ENVOYEZ VOS INFOS :

CONTACT [at] RADIOMETAL [dot] FR

Carnet De Route    CR De Festival    Live Report   

WACKEN OPEN AIR 2009 : LES CARNETS DE FLORIAN



Festival : Wacken Open Air[/urlb]
Lieu : Wacken (Allemagne)
Date : 30/07/2009 – 01-08-2009
Public : 180 000 personnes sur 3 jours.


Wacken 2009 : nous voilà !

Le départ pour Wacken est prévu dans l’après-midi du mercredi 29 juillet, gare de Munich. Mais la grande aventure s’étend en fait sur toute la journée étant donné qu’il me faut plus de 7 heures pour faire les 170 km qui séparent ma ville de Munich ! J’ai le droit à la totale : suicide sous mon train, contrôle de police, retour en stop dans la caisse d’un mec louche, accidents et bouchons sur l’autoroute, impression d’un faux itinéraire dans le casino sordide d’un motel de bord d’autoroute… Avant même le début du festival, ça s’annonce déjà rock n’roll ! J’ai quand même le bus de justesse…Pour le reste, ce fut 12 heures de voyage en compagnie du pote indien par qui j’ai eu le ticket magique, une bande d’ados bourrés très en voix, notre hôtesse Bock-Tours (la compagnie de bus) extrêmement charmante et une demoiselle qui nous a fait un cours magistral sur le bonus séduction qu’apporte Hello Kitty chez les mecs… Ce dernier point m’a d’ailleurs moyennement convaincu, mais, grand fan et expert du chat rose nippon, je laisserai à Metalo le soin de me contredire…

Nous finissons par passer le panneau de bienvenue de la petite bourgade de Wacken sur le coup des 4h30 du matin. Le temps que notre chauffeur trouve le camping (compter 30 minutes, il s’est perdu 4 fois…), des trombes d’eau se sont mises à tomber. Des rumeurs selon lesquelles Doro aurait fait des vocalises peu de temps avant ne tardent d’ailleurs pas à circuler. La principale conséquence de cette pluie matinale se fait bientôt sentir : outre le fait que le camping devient bien vite un marécage, il nous est impossible de monter la tente que le collègue indien a ramenée. Celle-ci n’est pas la traditionnelle Quechua 2″ que tous les francophones du camping arborent fièrement. Il s’agit plutôt d’un vestige, d’une tente probablement issue de l’époque colonialiste anglaise complètement rageante à monter. En dehors de ça, croyez-le ou non, le mec s’est mis sous une bâche, a chanté 30 minutes en hindou et la pluie s’est arrêtée…pour recommencer à la seconde même où la dernière sardine finit sa profonde pénétration dans le sol ! Trois heures de sommeil plus tard, les choses sérieuses peuvent enfin commencer.


Nombreuses sont les tentes…

Après un réveil difficile, le temps de se familiariser avec le site est venu. L’entrée se fait par l’imposant Metal Market où je passerai la plus grosse partie de ma journée. D’ailleurs, la première déception ne tarde pas à arriver : si l’accès à la majorité du site est gratuit, la grande tente sous laquelle sont regroupés les disquaires est payante. Vu le prix du billet d’entrée, devoir à nouveau payer pour accéder à une partie du Market passe assez mal (même si la somme demandée est relativement symbolique).

Pour le reste (la partie gratuite du Market), le stand est principalement dédié aux marchands de fringues : T-Shirts noirs, bavoirs pour bébés (noirs aussi), fringues goths, stands quasi uniquement dédiés aux cornes et au cuir, perfectos et patchs, militaires etc. Bref le coin parfait pour refaire la garde-robe du Doc’. Perdu au milieu de ce petit monde, un stand un peu particulier attire la majorité des curieux du festival. Ce stand, sorte de jardin d’Eden pour Fucktoy, propose une large gamme de sextoys en bois (!!!). vibrants, perlés, XXL, cloutés… Il y en avait pour tout le monde. Hmmm lecteur, je te sens intéressé d’un coup. Avec de bons yeux, tu peux lire l’adresse sur la photo ci-dessous.


Bienvenue au royaume de Fucktoy.

Après divers achats sur le Market, il est temps de voir le reste du site. Il n’est pas question de dresser l’inventaire des services présents mais, comme souvent concernant des événements allemands, il faut saluer l’organisation. Je n’ai jamais eu de problèmes pour trouver quoi que ce soit, les points d’information ont toujours pu apporter les réponses adéquates à mes questions (avec, en prime, pas de queue), des distributeurs ont étés installés spécialement au milieu du festival, les sanitaires étaient omniprésents et nettoyés plusieurs fois par jour, les points buvettes et restaurations couvraient la majeure partie du site et, même aux heures de pointe, il n’y avait jamais à attendre plus de trois minutes pour avoir sa bière ou sa pizza à un prix très abordable.

