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Interview   

Vredehammer et la philosophie de Per Valla


Le parcours de Per Valla et son groupe Vredehammer est pour le moins insolite. Fan de Vangelis et Mike Oldfield, puis John Petrucci, Per s’est ensuite tourné vers le metal extrême. Il fonde Vredehammer d’abord comme une blague pour en arriver à un premier album prometteur, Vinteroffer (2014), et un second album explosif, mélodique et gorgé de riffs, Violator (2016). Entre-temps, il a fait un court passage dans Abbath, en tant que guitariste live.

Quatre ans se sont écoulés depuis, avec son lot de remises en question, pour finalement nous revenir cette année avec Viperous. Un album qui apporte avec lui un nouveau line-up mais aussi une nouvelle approche, en intégrant des synthétiseurs hérités du cinéma d’horreur des années 80, sans pour autant perdre les fondamentaux de Vredehammer et ce sens du riffing qui peut parfois atteindre des vitesses impressionnantes.

Nous avons échangé avec Per Valla pour discuter de tout ceci, en revenant également sur sa gestion de carrière, y compris son passage dans Abbath, et sur les débuts du projet il y a dix ans.

« Quand j’étais adolescent, j’étais très geek, car tout le monde écoutait les trucs qu’on entendait à l’époque ou du Sepultura et du Pantera, mais moi je collectionnais les disques de Vangelis et de Mike Oldfield. J’étais un gamin un peu étrange ! [Rires]. »

Radio Metal : A propos de l’album précédent, tu as déclaré que « personnellement, [tu avais] l’impression qu’il aurait pu être meilleur si [tu avais] passé plus de temps sur le processus de composition ». Qu’est-ce qui te fait dire ça ? Qu’est-ce qui manquait, selon toi, dans cet album ou qu’est-ce qui aurait pu être amélioré ?

Per Valla (chant & guitare) : Je ne suis pas très content des trucs qui sonnent pagan nordique dans certaines chansons. Par exemple, « Cyclone » est une chanson un peu sombre et à la fin, j’ai incorporé des riffs dans la veine d’Amon Amarth. J’essaye de ne plus mélanger les trucs sombres et pagans quand j’écris des chansons. En fait, j’aime bien le côté pagan, mais je préfère qu’il soit séparé dans les chansons, comme dans « Ursus ». Nous avons aussi une chanson intitulée « Aggressor » sur le nouvel album, c’est un peu la suite d’« Ursus » et elle a aussi un côté pagan, mais je pense être parvenu à ne pas mélanger trop de trucs pagans sur le reste des morceaux. Maintenant j’ai l’impression de parler à un psychologue, et à bien y réfléchir, peut-être que j’ai tendance à m’éloigner un peu du côté pagan. C’est en train de devenir du metal plus franc et direct. Je ne me souviens même plus d’avoir dit ça, mais c’est une bonne remarque : j’aurais effectivement pu rendre Violator meilleur si j’avais eu plus de temps. D’un autre côté, j’ai composé cet album il y a quatre ou cinq ans, or on se développe avec le temps en tant que musicien et compositeur.

Est-ce la raison pour laquelle, justement, tu as mis quatre ans à sortir ce nouvel album, parce que tu voulais prendre plus de temps ?

Peut-être de manière inconsciente, mais il y a plein de facteurs qui expliquent pourquoi ça a pris autant de temps. C’était en grande partie parce que j’avais besoin de faire une pause avec Vredehammer. Et je suppose que je pourrais dire la même chose aujourd’hui : j’aurais probablement pu passer plus de temps sur Viperous pour en faire un meilleur album, mais vu les retours que nous avons jusqu’à présent, je dirais que nous avons plutôt bien assuré sur celui-ci. Là aussi c’est philosophique, je ne suis pas sûr [rires].

Il y a quatre ans, tu as commencé à aller dans une veine black metal plus orienté synthé avec ton projet solo. Maintenant, on voit que ces expérimentations se sont déportées sur Vredehammer. Peux-tu nous expliquer comment, en partant des premières expériences artistiques dans ton projet solo, tu en es arrivé à incorporer des synthés dans ce nouvel album de Vredehammer ?

Quand j’ai commencé le projet solo, c’était un petit peu parce que je voyais que Vredehammer n’était… Disons que nous n’étions pas suffisamment importants pour gagner le moindre argent avec ce que nous faisions, avec nos tournées et tout. A cause de ça, j’ai commencé à envisager l’idée d’avoir un plus petit groupe, constitué de peut-être une seule personne et une piste de playback pour le reste, ou alors une personne et un batteur. Ça a initié un processus qui était très motivant, et frustrant, et inspirant… Au final, j’ai retransformé Vredehammer en projet solo, avec cette idée commerciale d’avoir un tout petit groupe, en utilisant des pistes samplées, ce qui permettait d’être un groupe plus actif sans trop perdre d’argent – car je suis un adulte ayant une famille, des enfants et tout. Quand j’ai commencé à sortir des chansons avec mon projet solo Valla, j’ai aussi trouvé qu’il était trop similaire à Vredehammer pour qu’il se démarque. A mesure que j’écrivais des chansons avec ce nouvel élément qu’est le synthé, j’ai commencé à vraiment aimer et à vouloir inclure cet élément dans Vredehammer. Ce qui est drôle maintenant, c’est qu’après cette longue pause, nous réintégrons la scène et nous voyons tout d’un coup un regain d’intérêt pour le groupe. On dirait donc que nous pouvons désormais être un vrai groupe, aller faire des concerts et, avec un peu de chance, survivre.

