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Interview   

VOLBEAT : ENTRETIEN AVEC THOMAS BRENDAHL


Radio Metal : D’où vous est venue l’inspiration de l’histoire de Guitar Gangsters & Cadillac Blood ?

Thomas Brendahl (guitare) : Il faut un nom pour un album, donc nous avons réfléchi à comment nous allions l’appeler. Le précédent avait des slash. Nous voulions avoir un long titre, un nom qui donne déjà une idée de la couleur de l’album. Nous étions en train d’écouter le groupe Social Distortion et à un certain moment le chanteur dit : Je suis un gangster de la guitare sans une mélodie. Nous avions tilté sur l’expression « Guitar Gangster », ça sonnait plutôt bien. Nous sommes fans de cette façon de vivre à l’américaine, les vieux films etc. Les gangsters sont partout dans le monde et ils ne ressemblent probablement pas à celui de la pochette mais c’est l’image que donnent les films. Mais nous n’aimons pas trop l’idée de ne pas être dans le ton parce que c’est la chose la plus stupide qu’on puisse faire. Le chanteur de Social Distortion, Bruce Springsteen ou encore Rancid peuvent chanter faux et faire sonner leurs chansons quand même. Donc nous avions quelque chose avec « Guitar Gangster », on s’est soudainement acheminé vers « Cadillac Blood ». « Cadillac Blood » ou Cadillac quelque chose. Cadillac est bien parce qu’une fois de plus on retrouve Elvis, les années 50, 60, le style de vie américain . Si on doit trouver une image qui définit cette période en Amérique, ça pourrait être une Cadillac. Et Elvis est connu pour être un admirateur, presque un fanatique, des Cadillac. Et puis Blood est venu, et ça sonne toujours bien dans le metal ! Imagine une cadillac rouge sang, ça serait comme…

Radio Metal : Du rouge sur du blanc…

Oui…ou rose ! Donc nous avions le titre et on se demandait à quoi la pochette pouvait ressembler. Bien sûr il faut des cadillac et des gangsters, peut-être une guitare et garder les tons de couleurs de la pochette précédente. Nous avions quelques idées là-dessus et puis l’histoire a commencé à se révéler au fur et à mesure qu’on y pensait et qu’on en parlait. Le résultat est là quand on ouvre la pochette, il y a ce groupe qui est prêt à jouer dans ce petit bar… C’est comme quand on écrit une chanson, il y a les idées de départ qui surgissent dans votre tête et on peut les faire évoluer et parfois dans une direction que l’on ne soupçonne pas à la base.

Comment avez vous décidé de diviser l’histoire en plusieurs parties ?

C’est comme lorsqu’on lit un livre ou on regarde un film. Parfois c’est très bien qu’il y ait une fin définitive, « ok lui c’est le meurtrier et voilà ! » Mais parfois il est bon d’avoir une ouverture, ça ressemble à une fin mais c’est toujours ouvert. On a déjà fait ça avant avec le premier album, il y a deux chansons reliées, puis l’histoire continue sur le second album. Pareil sur « Mary Ann’s Place » et sur celui-ci. Sur le dernier album, il y a 7 chansons connectées. Nos titres durent 3 à 4 minutes donc c’est difficile de raconter une histoire entière, parfois on ne ressent pas le besoin d’avoir une fin et ainsi de continuer sur une autre chanson. En fait on peut être inspiré par ses propres compositions : « ah tiens ça c’est une bonne idée, travaillons dessus et revenons sur ça ». Comme par exemple ce qui arrive aux parents de Lucy […] puis sur « Mary Ann’s Place » on termine par la visite de son tombeau. Tu vois, ça commence à tourner dans votre tête. C’est pourquoi je pense que puisque nous avons écrit 7 titres liés les uns aux autres, ça peut amener sur une suite. Cependant d’autres idées nous sont venues, sans doute après que la bio ait été rédigée, et peut-être qu’on ne va pas continuer l’histoire sur un album mais sous une forme écrite, pas dans un livre mais sur notre page internet ou celle de quelqu’un d’autre. Certains disent que ça ferait une bonne idée de film et pourquoi pas ? Mais, je ne sais pas comment réaliser un film…

Peut-être avec le clip déjà réalisé puis avec d’autres liés ensemble…

Oui, c’est plus dans l’idée de là où on aimerait aller. Peut-être que nous n’aurons qu’un titre en continuité avec cette histoire sur le prochain album, peut-être un album entier, peut-être 5 chansons…

Disons que vous en aurez d’autres, est-ce que tu ne penses pas que vous pourriez faire un concert uniquement avec les titres sur cette histoire ?