Seuls les stands de merchandising souffrent d’une file d’attente immense alors qu’ils sont très nombreux sur le site du festival. J’en ai compté une petite dizaine. Cela vient principalement du fait que les Allemands sont des maniaques du Wacken et qu’ils sont prêts à dépenser des sommes vertigineuses pour un T-shirt, un mug ou une chaise de camping à son effigie. Une excellente initiative tout de même sur ces stands : la vente d’imperméables de poche pour la somme symbolique d’1€ . Vu la météo capricieuse des trois jours de festival, ce n’est pas un luxe. Enfin, dernier point positif sur l’organisation, les « Wacken Super Market » présents tout autant sur le site du festival que sur la vingtaine de campings. En fait c’est un peu les épiceries arabes du fest : Ouverts jusqu’à très tard dans la nuit, avec des fruits pas frais en devanture et des prix relativement élevés en comparaison d’un super marché normal… Mais toujours utile quand on veut une bouteille de blanc à 4 heures du matin. D’autant qu’on peut y trouver des canettes d’un demi-litre de la bière spécialement brassée pour le Wacken pour la modique somme de 1,5€. Une bonne alternative aux bières pressions lorsque l’épaisseur du portefeuille commence à ressembler plus à un somalien en plein été qu’à un Bavarois après deux semaines d’Oktoberfest.


Beer over the world!

Au final, nous ne rentrons sur le site des concerts qu’en fin d’après-midi, alors que Der W occupe la scène et nous sert son rock allemand très… Allemand. Ceux d’entre vous qui ont déjà traversé le Rhin pour quelques semaines (ou plus) comprennent sûrement tout ce qui se cache derrière cet adjectif. Nos voisins teutons sont très attachés à leur scène rock et n’hésitent pas à l’exhiber autant que possible. Le problème est que ce style est complètement incompréhensible pour les non-Allemands…On aura beau nous expliquer qu’il s’agit du nouveau groupe du chanteur des Böhse Onkelz, rien n’y fait et nous décidons de battre en retraite en direction de la Party Stage pour découvrir l’intrigant « Secret Show » du jeudi. On s’attendait à un gros truc avec l’orga qui crée l’événement avec un groupe dont l’identité a été gardée secrète jusqu’au dernier moment… Et, rebelote, on a encore droit à du rock allemand. Le groupe s’appelle J.B.O. et le public semble ravi. Mais si la « Pink Attitude » du groupe et son sens de l’autodérision sont amusant cinq minutes, nous repartons bien vite du site des concerts et profitons de ce vide musical pour aller vider nos sacs au camping. A titre personnel, je me demande malgré tout la place qu’ont ces groupes dans un festival de metal aussi renommé que le Wacken. Surtout sur les plus grosses scènes. Soit, leurs paroles sont drôles et contiennent des références à notre musique favorite mais avec le son qu’ils ont sur scène, pas moyen pour les non-connaisseurs d’apprécier les paroles à moins de comprendre l’allemand…

Retour au camping qui s’est considérablement rempli depuis le matin même. Notre tente préhistorique, encore isolée le matin même, se retrouve maintenant cernée de toutes parts… Principalement de francophones. On a même le droit à des Clissonnais en voisins directs ! Le temps de faire l’aller-retour au camping et de me perdre trois fois en chemin, je suis de retour sur le site des concerts pour le début du show de Running Wild, un célèbre groupe de speed/heavy. Mais la foule se masse déjà pour Heaven & Hell, la grosse tête d’affiche du festival. D’ailleurs, la disposition quasi siamoise de cette scène et de la Black Stage (où se produit Running Wild) nous permet de ne pas perdre une miette du show des coureurs sauvages et, surtout, d’être dans l’ambiance. En effet, le groupe joue ce soir à domicile et fête ses 30 ans de carrière, le groupe ayant sorti son premier album en 1981. La foule est conquise d’avance et reprend en c?ur chacun des titres du groupe. Rolf Kasparek semble en forme et communique beaucoup avec son public. Le concert s’achève après une heure de show sur les hymnes que sont « Under Jolly Roger » et « Raise Your Fist » où la foule ne devient plus qu’un immense océan de poings levés sur lequel le corsaire de nos pirates se serait fait une joie de voguer. Pendant ce temps, mon collègue indien et quelques autres inconscients « savourent » la prestation de Lacuna Coil dont le créneau horaire se chevauche avec la prestation de Running Wild et le début de celle d’Heaven & Hell…


Le metal, c’est aussi ça.

