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Interview   

Watain : vingt ans à nourrir le feu


Rien ne semble pouvoir freiner les Suédois de Watain : depuis leurs débuts il y a vingt ans, le succès du trio infernal n’a cessé de prendre de l’ampleur, jusqu’à dépasser les limites du seul monde du black metal. Le tout en s’autorisant toutes les expérimentations possibles, lorgnant volontiers du côté du rock le plus accrocheur, et sans jamais édulcorer son message, un satanisme théiste à la Dissection clairement revendiqué. Plus que tout autre groupe, il incarne les fantasmes qui tournent autour du black metal : est-ce de l’art ou du (sang de) cochon ? Pour Erik Danielsson, le leader du trio, la question ne se pose même pas : Watain est une entité dotée d’une volonté propre, incorruptible, comme le prouve un Trident Wolf Eclipse brutal et sans compromis.

Avec lui, nous sommes revenus sur la genèse de cet album qui en dépit de l’urgence qui en émane, s’est un peu fait attendre, mais aussi sur le parcours accompli par le groupe, qui fêtera en 2018 ses 20 ans. Réfléchi, ne perdant jamais une occasion d’emprunter les fanfaronnades de son personnage de scène mais pouvant aussi faire preuve de sensibilité et d’une certaine mélancolie, il nous parle de son parcours, de la trajectoire du groupe, de perte et d’espoirs déçus, et surtout, encore et toujours, de ce qu’est Watain.

« [J]e trouve que le nouvel album évoque plutôt une grotte en fusion ou une pluie de roches. […] Ce n’est ni une allusion à notre passé, ni une allusion à notre futur, c’est juste l’ici et maintenant. »

Radio Metal : Depuis Rabid Death Curse, vous avez sorti un album de manière très régulière tous les trois ans. Trident Wolf Eclipse en revanche vous a pris cinq ans. Est-ce que vous vouliez prendre votre temps après le succès de Lawless Darkness puis The Wild Hunt ?

Erik Danielsson (chant & basse) : L’atmosphère et le feeling global de The Wild Hunt était vaste, épique pourrait-on dire, donc il lui a peut-être fallu un peu plus de temps que les autres albums pour accomplir sa trajectoire et faire ce qu’il avait à faire. Nous nous sommes rendus compte au bout d’un moment que ça allait prendre un peu plus de temps que d’habitude, nous avons énormément tourné et puis il fallait que nous allions jusqu’au bout, mais lorsque finalement nous sommes retournés en salle de répétition et que nous nous sommes mis à écrire pour ce nouvel album, les choses sont allées assez vite, en fait. Trident Wolf Eclipse a été fait en une bonne année, je dirais. Même si certaines idées étaient assez anciennes, et avaient été en nous depuis un moment, les chansons telles que tu peux les entendre sur l’album ont été enregistrées en un temps assez bref.

Est-ce que c’est le fait que The Wild Hunt vous ait occupé si longtemps qui a pu permettre à vos idées de mûrir et donc vous permettre d’enregistrer aussi vite ?

Je crois que nous avons décidé de faire les choses très rapidement, de sauter plein d’étapes pas vraiment indispensables du processus, et de nous diriger vers ce qui nous semblait le plus juste. Le principal, c’était vraiment de faire ce que nous voulions pour cet album, ce qui nous semblait nécessaire. Nous voulions faire quelque de chose de plus rentre-dedans, plus direct.

Est-ce que c’est pour cette raison que cet album est le plus court de votre carrière, et qu’on n’y trouve plus de longues chansons épiques du genre « Stellarvore » ou « Waters Of Ain » par exemple ?

Peut-être, je ne sais pas ! Nous avons écrit des chansons, et il s’est trouvé qu’elles étaient plutôt courtes. Nous n’y avons pas vraiment réfléchi. Peut-être que le prochain album, ce sera deux chansons de 40 minutes, je n’en sais rien du tout, le résultat est toujours différent. Ce n’est pas quelque chose que nous pouvons contrôler, ça dépend surtout de ce qu’il se passe durant le processus créatif. C’est comme ça que nous vivons : nous ne planifions pas à l’avance, nous ne travaillons pas dans un but précis, nous essayons seulement de travailler de la manière la plus sincère et authentique qu’il soit durant tout ce processus.

L’agressivité et la brutalité de Trident Wolf Eclipse fait un peu penser à vos premiers albums. Est-ce que le fait d’avoir rejoué Casus Luciferi dans sa totalité en live en début d’année a eu une influence sur ce nouvel album d’une façon ou d’une autre ?

