements. Une bonne chanson, de base, elle sonne sur une guitare acoustique à partir du moment où la mélodie, la base rythmique et harmonique derrière, fonctionne. Si ça ne marche pas sur un arrangement aussi simple, c’est que la chanson ne marche pas tout court. À partir de là, quand tu as la mélodie et la base harmonique, on peut faire de ces deux choses n’importe quel genre de morceau. Ça peut devenir du jazz, ça peut devenir du brutal death, presque, si on veut… C’est une question d’arrangement. Nous, nos arrangements restent metal, la batterie est très présente, il y a de la guitare rythmique derrière dans tous les cas, même si c’est vrai que la musique de Visions Of Atlantis n’est pas orientée sur les riffs, ça n’empêche qu’il y en a quand même. Et puis il y a tout le côté symphonique, avec les orchestrations, les solos de guitare au milieu, qui font que l’on reste dans l’univers du metal, même si la mélodie est notre élément de prédilection, celui auquel nous avons accordé le plus d’importance.

Lorsqu’on t’avait eue en interview l’an dernier, tu disais que dans ta carrière, on t’avait au départ demandé de faire énormément de choses différentes par rapport à ta voix, et que quand tu étais arrivée dans Visions et qu’on t’avait donné beaucoup plus de liberté, ça avait été presque déstabilisant pour toi, dans la mesure où tu arrivais beaucoup à singer différents types de voix. Ainsi tu te sentais presque perdue au départ quand on t’a dit : « Fais ce que tu veux. » Du coup, avec The Deep & The Dark, tu avais appris à lâcher prise. Avec ce nouvel album, te sens-tu encore plus à l’aise avec cette liberté que tu as ?

Oui, parce que notre musique et ma façon de l’approcher, et le fait aussi que nous ayons un autre chanteur, nous permettent d’énormément diversifier les couleurs vocales. En fait, au début, je pensais qu’il fallait se définir : soit on ne fait que du chant classique, soit on ne fait que du chant en voix de poitrine, soit on ne fait que de la voix mixte comme Epica… Et moi, comme je savais globalement un peu me placer partout, j’avais du mal à n’en choisir qu’une, parce qu’aucune toute seule ne me représente. Du coup, avec Visions, j’ai compris, j’ai accepté qu’en fait, je suis versatile et c’est ce que je suis vocalement. Du coup, j’en joue d’autant plus aujourd’hui, et je vais même plus loin. J’ai eu des challenges vocaux sur Wanderers que je n’ai pas eus sur l’album précédent, en allant beaucoup plus haut dans certaines voix mixtes, et j’ai trouvé ça génial d’avoir de nouveaux challenges, de continuer à repousser mes propres limites, et puis surtout à toujours apporter de la richesse et de la diversité sur l’interprétation par ma capacité à chanter dans des registres différents. Cela fait qu’à mon avis on ne s’ennuie pas à l’écoute de l’album. S’il y a un timbre qui plaît moins qu’un autre, il n’est pas omniprésent, et surtout, ça me permet de m’adapter exactement à l’émotion que j’ai envie de faire passer à ce moment-là, selon le morceau, selon la mélodie… Avec notre producteur, nous avons beaucoup travaillé là-dessus. Il y a des phrases que j’ai faites en plein de voix différentes, il me disait : « Là, il faut que ce soit plus épique ; là, il faut que ce soit plus sincère, plus épuré, c’est telle ou telle voix qui fonctionne… » Je suis contente de pouvoir jouer avec autant de cordes différentes.

« Avec Visions, j’ai compris, j’ai accepté qu’en fait, je suis versatile et c’est ce que je suis vocalement. Du coup, j’en joue d’autant plus aujourd’hui, et je vais même plus loin. »

L’album s’appelle Wanderers. « To wander » signifie, errer, flâner, vagabonder, et vous avez clairement mis le paquet en termes d’imagerie sur ce côté voyage, puisque l’album joue sur ce champ lexical-là. Il y a aussi la séance photo à la péninsule de Quiberon. Et puis il y a ce dossier de presse, fourni avec l’album, qui commence par une citation de Tolkien : « Tous ceux qui errent ne sont pas perdus. » Dirais-tu que cet album est pour vous une ode, pas seulement au fait de voyager, mais aussi au fait d’aimer un peu se perdre dans les endroits dans lesquels on va ?

Oui. Ce n’est pas un concept-album, mais il y a effectivement un fil rouge qui relie tous les morceaux entre eux, c’est l’idée de partir à la découverte, mais à la découverte de soi, c’est très introspectif. Quand nous parlons de partir en voyage, il y a une double lecture à faire. Depuis The Deep & The Dark, quelque chose que j’aime bien faire, c’est d’utiliser les métaphores du voyage et des océans pour en fait parler de soi. Et nous, ce que nous voudrions faire avec cet album, c’est de pousser les gens à partir à la découverte de ce qu’ils sont, d’oublier les codes, les normes, les standards de la société, tous les déterminismes de la vie et découvrir ce qui nous fait vibrer, ce pour quoi on est fait, ce qui nous rend heureux, pour pouvoir être heureux et faire les bons choix. C’est pour ça que nous avons une imagerie très positive et très claire. La pochette de Wanderers est beaucoup plus lumineuse que The Deep & The Dark. Nous voulons parler philosophie et spiritualité, et c’est ce que ça retranscrit.