Après une petite demi-heure d’attente dédiée à des débats stériles entre voisins (alors, H&H, c’est Black Sabbath ou c’est pas Black Sabbath ?) le quatuor entre en scène et nous assène directement « Mob Rules » pour mettre tout le monde d’accord. La setlist de ce soir est principalement puisée dans Deshumanizer. Pour le reste, on a droit au désormais classique « Bible Black » et à des solos de presque tous les musiciens, dont Vinny Appice. L’organisation étrange de sa batterie (avec des toms aussi au dessus de sa tête) donne un aspect spectaculaire à ce solo. Sorti de Vinny, Dio est très en voix et arrive à occuper la scène pourtant immense. Son charisme transpire même à travers les écrans géants qui ne se privent pas pour nous inonder de gros plans du sieur en train de chanter. A l’opposé, Geezer Butler se montre très discret. Si sa basse est très audible (chapeau à l’ingé son qui a réussi à nous proposer un mix d’excellente qualité), l’homme en revanche est quasiment invisible, éclipsé par le duo Dio / Iommi. Les solos de ce dernier ont littéralement transcendé le public. Le show se termine sur l’épique « Heaven & Hell ». Comme c’est la coutume en live cet été, la version proposée au Wacken avoisine les vingt minutes avec un excellentissime solo fleuve exécuté par Iommi sur fond d’images psychédéliques. Le jeu de lumières passe aussi à un autre niveau sur cette chanson où on sent que tout a été étudié dans les moindres détails pour que l’ambiance soit à son paroxysme. Le show s’achève à minuit après un rappel sous une ovation méritée du public. Subissant le contrecoup du voyage et de la nuit trop courte, nous rejoignons le camping pour une nuit méritée. Le bilan de cette première journée fut donc très positif. La seule vraie déception vient du fait que l’orga ait programmé Grand Magus en même temps que Heaven & Hell. Tous ces chevauchements sont pénibles et, sur celui-ci, les deux groupes s’adressent en partie au même public. Nous n’avons donc, de fait, pas pu apprécier la prestation des Suédois.

Le deuxième jour commence à 10h, lorsque le soleil matinal transforme la tente en sauna. N’ayant rien de prévu le matin, nous décidons d’arpenter le Metal Market puis d’aller faire quelques emplettes à la superette du village. Il est impressionnant de voir à quel point les habitants se sont habitués au festival en vingt ans. Maintenant, ils ont tous transformé leurs jardins en buvette ou en terrasse pour petit déjeuner. Des gamines tentent de se faire trois sous en vendant des tranches de cake 50 centimes alors que les personnes âgées ont installé leur fauteuil sur la rue et regardent amusés les hordes de festivaliers défiler avec leurs caisses de bières fraîchement achetées. Il y a même des habitants qui louent l’accès à leur douche pour 4€, dans l’hypothèse où certains false metalheads voudraient se laver (laver ma crasse ? Non mais et puis quoi encore. Le metal c’est aussi ca : l’odeur de transpiration et les poils sous les aisselles). La supérette est sans arrêt pleine à craquer de métalleux venus acheter leur bière encore moins cher que sur le site du festival (compter 60 centimes le demi litre pour la bière du fest, 25 centimes pour la moins chère) et la queue à la caisse paraît interminable. D’autant qu’une équipe de télévision tente d’interviewer la caissière au même moment…

C’est donc le sac rempli de boissons diverses que je rentre sur le camping. Après une journée majoritairement ensoleillée, la pluie semble revenir un court instant avant de repartir. Nous finissons par rejoindre le site du festival en fin d’après-midi, à la fin du set de Nevermore. Une bande d’exhibitionnistes recouverts de boue en profitent pour nous montrer leurs parties génitales et l’un d’entre eux ne trouve rien de mieux à faire que de m’enlacer chaleureusement, partageant ainsi toute sa crasse sur mon beau t-shirt neuf. J’arrive malgré tout à rejoindre vivant le site des concerts. Etant donné les goûts musicaux douteux que le pote indien a affichés la veille et n’ayant rien de mieux à faire, je l’emmène voir Dragonforce sur la Party Stage.


Wacken : terre de metal…et de business !

Et franchement je me suis surpris à prendre mon pied pendant ce concert ! Les mecs font le show, et semblent conscients du côté parfois ridicule de leur musique. Alors, ils en font des tonnes. Les musiciens courent dans tous les sens, sautent à tout va (des trampolines ont été installés sur scène), posent dès que possible etc. Une énorme mention spéciale pour le claviériste avec son pantalon moule-burnes jaune fluo, ses cheveux rouges et son clavier portable rose. Ils ont vraiment l’air de se faire plaisir sur scène et leur énergie est communicative. La foule, un peu amorphe au début (faut dire qu’il n’est « que » 18h) rentre petit à petit dans la danse. La plupart des incontournables y passent, et le batteur nous fait notamment une belle démonstration de sa vélocité sur « Fury Of The Storm ». Le show se termine sur le tube devenu culte grâce à Guitar Hero : « Thought The Fire And Flames », à l’intro revisitée à la guitare sèche pour l’occasion. La foule s’en donne à pleins poumons sur le refrain pour ce final. Bon concert mais seule ombre au tableau : les guitares légèrement sous-mixées et donc des solos qui se distinguent assez mal. Dommage : un peu plus de volume aurait pu le rendre vraiment bon.