Honnêtement, je ne crois pas, en fait. À mes yeux, cet album est bien plus dur et brutal que ce que nous avons pu faire par le passé, et comparé à Trident Wolf Eclipse, Casus Luciferi est très soft, finalement. Pour moi, c’était un album plutôt onirique, grand et épique pour ainsi dire, très spirituel, avec une atmosphère sacrée, presque digne d’une cathédrale. À l’inverse, je trouve que le nouvel album évoque plutôt une grotte en fusion ou une pluie de roches. Personnellement, je ne vois pas trop de lien avec nos travaux précédents parce que c’est tout simplement l’expression d’où nous en sommes en ce moment. Ce n’est ni une allusion à notre passé, ni une allusion à notre futur, c’est juste l’ici et maintenant. Voilà comment ça sonne.

Est-ce que tu penses que les gens en général et les musiciens en particulier ont tendance à trop se tourner vers le passé ou le futur au lieu de se concentrer sur l’instant présent ?

Oui [hésitant]… Parfois ça peut aussi être une bonne chose, je suppose. Je suis sûr que pour beaucoup de groupes c’est bénéfique de s’y prendre comme ça, mais en ce qui concerne Watain, nous avons toujours la volonté de faire ce qui nous semble le plus sincère et le plus pertinent sur le moment. Il n’y a jamais rien eu d’autre qui entrait en compte. La dernière chose que nous voudrions faire, c’est d’essayer d’écrire de la musique comme nous le faisions quand nous avions seize ans ; à mes yeux, ce serait stupide [rires]. Pourquoi faire une chose pareille ?! Nous cherchons plutôt à suivre notre chemin pour voir où il va nous mener. Là, essayons telle chose, et nous verrons.

Le trident a toujours été le symbole de Watain – comme le loup et l’éclipse d’ailleurs – mais cette fois-ci, tant avec le titre qu’avec la pochette, il est mis en avant plus que jamais. Qu’est-ce que ce symbole signifie pour toi, et pourquoi le revendiquer plus que jamais avec cet album ?

Je crois que le trident a toujours été mis en avant dans Watain, ça a toujours été le symbole du groupe. Le loup et l’éclipse aussi sont des symboles centraux depuis très longtemps ; le loup, l’éclipse et le trident, c’est ce qu’il y a sur nos backpatches, sur les tatouages qu’il y a sur nos bras depuis des années… Pour moi, il s’agit de revendiquer ces symboles plutôt que de les cacher. C’est ce qu’est Watain, ce sont nos symboles et nous en sommes très fiers. Nous avons beaucoup de respect pour eux, et nous nous sentons très humble face à ce symbole du trident que nous avons chargé avec énormément de pouvoir au fil des années. À mes yeux, c’est quelque chose de très fort. Je les ai en permanence avec moi, sur moi. Je suis conscient que nous avons de la chance d’avoir des symboles aussi forts, ce n’est pas le cas de tant de groupes que ça. Concernant le titre Trident Wolf Eclipse, je pense que nous avions envie de résumer non pas l’album mais Watain dans son ensemble. C’est ce que doit être chaque album de Watain, d’ailleurs : un résumé de ce que nous sommes et de ce qui nous définit.

« C’est une histoire de force, d’une force qui existe en permanence, qui gagne en puissance, et se précipite vers l’avant sans jamais vraiment regarder en arrière. C’est comme ça que je ressens Watain. »

L’une des choses qui a le plus fait couler d’encre à propos de The Wild Hunt a été le chant en voix claire, et plus largement la dimension rock de l’album. Ca donnait l’impression que vous ouvriez de nouvelles voies à explorer, mais vous n’avez pas poursuivi dans cette direction avec Trident Wolf Eclipse. Pourquoi ?

Chaque album est un monument qui témoigne d’où en était le groupe à un moment spécifique. The Wild Hunt témoigne de ce qu’était Watain à cette époque. Ce que tu entends dans le nouvel album, c’est ce qu’est Watain en ce moment, et évidemment, ce sont deux choses très différentes. Cinq ans après The Wild Hunt, ce sont sur d’autres choses que nous nous concentrons. Je ne suis pas contre l’idée de réutiliser certaines des expérimentations que nous avons menées sur The Wild Hunt plus tard, en fait je suis sûr que nous le ferons, mais là, nous n’en avions pas envie, nous voulions quelque chose de plus brut, de sauvage. Nous écoutons beaucoup de musique comme ça de toute façon, et c’est le cas depuis plus de vingt ans, alors…

Nous t’avions interviewé en 2013, et tu avais conclu en disant : « On va au devant de moments très intéressants, culturellement et musicalement. Je pense qu’on se souviendra de notre époque dans des années et des années. Il y a quelque chose d’étrange et de grand qui se prépare, et Watain en fera partie intégrante. » Cinq ans plus tard, qu’est-ce que tu en penses ? Est-ce que la suite des événements t’a donné raison ? Est-ce que tu dirais la même chose aujourd’hui ?