Poursuis-tu ton projet solo quand même ?

En fait, je travaille sur un album, mais je suis coincé entre deux directions, car comme je disais, je ne veux pas que ça sonne trop comme Vredehammer. J’hésite entre partir sur un album de pagan rock ou plutôt sur un truc de motard, à la Black Label Society ou, en remontant plus loin, White Zombie ou quelque chose comme ça. J’y travaille, j’y réfléchis, mais pour l’instant ça n’a pas beaucoup avancé.

Quand et comment cet intérêt pour les synthétiseurs t’est-il venu ?

Quand j’étais gamin, mon beau-père écoutait beaucoup de musiques progressives des années 70 et 80, ainsi que des artistes tels que Jean-Michel Jarre, Mike Oldfield, Vangelis, etc. Depuis ma naissance en 81, j’ai aussi été pas mal exposé aux BO de films de l’époque. A chaque fois que je voyais un vieux film ou que j’écoutais de vieilles musiques de Vangelis, je me retrouvais à beaucoup aimer. Un beau jour, je me suis posé dans mon studio et j’ai commencé à jouer avec ces vieux sons de synthé. C’est comme ça que ça a commencé. Quand j’étais adolescent, j’étais très geek, car tout le monde écoutait les trucs qu’on entendait à l’époque ou du Sepultura et du Pantera, mais moi je collectionnais les disques de Vangelis et de Mike Oldfield. J’étais un gamin un peu étrange ! [Rires].

« Si je pouvais mentionner quelque chose de concret, ce serait en fait la série Stranger Things, car ça a ravivé mon intérêt pour ces sonorités et ça m’a beaucoup aidé à écrire certaines des musiques présentes sur cet album. »

Il y a dans cet album une forte inspiration des sons de clavier du cinéma d’horreur des années 80 : quelles ont été tes inspirations à cet égard ?

Je ne peux pas vraiment citer un film particulier. Honnêtement, dans mes souvenirs, les pires films d’horreur dans les années 80 ou ceux avec les pires effets visuels étaient ceux qui avaient les meilleures BO [petits rires]. Il y avait des synthés vraiment cool là-dedans. Je pourrais éventuellement citer le film Blade Runner qui avait pas mal de trucs comme ça. Si je pouvais mentionner quelque chose de concret, ce serait en fait la série Stranger Things, car ça a ravivé mon intérêt pour ces sonorités et ça m’a beaucoup aidé à écrire certaines des musiques présentes sur cet album. J’étais curieux d’entendre ce que ça donnerait si nous prenions ces sonorités pour les mettre dans un contexte de metal extrême. Plein de groupes aujourd’hui créent des ambiances horrifiques, mais pas avec ce côté vieille BO de film, donc je trouvais que c’était quelque chose à faire. D’un autre côté, au moment où Stranger Things a commencé à se faire remarquer, j’étais déjà en train de faire ça avec le projet Valla. Donc quand la série est arrivée, je me suis dit : « D’accord, je ne vais pas louper cette occasion, car maintenant, les gens vont commencer à faire la même chose. Moi, je le fais déjà, donc j’ai intérêt à me magner le cul et à sortir de la musique pour ne pas me retrouver à être le numéro cinq mille à le faire », car pour l’instant, je ne crois pas que beaucoup de groupes l’ont fait, mais on verra !

Tu as dit que tu étais né en 81, donc tu étais enfant dans les années 80 et j’imagine que tu ne regardais pas encore de films d’horreur à ce moment-là…

En fait, si ! Je suis content d’être adulte maintenant, pour pouvoir le confesser, mais… [Petits rires] Le grand truc à l’époque, c’était d’avoir ces copies, je ne connais plus le nom, mais on pouvait tout regarder et tout le monde avait de multiples lecteurs VHS pour pouvoir les copier. Etant enfants, on passait notre temps à regarder des vidéos de toutes sortes [petits rires] qui étaient cachées dans les maisons de nos parents. Je regardais donc plein de mauvais trucs déjà quand j’avais environ cinq ans. Ce n’est pas comme aujourd’hui [rires]. Je ne peux presque plus mettre un orteil dans la mer à cause des Dents De La Mer, mais c’est la seule chose qui m’ait réellement traumatisé. J’ai vraiment peur de l’océan !

Penses-tu que les synthés inspirés par le cinéma d’horreur des années 80 apportent un côté plus visuel à la musique de Vredehammer ?

Je suppose que oui. Je n’y ai pas vraiment pensé de cette manière, mais quand je compare cet album à ceux des autres groupes qui utilisent du synthé, il est clair que ça aide à le rendre plus visuel. Mais j’imagine que les seules personnes capables de vraiment répondre à cette question sont celles qui n’ont pas écrit la musique. Ceci dit, quand j’écris la musique, je visualise moi-même des images. Essayer d’expliquer ça prendrait beaucoup de temps, mais pour faire court, quand j’ai un riff et que je commence à travailler sur une chanson, au moment où je le fais, des idées de paroles commencent à me venir en tête, et parfois ça m’amène en retour à leur associer des thèmes, des riffs ou des mélodies qui pourraient coller au véritable texte qui sera écrit parfois un an plus tard.