Mon pote part ensuite en direction de la True Metal Stage pour se prendre un enchaînement Hammerfall / Bullet For My Valentine. Pour ma part, je choisi d’aller assister au show depuis le Biergarten, en savourant quelques litres de bière. Le Wacken est le seul endroit que je connaisse où les Allemands s’autorisent à servir la Heffe Weizen dans une Maß. En Bavière, un tel crime serait puni de la peine capitale… J’y rencontre un père de famille metalhead et son chanceux de fils : le paternel voulait aller au Wacken avec ses amis, et il a embarqué son rejeton et un de ses potes dans l’aventure. On a échangé à propos de tout et de rien pendant plus d’une heure, et il m’a confirmé ce que je pensais à propos des consos : même pour un festival allemand, les prix sont extrêmement bas. Etant allé au Rock Am Ring cette année, il m’a dit que les prix y étaient doubles. C’est marrant le trip festival : des rencontres, des discussions, des échanges.


Another metal warrior !

Bref, il est 21h30 quand je retourne sur l’aire des concerts pour assister au concert racoleusement annoncé comme celui de Motörhead feat. Fuel Girls. C’était mon premier concert de Motörhead et, je pense, aussi le dernier. J’ai compris avec ce show ce que les journalistes entendent derrière l’expression plus qu’utilisée de « groupe en pilotage automatique ». La sauce n’arrive pas à prendre. Le groupe est statique sur scène, Lemmy s’éclipsant toutes les quatre chansons, laissant le soin à ses musiciens de meubler ses multiples absences. On a presque l’impression qu’ils se font tous chier sur scène, et les quelques tentatives de blagues de Lemmy n’y changeront pas grand-chose. Dès la quatrième chanson, l’ennui me gagne (il faut dire que l’impression d’entendre toujours le même titre n’aide pas). Je reste donc encore un peu dans l’espoir de me rincer l’?il sur la plastique avantageuse des Fuel Girls. Mais, après 45 minutes de show, je n’ai plus d’espoir et décide en conséquence de rejoindre la W.E.T. Stage.

J’arrive peu après le début du show de Insidious Disease, le All-star-band regroupant, pèle-mêle, Groo de Morgoth, Silenoz de Dimmu Borgir, Shane Embury de Napalm Death, Tony Laureano (ancien batteur de Nile, Dimmu Borgir) et Jadar de Old Man’s Child. Au vu du CV des membres, on sait qu’on aura ni affaire à du jazz, ni a du power symphonique. Effectivement, c’est du gros death saignant qui nous est servi. Le son est bon, joué à un volume enfin métallique (le volume des scènes extérieures est ridiculement faible, même losque Motörhead joue) et le public, bien que peu nombreux, est réceptif. Avec Insidious Disease, on passe un excellent moment en les regardant broyer les oreilles des premiers rangs. Ce qui est plaisant avec le groupe, c’est de retrouver l’ambiance concert quasi absente des autres scènes. Il y a un véritable échange et une proximité avec le public que les autres scènes, du fait de leur configuration, ne peuvent pas avoir. Je comprends aussi à ce moment-là que si je suis venu ici, ce n’est pas pour voir des retransmissions sur écran, aussi géant soit-il. Pour ça, j’ai un lecteur DVD chez moi. Le show d’Insidious Disease est très court (à peine plus d’une demi-heure) et, une fois fini, je décide de descendre du comptoir afin de me rapprocher de la scène pour Eths.

Je réussi sans mal à truster le premier rang. Sans surprise, mes voisins sont tous français à l’exception d’un Allemand qui a décidé de se faire tous les concerts de ce soir contre la barrière de sécurité. Au moment où le groupe investit la scène pour faire ses balances, une grande partie du premier rang se met à chanter la Marseillaise. Ils seront bientôt suivis par une partie du second rang et l’écho finit par se propager plusieurs rangs derrière. Le guitariste commence ses balances et je comprends vite que mes oreilles vont en prendre pour leur grade. Impression renforcée lorsque le batteur passe derrière les fûts : chaque martèlement de grosse caisse fait office de crochet du droit. D’ailleurs, tous mes voisins se sont empressés de mettre leurs bouchons dès le début des balances. Plus lesdites balances avancent, plus je me dis qu’en fait ce n’est pas Eths mais Manowar qui va débarquer sur scène vu la puissance du son ! Le show démarre à l’heure prévue (23h35) par deux des classiques du groupe : « Samantha » et « Crucifère ». Le son est effectivement fort et massif, mais pas brouillon du tout. Seuls les passages en chant clair sont légèrement sous-mixés. La prod du groupe paraît même être meilleure en live que sur CD ! Elle est plus dynamique, moins plate et froide. Moi qui pensais qu’un groupe de néo chantant en français et jouant sur un festival allemand majoritairement orienté hard rock / heavy metal allait se voir bouder…Bien au contraire, l’énergie communicative fait se remplir la salle et le public se densifier. Il faut dire que leur horaire de passage n’est pas des plus évidents car, sur les autres scènes, se produisent In Flames, Epica et Mambo Kurt. Candice est en voix et est secondée par son bassiste tout aussi bon qu’elle pour occuper la scène. Le concert s’achève après 45 minutes sans temps morts. Une prestation convaincante.