Je ne sais pas si je dirais que j’avais raison, mais en tout cas, c’était vraiment ce que je ressentais à l’époque, ensuite aux autres de décider s’ils sont d’accord ou pas. C’était vraiment le sentiment que j’avais, en tout cas. C’était en grande partie dû au fait qu’à ce moment-là, nous étions entourés de groupes qui faisaient quelque chose de très différent ; ça devait être à peu près à l’époque où nous étions en tournée avec The Devil’s Blood et In Solitude par exemple. Ces deux groupes, avec le Watain de The Wild Hunt, s’exprimaient vraiment de manière intrépide, c’était de la musique vraiment très authentique et très pertinente. Et repenser à tout ça, aujourd’hui… The Devil’s Blood et In Solitude ne sont plus là, ils n’existent plus. Pour cette raison, je pense qu’on doit d’autant plus se souvenir de cette époque comme de quelque chose d’unique. Ces groupes qui ont disparu étaient au sommet de leur art, et ils ont eu un impact énorme sur un pan très large de la scène metal. Pour moi, ça a été une époque vraiment excitante. Maintenant… C’est une nouvelle ère.

Est-ce que la disparition de ces groupes t’a affecté en tant qu’artiste ?

Oui, absolument. Je ne sais pas trop, c’est un peu… Ça me touche énormément. Nous sommes toujours en contact avec tous les membres de ces groupes, les morts comme les vivants, et nous chérissons toujours autant ces liens. À nos yeux, c’est comme si ces groupes existaient toujours dans un monde parallèle. Je ne sais pas… C’est étrange de se dire que ces groupes, qui ont commencé alors que Watain existait déjà, se sont arrêtés alors que nous, nous continuons encore… Ça provoque en moi beaucoup de pensées et de sentiments…

Oui, Watain existe depuis presque 20 ans désormais, c’est-à-dire plus de la moitié de ta vie… Quelle est ta vision de ce temps passé, du parcours et de l’évolution du groupe ou de la scène black en général, parmi ces groupes que, comme tu le disais, vous avez vu monter puis disparaître ?

Oui, eh bien… Ça a été un sacré voyage [petit rire]. Nous menons des vies très intenses, tu sais, nous vivons vite, à fond la caisse, nous bataillons ferme, nous faisons en sorte de profiter au maximum de notre temps ici-bas. Ce qui fait que tu es amené à vivre énormément de choses en vingt ans, des choses plutôt extrêmes, parfois franchement bizarres, qui changent complètement le cours de ta vie. C’est difficile pour moi de résumer ça et c’est dur de parler d’évolution ; pour moi c’est une évolution de même nature que celle d’une vague isolée qui va se former puis traverser toute la mer. C’est plutôt une question d’énergie pure qui va de l’avant. C’est une histoire de force, d’une force qui existe en permanence, qui gagne en puissance, et se précipite vers l’avant sans jamais vraiment regarder en arrière. C’est comme ça que je ressens Watain. C’est difficile pour moi de me le représenter de manière chronologique. À mes yeux, c’est une expérience continue qui, bizarrement de manière très naturelle, relie les premières années du groupe avec ce dernier album. Je ne sais pas si je me fais bien comprendre, mais quand je regarde les mecs avec qui j’ai formé le groupe il y a vingt ans, je vois toujours exactement les mêmes personnes. Nous sommes toujours les mêmes, mais nous sommes aussi très différents, de bien des manières, parce que toutes ces choses t’affectent et te changent. Si ce n’est pas le cas, alors tu t’y prends mal !

Tu dirais donc que tu es toujours animé par les mêmes choses qu’à vos débuts ?

Oui, en fait, tout à fait. Mais ces choses, qu’on peut appeler la flamme que tu as en toi, cette flamme, avec le temps, stimule la personne que tu deviens au fil des années. Quand bien même ce feu reste le même, le fait qu’il grandisse et gagne de la force te transforme, et construit de nouvelles versions de toi. Il y a deux dimensions là-dedans. La chose qui nous anime est toujours la même : c’est l’aspiration à la liberté, à ce qui est interdit, à toutes ces choses que nos sociétés préfèrent éviter et estimer qu’on ne doit pas fonder sa vie dessus. Nous essayons au contraire d’honorer ces choses, de les explorer, de les laisser nous emporter ailleurs. C’est clairement la force qui nous anime depuis le début, c’est toujours la même.

