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Girls Girls Girls   

Vous trouvez que j’ai l’air d’un mec ?


C’est maintenant une évidence : une femme peut exister dans l’univers du metal. On appelle d’ailleurs ça le « metal à chanteuse ». Autant dire que la révolution n’est pas encore faite. Des femmes en robes à froufrous, corsetées et, si possibles, aux poumons sur-développés pour mieux pousser leurs opérettes ; pas de quoi faire le tableau d’un milieu progressiste. Ce man’s man’s world de l’industrie sidérurgique continue à se faire principalement par des hommes et pour des hommes. Pas besoin d’un doctorat en sociologie pour en être convaincu.

Et pourtant des femmes ont préparé le terrain pendant des années pour servir moins d’attribut esthétique à un groupe et afin que leur place soit enfin reconnue sur le devant de la scène, « comme un vrai mec ». On a pu compter quelques groupes 100% féminins dans l’histoire du rock costaud : des groupes comme The Runaways, The Bangles ou The Slits. Des femmes qui en ont. Là encore, le langage lui-même évoque qu’il faut de la testostérone pour s’imposer. Des musiciennes ont aussi tracé leur sillon depuis les années 80 pour imposer un certain « girl power » dans le metal : Doro Pesch et Lita Ford ont prouvé qu’une femme peut mener un groupe. Sean Yseult, l’ex-bassiste de White Zombie, a raconté récemment ce que c’est que d’être née sans service trois-pièces alors qu’on a fait headbanguer du poilu pendant onze ans.


La chose était passée totalement inaperçue. Malgré tout notre travail de fourmilier, cette info n’était jamais vraiment passée sous notre regard donc honte à nous ! Pourtant, les autobiographies, ça circule en ce moment, que ce soit dans nos colonnes ou prochainement en librairie. Sammy Hagar (Chickenfoot) vient de dévoiler la couverture de la sienne (sortie prévue pour les anglophones le 15 mars 2011) alors qu’ici nous attendons de mettre le nez dans la version française de « Tatoos & Tequila », l’histoire de la vie de Vince Neil, qui sortira chez Camion Blanc dans les jours à venir ; rendez-vous aux amis de la poésie. Mais je veux avant tout vous parler de l’autobiographie (très richement illustrée) de Sean Yseult, « I’m In The Band », sortie le 1er novembre pour les anglo-saxons et dont nous n’aurions peut-être jamais appris l’existence sans cette interview donnée au site dédié à la culture geek, Suvudu.com.


Le titre lui-même est d’importance. Pour tous les amateurs d’histoires croustillantes traitant de parties de bête à deux dos dans les loges des groupes, cela parlera peut-être. La référence est pourtant évidente pour les plus instruits sur les légendes cachées du monde du rock : « I’m In The Band » nous rappelle le « I’m With The Band » de Pamela Des Barres, la célébrissime groupie qui relata dans son livre ce que c’est que de s’être bibliquement frottée à nombre de stars du rock depuis les années 60. Un autre versant de la condition féminine dans notre monde de Roche et d’Acier : servir de repos du guerrier aux idoles.

La groupie ultime

Condition que Sean Yseult dut affronter au cours de l’aventure White Zombie : « c’était étrange pour moi d’être là à jouer avec un groupe de gars et de ne pas être une frontwoman sexy. […] Les gens étaient pour le moins surpris. Des filles venaient en coulisses pour me rencontrer, pensant que j’étais un mec. Des métalleux pensaient que j’étais un mec et, sans sexisme, m’affirmaient ensuite que j’étais leur bassiste préférée depuis Cliff Burton. […] Parfois les équipes techniques locales me traitaient comme de la merde et essayaient de me virer de ma propre loge, considérant que je n’avais rien à faire là car j’étais une fille. Mais les fans et les groupes avec lesquels nous avons joué m’ont toujours acceptée comme l’un des gars, j’aimais ça. »

Alors, est-ce qu’un progrès a réellement été fait depuis quinze ans ? Est-ce que Tarja Turunen (ex-Nightwish) ou Sharon Den Adel (Within Temptation) reçoivent parfois de leurs fans l’aveu que nulle autre voix ne les avaient autant émus depuis n’importe quel autre vocaliste mâle avant elles ? Est-ce que « femme » dans le metal, en particulier, et dans le rock, en général, ne signifie pas encore et toujours faire-valoir ou accessoire chatoyant pour un artiste ou un groupe ?

Par bonheur, Sean Yseult n’est jamais tombée dans cette voie. Loin de White Zombie, elle fait depuis profiter de son talent pour la quatre-cordes dans le groupe Rock City Morgue (ils ont sorti leur premier album l’an dernier intitulé Boy Who Cried Werewolf), ce qui ne l’éloigne guère de l’univers du Zombie Blanc. Elle travaille aussi comme designer (elle était déjà diplômée d’une école de design avant de devenir une star du metal) dont les œuvres plastiques hautement colorées peuvent sembler bien éloignées de ses œuvres musicales.



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