Comment ces sons synthétiques ont-ils orienté et impacté ton approche des chansons et de l’ensemble du processus ?

J’ai dû écrire de manière un peu différente. Là aussi c’est dur à décrire, mais en tant que guitariste, avant je faisais juste des riffs, mais maintenant j’arrive à un certain stade dans la chanson où je me dis : « D’accord, c’est un passage sympa pour incorporer des synthés. » Alors je range ma guitare et je commence à m’amuser avec le synthé, et ensuite la guitare arrive comme étant l’instrument numéro deux, simplement pour soutenir le synthétiseur, voire je ne mets pas du tout de guitare si c’est ce qui convient le mieux. Je n’avais jamais écrit de la musique de cette manière jusqu’à relativement récemment. Je voulais un peu faire tomber certaines barrières. Je savais déjà qu’appliquer du synthé sur cette musique serait un petit risque, parce que je n’avais aucune idée si j’étais la seule personne au monde à avoir pensé que ça sonnait bien. Je suppose que lorsque j’ai fait tomber cette barrière et décidé d’utiliser des synthés, je voulais aussi faire des choses que peut-être tous les groupes ne font pas, comme le fait d’avoir des parties qui sonnent comme de la transe mais avec de la batterie metal dessus. Mais peut-être que ce n’est pas du tout nouveau, je ne sais pas ! Mais quand même, je pense que c’est spécial ou bizarre… Le truc auquel je peux penser et qui s’en rapproche le plus serait peut-être Arcturus, mais ce n’est pas la même atmosphère. Certains groupes symphoniques ont aussi touché à ça, mais là encore, d’une manière différente de nous.

D’un autre côté, même si vous utilisez des synthés, la musique n’en est pas moins extrême. Etait-ce important que les synthés n’assujettissent pas la musique ou n’amoindrissent pas son agressivité et son côté heavy ?

Ça n’a clairement jamais été l’intérêt. L’idée était juste d’enrichir le son. J’ai toujours écouté des trucs symphoniques, même si au départ j’écoutais du prog. J’ai toujours su qu’il y avait plus de puissance et de feeling dans les musiques qui avaient… S’il y a du clavier ou un orchestre, ça sonne plus gros. Si tu écoutes la chanson « Viperous », au départ, il n’y a quasiment qu’un riff de guitare, mais ensuite les synthés arrivent et ça propulse la chanson qui sonne énorme. Je peux imaginer qu’en live ça va sonner assez sympa. C’est en grande partie l’effet que je voulais obtenir.

« De nos jours, [tous les batteurs extrême] sonne[nt] comme Francesco Paoli ou George Kollias, tout le monde fait les mêmes roulements, etc. Ça en arrive à un point où on se demande : ‘Est-ce nécessaire d’avoir un batteur quand ils sonnent tous pareil ? Devrait-on cloner ces gars ou utiliser une boîte à rythmes ?' »

« Winds Of Dysphoria » est l’une des chansons les plus rapides que Vredehammer ait jamais écrites, et tu es l’un des guitaristes les plus rapides actuellement dans le metal. Comment, à l’origine, t’es-tu intéressé au jeu de guitare rapide ?

Quand j’étais très jeune, je suis tombé sur Al Di Meola, puis John Petrucci est arrivé, et ça m’a ouvert à tout un monde de guitaristes. Je voulais jouer ce type de musique quand j’étais plus jeune. Puis j’ai entendu le premier album de Covenant, puis j’ai entendu Dimmu Borgir, puis j’ai entendu Cannibal Corpse, et ça m’a mené sur un autre chemin. Avant ça j’étais porté sur les solos, alors qu’après je me suis davantage intéressé à être un bon guitariste rythmique et à pouvoir jouer vite si c’était nécessaire. En fait, celui qui a été une énorme inspiration pour moi, c’est mon ami Arnt [Obsidian Grønbech, alias Obsidian C] de Keep Of Kalessin. Il faisait des vidéos il y a quelques années sur YouTube. J’étais vraiment fasciné par ce qu’il faisait. Jeff Loomis, ce n’est pas le même type de jeu de guitare, mais il fait partie de ceux qui m’ont poussé à m’intéresser aux trucs rapides. Mayhem également, ils ont tendance à jouer horriblement vite et ça fait des années que je m’intéresse à leur musique. Puis, quand je suis devenu guitariste dans le groupe Nordjevel il y a quelques années, j’ai dû faire progresser mon jeu, car je n’avais jamais eu à jouer aussi vite et je ne pensais pas que ça m’intéresserait vraiment de jouer plus vite que je ne jouais déjà. Désormais, nous jouons des choses à 280pbm et c’est douloureux [petits rires], donc il faut beaucoup s’entraîner au métronome. Mais oui, peut-être que Keep Of Kalessin et Mayhem seraient les inspirations les plus importantes et les raisons pour lesquelles je me suis intéressé aux trucs vraiment rapides à la guitare.

