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Interview   

Vulcain fait de la résistance


Comme le format vinyle, Vulcain représente une autre époque, insouciante, où le rock n’ roll était plus que de la musique mais un état d’esprit, où on faisait la fête tous les soirs mais une fois sur scène, « ça ne rigolait plus », un âge d’or de certaines des personnalités les plus charismatiques du rock qui, aujourd’hui, petit à petit, se meurent. Mais comme le format vinyle, Vulcain résiste, increvable, garant d’un savoir-faire humain. Bientôt trente-cinq ans que leur premier album, le classique Rock N’ Roll Secours, est sorti et pourtant voici qu’ils débarquent avec leur neuvième album, intitulé Vinyle.

A l’occasion de cette sortie, nous avons joint par téléphone le chanteur-guitariste Daniel Puzio pour nous en parler et faire quelques retours dans le passé, à leurs début, à l’époque du vinyle, justement, mais aussi rendant hommage à Motörhead et Lemmy qui ont marqué la carrière de Vulcain. On vous laisse découvrir tout ceci, et plus encore, ci-après.

« Ce n’était pas forcément pour dire aux gens ‘écoutez du vinyle et rien d’autre.’ Chacun fait comme il le sent, du moment qu’il écoute Vulcain [rires]. »

Radio Metal : Vous revenez cinq ans après votre album du retour, V8, avec un nouvel album intitulé Vinyle. Pourquoi avoir attendu autant de temps ?

Daniel Puzio (chant & guitare) : Parce qu’entre les deux nous avons refait Rock n’ Roll Secours avec une prise de son faite avec Marc [Varez], qui n’avait pas participé à l’original. Nous avons voulu marquer les trente ans de l’album Rock n’ Roll Secours, et puis après, tout simplement parce que nous avons pris notre temps pour les compositions et ce n’était pas facile de trouver un label, ce n’était pas gagné d’avance car nous n’avons rien trouvé en France. C’est Marc, par ses connaissances, qui a eu cette opportunité avec Season Of Mist et nous avons foncé, parce qu’apparemment c’était les seuls qui étaient vraiment motivés pour le faire. Enfin, c’était surtout pour travailler des bons titres que nous avons pris du temps comme ça.

C’est important de prendre votre temps pour travailler les morceaux ?

Oui, il ne fallait pas faire n’importe quoi non plus. Il fallait être très exigeant envers les titres, essayer de faire autre chose que V8 et que les autres albums. Tout ça a fait que ça mis aussi du temps à se créer. D’un autre côté nous avons tout fait chez Marc, donc c’est un gain de temps et d’argent, mais c’était important de prendre notre temps et du recul pour pouvoir revenir sur les enregistrements, refaire des trucs. Alors que quand tu es en studio, tu as un forfait journalier et il ne faut pas dépasser tant d’heures, tu as pris tant de jours qu’il ne faut pas dépasser, etc. ; tout est tout de suite plus compliqué. Tandis que là, nous avons fait ça au feeling avec l’inspiration du moment qui venait. Et le fait que nous ayons du matériel chez nous, ça nous permet vraiment de travailler à la fois plus sérieusement et tranquillement, sans être stressé par les horaires et l’argent que ça peut coûter. C’est comme ça depuis V8 : Marc a fait son studio un peu avant et maintenant nous en profitons [rires]. Même moi je me suis équipé d’un petit home studio, comme ça je pouvais travailler de chez moi. Maintenant c’est plus facile pour un musicien de travailler qu’il y a trente ans ; c’était très dur même d’acheter un quatre pistes à l’époque pour faire des maquettes, tandis que maintenant tu achètes une carte son et un ordi, tu peux faire ce que tu veux.

Compte-tenu des cinq ans qui se sont écoulés, vous n’aviez pas peur de perdre l’élan acquis avec l’enthousiasme qui a entouré V8 ?

Nous avons fait pas mal de concerts. Il y a juste l’année dernière où nous nous sommes un petit peu arrêtés pour justement se consacrer à l’album. A chaque fois que nous avons fait des concerts, il y avait du monde, tout le monde chantait… Je ne me suis pas posé la question comme ça [petits rires]. Au contraire, vu que nous avons une nouvelle maison de disques, là au moins on va pouvoir trouver nos albums à l’étranger, c’est un plus. J’en attends beaucoup, notamment faire pas mal de concerts en Europe surtout. J’aimerais bien que nous allions nous balader un petit peu plus hors de France. Mais comme nous allons reprendre les concerts au mois de septembre, je te dirais ce qu’il en est [petits rires].

Pas longtemps après avoir sorti V8, vous aviez annoncé sur votre page Facebook avoir déjà commencé à travailler sur de nouveaux morceaux. L’album a donc été conçu sur toute cette période de temps ?

Non, car comme je t’ai dit, nous avons refait Rock N’ Roll Secours, que nous avons sorti en 2014. Tu me diras, 2014 à 2018, ça fait presque cinq ans… Ça fait en tout cas bien deux ans que nous sommes dessus, c’est sûr. Après, on ne peut pas faire un album comme ça en quinze jours, à mon avis. Surtout après autant de temps d’existence, il faut qu’on trouve l’étincelle.