Sarke

Une fois Eths sortis de scène, je reste contre la barrière de sécurité car c’est Sarke qui prend la relève. Sarke c’est le nom d’un multi instrumentiste ayant officié dans plusieurs groupes de black plus ou moins connus (Thullul, Khold, Valhall… ). C’est aussi le nom qu’il a donné à son groupe, dans lequel il est secondé par Nocturno Culto (est-il besoin de le présenter ?) au chant. D’ailleurs, le public identifie plus ce groupe par son chanteur que par son instigateur, comme le prouvent les « Darkthrone ! Darkthrone ! Darkthrone ! » scandés par la foule lors des balances du groupe. La WET Stage commence à être très remplie peu avant le début du show. Il faut dire que le seul concert alternatif à celui-ci est celui de Doro et que tout non-Allemand avisé se doit de fuir (mon pote indien est resté… Même lui n’a pas tenu tout le concert. Il a fui lorsqu’elle a tenté de reprendre « Breaking The Law » de Judas Priest et a été énervé le reste du week-end par ce qu’il considère être « la plus mauvaise reprise qu’il n’a jamais entendue »).

Le groupe investit la scène peu avant une heure du matin pour une heure de black/thrash old school. Sarke (le musicien) n’étant pas une pieuvre, il n’officie que derrière la basse sur scène, laissant la guitare à Cyrus (Susperia, Satyricon, Dimmu Borgir), les claviers à Anders Hunstad (Tulus) et la batterie à Asgeir Mickelson (Borknagar, Testament, Spiral Architect). Je n’avais jamais écouté le groupe avant d’aller au Wacken, et j’ai vraiment été envoûté par leur musique sombre et lente. Nocturno Culto bien qu’un peu éméché, arrive vraiment à développer une ambiance crasseuse avec sa voix. Au final, j’ai l’impression que l’heure de show passe en quelques minutes seulement. Après avoir épuisé leur répertoire, le groupe est rejoint sur scène par une autre légende du metal : Tom Gabriel Warrior des defunts Celtic Frost. Nocturno Culto prend alors la place de second guitariste et le show se termine sur « Dethroned Emperor ». Il est intéressant de voir à quel point cette chanson de Celtic Frost s’intègre bien à la playlist, l’ambiance étant sensiblement la même que celle développée par Sarke. Je sors doucement de ma léthargie contemplative sur ce dernier morceau pour shooter un peu Tom G.

Une fois que Sarke a quitté la scène, nous restons en première ligne pour Pentagram, censé investir la WET Stage 30 minutes plus tard. Mon départ au Wacken s’étant fait à la dernière minute, je n’ai pas vraiment eu le temps de le préparer et de planifier les groupes à voir. Je m’attendais à voir une légende du doom américain. Je me suis retrouvé devant un groupe de death chilien ! Sur le coup la stupeur est mêlée à de la déception : comment ai-je pu me tromper de groupe ? Me suis-je obstiné à penser que c’est le Pentagram américain qui passait ? En quête de réponse, j’ai plus tard ouvert pour la seconde fois le guide du festival. Le « stagiaire » qui l’a réalisé s’est planté : si la description est bien celle du groupe chilien, la photo qui l’illustre est celle du Pentagram américain. Sur le coup de la déception, je n’ai pas cherché à laisser une chance au groupe chilien et je suis parti au biergarten descendre une maß sur fond d’Amon Amarth.


Les mâles sont de sortie.

