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Interview   

Walking Dead On Broadway brise ses liens


Walkign Dead On BroadwayQu’il est bon de trouver des perles dans le mic-mac abracabrantesque qu’est le deathcore d’aujourd’hui. Ne nous méprenons pas, énormément de groupes sortent aujourd’hui de très bons albums, de nombreux réussissent à ajouter leur petite touche personnelle qui apportera de nouvelles sonorités, mais beaucoup plus ressassent la même sauce et les mêmes codes, ayant peur de se réinventer ou tout simplement voulant faire de la musique qui marche à coup sûr, sans prendre de risques.

Après un premier album bien ancré dans les mémoires intitulé Aeshma, Walking Dead On Broadway revient sur le devant de la scène, déversant à nouveau sa haine pour l’humanité de manière transcendante et directe, sans pour autant s’en exclure. Michael, guitariste du groupe, nous en parle : « Nous ne sommes pas ‘dégoûtés’ par l’humanité et nous en faisons partie. Nous ne sommes pas des modèles parfaits. Nous faisons nos propres erreurs et nous apprenons de celles-ci. Mais en accumulant tout, il y a tellement de choses qui ne vont pas dans ce monde que tu pourrais écrire mille albums sur le sujet. Nous pensons que nos sujets collent avec notre musique, de la musique extrême pour des sujets extrêmes. »

Le 11 novembre prochain, les allemands de Walking Dead On Broadway sortent leur deuxième album intitulé Slaves, et le moins que l’on puisse dire est que leur message est clair : « La ligne directrice de Slaves parle des gens qui sont manipulés et de ceux qui manipulent. Notre société est aveugle et la plupart des gens à travers ce monde se laisse contrôler car ils pensent que c’est la solution pour une existence en toute sécurité. Mais c’est faux. Tout le monde devrait se faire son truc personnel, et ne pas écouter les politiciens, les religions ou les médias. Construisez votre propre opinion, tracez votre propre chemin et ne soyez pas esclaves des ‘Seigneurs’. » Mais le quintet ne s’arrête pas là, et l’humain est beaucoup plus qu’un esclave pour lui : « Slaves est juste un hyperonyme pour la plupart des gens dans notre société. Nous devenons des esclaves au travers de notre comportement de tous les jours. Nous sommes tellement dépendants de la technologie, de la religion et de la politique. Par exemple, certaines personnes sont tellement bizarres sur nos réseaux sociaux : ils prennent une photo sur Instagram et la suppriment ensuite si elle n’atteint pas un gros nombre de likes. C’est un des aspects dont nous traitons dans la chanson ‘Cage’, car ces gens créent et vivent dans leur propre cage. » Pour autant, les allemands ne considèrent pas en savoir plus que d’autres, même au regard du lourd passé de leur pays natal, marqué par la folie humaine : « Nous ne sommes en aucun cas responsables pour les horribles crimes que nos ancêtres ont commis. Nous avons notre propre pensée et c’est aussi une grande partie de notre musique. Nous sommes bien au courant de la folie humaine mais nous n’avons pas de point de vue spécial parce que nous sommes allemands. Nous sommes tous des personnes qui vivons sur la terre nourricière. »

Walking Dead On Broadway - Slaves

« Slaves est juste un hyperonyme pour la plupart des gens dans notre société. Nous devenons des esclaves au travers de notre comportement de tous les jours. »

Quant au processus d’écriture et au son de l’album, le groupe n’a cessé de progresser depuis la sortie de leur premier opus : « Pour ce nouvel album, nous avons appris la plupart des choses en tournée durant ces deux dernières années. On a beaucoup parlé de plans et de la perception pour l’album suivant pour que tout le monde puisse s’imaginer le chemin que nous allions emprunter et ce que nous devions améliorer. Le processus de travail était meilleur que pour Aeshma mais je pense que c’est normal pour un deuxième album car tu es davantage à l’unisson. Max et moi écrivons les chansons au début et nous essayons des riffs. S’il y a une bonne idée nous travaillons ensemble et nous élaborons les détails à la guitare. Si nous pensons que c’est bon, nous travaillons alors avec les autres gars tous ensemble et nous nous attardons sur les détails rythmiques avec notre batteur, par exemple du shred simple ou des triolets. A la fin, nous travaillons sur les voix en essayant beaucoup de choses différentes. Dans l’ensemble, il n’y a pas une si grosse différence avec Aeshma, nous sommes juste plus pointilleux [rires]. » L’approche du son et de son contenu aura, lui, évolué avec le temps tout en restant fidèle à la pensée générale du combo : « Evidemment que nous voulions écrire le breakdown le plus lourd au début de l’histoire du groupe. Nous avons évolué au fil du temps en tant que musiciens et en tant que personnes. Nous sommes plus ouverts d’esprit avec la musique que nous écoutons. Nous tirons beaucoup de nos influences dans le processus d’écriture des chansons en laissant les choses se produire beaucoup plus qu’à l’époque »

Le groupe nous parle ensuite de la scène deathcore actuelle et du ressenti du combo sur leur parcours avec les plus grands. En effet, le genre étant souvent critiqué, il nous paraissait intéressant de demander l’avis d’un groupe relativement jeune, mais riche en expérience, qui plus est ayant tourné avec les plus grands noms du genre, comme Whitechapel ou Suicide Silence : « [La scène deathcore] n’est pas aussi grande qu’il y a cinq ans, pour sûr. Beaucoup de grands noms de ce genre ont évolué vers quelque chose de bien plus recherché que du deathcore pur et brut. Personnellement, nous pensons que c’est quelque chose de bien, parce que ça devient ennuyeux quand un groupe nous ressert la même chanson année après année. » Il poursuit : « Evidemment que nous étions super excités de partager la scène avec des groupes qui étaient la raison pour laquelle nous nous sommes lancés à jouer de la musique heavy. C’était comme un rêve devenu réalité ! Nous sommes très reconnaissants pour chaque seconde passée en tournée avec eux et nous espérons que ce n’était pas la dernière fois. »

Et pour finir, un conseil ou deux pour les groupes émergents ? « Le tracé de base est toujours le même. Le travail, la passion et la continuité. Ça n’a aucune importance si vous êtes le millième groupe de deathcore, tant que vous mettez toute votre passion dans chaque aspect de la vie du groupe. »

Interview réalisée par email le 12 otobre 2016 par Valentin Istria.

Page Facebook officielle de Walking Dead On Broadway : www.facebook.com/wdobmetal

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