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Live Report   

VNV Nation : Au-delà du temps et de l’espace


Rien qu’en passant devant la Laiterie, on pouvait savoir qui jouait ce soir-là… Strasbourg est (très) proche de la frontière allemande, et, cela ne fait aucun doute : il y a de l’EBM dans l’air. Noirs, harnachés de vinyle, piercés et tatoués, Rangers pour les uns, talons pour les autres : pas de compromis. Ce soir, ce sont deux pointures de l’EBM européenne qui délivreront la bonne parole à cette audience multiculturelle : VNV Nation et Destroid.

Destroid est un des projets divers et variés de Daniel Myer ; qui n’est autre que le responsable de Haujobb et désormais membre résident de Covenant. Aidé de Sebastian Ullmann aux machines et, traditionnellement, d’Achim Färber à la batterie (absent ce soir car en tournée avec Project Pitchfork), fort de deux albums de remarquable qualité, Daniel Myer nous propose un show vivant avec des compos tantôt brutales et écorchées, tantôt romantiques et très lounge. Il marque son œuvre avec classe et précision. L’ensemble est d’excellente facture et convient parfaitement à introduire les Grands-Bretons de VNV Nation.

Artistes : VNV NationDestroid
Date : 26 janvier 2012
Lieu : Strasbourg
Salle : La Laiterie

Destroid

Il est un instant où le public retient son souffle : 22h01, la lumière s’évanouit. Un grésillement, un compte-à-rebours qui apparaît sur les panneaux lumineux en fond de scène, une intro reconnaissable entre mille… C’est là la marque de fabrique de VNV Nation, qui, douze ans après son premier passage ici, revient à Strasbourg conquérir son public avec un nouvel album, Automatic, qui balance sévère. À la fin de « On Air », Ronan Harris et Mark Jackson, secondés par deux claviéristes, arrivent triomphalement sur scène ; non pas pour mener un combat, comme beaucoup d’artistes, mais bien pour transmettre de l’énergie à la foule et recevoir une sacrée dose d’émotions.

Ronan Harris (VNV Nation) : un frontman investi.

Les choses sérieuses commencent : « Chrome » ouvre le bal, impeccable, imparable. Ronan Harris court de gauche à droite sans arrêt et harangue le public. Il communique avec la salle, fidèle à son habitude, et entame son long travail de frontman investi : ce soir, il nous fera bouger. Suivent « Space And Time », extrait d’Automatic, et « Tomorrow Never Comes », deux hits monumentaux qui mettent la barre très haut. Le public est on ne peut plus réceptif et demandeur : ça danse, ça chante, ça plaisante avec Harris.

La portée romantique des morceaux de VNV est un élément important de leurs compos. La dansante mais ô combien sublime « Darkangel » et « Illusion » marquent un tournant dans le set : la machine à émotions est lancée. Et Ronan Harris, habité par ces morceaux, commence un travail scénique impressionnant. Il suffit de constater les regards transportés des fans féminines sur « Illusion »…

Mark Jackson (VNV Nation)

Le mouvement revient bien vite : « Standing », « Gratitude » et la rude « Honour 2003 » ouvrent le bal de la seconde partie du set ; l’artillerie est en marche. Mark Jackson maltraite sa batterie électronique avec régularité et sauvagerie. Ronan, quant à lui, continue à jouer avec son public, posant des questions, répondant avec humour aux fans qui fredonnent (mais très faux) le refrain de « Perpetual »… Il a la banane, ce garçon. Il aime son public et s’étonne toujours autant qu’il connaisse par cœur bon nombre de chansons. On le sens réellement touché et cela donne envie d’en montrer plus. « Nemesis », « Legion » et « Epicentre » participeront donc logiquement à transformer cette joie collective en quasi hystérie.

C’est un fait : il faudrait être complètement dénué d’émotions pour ne pas bouger lors d’un tel show. « Resolution » est une chanson à l’enthousiasme communicatif : « Raise your hands up high », qu’il dit le monsieur. Le public suit. Un mot sur le public, composé à presque 60% d’Allemands. La moyenne d’âge est somme toute élevée (entre 30 et 40 ans en moyenne), mais ça envoie le pâté ! On bouge, on saute, on chante (enfin…). Avant tout, on respecte, et ça… c’est déjà une partie du boulot de fait pour l’écurie VNV. Pour cette fin de set, « Control » arrive à point nommé. Le gros hit d’Automatic électrise le public, qui se retrouve quasi orphelin à la fin du morceau !

VNV Nation : une musique composée par des humains, construite par des machines.

Mais patience… Les rappels sont là pour faire durer le plaisir ! Moments de communion avec « Further », « Sentinel » ou « Nova » ; ou moments de furie avec « Beloved » et « Perpetual »… choisissez votre camp. Une chose est sûre : quand votre public chante avec vous le refrain d’une chanson, a capella, pendant dix minutes, il y a de quoi être ému… Et on peut lire dans les yeux d’Harris et Jackson que cette émotion est présente et bien réelle.

Un groupe qui joue avec ses tripes et qui donne tout, c’est exactement ce que l’on cherche tous en concert, non ? Alors n’ayez pas peur, chers lecteurs et auditeurs de Radio Metal. Ce n’est pas parce que ces gars n’ont pas de guitares, les cheveux longs et du faux sang sur les lèvres qu’ils ne peuvent pas donner des frissons à une salle entière. Parfois, c’est juste l’émotion qui guide l’esprit, au-delà du temps et de l’espace.

Jackson et Harris (VNV Nation) : avoir un bon copain, voilà ce qu’il y a de meilleur au monde…

Setlist de VNV Nation :

On Air
Chrome
Space And Time
Tomorrow Never Comes
Darkangel (Gabriel)
Illusion
Standing
Gratitude
Honour 2003
Nemesis
Legion
Epicentre
Resolution
Control

1er Rappel :
Further
Sentinel

2ème Rappel :
Beloved
Nova
Perpetual

Radio Metal remercie Anne-Sophie.

Photos : Le Duc.



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