Avec cet album, vous rendez hommage au format vinyle, car vous venez de l’époque du vinyle. Comment avez-vous vécu la transition du vinyle au CD et l’arrivée du digital ? Vous sentez-vous un peu perdus dans le monde du quasiment tout digital ?

Oui, un petit peu. Je suis un peu dépassé par tout ça. Mais nous étions très excités par le fait d’écouter le premier CD. Ça changeait du son des vinyles, c’était un truc nouveau. Puis avec les années, on s’est rendu compte que le digital c’était toujours à peu près, pas le même son, mais la même dynamique, la même patate. Je trouve que tous les CDs sonnent un peu pareils maintenant. Ce qui me plait dans le vinyle est que les sons sont différents suivant les artistes. Pour ne plus avoir de son en digital maintenant, il faut vraiment y aller, je trouve. C’est ce qui nous manquait, de refaire un vinyle pour avoir le côté chaud du truc, qu’on puisse écouter ça fort sans que ça nous casse les oreilles. C’est surtout ça que je retiens de la comparaison entre le vinyle et le digital.

D’un autre côté, j’imagine que quand vous avez fait l’album, vous avez quand même utilisé des ordinateurs, ce n’est pas comme dans les années 80 où c’était encore sur bande…

Oui, exactement, parce qu’il faut reconnaitre que c’est vraiment pratique. Le digital nous permet de faire beaucoup plus de trucs que ce qu’on faisait avec de l’analogique à l’époque. Ça n’empêche que sortir le son sur un vinyle, c’est quand même autre chose, ça réchauffe un peu la musique, surtout dans le rock. Je ne l’ai pas encore écouté notre vinyle, je l’attends avec impatience ! Mais nous sommes très contents du mix. Tu me diras que le mix, nous l’avons fait aussi en digital, mais nous avons quand même essayé de diriger nos sons plus côté vieillerie que côté son actuel, si tu vois ce que je veux dire. Donc je pense que ça ne va qu’apporter au vinyle, mais ça il faut que je le découvre.

« Maintenant, je ne sais pas si les groupes sont si révoltés, s’ils vont aussi loin dans l’excès que tout ce que nous avons vu depuis que nous sommes sur la route. Mais si je te parle de l’exigence de Motörhead, c’est qu’ils étaient aussi dans un délire mais quand ils montaient sur scène, ça ne rigolait plus. Ça partait et c’était vraiment très professionnel. »

Tout dans l’album est fait pour rendre hommage au vinyle : le titre, la pochette et même les premiers instants du disque où l’on entend clairement un vinyle qui tourne. Qu’est-ce que l’attachement au format physique, et au vinyle en particulier, signifie pour vous ?

Quand nous étions gosses, nous n’avions pas le choix, nous allions acheter des 45 tours. J’ai toujours gardé mes vinyles, je dois en avoir entre trois-cent et quatre-cent à la maison. C’est une part de mon enfance. C’est quand même un objet vachement plus beau à avoir entre les mains qu’un petit boitier en plastique. Donc ça me fait repenser à toute cette génération, quand nous avons commencé à faire de la musique, à écouter des groupes à l’école. Ce petit craquement et ce son chaud me manquait. C’est un petit pincement au cœur de revenir à cette époque-là. Il y a de la nostalgie.

Tu qualifierais cet album de nostalgique ?

Non, quand même pas. Même si… Le deuxième titre c’est « Héros », ça aussi c’est un petit peu de la nostalgie, tous les gens qui sont partis alors qu’on les pensait immortels, ils ont traversé une partie de notre vie aussi, donc forcément ça marque. Mais c’est le seul côté nostalgique du truc. Sinon, la musique c’est quand même pour faire la fête, pour s’éclater.

Avec l’arrivée du digital, non seulement on achète de moins en moins de disques, mais on est aussi bien moins attaché à la qualité sonore ou au format album comme œuvre complète. Penses-tu qu’il est du devoir des artistes de faire de la pédagogie là-dessus, un peu comme vous le faites avec Vinyle ?

Chacun voit midi à sa porte. Ecoute, moi j’ai appelé le titre vinyle parce que… A vrai dire, j’ai vu une série sur une chaine câblée qui s’appelait vinyle, faite par Scorsese et Mick Jagger. Ça parle d’un manager dans les années 70 qui s’occupait de Led Zeppelin, de The Who, etc. J’ai vraiment baigné dans cette série, j’ai trouvé ça super bien. J’ai dit « tiens, je vais faire un titre » mais je ne voulais pas non plus parler de la série. C’est donc venu comme ça, ce n’était pas forcément pour dire aux gens « écoutez du vinyle et rien d’autre. » Chacun fait comme il le sent, du moment qu’il écoute Vulcain [rires].

Malgré tout, même si on avait imaginé sa disparition totale il n’y a pas si longtemps, le format vinyle est toujours d’actualité ; il a même connu un regain d’intérêt ces derniers temps. Tu penses qu’il sera increvable, un peu comme Vulcain finalement ?