Si on continue sur cette lancée, pourquoi pas, ça pourrait être marrant.



(Thomas) : « Faire un concert uniquement avec les titres sur cette histoire ? Si on continue sur cette lancée, pourquoi pas, ça pourrait être marrant. »

Qui a dessiné la pochette ?

C’est un gars qui s’appelle Kars, un artiste, il n’a pas fait nos deux précédentes pochettes.

Vous vouliez travailler avec lui ?

Je crois qu’il bosse sur des t-shirts ou quelque chose comme ça, c’était assez naturel d’essayer de travailler avec lui. Qu’importe ce qu’on veut faire, enregistrer un album, faire un t-shirt, c’est important de trouver des gens qui comprennent vos idées et qui savent être créatifs. Nous savons jouer de la musique et écrire des chansons mais je ne sais pas dessiner, je ne pourrais même pas dessiner un homme qui ressemble à un homme ou une voiture ou autre.

Votre succès est grandissant. Toi, en tant que musicien, qu’est-ce que tu trouves de changé dans le business de la musique ou de la façon dont tu vois le succès ?

C’est difficile. Le business est un milieu difficile mais ce qui a changé en bien c’est que nous sommes désormais capables de mener notre barque. Lorsqu’on commence un groupe on doit trouver un label, demander si on peut jouer dans tel club, maintenant on peut choisir qui on veut, on peut dire qu’on veut aller là ou de pas aller là. Bien sûr on peut dire qu’on aimerait jouer avec Metallica ou Iron Maiden, mais en tout cas, on s’en approche. Lorsque nous avons fait notre tournée européenne, on a pu choisir qui on voulait comme groupe de première partie. A certains moments de votre carrière, il faut être un support band, payer beaucoup d’argent pour être en tournée, puis on arrive à un niveau où on peut être co-headliner mais on ne décide pas. Nous sommes assez chanceux pour éviter cette étape puisque nous avons directement enchaîné avec une tournée en tête d’affiche. Maintenant on peut même demander à des groupes vraiment bons de venir, pas des gros groupes. Motorhead rirait probablement si on les appelait et qu’on leur demandait de jouer pour nous ! On peut vraiment faire venir des groupes qu’on a envie de soutenir surtout au Danemark et en Suède où ça marche plutôt bien pour nous. Au Danemark quand on a joué 4 semaines, on a pu choisir 4 groupes différents, des vieux amis, des gens qui bossent dur mais qui n’ont jamais eu autant de succès, on peut leur dire de venir, de jouer devant 1000 personnes, et d’être payés pour ça, c’est plutôt sympa. Nous sommes toujours des musiciens mais ce qui a changé c’est qu’on s’est développé, on a plus de pouvoir que lorsqu’on a commencé, c’est une bonne chose.

Quelle va être la prochaine étape alors ?

En terme de succès ?! (rires) On vient juste de sortir cet album, on verra. Nous sommes plutôt contents de voir que les gens aiment notre album, veulent l’acheter. Les critiques sont bonnes, les gens viennent sur notre myspace et disent qu’ils l’aiment. La prochaine étape est simplement de vendre des billets pour la prochaine tournée en octobre, et en novembre/décembre pour la tournée au Danemark, Norvège et Suède. Depuis un an et demi presque tous mes rêves d’adolescent se sont réalisés. Je n’ai plus besoin de travailler pour vivre. Je peux être assis un lundi à Paris à répondre à des interviews, même s’il y en a beaucoup…C’est toujours mieux que de conduire un bus ou de travailler dans je ne sais quel fast-food. Nous avons pu faire notre propre tournée en tête d’affiche, jouer dans de bons festivals, rencontrer Metallica et Megadeth, dire bonjour à James Hetfield, les remercier de nous avoir laissé jouer avec eux. Lars nous a même remerciés de les avoir laissé jouer avec nous ! Tout ce genre de rêves s’est réalisé donc maintenant je souhaite que ça perdure. Nous pouvons en vivre, nous pouvons continuer à tourner parce que ça peut facilement retomber. Si ça augmente tant mieux, si ça reste au même niveau, je serai satisfait.