Une fois ma bière finie, je retourne sur le lieu des concerts assister à la fin du show des Vikings et retrouver l’Indien. Suite aux évènements relatés précédemment, il m’appelle pour me dire qu’il a déserté le fest pendant le concert de Doro. Je décide de ne pas rentrer de suite au camping mais de me faire une idée de la vie nocturne du festival. Au cours de mes déambulations, je rencontre un Canadien venu un mois en vacances en Europe. Il s’est débrouillé pour faire étape aux Wacken après le Hellfest. J’en profite donc pour avoir un avis extérieur : « entre les Français et les Allemands, c’est qui qu’a la plus grosse ? ». La réponse est sans appel, comme vous vous en doutiez, « c’est nous qu’on l’a plus grosse qu’eux ». Même s’il reconnaît l’organisation exemplaire du Wacken, il trouve le festival trop gros, presque déshumanisé. Le Hellfest, avec sa fréquentation moindre arrive à garder une âme. Quant à la programmation (j’y reviendrai plus tard), elle l’a aussi plus convaincu à Clisson qu’ici.

Après ce point de vue impartial, je retourne vers la WET Stage pour le Metal Karaoke. Après deux chansons, je fuis les oreilles en sang. Des Allemands bourrés qui reprennent (avec l’accent) du Priest ou du Maiden, c’est trop pour moi. Je garde les détails de cette scène karaoké pour mon psy et pars à la recherche de boisson alcoolisée pour oublier. Il est près de 4h du matin quand je réalise que je n’ai pas encore mis les pieds dans le village médiéval… Mais, forcement, à 4h tout est fermé… A l’exception des buvettes bien sûr. La plus imposante, à l’entrée, à la forme d’un drakkar et nous sert du sang viking dans les coupes en terre. Je me pose au comptoir et en commande une bolée. A ma droite, un groupe de Français parle d’ablation des testicules et de vidéos d’ouvertures de pénis au scalpel. Je décide donc d’entamer la conversation avec mon voisin de gauche, un quadra allemand travaillant dans le bâtiment. S’ensuivent deux heures de discussions de comptoir aussi intéressantes… que des discussions de comptoir. Je finis par refaire un tour sur le site déserté et rentre finalement me coucher à 7h, alors que le soleil brille déjà dans le ciel.

Réveil à 10h samedi matin, après 3 longues heures de sommeil, pour le dernier jour de festival. Mon collègue indien m’implorant de le laisser dormir plus, je pars directement visiter le village médiéval (de jour cette fois). J’y arrive alors que la bataille fait rage entre deux groupes de chevaliers. Je profite du spectacle avant d’aller chercher un thé noir dans une échoppe. Une fois le thé fini, je déambule dans les allées de cette partie du festival que le temps semble avoir oublié. L’endroit, décentré par rapport au c?ur des hostilités, est beaucoup plus calme. Il est facile d’y trouver une place assise et de décompresser. D’autant que contrairement aux deux jours précédents, la météo de ce samedi se montre clémente dès le matin. Sur le marché médiéval, on trouve des vendeurs de bijoux et de vêtements de style moyenâgeux, des fausses armes pour le jeu de rôle grandeur nature, des cornes gravées, des runes nordiques… Et surtout des tavernes. Une partie d’entre elles proposent d’ailleurs un service qui m’a surpris : des bains au même endroit que celui où les gens boivent. Ainsi, il y était possible de boire sa bière en barbotant à poil dans un bon bain chaud. L’autre particularité du marché médiéval est d’avoir des prix encore plus bas que celui du festival. Ainsi, il est possible d’y trouver son coca pour 1,5€ et une grosse tranche de quiche pour 2,5€. Après avoir repris une coupe de sang Viking au drakkar dans le but de me donner des forces pour la journée, je retourne au Metal Market voir les CDs en attendant le show de Cathedral à 14h15.


Florian au coeur des ténèbres !

Ce que je ne savais pas, c’est que le Metal Market couvert abritait aussi une scène, et que sur cette scène se déroulait un strip-show « matinal » pour réveiller nos cerveaux encore embrumés de la veille. J’abandonne bien vite ma recherche musicale pour tenter de trouver une bonne place près de la scène. On aura droit à deux demoiselles pour l’effeuillage matinal. La première se la joue « flamenco-style ». Elle est pas dégueu, mais fait vraiment actrice porno. Pas très glamour ni très chic, avec ses trois piercings sur l’autel de Vénus. Elle a cependant pour elle d’être soutenue par une bande-son avantageuse : Il n’y a qu’au Wacken que les strip-teaseuses se déhanchent sur du Manowar ! Elle a aussi le mérite de nous mettre dans l’ambiance pour la seconde qui, elle, est une vraie bombe sexuelle ! Tenue glamour noire sur un corset en latex, je dis oui. En plus elle a des yeux magnifiquement pervers qui ont le don de faire monter la température. Alors quand la demoiselle a eu besoin d’un partenaire masculin, vous comprendrez aisément que, par pur intérêt journalistique, je me sois dévoué pour la seconder. Je monte sur scène, elle m’assoit et c’est parti pour la suite du show aux premières loges. Un petit coup de lapdance par ci, une aide à l’effeuillage par là, ce show fut un autre grand moment du fest ! Je suppose un peu moins pour le reste de l’audience qui devait me maudire d’être à cette place…