[Rires] Oh, Vulcain, attention… Increvable, l’avenir nous le dira mais je pense que là c’est reparti pour un tour. J’ai plein d’amis autour de moi qui rachètent des vinyles, qui ont ressorti leurs chaînes. Et puis il y a l’enthousiasme de Season Of Mist, car ils veulent rééditer tous les albums que nous avons faits en vinyle. Je pense que, forcément, ça va rester dans les années à venir.

Tu l’as un peu mentionné tout à l’heure, la production de l’album est particulièrement old school, on le croirait directement sorti des années 80 : est-ce un acte de résistance de proposer un tel album en 2018 ?

[Petits rires] Oui et non. Oui parce que c’est notre musique, et non parce que de toute façon nous n’aurions pas pu faire autre chose puisque nous ne savons faire que ça [rires]. C’est vraiment nous, comme à chaque fois que nous avons sorti un truc. Nous faisons nos albums toujours de la même manière. Sauf peut-être sur l’album Transition et Big Band où là nous avons fait exprès d’essayer de changer les choses. Ce sont les deux seuls albums que nous n’avons pas fait de la même manière, parce que justement, là, nous avions pris des producteurs pour essayer aussi de faire un truc différent. Tandis que là, nous n’avons personne qui nous dirige. Il n’y a personne qui nous dit là, il faut faire un break, là il faut faire un solo de guitare. Nous faisons vraiment ce que nous avons envie de faire. C’est comme ça que nous travaillons et que nous finirons de toute façon, à travailler tout le temps comme ça. C’est nos tripes avant tout, trois-quatre et on fonce. Donc ce son old school, ce n’est pas tant voulu, c’est notre son. Nous ne nous sommes pas posés de questions.

Pourquoi à l’époque de Transition et Big Bang vous avez essayé de changer ça ?

Pour essayer d’élargir notre musique à plus de gens, donc essayer aussi de vendre un peu plus de disques. C’était le but. Et puis on voyait ces guitare-héros, les Steve Vai et tous ces mecs-là. C’est pour ça que nous avons pris deux guitaristes qui étaient au-dessus de nous, enfin, qui étaient vraiment stupéfiants à la guitare. Il y avait encore des maisons de disques qui investissaient à l’époque sur des projets comme ça, donc ça ne nous a pas couté d’argent et en plus c’était très intéressant de travailler dans ces conditions, nous avons appris pas mal de choses, c’est sûr. Mais nous n’avions pas tout le temps notre mot à dire et c’était ce qui était gênant. Des fois il fallait faire comme ils voulaient, alors que nous n’étions pas complètement d’accords, que ce soit sur la composition ou le son. Et c’est pour ça que nous sommes revenus à l’ancienne méthode. Maintenant, nous nous occupons de nous de A à Z. Nous ne prenons plus d’avis extérieur ; c’est déroutant et des fois pas forcément ce que nous avons fait de mieux. Nous avons cru nécessaire de s’adapter, pour être toujours plus fort et toujours plus grand. Et en fin de compte, ce n’était pas les disques que nous avons vendu le plus. Nous aurions peut-être dû vraiment garder notre identité, je n’en sais rien. Je ne regrette rien, je trouve ces deux albums supers, je les écoute d’ailleurs toujours. C’est une autre histoire de Vulcain.

« Avant, on montait dans un bus et on s’éclatait pendant un weekend, faisant des concerts, faisant la fête tous les soirs, tandis que maintenant, ça à l’air d’être plus militaire, moins rock n’ roll, comme on dit. Les générations passent mais ne se ressemblent pas du tout. »

Vous avez dès le premier album été comparé à Motörhead, et là, vous finissez l’album sur la chanson « Motör », visiblement en hommage. Quel message avez-vous voulu faire passer avec ça ?

Un grand merci pour tout ce que nous a apporté ce groupe, depuis que nous étions gosses jusqu’à maintenant. Nous nous connaissons depuis la tournée Another Perfect Day. Ça fait partie de la carrière de Vulcain. Les premiers concerts avec Motörhead, je m’en rappelle surtout à Paris, le monde qu’il y avait, plein de gens nous ont découverts à cette occasion, c’était vraiment bien ; c’était important de faire des premières parties à l’époque. Le staff technique de Motörhead aussi, c’était un truc de dingue, nous étions aussi copains avec eux. Nous avons appris pas mal de trucs, sur les concerts, le timing, l’exigence qu’il fallait donner, etc. Tout ça avec le sourire, car je peux même te donner une anecdote : nous avons joué à Lyon sur la tournée Another Perfect Day, c’était Lemmy et Philthy qui faisaient les retours, pour te dire [rires]. Les techniciens étaient partis bouffer, nous nous retournons, qui était derrière la console ? Lemmy et Philthy ! Donc ça, ça nous est resté marqué. Et nous avons joué avec eux il n’y a pas si longtemps que ça, ça devait être en 2014, et en 2015 au Hellfest, à chaque fois ils sont venus nous dire bonjour. Je ne me rappelle plus quand (en 2010, NDLR), nous avons joué à la Halle Tony Garnier, à Lyon. Déjà ils sont venus nous dire bonjour, c’était génial, nous avons passé l’après-midi ensemble, et à la fin du concert, un technicien de Motörhead vient nous chercher tous les trois et nous nous sommes retrouvés dans une pièce, tous les six, simplement parce qu’ils voulaient nous dire au-revoir et qu’ils avaient été contents de passer la soirée avec nous. Des trucs comme ça, ça reste marqué dans nos vies. Nous avons joué une douzaine de fois ensemble, nous avions des relations vraiment privilégiées avec eux, ils ont le même feeling que nous, des anti-stars du système. Et puis Lemmy, c’était vraiment un personnage de la musique rock, tellement impressionnant. C’était donc pour lui faire un petit clin d’œil et lui dire que c’est eux qui nous ont donné envie de monter un groupe avec mon frère, et puis je voulais faire du Motörhead [rires].