Comment t’entraînes-tu à la guitare ? Quel est le secret pour former nos muscles du poignet et des doigts pour jouer vite à la guitare ?

Disons que je ne suis pas la bonne personne à qui poser la question pour la main gauche, car à bien des égards, pour moi, c’est du passé. Mais pour entraîner la main droite à la vitesse, il s’agit juste d’utiliser un métronome, de commencer très lentement en s’assurant d’être détendu, et quand on commence à jouer de plus en plus vite, on maintient ce côté détendu. Car quand ça commence à aller très vite, c’est là que le bras se bloque et qu’on se fatigue très vite. Je ne suis en aucun cas parfait dans ce domaine, mais je m’entraîne très souvent toutes les semaines. De toute façon, on ne peut jamais être suffisamment bon en tant que musicien. Je dirais que la chose la plus importante est de se détendre et de bien prêter attention à la manière dont on place son bras et dont on tient son médiator et sa guitare, car ça aura un grand impact sur notre capacité à jouer vite. Si on porte notre guitare très bas, ça peut être efficace pour certains mais nul pour d’autres. Il faut donc vraiment faire des tests pour voir ce qui fonctionne le mieux pour nous.

Le groupe a une fois de plus vécu un changement avec les départs de Felix et Stone. La dernière fois qu’on s’est parlé, en expliquant le précédent changement de line-up, tu nous avais dit que « au début, [tu] avais cette philosophie comme quoi tout le monde dans le groupe pouvait écrire de la musique à part égale. Et ce qu’il s’est passé, c’est que lorsque [v]ous av[ez] commencé à écrire de la musique ensemble, ça ne [t]’a pas vraiment convenu parce que […] [tu t’étais] trop habitué à composer tout seul. » Mais Felix et Stone étaient au courant de ça, n’est-ce pas ? Du coup, que s’est-il passé ?

La version très courte est que c’est lié à ce que je disais plus tôt, au sujet du groupe qui ne marchait pas financièrement parlant, même si nous n’étions que trois. Je me disais : « D’accord, si je veux faire des concerts avec Vredehammer, il faut que je repense comment nous faisons ça. » Je leur ai donc dit que, au moins pendant un temps, j’allais retransformer le groupe en projet solo. Disons que l’un n’a pas aimé et l’autre a accepté. Puis quand nous avons parlé de reformer le groupe, l’un était trop occupé et l’autre n’a pas vraiment répondu [petits rires], donc je pense qu’il n’a pas aimé la décision. Evidemment, je le comprends, car ils se sont beaucoup investis, en travail et en temps, dans le groupe. La raison pour laquelle Vredehammer a été mis sur pause était en grande partie que financièrement, ça ne fonctionnait pas. Il y avait des partenaires avec lesquels nous travaillions, des agences de booking et autres, qui, au lieu de nous aider, nous ont mis sur une très mauvaise voie.

Je songeais vraiment à tout arrêter, mais avec le temps, j’ai décidé d’essayer de sortir un album de plus pour voir ce qu’il se passerait. Quand j’ai commencé à composer, je suis de nouveau tombé amoureux du groupe. Maintenant, en voyant les retours que nous obtenons avec cet album, ça fait vraiment chaud au cœur de voir tous les gens qui apprécient ce que nous faisons. Nous sommes invités à jouer plein de concerts et sur plein de festivals. Je suis honnêtement très touché et reconnaissant envers les auditeurs, les organisateurs, etc. Nous allons assurément tenter notre chance maintenant, mais avec un nouveau groupe, de nouvelles personnes avec lesquelles j’ai eu l’occasion de travailler par le passé, que je sais être de très bons musiciens, qui ont la tête sur les épaules, avec qui il n’y a pas de connerie, qui ne boivent pas trop, etc. ; c’est important pour bien bosser, car au final, il faut aborder ça comme du boulot si on veut vraiment que ça fonctionne.

« Quand j’y pense, ‘vi’ c’est six en chiffre romains, et on a trois albums, ce qui fait six, six, six… Peut-être que tu devrais modifier ce que je dis pour que ça ait l’air d’avoir été fait exprès ! [Rires] »

Pour l’instant, il vous manque encore un bassiste : allez-vous en recruter un ?

Oui. Nous avons parlé à un gars récemment et on dirait que ça pourrait se faire. Nous étions censés mettre la basse en playback, mais maintenant, quand nous voyons l’énorme développement du groupe en un temps aussi court, je me dis : « Si on fait ça, alors il faut qu’on le fasse aussi bien que possible. » Donc la seule chose qui sera en playback maintenant sera les synthés. Nous allons tout déchirer en live avec autant de gens sur scène qu’il faut pour que ça ait l’air et sonne aussi bien que possible.

Comment expliques-tu cet « énorme développement » du groupe ? Pourquoi ça arrive maintenant et ça n’est pas arrivé du temps de Violator ?