Cathedral

Suite à ce show épique, je me dirige vers la Black Stage pour Cathedral. Le strip-show m’a légèrement fait rater le début de la prestation des Anglais. De mémoire, j’arrive devant la scène alors que le riff d’introduction de Oro « The Manslayer » retentit. Le public est parsemé (pour ne pas dire que le concert est déserté… Il semblerait que ce soit dû au concert que donne Onkel Tom au même moment). Cela me permet, même en arrivant après le début du show de me faufiler jusqu’à la barrière de sécurité, légèrement décentrée à gauche de la scène. Le groupe envoie quand même la sauce… Du moins sur ce début de concert. Suite à quelques titres assez heavy, le groupe change complètement de registre en milieu de concert pour mettre en avant sa facette la plus doom. Plusieurs secondes s’écoulent entre chaque frappe de Brian Dixon, les guitares deviennent hypnotiques et Lee Dorian semble habité par sa musique. Il reprend quelques gimmicks connus et souvent ridicules (mimer une pendaison avec le micro, se mouvoir comme un zombie avec le micro enfoncé dans la bouche). Mais la manière dont il le fait, soutenu par leur musique la plus tortueuse, donne vraiment une aura malsaine à sa prestation. D’une manière générale, Lee Dorrian ne semble pas respirer la joie de vivre lors de ce concert et semble presque possédé par sa musique. Même après cet interlude plus doom que doom, lorsque le groupe re-embraie sur des titres plus heavy (dont le stoner-pop joyeux de « Corpsecycle » que n’aurait pas renié un groupe comme Torche), Lee semble rester possédé. Le concert s’achève après une heure de show. Le constat est mitigé : autant la construction de la playlist est appréciable ainsi que son interprétation, autant rentrer dans l’ambiance du show s’avère délicat. Ceci est probablement dû à la taille de la scène ainsi qu’aux conditions d’ensoleillement exemplaires de ce début d’après-midi qui ne sied pas vraiment aux ambiances développées par le groupe.

Dans la foulée, je retourne sur le village médiéval pour quelques activités ludiques mais je calcule mal mon coup puisque je retourne sur l’espace concerts à la fin du set de Volbeat (que je voulais voir). Et ce juste au moment de la reprise de « Raining Blood » de Slayer qui clôtura leur show ce jour là. Je reste cependant pour écouter Machine Head qui joue juste après. J’étais d’autant plus impatient que j’ai adoré The Blackening, leur dernier album. Mais, dès le début, quelque chose ne prend pas. Je ne sais pas si c’est le son, le fait que je sois loin de la scène ou la fatigue, mais je quitte la foule dès la seconde chanson. Ayant un peu de temps libre avant Gwar, j’en profite pour tenter de négocier à la tchatche un décollage sur le bar Jägermeister suspendu à plus de 50 mètres au-dessus de la foule. La vue d’en haut est tout simplement magnifique et je profite ainsi du show de Saxon depuis le ciel.


Le Wacken vu du ciel !

Je retourne sur le lieu des concerts peu avant Gwar, dont je choisis le point de vue plus en fonction des écrans géants que de la scène. On connaît la réputation live du groupe…Si leur humour cracra, mené comme une sorte de Celebrity Deathmatch ultra gore fait mouche, il n’en va pas de même de leur musique. Heureusement que les jeux de scène sont nombreux car, musicalement, on s’ennuie ferme. Mais l’impertinence avec laquelle ils démontent tout le monde (enfants, présentateurs, Hillary Clinton, Obama, eux-mêmes…) et les gerbes de sang monstrueuses qui arrosent les premiers rangs compensent ce désintérêt musical. Le son est bon, les musiciens en place, les compos intéressantes… Le groupe, qui devait s’arrêter à 01h50 pour laisser place à l’organisateur annonce à l’heure dite qu’ils vont encore jouer deux chansons. Et quelles chansons ! L’une d’elle a dû durer plus de dix minutes, et voit entrer en scène d’autres extraterrestres venus les défier et un T-Rex géant qu’ils finiront par pourfendre dans des gerbes de sang. Après cette chanson, alors que Subway To Sally aurait déjà dû commencer son set, ils embrayent sur un dernier morceau de bravoure avant de quitter la scène. Au final, ils ont largement dépassé l’horaire indiqué sur le plan, occultant complètement les remerciements des organisateurs et retardant le concert des Subways sur la True Metal Stage (???). Comme quoi, il ne faut jamais faire confiance à des ex-punks.