Qu’est-ce que Lemmy pensait de Vulcain ?

Je ne lui ai jamais posé la question. Je me rappelle qu’au Hellfest, il a simplement dit : « Je me rappelle de vous, le chanteur chante comme moi ! » [Rires] C’est un beau compliment pour moi. Mais ouais, ils nous ont vraiment marqué. Même quand nous étions spectateurs, avec mon frère, nous étions au premier rang, la tournée Overkill, la tournée Bomber, au Bataclan nous étions au premier rang. La tournée Iron Fist aussi. Nous avons tout fait pour jouer avec eux. Quand on nous a appris, je crois que c’était en 83, que nous allions jouer avec eux en première partie à Paris et à Lyon – la tournée Another Perfect Day avec [Brian] Robertson -, c’était… Pour le coup, j’avais presque fait dans mon froc ! [Rires]

Tu parlais de l’exigence : le rock n’ roll a toujours eu cette image fêtarde, d’excès, etc. C’est une fausse idée ?

Oui, mais ces générations-là, ça faisait partie d’un tout, le spectacle plus les excès, comme tu dis. Maintenant, je ne sais pas si les groupes sont si révoltés, s’ils vont aussi loin dans l’excès que tout ce que nous avons vu depuis que nous sommes sur la route. Mais si je te parle de l’exigence de Motörhead, c’est qu’ils étaient aussi dans un délire mais quand ils montaient sur scène, ça ne rigolait plus. Ça partait et c’était vraiment très professionnel. C’est ça qu’il faut qu’on arrive à obtenir.

Malheureusement Motörhead a jeté l’éponge avec le décès de Lemmy en 2015. Est-ce que, quelque part, vous sentez d’autant plus une responsabilité de perpétuer l’héritage de ce type de rock n’ roll burné ?

Oui, absolument. C’est vraiment notre identité, c’est l’héritage de ces groupes-là. C’est pour ça que nous ne changerons pas ; ça ne risque pas d’arriver. Mais je suis content que nous soyons dans cette positon-là. Après, chacun voit midi à sa porte, mais je trouve que ce n’est pas plus mal que des groupes perpétuent cet héritage.

Comment vous réagissiez au début de votre carrière quand on vous comparait à Motörhead, qu’on parlait du « Motörhead français » et même qu’on vous critiquait pour ça parfois ?

Nous étions flattés ! Et nous le sommes toujours [rires]. Ça n’a jamais causé de problème. De toute façon, ça s’entend tellement que nous ne voulons pas dire le contraire. Nous avons vraiment puisé dans ces inspirations. Peut-être un peu moins maintenant, car nous ne cherchons pas à composer en fonction d’un groupe ou d’un autre. Nous faisons notre truc comme nous l’avons fait en 84 quand nous avons commencé. Peut-être qu’il y avait beaucoup d’influence de Motörhead puisque nous étions cinglés de Motörhead, c’est sûr, mais depuis tout ce temps-là, nous avons su évoluer et faire différentes choses sans se poser la question « est ce qu’on ressemble à Motörhead ou pas ? » Mais nous gardons ce feeling drogue, sexe et rock n’ roll, en gros. Mais beaucoup moins de drogue, plus de sexe, encore que… [Rires] Sans commentaire.

Tu as mentionné plus tôt la chanson « Héros » où tu t’interroges : « où sont tous nos héros ?» Tu penses que le monde manque de héros aujourd’hui ?