Est-ce la raison pour laquelle il n’y a pas beaucoup d’écart entre chaque album ou c’est un rythme naturel pour Volbeat ?

Je pense que c’est naturel. On a vraiment bossé, on a beaucoup tourné, on a composé pendant que nous étions en tournée dans les hôtels, les backstages, les chambres, les toilettes, dans le bus ou au soundcheck et naturellement on s’est dit qu’on avait un album et qu’il fallait qu’on s’arrête un peu de jouer parce qu’on a besoin de temps, une fois qu’on est à la maison, pour se concentrer sur ce processus. Et puis on a décidé de décaler le studio de quelques mois parce qu’en fait on a eu besoin de quelques mois de plus pour écrire. Le timing était parfait, les chansons étaient prêtes, nous avions le temps d’aller en studio juste avant que les festivals ne commencent alors on l’a enregistré puis nous avons joué dans les festivals pendant 4 mois et nous voilà en train de sortir ce nouvel album.

Ce n’est pas trop rapide ?

Ca peut sembler rapide, mais je ne pense pas que ça l’est, c’est parfait. Ce n’est pas trop exagéré, ce n’est pas comme ces groupes qui sortent un album trop vite, c’est dur de garder le rythme. Lorsque Metallica a sorti le Black Album, ils ont tourné pendant 3 ans, après ça tu peux avoir besoin d’un an ou deux avant d’être prêt pour l’écriture d’un nouvel album. Certains groupes font ça, ils écrivent un album, font une tournée et reviennent chez eux puis prennent des vacances pendant un ou deux ans avant d’avoir envie de réécrire. Pour notre part, nous sommes plutôt chanceux, nous sommes contents d’être capable de faire ce qu’on fait, nous aimons faire de la musique. Donnez moi 3 jours, voire une semaine de vacances, ok, nous n’avons pas besoin de regarder, avachis, des films pendant 6 mois avant de nous remettre au travail.

Il n’y a pas de plan spécifique ? Vous jouez de la musique quand vous le sentez et puis vous verrez bien ?

Bien sûr, il faut travailler, avoir des idées, on entend des chansons à la radio, on achète un nouvel album, on se dit que ce qu’on a entendu est une bonne idée, qu’on pourrait essayer quelque chose comme ça, mais à l’heure actuelle, nous n’avons pas conçu de plan pour le prochain album. Nous avons enregistré celui-ci en avril, et nous avons commencé à écrire quelque chose comme il y a un an donc ce n’est plus nouveau pour nous. On connaît bien presque tous les titres depuis un moment. Finalement c’est assez naturel pour nous de garder une idée qu’on a trouvée en tournée ; et puis pour l’instant c’est difficile à dire, ça dépend aussi beaucoup du succès de cet album. S’il y a quelque chose aux US, on devra probablement aller là-bas et sortir l’album là-bas.

Vous sentez-vous seul sur la scène danoise ? Vous avez un style assez original…

Il n’y a pas 10 ou même 5 groupes comme Volbeat. Ce n’est pas comme le son danois. Mais on ne se sent pas vraiment seul, on vient de la scène metal qui est plutôt bonne en ce moment. Vous avez des groupes comme Hatesphere, Mercenary, Raunchy et j’en oublie sûrement… Illdisposed, DAD qui n’est pas vraiment metal, c’est plus rock et qui est là depuis quelques années aussi. Ils viennent de sortir leur nouvel album. Il y a pas mal de groupes plus jeunes qui sortent leur nouvel album. Nous ne sommes que 5 millions et demi et il n’y a qu’une « grande » ville donc si tu vas en concerts, les autres y seront aussi. On jouera sans doute un concert ou un festival ensemble donc on ne se sent pas vraiment seul. Et c’est d’autant plus vrai que maintenant qu’on a un plus grand succès, on ne joue pas que dans des festivals metal au Danemark, on joue avec plein de groupes différents, certains d’entre eux sont là depuis longtemps. On rencontre les mêmes groupes, on devient collègues et on se demande mutuellement où on a joué la veille, « on était à ce festival… ah ben on y va demain ! » Et puis il y a un crew assez nombreux et tout aussi sympa et ils nous aident vraiment pour qu’on ne sente pas seul !