Subway To Sally investit donc la scène principale vers 02h10 pour clore le festival. Je profite de leur entrée en scène pour fuir (encore) au biergarten où je fais la connaissance d’un mec complètement bourré (très sympa au demeurant) qui tient à me parler de trucs complètement incohérents (un peu comme le vieux de la scène des chiottes dans La Haine). Je fais abstraction et réalise ce qui est en train de se passer (ou plutôt de ne pas se passer) : Subway To Sally, la lie du Folk-Rock termine la vingtième édition du Wacken, le soi-disant plus gros festival du monde ! Que se passe-t-il ? Comment se fait-il qu’un évènement aussi important que le vingtième anniversaire d’un festival aussi gros que le Wacken se retrouve avec une programmation aussi pauvre ?!

Un bilan s’impose, et comment ne pas faire le parallèle avec le Hellfest, un de ses concurrents directs le plus important. Le Hellfest, après seulement quatre ans d’existence, nous offre sur un plateau en argent des têtes d’affiches aussi importantes que Mötley Crüe, Heaven & Hell, Marilyn Manson, Dream Theater, Europe et Manowar (!!!). Le Wacken, pour fêter ses 20 ans nous offre… Quasiment rien. Heven & Hell aussi présents sur le Hellfest, Motörhead et un show d’adieu de Running Wild. Pour le reste, on a presque uniquement droit a des jeunes en train de monter (ce qui est bien, mais ils n’ont pas encore les épaules pour assumer le haut de l’affiche d’un festival censé avoir cette envergure) et à des vieux refusant d’admettre qu’ils ont fait leur temps. Même au niveau des groupes plus indés, le Wacken joue la carte de la facilité en sortant au final peu de groupes intéressants, se contentant principalement d’aligner les « superbands » et les projets parallèles de Mr X du groupe Y. Cette programmation aussi délicieuse qu’une currywürst achetée chez le Turc au petit matin a vraiment fait mauvaise figure. Tout le monde s’accorde à dire que c’est la pire programmation jamais vue à Wacken depuis longtemps. Le fait qu’elle soit pour le vingtième anniversaire du fest laisse augurer le pire pour la suite. Le plus triste dans cette histoire est qu’aucun des Allemands avec qui j’ai pu discuter tout au long du festival n’a entendu parler du Hellfest. Il n’empêche que, je le dis et le répète, la programmation de cette année était une honte.


Que la flamme du Wacken brûle !

Sorti de la prog, il reste que le fest est un expérience à vivre pour tout métalleux. C’est un peu un village hors du temps d’irréductibles buveurs de bière. L’ambiance est terrible, et les activités hors concert très variées (tant et si bien que malgré le peu de concert que j’ai suivi intégralement, je ne m’y suis jamais ennuyé). L’expérience, servie par une orga exemplaire, reste très positive. Je ne regrette pas un instant d’y être allé. Cet immense rassemblement (80 000 personnes tout de même) a un furieux goût de reviens-y. Il est aussi bien placé au niveau du calendrier : la première semaine d’août est celle qui suit la fin des examens en Allemagne (contrairement au Hellfest qui est pendant leur période de partiels).

Le bus nous ramenant à Munich partant à 8h, je rejoins mon Indien préféré et nous décidons de faire nuit blanche avant de plier la tente aux premières lueurs de l’aube. Comme le veut une des traditions stupides du Wacken, une partie de nos voisins brûlent leur tente avant de quitter le site. Nous déambulons dans la ville où nous croisons, vers 6 heures, des étrangers éprouvant des difficultés à communiquer avec une épicière ambulante allemande. Parlant plus ou moins couramment Allemand, je vais l’aider à résoudre son problème de sandwich au poisson et on taille le bout de gras. Il s’agissait en fait d’Eyal Ben Shushan, le bassiste du groupe israëlien Ferium.


Les Ferium au Wacken.

Extrêmement sympathique, le bassiste accompagné de deux potes m’explique qu’il n’en revenaient toujours pas d’être là. En effet, pour leur premier concert en dehors d’Israël, le groupe a joué au Wacken ! Le bassiste m’explique qu’ils ont l’impression de vivre un conte de fées. Espérons pour eux que le futur continue de leur être favorable (d’autant qu’il s’annonce long. Sans vouloir m’avancer dans des suppositions hasardeuses, le bassiste semble avoir 16 ans. Fouler les planches du Wacken à cet âge peut vraiment laisser augurer du bon pour la suite). Je finis de profiter de cette matinée hors du temps, où le festival est déjà fini mais où l’après-festival n’a pas encore commencé…Je laisse donc le soin à mon camarade de plier la tente pendant que j’observe la brume matinale se lever sur le camping presque déserté. 22 heures plus tard je serai s chez moi, des souvenirs plein la tête, laborieusement rassemblés sur une feuille de papier. Et, malgré le souci de la programmation, il reste une furieuse envie d’y retourner…


We’ll be back!



Laisser un commentaire

  • Arrow
    Arrow
    Tool @ Hellfest
    Slider
  • 1/3