Oui. Les héros dans cette chanson, ce sont surtout les héros musicaux, car il en est parti pas mal ces derniers temps. Je les imagine là-haut, tous, en train de faire un bœuf, ça doit être quelque chose d’extraordinaire ! Il y a les trois de Motörhead, il y a David Bowie, il y a le guitariste de Status Quo, il y a Alvin Lee de Ten Years After… Tout ça ce sont des gens que j’ai écouté quand j’étais gosse. Donc j’imagine la scène là-haut, autour d’un bar, il doit y avoir du monde à la tireuse de bière ! [Rires] Avec des guitares et des Marshall. C’est donc un petit clin d’œil à tous ces gens-là qui m’ont fait vibrer depuis que je suis môme. Ces gens-là ont participé à la création du rock, donc ils sont incontournables. Alors que maintenant, je trouve que ce n’est pas pareil. Je ne pourrais pas te dire pourquoi mais je trouve que ce n’est pas pareil. Ça manque. Le charisme. Un mec comme Ozzy [Osbourne], le charisme qu’il a même encore maintenant, Angus [Young], c’est un truc de fou, mais ils sont de moins en moins nombreux. Il nous reste encore ces deux-là, il y a encore James [Hetfield] de Metallica… Quand ceux-là seront partis, il ne va pas rester grand-chose. Ça va être comme ça. On passe à autre chose, c’est une nouvelle génération qui monte, ce n’est pas pareil. Je ne pourrais pas t’expliquer pourquoi. Tout a tellement été fait que… Je ne sais pas. Avant, on montait dans un bus et on s’éclatait pendant un weekend, faisant des concerts, faisant la fête tous les soirs, tandis que maintenant, ça à l’air d’être plus militaire, moins rock n’ roll, comme on dit. Les générations passent mais ne se ressemblent pas du tout.

« Je suis complètement athée, depuis longtemps. [La religion] ne sert à rien du tout. Ça sert à faire du mal à plein de peuples. On est passé par là avec le christianisme, ça a détruit tellement de choses. […] Je ne crois en rien du tout. C’est fini tout ça. Je crois en moi et en Vulcain. »

D’ailleurs, qu’est-ce qu’un héros pour toi ?

C’est quelqu’un que j’admirais, qui m’a donné envie, dans quelle que soit la discipline, ça peut être sportif… Enfin, j’ai arrêté le sport, mais par exemple, j’adore la moto, et c’est un peu le même cas dans la moto. Les pilotes qu’on a connus quand on avait vingt ans et qu’on allait voir courir, ils ont disparus. Il y en a d’autres qui sont arrivés, mais il n’y a pas le même feeling. Ce n’est pas pareil que ceux des années 80-90. J’ai un peu le même rapport à la moto et à la musique. Pour les courses de vitesse, en tout cas, j’adorais ça, j’aurais bien voulu essayer de faire ça une fois dans ma vie, mais bon, j’ai acheté une guitare électrique, donc j’ai fait de la musique [petits rires].

C’était quoi le point commun ? L’adrénaline ?

Oui. L’un n’allait pas sans l’autre quand nous avons commencé. C’était de rouler très vite – à l’époque, on roulait très vite, il n’y avait pas de radar, etc. sur toutes les routes de France. Pareil quand nous arrivions sur scène, nous jouions très vite et très fort. Il y a un truc qui se ressemble entre la moto et la musique.

Vous avez une chanson qui parle d’un magasin à Paris : Backline Music. Ce n’est pas forcément banal de parler de ça dans une chanson et j’imagine que si tu l’as fait, c’est que ça signifie beaucoup pour toi. Peux-tu nous parler de ce que Backline Music représente pour toi ?

C’est le magasin que tient mon frère à Pigalle. Il vend des guitares depuis une vingtaine d’années. Il travaille à son compte. Et justement, l’album Vinyle, nous avons commencé les compos là-bas. Le soir, au lieu de rentrer chez moi, j’aimais bien aller au magasin, nous prenions une guitare tous les deux quand il fermait, après 19h, une ou deux bières, voire trois ou quatre, et puis voilà, nous composions. Et puis il y avait des potes qui venaient, prenaient des guitares, etc. Et c’était un lieu d’échanges. En plus au milieu du quartier où il n’y a que des magasins de musique, et des sex shops – ça va bien ensemble aussi [rires]. Mais presque tout le dernier album a été composé là-bas. Donc dans cette chanson, j’explique un peu cet état d’esprit et ce lieu où c’est rempli de guitares et d’amplis, donc c’est magnifique, on est comme des gosses.

Est-ce que cette chanson serait aussi la promotion d’un vieux savoir-faire et de l’humain ?

Oui, de l’humain, c’est très important. Tu as tout dit quand tu as dit ça. Car ce n’est pas la peine, si tu ne t’entends pas avec quelqu’un, tu n’arriveras jamais à rien sortir. Le fait qu’il y ait toujours cet esprit de camaraderie, ça nous a aidés à chaque fois. Ça va très vite pour les compos, nous sommes à peu près sur la même longueur d’ondes. Vincent [Puzio] sait ce que je veux, je sais ce que je veux par rapport à Vincent et Marc, nous ne perdons pas trop de temps, et puis nous prenons plaisir à composer, c’est l’essentiel, et dans son magasin, en plus.

Il y a ça et le fait que les petits commerces commencent à se perdent…

Oui. Quand ça ne va plus exister, il faudra acheter des guitares sur internet, ça va être très chiant. Enfin, je pense. Maintenant, dans la génération actuelle, ils ont l’air un peu moins intéressés par se déplacer, aller voir tous ces magasins… Car il y en a plein qui ferment à Pigalle, il y a de moins en moins de magasins de musique, c’est un peu triste. Ça commence à être dur pour mon frère, mais il tient le coup ! Il est encore là [petits rires].