Je ne fais que supposer ou me baser sur ce que je vois de l’extérieur, mais j’ai l’impression que depuis que nous avons sorti notre premier album Vinteroffer, les gens nous écoutaient en disant : « Ok, c’est pas mal. » Puis, quand nous avons sorti Violator, je pense que nous avons gagné un certain respect dans le style ou dans la scène. Peut-être que les gens avaient simplement besoin d’un peu plus de musique pour se dire : « D’accord, ce groupe est vraiment pas mal. » Je ne suis pas en train de dire que nous sommes bons, mais on dirait que les gens apprécient notre musique. Il y a beaucoup de gens à qui j’ai parlé au fil des années qui disent que c’est sur le troisième album que ça commence à bouger. J’imagine que ça vient en grande partie du fait qu’à partir de ce moment-là, il y a suffisamment de chansons pour que les fans et les auditeurs commencent à vraiment développer une relation avec le groupe. Peut-être est-ce aussi les synthés, je ne sais pas ! Le son est très bon cette fois. Nous avons utilisé le studio de Jacob Hansen, c’est un superbe producteur. Mais comme je l’ai dit, je ne fais que supposer ou philosopher.

Kai Speidel est votre nouveau batteur. Qu’a-t-il apporté à Vredehammer ?

Il a un certain son, et c’est quelque chose qu’on n’entend pas beaucoup de nos jours, car tout le monde sonne comme Francesco Paoli ou George Kollias, tout le monde fait les mêmes roulements, etc. Ça en arrive à un point où on se demande : « Est-ce nécessaire d’avoir un batteur quand ils sonnent tous pareil ? Devrait-on cloner ces gars ou utiliser une boîte à rythmes ? » Mais notre batteur Kai a vraiment sa propre manière d’interpréter les choses. Ça ne fait pas longtemps que je joue avec lui mais je peux déjà l’entendre quand c’est lui qui joue de la batterie. Il est jeune, je crois qu’il a vingt-cinq ans maintenant, donc il a clairement un bel avenir devant lui. Donc il apporte beaucoup. Sans parler qu’il est très motivé et excité. Il n’a qu’une hâte, c’est de partir sur les routes aussi vite que possible. C’est bien d’avoir un gars comme lui, qui lève mon vieux cul du canapé [rires]. C’est un bon stimulateur, un mec très sympa et un bon batteur. On se souviendra de son nom dans le futur, j’en suis sûr.

Kristoffer Hansen est revenu dans le groupe à la seconde guitare peu de temps après la sortie de Violator. Je sais que c’était important pour toi pour le live, justement, mais est-ce que ça a changé quoi que ce soit dans la conception de Viperous ?

Il a écrit la dernière chanson de Viperous. Ça fait maintenant de nombreuses années que nous travaillons ensemble. Il donnait toujours son avis sur la musique que je composais. Il a également joué un rôle important pour me motiver à faire ma partie du travail. C’est un membre du groupe très important. Il adore le groupe et ça se voit. Il s’entraîne comme un acharné. Lui aussi est un jeune mec qui deviendra extraordinaire avec le temps. Je trouve qu’il a composé un très bon morceau pour cet album. C’était le premier morceau complet qu’il écrivait. Je suis sûr que sur les prochains albums, il aura un rôle plus important dans le processus de composition.

Tu dois lui faire énormément confiance, car comme je l’ai dit, la dernière fois, tu nous expliquais que tu aimais avoir la main sur la composition…

Oui. Disons simplement qu’il sait comment je travaille et comment je pense. Il est suffisamment sympa pour le respecter [petits rires] et l’accepter, car il est souvent arrivé que nous étions censés utiliser de la musique à lui et ensuite, je suis arrivé comme un connard en disant : « Nan, ça ne fonctionne pas ! » et nous n’avons finalement pas utilisé sa musique. Il aime la musique et le groupe. Nous sommes de bons amis aussi. C’est juste que nos personnalités vont très bien ensemble. C’est le gars qu’il fallait pour ce boulot, c’est clair. En plus, il fait que la musique sonne plus variée, il apporte d’autres facettes à la musique de Vredehammer, puisqu’il n’y a pas qu’une personne et nous pensons un petit peu différemment. De même, c’est bien pour moi d’être un peu plus ouvert à l’idée de laisser d’autres gens composer de la musique pour le groupe, car je n’ai rien de spécial qui ferait de moi un meilleur compositeur que n’importe qui d’autre. C’est juste que je suis un petit peu capricieux, j’ai besoin que les choses se fassent à ma manière. Mais comme je l’ai dit, avec lui, ça fonctionne bien.

« Dans mon esprit il y a un filtre : la musique est soit jetée, soit acceptée et enregistrée ; je jette beaucoup de choses parce que je me dis que ça sonne trop comme d’autres groupes. »

Vos trois albums ont pour titre un mot qui commence par la syllabe « vi » : Vinteroffer, Violator, Viperous… Quelle est l’idée là-derrière ?

J’aurais aimé que ce soit un truc cool, mais ça ne l’est pas ! [Rires] C’était juste que pour les deux premiers, Vinteroffer et Violator, c’était une coïncidence, et ensuite j’ai continué la tendance. Ça ne va pas plus loin, malheureusement ! Ça aurait été cool si j’avais pu dire : « Oui, ça symbolise ceci et cela. » Mais c’est arrivé comme ça et je n’ai pas l’intention de le réitérer. Mais maintenant, quand j’y pense, « vi » c’est six en chiffre romains, et on a trois albums, ce qui fait six, six, six… Peut-être que tu devrais modifier ce que je dis pour que ça ait l’air d’avoir été fait exprès ! [Rires]

Du coup, peut-être que ces trois albums forment une sorte de trilogie ?

