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Chronique   

Wakrat – Wakrat


Wakrat - WakratTim Commerford, alors qu’il forme avec Brad Wilk, la pierre angulaire rythmique de RATM, Audioslave et Prophets Of Rage, permettant à Tom Morello toutes les folies guitaristiques imaginables, a décidé de changer de perspective en devenant la tête de gondole de sa propre formation. Il se découvre ainsi avec Wakrat (qui est le nom de famille du batteur français du groupe que Tim trouvait parfait pour un nom de groupe) des talents de frontman, lui qui a vécu des années derrière le charisme imposant de figures du rock telles que Tom Morello, Zach de La Rocha ou Chris Cornell. C’est avec deux français – Mathias Wakrat et Laurent Grangeon -, avec qui il partage la passion du VTT, qu’il monte cette formation à trois têtes, pour livrer un propos direct, rentre-dedans, poursuivant l’art de la rébellion du haut de ses quarante-huit printemps, avec toujours autant de fraîcheur qu’à ses débuts.

Ce qui surprend d’entrée à l’écoute du son de Wakrat, c’est la réelle personnalité vocale de Tim Commerford. Le chant est bien placé, déterminé, avec un grain particulier, un phrasé très engagé sans anicroche majeure, se positionnant évidemment pas très loin du chant de RATM ou de Cypress Hill, même s’il ne s’agit pas ici de rap mais bien de mélodies rock énervées et avec une personnalité réelle. Dès les débuts également, on retrouve les groove à la Rage sur un rythme cependant beaucoup plus punk, qui peut même parfois brièvement évoquer certaines intentions d’un Dillinger Escape Plan, sans en avoir l’imprédictibilité, notamment dans le jeu de Mathias qui allie efficacité et une certaine sophistication (« The Number », « Knucklehead »). Wakrat est un projet sans concession, faisant la part belle à la colère et à la spontanéité, qui donne au disque cet aspect assez savoureux, quand on connait l’âge de ses auteurs, de brûlot de rage adolescente.

L’esprit musical de ce premier court album (neuf titres pour une trentaine de minutes) lorgne très clairement vers les années 90, lorsque metal, rock et hip-hop parcouraient les mêmes contrées. Du groove pas loin d’un Suicidal Tendencies (« Nail In The Snail »), des riffs agressifs d’inspiration metal (« Sober Addiction »), des paroles simples, très compréhensibles et explicites (« Generation Fucked ») le tout déclamé en synchronisation avec les solides riffs de basse pour permettre à Tim C. d’exécuter correctement les deux ensemble, voilà le tableau d’un Wakrat qui explose parfois sans limites (« Knucklehead », « La Liberté Ou La Mort »). Au rang des originalités, on peut aisément placer ces notes de guitares aigües dissonantes couplées au vrombissement inquiétant de basse (« Generation Fucked », « The Thing » dont les effets sur la guitare donnent une impression presque électro), qui produisent une ambiance sombre et malsaine de mutinerie sanglante. L’assise rythmique se fait, quant à elle, toujours évidemment sur ce couple basse-batterie cher à Tim C., qui se fait dûment ressentir à la fois dans la composition et dans le mix final.

A la fois puissant, énergique, sans concession ni prise de tête, le premier album de Wakrat est frontal et bien réalisé, sans défaut essentiel, sinon celui de ne rien inventer de résolument neuf. Mais qui peut se targuer aujourd’hui d’un tel apport à la musique ? Comme le dit lui-même Tim, cette première offrande est issue d’une démarche honnête et sans ambages qui s’écoute avec plaisir, dans un univers lexical révolté et une atmosphère musicale qui fleure bon les 90’s, sans arrangements surannés ni sophistication accessoire inutile.

L’album en écoute intégrale :

Album Wakrat, sorti le 11 novembre 2016 via Earache Records. Disponible à l’achat ici.



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