On a d’un côté la chanson « Borderline » qui est plutôt politique, de l’autre « L’Oseille », plutôt sur l’argent, la finance, etc. J’ai l’impression que ce sont des thèmes qu’on entend de la part de groupes français depuis des décennies. Tu as l’impression que rien ne change ?

Oui. C’est tout à fait ça. Rien ne change. Et puis la musique était tellement forte que tu ne peux pas chanter « je suis dans un champ avec ma copine, le soleil brille et ‘the sky is blue’. » Il n’y a que les anglais qui arrivent à faire ça. Sur de la musique pareille, quand tu chantes en français, tu es obligé de faire un texte qui ne soit pas très réjouissant, à moins que tu fasses un truc festif… « Bordeline », je l’avais écrit avant les élections présidentielles, car je me doutais qu’on retomberait encore sur un truc qui ne va pas, et ça ne loupe pas. Ça n’a pas l’air d’aller comme il faut. On a essayé la droite, on a essayé la gauche, là on est sur un milieu avec Macron où je ne sais pas s’il est de droite ou de gauche, ça n’a pas l’air d’aller de toute façon. La droite, la gauche, on a vu, et là ce qui arrive, ce n’est pas très enchantant. Je pense qu’il va y avoir quelques problèmes dans les années qui vont arriver ; entre le monde ouvrier et le monde politique, j’espère que ça va bouger un peu. Il faut qu’on essaye de trouver quelqu’un de compétent, mais là on part loin de la musique [rires]. Et quand à « L’Oseille », c’est le grand fléau du siècle, si tu n’en a pas, tu n’es rien du tout, c’est triste.

La chanson « L’Arnaque » parle de religion…

Oui, surtout du terrorisme.

C’est un autre fléau la religion, pour toi ?

Oui. Complètement. Je suis complètement athée, depuis longtemps. Ça ne sert à rien du tout. Ça sert à faire du mal à plein de peuples. On est passé par là avec le christianisme, ça a détruit tellement de choses. Mais tout ça, ce sont des avis personnels, je ne revendique rien. J’ai été élevé chez les curés, évidemment. Quand nous étions gosses, nous allions au catéchisme, nous avons fait notre communion. J’ai eu deux filles, je les ai aussi baptisées parce que mes familles sont d’origine catholique aussi, mais sinon, j’aurais été tout seul, je n’aurais rien fait du tout de tout ça.

« Nous avions vingt ans, donc nous n’étions pas soucieux, nous n’avions pas peur de rouler à plus de deux-cent kilomètre-heure, de conduire bourré, de faire des trucs comme ça [petits rires]. Nous étions un peu fous-fous, nous nous démerdions pour survivre. Il y avait une insouciance, et ça se sent dans notre musique. Nous jouions fort et vite. »

As-tu malgré tout des croyances ?

Non. Je crois en moi, c’est tout [rires]. Je ne crois en rien du tout. C’est fini tout ça. Je crois en moi et en Vulcain.

Qui déjà est un dieu, en soi…

Ah oui, tiens, je n’y avais pas pensé [rires].

Tu l’as évoqué au tout début : en 2014 vous avez fêté les 30 ans de votre premier album, le classique Rock N’ Roll Secours, qui l’année prochaine en aura 35. Quelle importance a cet album encore aujourd’hui pour vous ?

C’est quand nous faisons des concerts que nous nous rendons compte que cet album a marqué plein de gens, car tout le monde chante sur ces titres. Donc nous continuons à le jouer trente ans après. Là nous allons en jouer un peu moins, vu que nous allons privilégier Vinyle, mais les grands standards de Rock N’ Roll Secours seront là, c’est sûr. Encore une fois, c’est le public qui nous force à les jouer, parce qu’ils les chantent avec nous et c’est incroyable, une adrénaline incroyable. Et il y a souvent des pères de famille qui viennent avec leurs gosses pour chanter ça [petits rires], là c’est encore plus flatteur ! Et Rock N’ Roll Secours, c’est le premier album que nous avons fait, c’était quand même extraordinaire de rentrer dans un studio et passer quinze jours à fond à faire de la musique et ces dix titres qui sont magiques, qui ont vraiment marqué notre carrière.

Comment était le groupe en 1984 ? Quel était l’état d’esprit ?