Non, pas vraiment. Mais j’aimerais un jour faire quelque chose ayant une vraie connexion, un album concept, mais pour l’instant ce n’est pas prévu. Là, ce ne sont qu’un paquet de chansons rassemblées pour faire un album. C’est beaucoup de boulot de faire un album concept… J’y ai beaucoup réfléchi, je ne sais pas par où commencer, mais j’espère qu’un jour nous pourrons faire quelque chose comme ça. Je pourrais appeler les gars de Carach Angren pour leur demander de m’aider [petits rires].

Tu les connais bien ?

Oui. Le claviériste m’a fait des intros sur quelques disques. Quand nous avons l’occasion de nous croiser et de prendre une bière en tournée ou autre, nous discutons et nous nous entendons bien. Nous avons parlé par le passé de peut-être nous entraider pour le live.

Ils sont très portés sur la littérature et les vieux films d’horreur…

Oui, ce sont les rois en la matière !

Ça explique peut-être aussi pourquoi vous vous entendez bien.

Oui, peut-être. En fait, nous ne parlons pas tellement de ce genre de choses. Nous parlons simplement de la vie normale. Quand les musiciens se rencontrent, on ne parle pas tellement de notre art. On parle plutôt de situations auxquelles on est confrontés en tournée et ce genre de choses. Donc, en fait, nous ne parlons jamais vraiment de musique avec eux ! Mais peut-être qu’à un certain niveau, nous sommes similaires et pensons de la même manière.

Que mets-tu derrière le mot « Viperous » ? Est-ce seulement la symbolique du venin qui renvoie à l’agressivité de votre musique, ou bien il y a quelque chose de plus profond dans cette idée ?

Non, là encore ce n’est pas très profond [rires]. Je voulais quelque qui dégage ce sentiment, je me disais : « Le venin, les serpents… », quelque chose de venimeux mais aussi de froid et dangereux. Puis, en regardant la liste des synonymes sur Google, je suis enfin tombé sur ce mot, « viperous », et je me suis dit : « Ouais ! Voyons avec le temps si ça peut convenir. » Au bout du compte, j’ai tellement aimé ce mot que j’ai fini par l’utiliser. Beaucoup de textes dans l’album sont inspirés de livres et parfois de films, mais la chanson « Viperous » est peut-être plus personnelle et rassemble plein d’idées sur le monde, etc. C’est, en gros, un gars qui galère, qui se dit que tout est nul, qui est psychologiquement tourmenté… Un texte typiquement black metal, sans véritable signification. C’est le genre de texte façon « la vie c’est de la merde ». Je pense que tout le monde se dit ça à un moment donné, surtout les musiciens, il me semble. Nous sommes un tas de gars tristes [rires].

Il y a une phrase dans cette chanson qui dit : « Black metal chained forever »…

Ça évoque le fait d’être enchaîné à quelque chose de froid. Donc je m’imaginais des « chaînes glaciales », puis m’est venu en tête « black metal chained ». C’est venu sans réfléchir.

Est-ce que tu écris tes textes un peu comme des flux de conscience ?

Oui, totalement. J’écris toute la musique, je me pose, je galère à trouver les deux premières phrases et ensuite ça vient tout seul. C’est très intéressant. Je ne sais pas pourquoi ça se passe comme ça, mais c’est cool.

« Vredehammer était en réalité une blague idiote au départ. C’était juste pour voir avec quelle facilité je pouvais obtenir un contrat avec une maison de disque si je créais un groupe de black metal norvégien. […] J’ai reçu vingt-sept offres en très peu de temps. »

Tout comme sur Violator, sur Viperous, l’une de tes principales sources d’inspiration pour les textes sont les écrits de Stephen King. Qu’est-ce qui t’inspire tant chez lui ?

Je suppose que c’est la même chose que pour les vieux films d’horreur et la vieille musique, le vieux prog, ça procure un certain sentiment. Plus on plonge dans l’œuvre d’un artiste, que ce soit dans la musique ou la littérature, plus ça fascine. Avec Stephen King, c’est très facile pour moi de rentrer dans ce qu’il écrit et de le ressentir ; je ne me contente pas de lire, je plonge vraiment dans le livre comme si j’y étais. Et puis ça renvoie à ce qu’on ressentait quand on était plus jeunes et qu’on voyait des films tels que Simetierre, The Shining, etc. Cette atmosphère est vraiment ce qui m’intéresse chez Stephen King.

Tu as déclaré n’avoir « jamais été un très grand fan de black metal ». Est-ce ce qui t’a permis de te démarquer dans cette scène ?

