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Chronique   

Vredehammer – Viperous


Loin des lumières qui se reflètent sur le corpse paint des porte-étendards de la scène black metal actuelle, Vredehammer sort son troisième album dans les sphères underground peu exposées à la face du jour. Pourtant le projet du talentueux Per Valla, le guitariste ayant notamment joué pour Nordjevel et l’emblématique Abbath, avait sorti Violator en 2016 qui avait toutes les cartes en main pour devenir une révélation du metal extrême en son temps, avec ses mélodies féroces et sa puissance cathartique. Quatre ans et quelques remises en question de carrière plus tard, Vredehammer revient avec Viperous qui reprend les fondamentaux du combo mais aussi un nouvel ingrédient d’abord expérimenté en solo…

Un ingrédient qui n’est pas anodin : Vredehammer teinte désormais sa musique avec du synthé inspiré des années 80. Celui-ci résonne dès la première piste, « Winds Of Disphoria », et place l’auditeur dans un nouveau décor. A mi-chemin entre films d’horreur et de science-fiction, l’inspiration assumée de Per Valla, qui n’a pas la main légère sur l’instrument, lui permet de compléter d’une dimension visuelle la force mélodique de sa musique. Cette dynamique demeure dans des titres qui font des échos directs à Violator, comme l’incisif « Aggressor » et son riffing rentre-dedans ô combien efficace, ou le fulgurant « Suffocate All Light » dont le pont de clavier permet de souffler un peu et amorce la conclusion tempétueuse du morceau. Il en va de même avec « Viperous » sur lequel Kai Speidel s’en donne à cœur joie en martelant nos tympans, pendant que le clavier et les arpèges de guitares en arrière-plan nuancent ce matraquage pour le rendre plus harmonieux. Ce morceau éponyme, qui profite d’une transition à la Gojira et d’un solo de guitare original que n’aurait pas renié Meshuggah, en jouant sur la dynamique entre vitesse, groove et technique, confirme que Vredehammer a sa place parmi les plus grands.

Dans un déferlement musical auquel il nous avait habitués, Vredehammer parvient à faire respirer son propos. Il maintient l’auditeur en haleine avec des pauses et moments plus aériens qui surviennent en milieu de morceau, à l’image de ces instants de suspense dans les chefs-d’œuvre du cinéma d’horreur, et sont prétextes à apporter de nouveaux rebondissements opportuns (« Suffocate All Light», « Skinwalker », « Wounds »). Et quand la technique vient en renfort, sans non plus tomber dans la démonstration, c’est surtout pour mieux secouer et faire bouger son auditorat : l’imparable amorce d’« In Shadow » prouve, si tant est que ce soit encore nécessaire, que Per Valla est un véritable maître riffeur. Vredehammer fait preuve d’une certaine minutie sonore dans sa mélodie, avec un sens du détail perceptible pour qui y prêtera une oreille attentive. Si la formation peut parfois donner l’impression de répéter une formule d’un morceau à l’autre, ce sont ces petites pépites, certes peut-être moins marquées que dans Violator mais disséminées dans plusieurs couches sonores, qui démarquent et consolident les compositions, faisant de Viperous un album aussi immédiat qu’irrésistible. L’album se termine sur une note légèrement différente avec « From A Spark To A Withering Flame » : un mid-tempo plus ambiancé, notamment grâce à ses arrangements, et au riffing binaire et dissonant dans la veine d’un Satyricon. Seul morceau composé par le second guitariste Kristoffer Hansen, il laisse présager une palette plus étoffée si celui-ci venait, à l’avenir, à multiplier sa contribution.

Malgré l’intégration des synthétiseurs, Vredehammer ne tombe pas dans un metal atmosphérique. Il conserve ses racines et son identité, et mise plus que jamais sur l’impact des titres, en témoigne une production massive mettant en valeur un maelström de riffing comme on en voit peu. Pour autant, Vredehammer s’assure avec Viperous d’apporter une ambiance auditive et visuelle, inspirée de l’univers de l’horreur et industriel des années 80, pour alpaguer l’auditeur jusqu’à la dernière seconde. Ce troisième opus des Norvégiens devrait au moins susciter la curiosité et est un prétexte idéal pour commencer (si ce n’est déjà fait) à se pencher sur l’œuvre de Vredehammer, qui marque un nouveau coup fort avec son esthétique musicale d’ores et déjà unique.

Album en écoute :

Album Viperous, sorti le 6 mars 2020 via Indie Recordings. Disponible à l’achat ici



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