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Live Report   

Wardruna : l’appel du corbeau blanc


Par un chant grave et lointain, l’appel du corbeau blanc guide tout un chacun à travers les forêts et invite à ne plus faire qu’un avec les arbres les peuplant. Il suffit de tendre l’oreille, d’aller au plus près de la nature et d’errer en son sein pour qu’elle nous parle. C’est ce que Warduna a toujours transmis par sa musique, et la sortie de Kvitravn le 22 janvier 2021 ne fait pas exception.

À l’occasion de ce dernier opus, et compte tenu des restrictions sanitaires condamnant les concerts à n’être plus que de beaux – et parfois sombres – souvenirs, les artistes de Wardruna ont choisi l’alternative du live stream pour pallier au mieux le manque de la performance scénique, tant pour eux que pour leurs fans. C’est donc le 26 mars 2021 que le public a pu suivre cet événement de chez lui, s’appropriant le confort de son visionnage, au gré de ses envies. Nous avons pu assister à ce concert en même temps que plein d’autres âmes errantes, en quête de reconnexion avec leur existence, à travers le monde. Le Live Stream était enregistré, donnant ainsi la possibilité de le visionner dès sa sortie à 21 heures, ou à loisir pendant les 48 heures suivantes.

Un loisir, c’en a été un particulièrement agréable et immersif que nous a offert le groupe. Au-delà de la distance que de telles circonstances entraînent, Wardruna sait tellement bien capter l’attention de son auditoire par sa musique transcendantale que le plaisir de la voir performée sur scène et de comprendre l’étendue de sa complexité et de sa simplicité matérielle n’en est que plus réjouissant.

Avant le commencement des hostilités, une courte interview d’Einar Selvik est donnée, lui permettant de s’exprimer sur sa relation avec la nature, sur son travail de transcription en musique des sensations qu’il ressent lors de ses balades forestières ainsi que sur la dimension animiste qui enrichit ses œuvres et participe de sa philosophie de vie. Il insiste sur l’essence même de son art qui, bien qu’aux allures ancestrales, reste de la musique pour les êtres humains d’aujourd’hui et non ceux d’une période spécifique. Musique qui, selon lui, a pour dessein de permettre d’« apprendre du passé et non pas de le copier en espérant faire quelque chose de mieux ».

Puis le live stream s’ouvre sur le titre « Kvitravn ». Dès les premiers instants le décor est posé par la projection d’un grand corbeau blanc en fond de scène, projection qui ne cessera d’évoluer au fil des titres afin de correspondre à l’esprit que chacun dépeint. Einar se tient au milieu de la scène et Lindy Fay Hella à sa droite. Celle-ci use de sa voix remarquable et inimitable dont le timbre nous transperce et dont les phrasés semblent si complexes. Tandis qu’Einar alterne entre une lyre de kravik et un tagelharpa pour s’accompagner, en plus d’émettre son chant sacré. Un chant pour la nature mais aussi à travers elle et ses rudiments lorsque l’on voit que certaines percussions ne sont exécutées que sur de simples bâtons de bois. Einar Selvik s’entoure encore d’une choriste à sa gauche, de deux percussionnistes et deux instrumentistes en fond, maniant avec perfection l’emblématique nickeldharpa ainsi que la guimbarde ou encore cet immense et impressionnant instrument scandinave qu’est la lure. Celle-ci est à l’honneur lorsque est joué « Urur », tiré de l’album Runaljod – Ragnarok, car bien que le concert soit introduit et conclu par les morceaux phares de Kvitravn, le groupe ravit l’assemblée par une alternance de titres issus de chacun de leurs précédents albums.

Le son est accompagné de jeux de lumière changeants, parfois envahissant la scène de bleu sur « Isa », parfois enivrant le spectateur de flashs frénétiques calqués sur le rythme pour « Rotlaust Tre Fell », mais toujours excellemment adaptés. À la lumière s’ajoutent les mouvements de caméra qui offrent des points de vue variés dans des mouvements fluides, faisant corps avec la scène et servant les mélodies sans omettre de positionner son optique sur les artistes les jouant. L’ensemble forme un tout inextricablement lié et uni à l’écran par un montage qui intercale entre chaque morceau le titre et un extrait de ses paroles avant qu’il ne soit joué, ce qui a pour effet de donner un aspect quelque peu narratif au concert.

Bien que l’on puisse regretter la spontanéité et l’émulsion que seul un concert entouré de chair et d’os dégage, Wardruna a tout de même su connecter les gens autour d’un show de qualité. Le public a ainsi pu, le temps d’un concert, s’échapper et faire rêver son esprit à l’orée d’un bois.

Setlist (setlist.fm) :

Kvitravn
Skugge
Solringen
Bjarkan
Raido
Voluspá (Skaldic Version)
Isa
UruR
Grá
Vindavlarljod
Rotlaust Tre fell
Fehu
Helvegen



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