Je ne sais pas ! Quand je parle de black metal, je fais référence aux très vieux trucs qui avaient une très mauvaise qualité sonore. Ça ne m’a jamais intéressé de rechercher ce type de musique parce que j’écoutais les vingt premières secondes et je me disais : « Nan, le son n’est pas assez bon, je vais plutôt aller m’écouter Dream Theater. » Mais quand Dimmu Borgir et ce genre de groupe ont commencé à se développer, ça m’a beaucoup intéressé. Donc je suppose que tout est relatif par rapport au black metal, mais aujourd’hui, j’ai une playlist black metal sur Spotify avec des groupes comme Taake, Urgehal, etc. mais je ne l’écoute presque jamais. Donc je suppose que je ne me suis jamais vraiment intéressé au true black metal. J’étais plus dans Testament, Nevermore et le death metal, en fait. Et avant ça, je ne m’intéressais qu’au metal prog. Je me souviens, la dernière fois, tu m’avais demandé si ça faisait une différence que je vive très loin du reste des groupes norvégiens, et je pense que ça a joué un rôle important, car il n’y a aucune compétition, on fait ce qu’on veut. Je pense que quelque part dans mon esprit il y a un filtre : la musique est soit jetée, soit acceptée et enregistrée ; je jette beaucoup de choses parce que je me dis que ça sonne trop comme d’autres groupes. Ceci étant dit, ça se résume à quel type de musique on a écouté en grandissant. Dans mon cas, je suppose que ce serait pas mal de death metal, de groupes de thrash avec de bons guitaristes et ce genre de choses.

Vredehammer a été formé il y a dix ans et, sur le premier EP, c’était un groupe de black metal assez old school. Quelle est l’histoire des débuts du groupe ?

J’ai joué dans un groupe de death metal dans ma ville d’origine et pendant un petit moment dans un groupe de thrash à Oslo, puis un autre groupe dans ma ville a commencé à jouer du black metal, ça s’appelait Elite. J’ai commencé à jouer avec eux. Au début, je n’aimais pas leur musique, mais j’étais leur bassiste – un bassiste de live au départ. Puis je suis devenu guitariste. J’aimais bien le fait qu’ils tournaient et voyageaient, donc j’ai plongé un peu plus dans le black metal, mais pas plus que nécessaire, et j’ai écouté ce qui me paraissait important. J’ai joué avec eux pendant quelques années et nous avons commencé à développer un son. Puis ce groupe s’est séparé et j’ai fondé Vredehammer. Vredehammer était en réalité une blague idiote au départ. C’était juste pour voir avec quelle facilité je pouvais obtenir un contrat avec une maison de disque si je créais un groupe de black metal norvégien. Car j’étais en congé maladie, donc je n’avais rien à faire et je me suis dit : « Hey, je vais balancer quatre chansons pour faire une démo, la mettre sur MySpace et voir ce qui se passe. » J’ai reçu vingt-sept offres en très peu de temps.

Dans le premier EP, il n’y a que des paroles débiles prises sur des cartons de lait et tout ce que je trouvais autour de moi. Je ne savais pas chanter, donc j’enregistrais un phrasé, il fallait que je fasse une pause, que je m’y remette et que j’enregistre un autre mot ou un autre phrasé, à me faire saigner la gorge [petits rires]. J’ai sorti le premier EP et je l’ai tellement écouté que j’ai fini par me dire : « Ok, il y a des trucs sympas là-dedans. Donc si je prends ces trucs sympas et que j’oublie les trucs stupides, ça peut vraiment devenir quelque chose. » C’était sur le second EP de Vredehammer que j’ai commencé à prendre ça au sérieux. C’est aussi à ce moment-là que la musique a commencé à ne plus tellement être du black metal à proprement parler et maintenant, le groupe sonne totalement différent du premier EP. C’est ce que je disais : tout dépend ce que l’on définit comme étant du black metal, car si on compare à Dimmu Borgir et dit que c’est un groupe de black metal, alors je suppose que nous sommes également un groupe de black metal. Tout est relatif.

« Quatre ans plus tard, j’écoute principalement la radio et Alanis Morissette ! Donc je suppose qu’en ce qui concerne la scène metal, il ne s’est pas passé grand-chose qui m’ait beaucoup impressionné. Je pense qu’on en est restés au même point et qu’il n’y a pas eu de grand changement. J’ai peut-être tort… […] Mais Alanis Morissette, bordel, ça c’est de la bonne musique ! [Rires] »

Il y a quelques années, tu as été le guitariste live d’Abbath. Abbath a finalement révélé les problèmes personnels qu’il y avait dans le groupe à l’époque à cause de la personnalité difficile de King Ov Hell. En as-tu également souffert ?

Je n’ai pas trop envie de discuter de quoi que ce soit qui puisse créer des tensions avec d’autres musiciens, parce que ça tourne toujours mal et si les gens commencent à en parler, on te remarque pour les mauvaises raisons. Je dirais donc que King et moi, en fait, nous nous entendions très bien dans le groupe et après le groupe. Au début, il était un peu difficile à encaisser parce que je ne le connaissais pas, mais quand j’ai appris à le connaître, j’ai vu les bons côtés : il est très professionnel et il sait ce qu’il fait. J’en resterai là. Ce n’était pas à cause d’autres membres que je suis parti. C’était au moment où nous sortions Violator et je voyais que Vredehammer prenait de l’ampleur à l’époque, nous obtenions de bonnes places sur les festivals, etc. Evidemment, c’était lié au fait que j’étais dans Abbath, mais je voulais mettre toute mon énergie dans Vredehammer. De même, quand je jouais avec Abbath, il fallait que je voyage une trentaine heures à chaque fois que j’allais jouer avec eux, et je ne voulais pas déménager dans leur ville non plus. Dans l’ensemble, je suis content d’avoir joué avec Abbath et d’avoir pu connaître les gars du groupe, tous. C’était une bonne expérience. J’ai appris beaucoup de choses.