J’avais vingt-quatre ans, Vincent avait vingt-deux ans, le petit Franck [Vilatte] devait avoir vingt ans car il venait juste d’avoir son permis aussi, Didier Lohezic devait avoir mon âge. Didier et moi faisions beaucoup de moto, nous nous sommes connus avant de faire de la musique par la moto, nous étions souvent sur la route, nous partions tout le temps en vacances lui et moi en bécane. Après, quand nous avons rencontré le petit Franck, c’est là que nous nous sommes dits que nous allions monter un groupe parce qu’il nous fallait un batteur comme ça, et là ça a été des éclats de rire, des moments incroyables. Nous allions jouer, nous ne gagnions rien du tout, nous gagnions de quoi mettre de l’essence dans le camion [petits rires]. Nous sommes partis jouer un peu partout, ça a été assez vite pour nous : même avant de sortir Rock N’ Roll Secours, nous avions déjà fait pas mal de concerts, et le deuxième album était déjà prêt. Nous aurions pu enregistrer deux albums quand nous sommes rentrés en studio pour Rock N’ Roll Secours. Donc nous avions une vivacité, une joie de vivre… Nous ne l’avons jamais perdu, tu me diras. Mais nous avions vingt ans, donc nous n’étions pas soucieux, nous n’avions pas peur de rouler à plus de deux-cent kilomètre-heure, de conduire bourré, de faire des trucs comme ça [petits rires]. Nous étions un peu fous-fous, nous nous démerdions pour survivre. Il y avait une insouciance, et ça se sent dans notre musique. Nous jouions fort et vite.

Ça te manque cette insouciance ?

Ce n’est pas le mot exact. Ce n’est pas que ça me manque, mais il y a le poids des années. Je vais avoir soixante ans, donc ouais, j’aimerais bien retrouver mes vingt ans [rires]. Mais je ne me plains pas, tout va bien ! Avec les années, c’est obligé de changer un peu, tout le monde vieillit, tout le monde mûrit, nous sommes tous devenus pères de famille, nous avons tous une vie professionnelle à côté, nous avons tous des soucis, c’est sûr, mais l’important est que quand nous nous retrouvons, nous allumons l’ampli et ça sonne tout de suite. L’étincelle de cette époque-là est toujours en nous, et ça s’entend quand nous composons, c’est toujours avec la même envie. Le principal est de garder ce côté-là et faire abstraction du reste. Quand on fait de la musique, on fait de la musique [rires]. Justement, ça nous aide à nous évader de certains problèmes.

Tu parlais du second album, Desperados, qui était déjà composé au moment de sortir Rock N’ Roll Secours. Desperado était peut-être plus l’album de la consécration pour vous ; il a été suivi d’une tournée saluée par le critique et le public. A quel point cet album et cette tournée ont été fondateurs pour le groupe ?

C’est surtout ce disque-là qui a confirmé que nous étions bien implantés sur la scène française, en tout cas. Et puis nous avons pu tourner avec un bus et un semi-remorque. Nous l’avons fait l’année d’après avec Big Brothers et depuis c’est terminé. Maintenant, ce sont des mini-bus et nous jouons dans des salles équipées, tandis qu’à l’époque, nous nous baladions avec un semi-remorque avec la lumière et la sono. Ça, ça a bien changé ! Mais pour en revenir à ta question, Desperado, ça nous a vraiment mis le pied à l’étrier. Nous nous sommes lâchés dans le grand bain avec cet album-là.

Plusieurs choses ont causé des dommages au groupe durant sa carrière. Il y a eu des mauvaises expériences vis à vis de producteurs peu scrupuleux, mais aussi l’évolution globale du marché de la musique et du business qui a lassé certains membres du groupe. Et tout cela a également engendré des problèmes relationnels. C’est quelque chose que vous rencontrez toujours ?

Oui, ça nous arrive encore. Nous avons sorti Rock N’Roll Secours et nous nous sommes séparés des gens qui avaient pris le groupe en main. Parce qu’encore une fois, nous avons eu quelques problèmes. Mais là, nous avons remonté une association qui s’appelle La Forge et nous sommes repartis pour un tour ! [Rires] Mais maintenant, je crois que nous allons nous occuper de nos affaires personnellement, nous-mêmes, sans passer par quelqu’un d’autre. Nous avons été tellement déçus par tellement de gens que ça ne sert à rien de continuer dans cette direction. Nous essayons de piloter et contrôler. Quand tu ne contrôles pas, c’est souvent après que tu t’aperçois des choses qui ont été mal gérées, souvent pas comme nous le voulions. Donc là, s’il y a un problème, nous pouvons nous en prendre qu’à nous-mêmes [petits rires]. Pour un groupe qui se démerde tout seul, je trouve que nous nous défendons pas trop mal. Les concerts, nous les trouvons tout seuls, nous n’avons pas de tourneur.

« Nous avons remonté une association qui s’appelle La Forge et nous sommes repartis pour un tour ! [Rires] Mais maintenant, je crois que nous allons nous occuper de nos affaires personnellement, nous-mêmes, sans passer par quelqu’un d’autre. Nous avons été tellement déçus par tellement de gens que ça ne sert à rien de continuer dans cette direction. »

D’un autre côté, ça ne forge pas aussi le caractère ?

Ah si, ça c’est sûr. Ça fait partie de l’expérience d’un groupe. Ça peut être positif comme ça peut être négatif. On prend tout le côté positif de la chose pour rejeter tout ce qu’il ne faut pas faire et repartir sur de bonnes bases.

