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Chronique   

Vredehammer – Violator


Vredehammer - ViolatorPeut-être avez-vous déjà vu le film culte Fight Club. Des hommes se réunissent dans un lieu secret, et se battent à mains nues. Le charismatique personnage de Tyler Durden proposera même un défi à ses disciples : de provoquer un combat avec un inconnu, et de le perdre. Bien sûr, cet excellent film ne se résume pas à cela, mais le concept même de prendre du plaisir à perdre un combat est intéressant. Cette sensation peut se retrouver à l’écoute de certains groupes, et c’est le cas de Vredehammer. Vinteroffer, le premier opus du combo sorti en 2014 en était d’ailleurs la démonstration, délivrant un black metal moderne percutant, direct et efficace. Avec Violator, le deuxième album complet du groupe norvégien, l’accent se voudra d’avantage penché sur le groove et la puissance, comme l’explique le leader Per Valla : « Avec Violator je voulais prendre un peu de recul et me concentrer sur le sentiment que j’ai l’habitude d’obtenir à l’écoute de groupes comme Metallica, Pantera et Megadeth. » La couleur étant annoncée, le passage à tabac peut commencer.

L’auditeur entre instantanément dans le vif du sujet, et passe directement à la cinquième vitesse – comme attrapé par le bras et entraîné au milieu d’un pit – avec « Light The Fucking Sky », ses riffs d’ouverture et son roulement sur un charley bien baveux. L’ensemble renvoie un sentiment d’urgence et se veut avant tout incisif, s’axant sur des compositions rappelant parfois le death metal technique. Le tout est structuré avec une précision millimétrée, les coupures se veulent maîtrisées et chaque pièce de l’opus se distingue. A l’écoute de l’album, le nom de Lamb Of God peut venir à l’esprit, sur l’aspect saisissant du groove, ainsi que sur le chant et son placement avec l’ensemble instrumental, mais sous le climat sombre et dissonant du black metal. Les guitares entraînent l’auditeur et guident ses mouvements, tandis que la batterie percutante booste l’ensemble, amenant la musicalité puissante recherchée.

Mais tout le talent de Vredehammer est aussi de parvenir à sans arrêt maintenir l’attention de l’auditeur, par des variations rythmiques, qui notamment mettent en avant le grand sens du riff de Per Valla, et en contrebalançant ses élans agressifs par des respirations harmoniques et mélodiques aériennes, par moments cathartiques, comme les leads nébuleux pleins de grâce qui traversent toute la seconde moitié de « Light The Fucking Sky » ou l’ambiance orageuse latente qui intervient, là-encore, à mi-parcours de « Violator ». « Cyclone » se fend même d’un break intime à la guitare, avant de rebasculer dans une violente spirale. On souligne par ailleurs, notamment sur « Ursus » avec son thème conquérant à la Amon Amarth ou le délicieusement progressif « Blodhevn » qui en fait voir de toutes les couleurs, des sonorités apportant un ton un peu plus épique, nouvelles par rapport au premier travail du combo.

Violator : voilà un nom qui annonce d’emblée l’atmosphère, à l’inverse de l’artwork assez sobre aux couleurs grisonnantes et finalement peu représentatif de l’album, sans pour autant préfigurer de la mélodicité distinguée dont fait aussi preuve Vredehammer. La formation, qui s’était fait un nom dès Vinteroffer et en dépit des changements dans ses rangs, inscrit un peu plus sur ce second méfait son identité propre, apportant davantage de sensations et de diversité. Pas de révolution musicale, certes, mais un groupe qui sait viser juste. Et si l’écoute de l’album est positivement épuisante, son agressivité provoquant un certain défoulement, il attire également la curiosité de voir si cette sensation s’affirme d’autant plus en live.

Ecouter les chansons « Light The Fucking Sky », « Cyclone » et « Spawn Tyrant » :

Album Violator, sortie le 18 mars 2016 via Indie Recordings.



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