Metallica est une de vos plus grandes influences. As-tu écouté le dernier album ?

Oui, bien sûr.

Qu’en penses-tu ?

Je l’ai acheté hier ici à Paris mais j’ai eu la chance de l’écouter un peu plus tôt. J’aime certaines mélodies auxquelles j’ai accroché, ce qui est positif. Ce n’est pas, et ça ne sera pas, aussi bon que le Black Album ou And Justice for all… par exemple mais je l’aime bien, c’est intéressant de voir ce que ces gars peuvent faire. Les gens sont toujours sur leur dos, ce sont des gens bien et ils sont là depuis tellement longtemps…Ils ont une pression énorme sur leurs épaules à chaque fois qu’ils font quelque chose, mais je pense qu’ils ont réussi à sortir un bon album. Quand je serai chez moi, je le réécouterai avec un bon casque, pas sur l’ordinateur parce que le son est merdique, je prendrai le temps de mettre un volume correct et de vraiment l’écouter.

Est-ce que Lars Ulrich n’est pas venu vous voir en disant quelque chose comme : Le Danemark peut être fier grâce à Volbeat ?

Lorsqu’on a joué avec eux on a principalement parlé avec James et Lars et ce dernier nous a dit : mais pourquoi vous êtes si grands ? Et je ne suis pas grand du tout, lui est petit ! Bref, ils nous a remercié d’avoir joué avec eux. Il a fait de la promotion pour le nouvel album sur une émission de TV nationale, et il a du choisir 3 vidéos parmi lesquelles il a pris une de Volbeat en disant : ce sont mes amis de Volbeat ….Appelle moi Lars ! Non en fait nous ne sommes pas si proches que ça mais c’est une bonne chose qu’ils connaissent le groupe. L’année dernière nous avons joué avec eux dans un festival au Danemark, et cette année c’était en Belgique et nous n’avons pas rencontré les mecs et nous n’avons pas cherché à le faire ; mais il y avait ce gars qui devait les rencontrer lors d’une interview ou autre, et on lui a refilé un cd pour eux parce qu’on ne sait pas où ils pourraient en avoir un aux US.

Je ne sais pas si tu sais mais cette année, au Ozzfest, King Diamond, danois comme toi, a joué sur scène avec eux. J’imagine que vous aimeriez bien en faire autant….

Ca pourrait être marrant si on maintient le niveau !

Pour une reprise…

Je pense qu’on pourrait s’entendre sur du matos. James est venu dans notre backstage et nous a dit : j’ai entendu que vous jouiez du Elvis Metal et je crois que j’aime ça ! En fait il a regardé la moitié de notre concert assis sur un côté avec sa fille sur ses genoux et headbangé. Tu joues devant 15 000 personnes et d’un coup tu regardes sur le côté et tu vois James Hetfield, tu dois vraiment donner ta meilleure performance.

En parlant d’Elvis, sais-tu s’il y a des gens qui ont commencé à en savoir plus sur lui après avoir découvert que c’est une de vos influences ?

Je n’espère pas. Tout le monde devrait connaître Elvis ! Je ne suis pas fan à fond mais pour ce qui est de l’histoire de la musique, Elvis est le plus grand. C’était la première rock star, il n’y en a pas eu avant lui. C’est lui qui est allé chercher le son black et qui l’a présenté aux blancs. Peut-être que quelqu’un d’autre l’a fait, je ne sais pas, mais toujours est-il qu’il l’a fait et qu’à la suite de ça il y a eu le rock’n’roll qu’on connaît maintenant, le metal, les Beatles, les Rolling Stones etc. Sans Elvis, il n’y aurait pas eu ces gars-la. Vous n’auriez pas le metal, et particulièrement pas Volbeat puisqu’on mélange les sons. Tout ce qu’on connaît du rock moderne n’existerait pas sans lui. Et puis bien sûr c’était un grand performer, il y avait tant de charisme en lui. S’il marchait dans la rue maintenant, il brillerait toujours, il fait partie de ces gens qui parviennent à avoir du charisme.

Entretien réalisé le 15 septembre 2008 à Paris
MySpace Volbeat : myspace.com/volbeat



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