Pendant plusieurs années, il vous était hors de question de relancer le projet. Penses-tu que ces années étaient nécessaires pour digérer et prendre du recul ?

Ça nous ne le saurons jamais, mais je sais que Marc voulait s’investir sur d’autres projets musicaux, mon frère a aussi essayé autre chose, moi j’ai fait Mr. Jack, tout ça pour que dix ans après Vincent et Marc me téléphonent pour me demander de reformer Vulcain, donc c’est que du positif. Je les ai bien passé ces dix années-là. J’ai bien fait la fête avec les musiciens de H-Bomb, Philty [Philippe Garcia] à la basse et Gérard [Michel] à la batterie. C’était un petit peu repartir à zéro, ça m’a bien plu. Et puis quand nous nous sommes reformés, c’était l’apothéose. De se retrouver après tant d’années, ça ne pouvait faire que du bien.

Tu disais que vous aviez cette volonté de rester indépendants. Du coup, qu’est-ce que vous cherchez dans votre collaboration avec le label Season Of Mist chez qui vous avez signé ?

Une distribution sérieuse. Nous avions surtout besoin d’un distributeur pour qu’on puisse trouver des disques partout où on va. Ce qui n’a pas été le cas ces derniers temps. Il y a certaines villes de France où il n’y avait même pas un Vulcain dans les bacs, que ce soit à la Fnac ou dans différents disquaires. Je pense qu’avec eux ce sera un petit peu plus efficace. Pour une fois, nous allons avoir des albums en Europe et aux Etats-Unis. Peut-être que nous allons pouvoir nous expatrier, aller jouer autre-part que dans toutes les villes de France que nous avons faites depuis toutes ces années. C’est toujours bien d’aller à l’étranger, surtout pour un groupe français ! [Petits rires] Jusque-là, nous nous sommes toujours débrouillés tout seuls pour ça. C’est toujours des connaissances, des coups de bols aussi, et ça n’a jamais été parce que nous vendions des disques à l’étranger. Tandis que là s’il y a des disques dans les bacs, peut-être que ça va intéresser des tourneurs, des Allemands, ou des Américains, et pourquoi pas des Anglais. Donc j’attends beaucoup d’eux. Apparemment, c’est sérieux comme maison. Nous sommes très contents d’avoir signé avec eux. Ils nous ont fait faire un clip qui est pas mal. Donc ils nous donnent les moyens pour bouger, donc j’espère que de leur côté ça va bouger aussi, mais je suis confiant. Après, Season Of Mist est un label, ils ne s’occupent pas de concerts, donc c’est encore à nous de nous démerder pour trouver des concerts, et ce n’est pas plus mal.

Selon-toi, le chant en français est une contrainte ou un atout à l’international ?

Ecoute, partout où nous avons joué, je n’ai pas senti que ça gênait les mecs. Même en Allemagne, ils ont chanté « La Digue Du Cul » avec l’accent allemand, c’était très… [Petits rires] Nous avons joué plein de fois à Londres, ça ne s’est pas non plus senti que ça gênait. Nous avons été deux fois à Montréal, et là nous avons senti que ça bougeait bien. En plus, ils comprennent le français là-bas, tu me diras. Mais il y a quelques Américains qui sont venus nous voir après le concert, qui étaient là et qui étaient venus de New York spécialement pour nous voir. En Allemagne, nous sommes tombés sur une bande de mecs qui venaient d’Argentine. Nous avons signé des autographes avec des Argentins pendant je ne sais pas combien de temps [petits rires]. Eux-aussi nous demandaient quand est-ce que nous allions jouer en Amérique Latine. Donc je n’ai pas l’impression que ça gêne, le chant en français. Je ne sais pas, du moment que tu donnes tes tripes et que tu ne triches pas, peut-être que ça passe mieux aussi.

Season Of Mist est un label, à l’origine, quand-même très orienté extrême et scène underground. Vous n’étiez pas inquiets de ne pas être à votre place, aux premiers abords ?

Au début, je t’avouerais franchement, quand j’ai été voir leur site, oui, ça m’a un peu inquiété car je ne connaissais pas un groupe [rires]. Mais à partir du moment où ça les intéressait, nous nous sommes dit qu’une porte était ouverte, il fallait saisir la chance. Et ils m’ont rassuré. Ce qu’ils nous ont proposé, le sérieux de ces gens-là, pour le moment me laisse envisager que des bonnes choses. Je trouve que c’est vraiment bien parti. Ils ont l’air motivés. Ils ont l’air de vouloir bosser. Ils s’investissent vraiment sur le produit. Ils ont l’air d’apprécier ce que nous faisons, donc c’est le principal. Nous sommes très excités de travailler avec eux et j’espère que nous allons vendre beaucoup d’albums, ça serait bien [rires].

Interview réalisée par téléphone les 16 et 18 août 2018 par Philippe Sliwa & Nicolas Gricourt.
Transcription & introduction : Nicolas Gricourt.

Facebook officiel de Vulcain : www.facebook.com/vulcain.officiel

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