À quel point ce thème-là est-il lié à votre propre réflexion personnelle et introspective que vous avez pu avoir, vous-mêmes, les membres du groupe, ou toi-même personnellement ?

C’est moi qui écris toutes les paroles, globalement. Je suis incapable d’écrire autre chose que ce qui me concerne, me touche au moment donné où je l’écris. Toutes les chansons sont aussi reliées entre elles, parce qu’inconsciemment, c’est le chemin que je suis en train de faire en ce moment, ma propre évolution spirituelle, mon propre voyage. Tous les mots que je dis, je me les dis à moi-même, au fond. C’est très personnel d’écrire toutes ces paroles, je me sens très connectée à cet album. Mais je ne suis pas la seule dans le groupe. Thomas Caser, le batteur, traverse aussi une période de remise en question, pour savoir ce qu’il veut vraiment faire dans sa vie, pour s’auto-définir en fait, et être capable de dire : « Moi, je suis ça, j’aime ça, je veux faire ça. » Ça touche pas mal de monde autour de nous aussi, peut-être qu’il y a une vague de réveils, à se rendre compte qu’on passe parfois à côté de sa vie, à ne pas se poser les bonnes questions… Tout cet album parle de ça, parce que c’est aussi ce que nous vivons à titre personnel, ce n’est pas du tout réfléchi de manière froide, c’est complètement ressenti et sincère.

Y a-t-il eu à un moment un travail particulier sur la musique elle-même, pas seulement sur les textes, pour lui donner cette dimension introspective ou pour qu’elle pousse elle-même à l’introspection, au-delà des mots ?

[Réfléchit] Non, parce que nous partons de la musique, et quand j’écris les paroles, la double lecture s’impose, mais il y a aussi un sens premier. Par exemple, pour la chanson « The Siren & The Sailor », quand nous avons finalisé la structure, nous avions envie, vu la gamme que nous avions utilisée, de nous servir d’instruments orientaux, qui donnent une touche très exotique. Avec les mélodies que nous avions et les différentes voix que nous pouvions utiliser, j’ai très vite imaginé deux personnages, un marin et une sirène qui lui parle de séduction, d’illusion, de danger, et ça pourrait être pris au pied de la lettre, parce que la musique m’inspirait une histoire de ce genre-là. Par contre, l’axe de lecture, c’est que l’on est tous victimes de tentations et de chemins de traverse qui nous attirent, et nous éloignent de ce que l’on est et de ce que l’on veut vraiment faire dans la vie, parfois. Ça rejoint complètement l’idée du thème du voyage introspectif. Chacun va, au bout d’un moment, faire sa propre interprétation des morceaux, mais nous partons de la musique pour avoir l’émotion principale, puis le texte. Je me rends compte qu’il y a une cohérence entre la musique et les paroles, et après il y a une double lecture qui se met en place, et qui est un peu inconsciente. Je trouve les métaphores très inspirantes, et plus intéressantes que si je disais les choses d’une manière trop directe, surtout quand on parle d’introspection.

L’album commence par le titre « Release My Symphony », qui est le morceau le plus long de l’album. C’est un choix plutôt inhabituel. Est-ce que l’idée, en mettant ce morceau au départ, était de tout de suite mettre l’auditeur dans le bain de cette ambiance très épique ?

Oui, complètement. Pour nous, c’est un morceau qui faisait vraiment le lien avec l’album précédent, et ça nous permettait de nous dire qu’on plonge tout de suite l’auditeur dans un univers riche, et on l’emmène sur des chemins un peu différents, du fait qu’il soit si long, parce qu’il y a vraiment une plage au milieu beaucoup plus aérienne, beaucoup plus aérée, chose que nous n’avions jamais trop faite dans les albums précédents. Nous avons voulu marquer la rupture et la continuité ! [Rires] Je pense que c’était aussi une façon de mettre en valeur ce morceau que nous adorons, en le mettant en premier.

Traditionnellement, ce genre de morceau se met à la fin d’un album, et quand l’auditeur y arrive, son cerveau a déjà pas mal travaillé sur le reste de l’album. Penses-tu qu’en ayant mis ce morceau au début, ça permet à l’auditeur qui n’est pas encore trop épuisé intellectuellement, et donc pleinement disponible, de mieux en profiter ?

Oui, sûrement. Après, aujourd’hui, selon le cas, les gens n’écoutent plus les albums en entier, ils choisissent quelques morceaux dans l’album, avec le streaming notamment. On n’est plus obligé de commencer par le premier morceau lorsque l’on écoute quelque chose. On ne se pose pas non plus un million de questions sur l’ordre des morceaux. Mais celui-ci, oui, par le fait qu’il soit aussi unique et aussi dense, nous avons voulu le mettre en premier pour qu’il ne passe pas inaperçu, et pour que les gens l’écoutent vraiment.

Interview réalisée par téléphone le 13 août 2018 par Philippe Sliwa.
Retranscription : Robin Collas.

Page Facebook officielle de Visions Of Atlantis : www.facebook.com/visionsofatlantisofficial.

Acheter l’album Wanderers.



Laisser un commentaire

  • Arrow
    Arrow
    Tool @ Hellfest
    Slider
  • 1/3