Quelles sont les choses les plus importantes que tu aies apprises ?

On m’a évidemment lâché dans un monde que je ne connaissais pas vraiment. Je pensais le connaître mais en fait non, car quand tu atteins ce genre de niveau, tu te retrouves soudainement à faire ça comme un travail. Nous parlions constamment de costumes de scène, de la manière dont nous agirions sur scène, etc. Ça, c’était avant que le groupe n’ait donné son premier concert. Nous devions donc faire plein de choses très vite. En fait, King Ov Hell m’a beaucoup parlé de la façon dont il fallait tenir compte de certains détails quand on joue en concert, car de petits mouvements peuvent avoir un énorme effet si on les fait comme il faut, alors que si on les fait autrement, ça peut donner l’impression qu’on s’endort sur scène. Quand je jouais avec Abbath, je n’étais pas un très bon guitariste comparé à ce dont je suis capable aujourd’hui. Ça m’a vraiment donné l’occasion de voir à quel point ça peut être dur et fatigant, avec tous les voyages, et à la fois, à quel point c’est marrant. C’est une super manière de se demander si c’est le genre de vie dont on veut, à être sur la route, à voyager, à être dans les médias et ce genre de choses. J’adore le fait qu’on puise finir une phrase avec « ce genre de choses », au lieu de « maintenant je ne sais plus quoi dire » [rires].

C’est aussi là que tu as trouvé ton symbole des cinq points verticaux qu’on retrouve à nouveau sur la pochette de Viperous…

Oui. Ça faisait partie de l’idée de trouver un personnage de scène, car c’est un peu la manière de faire d’Abbath. Lui c’est Abbath et il y avait King Ov Hell, et j’étais Valla. Nous avons testé plein de maquillages et tout, et je me suis retrouvé avec les cinq points sur le front. J’ai conservé ce symbole après mon départ, parce que j’aime l’idée de devenir un personnage sur scène. A savoir si nous l’utiliserons en concert, je n’en suis pas sûr. Nous en discutons en ce moment. C’est un plus sympa. Plein de groupes ont des symboles et ceci est notre symbole.

La dernière fois qu’on s’est parlé, tu nous avais dit que tu étais « fasciné et avide de voir quelle sera la prochaine étape pour l’industrie ». Quatre ans plus tard, as-tu une meilleure vision à ce sujet ?

En fait, quatre ans plus tard, j’écoute principalement la radio et Alanis Morissette ! Donc je suppose qu’en ce qui concerne la scène metal, il ne s’est pas passé grand-chose qui m’ait beaucoup impressionné. Je pense qu’on en est restés au même point et qu’il n’y a pas eu de grand changement. J’ai peut-être tort… Il y a des albums qui sont sortis et que je pourrais mentionner, comme celui de Gojira que j’ai beaucoup aimé, mais il n’a pas non plus mis le monde sens dessus dessous. Tout est pareil, en gros, il n’y a rien de révolutionnaire qui se passe. Mais Alanis Morissette, bordel, ça c’est de la bonne musique ! [Rires] Pour ce qui est de la manière dont fonctionne l’industrie, je dirais que le concept d’Inquisition, c’est-à-dire d’avoir un chanteur-guitariste et un batteur, même si ça peut paraître ennuyeux, me fascine, et il se peut qu’on voie plus de choses comme ça à l’avenir. Mais ce qui n’en finit pas de m’impressionner, c’est le nombre de groupes qui existent aujourd’hui. Je sais que beaucoup de musiciens en parlent, mais quand on va dans un festival, on retrouve toujours les mêmes groupes en tête d’affiche. J’imagine que ça va changer dans pas trop longtemps. Evidemment, ça se fera graduellement, mais je cherche quelque chose de nouveau, que ce soit en termes de nouveaux sons dans le metal ou par rapport aux festivals qui se ressemblent d’année en année. Mais ce sont des considérations philosophiques, donc c’est dur de commencer à parler de ça et arriver à une certaine conclusion [petits rires].

Que réserve l’avenir pour Vredehammer désormais ?

Heureusement, on dirait que l’argent que nous avons investi dans le groupe – c’est-à-dire un sacré paquet d’argent – a payé. Nous avons eu raison de faire ce que nous avons fait pour arriver où nous en sommes aujourd’hui. Maintenant, nous commençons vraiment à obtenir des offres et à grimper sur les affiches. Ça me surprend beaucoup, en fait, mais c’est en train d’arriver. Je suppose que tout ce que je peux dire pour l’instant, c’est que c’est positif tant que nous pouvons faire ce groupe sans revenir avec moins d’argent qu’au moment où nous sommes partis. Ça commence à tous beaucoup nous motiver. Nous allons recommencer à être actifs. J’ai l’impression que nous avons quelque chose à apporter. L’avenir peut être radieux pour le groupe !

Interview réalisée par téléphone le 7 mars 2020 par Nicolas Gricourt.
Retranscription & traduction : Nicolas Gricourt.

Site officiel de Vredehammer : www.vredehammer.no.

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