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Chronique   

Volbeat – Rewind, Replay, Rebound


Il devient difficile de passer à côté de Volbeat désormais. Les Danois ont acquis une notoriété conséquente, jusqu’à devenir le premier groupe local à remplir un stade au Danemark : 48 000 personnes au Telia Parken de Copenhague. Le mélange de heavy metal et de rockabilly est une recette qui a indéniablement propulsé Volbeat et le septième album du quatuor intitulé Rewind, Replay, Rebound ne l’altérera aucunement. Au contraire, il s’agit d’affiner les éléments singuliers de la musique de Volbeat et de continuer sa route à un rythme de croisière.

« Last Day Under The Sun », l’ouverture de l’album, s’inspire d’une histoire de l’autobiographie de Johnny Cash, celle où l’icône décide de mourir dans une cave. Il n’est aucunement question de résurrection pour Volbeat ou de renouveau : « Last Day Under The Sun » fait honneur à la faculté des Danois pour composer des hymnes, avec tous les gimmicks du rock FM : introduction qui a des airs d’hommage aux Rolling Stones (ou au « Black Or White » de Michael Jackson…), refrain fédérateur avec chœurs féminins et soli téléphonés. Il faut attendre « Pelvis On Fire » et son second degré pour témoigner du retour des influences rockabilly avec néanmoins une dose d’agressivité, devenue moins courante ces derniers temps lorsque Volbeat s’illustre dans ce registre. Agressivité salvatrice que l’on retrouve dans le riffing heavy de « The Everlasting », où l’influence de Metallica se fait des plus prégnantes. Entre titres taillés pour le live et la radio (« Rewind The Exit », « Cloud 9 », « Maybe I Believe », « Leviathan »…) et le cachet rock des années 60, Volbeat réutilise tout son arsenal, se reposant clairement sur ses acquis, fort d’une production impeccable et certain de la bonne appréhension des habitués de sa musique.

Toutefois Rewind, Replay, Rebound contient quelques énergumènes qui viennent briser sa monotonie. Le pop-rock énergique (presque pop-punk par endroits) « Die To Live » se voit magnifié par la participation de Neil Fallon de Clutch, qui y apporte un grain de folie, ainsi que les arrangements de saxophone et de piano de saloon. La ballade « When We Were Kids », écho à la pochette d’album, surinterprète les codes de la ballade rock pour un résultat aussi cliché qu’entraînant, la meilleure occasion de constater la variété du timbre de Michael Poulsen ; le pont, et ses arrangements orchestraux à la « Kashmir », fait également son petit effet et aide la chanson à se démarquer. « Sorry Sack Of Bones » emprunte des arguments surf rock, notamment sur les arrangements de guitares, mais avec une teinte plutôt sombre, démontrant le talent du groupe pour manier l’insolite en toute décontraction. « Cheapside Sloggers » accueille la patte de Gary Holt de Slayer dont on peut deviner la pertinence sur le pont heavy-thrash (à l’ambiance slayerienne, justement) du titre et de son solo tout droit sorti de la Bay Area. Puis on tombe carrément dans le punk à roulettes avec les 38 secondes chrono de « Parasite ».

La densité de Rewind, Replay, Rebound est à double tranchant. Si les fans de Volbeat seront ravis d’avoir autant de minutes à se mettre sous la dent, avec quelques élans de créativité de la part des Danois, ces derniers proposent énormément de contenu, peut-être trop, jusqu’à essouffler l’auditeur qui peinera à venir à bout des quatorze titres sans un soupir (le final « 7:24 » est la guimauve qui fait déborder le vase…). Le septième opus du groupe reste dans la lignée de sa discographie récente sans accuser de baisse de forme (plutôt le contraire, même, si on devait le comparer à Seal The Deal & Let’s Boogie, son prédécesseur) ou de changement d’orientation musicale. Volbeat reste une référence incontournable pour sculpter des refrains à l’efficacité redoutable et des mélodies simples et entraînantes. L’archétype du groupe de stade en soi. Pour ceux qui accordent au groupe un intérêt plus nuancé, Rewind, Replay, Rebound est une énième promenade dans des lieux déjà bien connus. Toujours appréciable, sans être forcément exaltant : l’album aurait gagné à développer ses élans de folie, encore trop timides par rapport au formatage pop rock.

Chanson « Die To Live » (feat. Neil Fallon de CLUTCH) :

Chanson « Pelvis On Fire » :

Clip vidéo de la chanson « Cheapside Sloggers » (feat. Gary Holt) :

Clip vidéo de la chanson « Last Day Under The Sun » :

Clip vidéo de la chanson « Leviathan » :

Album Rewind, Replay, Rebound, sortie le 2 août 2019 via Republic Records. Disponible à l’achat ici



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  • leur meilleur album !!!
    toutes les chansons sont bonnes cette fois, pas une où on s’ennuit(last day under the sun peut être ). il ne faut plus voir ce groupe comme du metal, mais comme un super groupe de rock qui nous ramène à une version moderne des années jukebox.
    la variété fait du bien sur cet album, on respire, on accélère , on respire, on accélère …. poulsen assure encore plus que d’habitude au chant! j’ai mis du temps à l’accepter, mais après plusieurs écoutes, c’est le meilleur! ou du moins à ranger aux coté de guitar gangsters et rock the rebel !
    la première fois que j’ai entendu ce grain de voix atypique , ça a été direct accro ! merci pour la musique volbeat, beaucoup d’énergie, du positivisme, au milieu d’un océan de saturation

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