« La chose qui nous anime est toujours la même : c’est l’aspiration à la liberté, à ce qui est interdit, à toutes ces choses que nos sociétés préfèrent éviter et estimer qu’on ne doit pas fonder sa vie dessus. »

Tu as dit : « Après vingt ans passés à tracer notre propre route à travers et au-delà du monde, Trident Wolf Eclipse semble en effet être un bon point d’arrivée. » On dirait bien que cet album marque la fin de quelque chose, d’un cycle peut-être ou d’une quête artistique, voire plus… Est-ce que c’est comme ça qu’on doit l’entendre ? Est-ce qu’on doit s’inquiéter pour l’avenir du groupe ?

Vous devriez toujours être inquiets, je crois. Quand on parle de Watain, les gens ont toutes les raisons du monde d’être inquiets… Pas nécessairement que le groupe touche à sa fin, mais je pense que c’est un bon état d’esprit, j’aime bien l’idée que les gens s’inquiètent quand ils pensent à Watain, c’est comme ça que ça devrait se passer. Pour répondre à ta question, je crois que chaque fois que nous sortons un album, nous avons l’impression que ce sera notre dernier. Je pense que c’est une bonne chose, parce que ça veut dire que nous sommes parvenus à faire tout ce que nous voulions. Cela dit, au bout d’un moment, ce sentiment à tendance à s’estomper [petit rire]. J’essaie toujours de considérer notre album le plus récent comme le dernier, je trouve que c’est une bonne manière de voir les choses.

Votre line-up en studio et votre line-up pour les concerts sont différents : vous avez en live deux membres supplémentaires et un autre batteur. Est-ce que tu penses que ça a des conséquences sur votre musique ? Est-ce que le line-up live a son mot à dire lors de l’écriture ? Quel est leur rôle dans le groupe ?

En gros, nous avons deux membres en plus parce qu’en studio, je joue l’une des deux guitares, la basse, et je chante, or évidemment je ne peux pas faire tout ça sur scène. Ça a donc été une question de mettre sur pied une performance live, de nous aider à faire exister Watain sur scène. Set [Teitan] et Alvaro [Lillo] jouent avec nous depuis presque quinze ans maintenant, donc je ne crois pas qu’il y ait vraiment de différences entre nous tous. Ça nous donne encore plus de puissance en live. Mais je pense que c’est une bonne chose que les membres fondateurs du groupe soient aussi les protagonistes dans le contexte du studio, parce que Watain, cette source, vient à l’origine de nous trois. Ensuite, sur scène, elle est dotée d’encore plus de pouvoir par les membres supplémentaires qui font pleinement partie du groupe. En ce qui concerne le batteur, c’est tout simplement que notre batteur habituel ne veut plus tourner parce qu’il n’aime pas être sur la route.

Vos performances live sont connues pour être uniques, très visuelle ; maintenant, vous sortez des vidéos pour certaines de chansons : quelle est l’importance de la dimension visuelle du groupe à tes yeux, et comment est-elle liée à sa dimension musicale ? Tu es aussi graphiste et très investi dans les visuels du groupe...

Depuis que je suis devenu fan de metal quand j’étais gosse, j’ai toujours considéré que la culture heavy metal était autant une question de musique que d’esthétique. La dimension visuelle a toujours été aussi importante que la dimension musicale à mes yeux, pour être honnête. Ça a donc été naturel pour moi de vouloir appliquer ça à Watain, d’autant plus que comme tu le dis, je conçois et réalise beaucoup de nos artworks moi-même. Pour moi, ils expriment autant ce qu’est Watain que la musique, vraiment. C’est la totalité de toutes ces choses qui fait Watain, et puis le reste, notre décor sur scène, nos t-shirts, le concept… Je pense que c’est quelque chose qui se fait naturellement : si tu es dans un groupe extrême, tout doit être extrême, toutes ses dimensions doivent être poussées au maximum, et ça inclut la dimension visuelle.

Il va y avoir un concert spécial pour célébrer la sorte de Trident Wolf Eclipse mais aussi les 20 ans du groupe à Stockholm en janvier. Qu’est-ce que tu peux nous en dire ? Est-ce que vous prévoyez une tournée après ça ?

Oui, ce concert aura lieu le 5 janvier, le jour de la sortie de l’album. C’est bien de faire une cérémonie autour de cette sortie. En ce qui concerne les 20 ans, nous n’allons pas faire grand-chose autour de ça dans l’année, le chiffre 20 n’est pas très important pour nous, il n’a pas de signification spéciale. Nous allons donc utiliser cette date du 5 janvier à Stockholm pour célébrer ces 20 ans, et ça va prendre la forme d’une exposition de tous les visuels que nous avons, des affiches de concerts, beaucoup de merch, des flyers, des stickers, des pass backstage… Ce genre de trucs. Ça va être super, j’ai hâte de rassembler tout ça et d’en faire une belle exposition pour que les gens puisse prendre conscience de cette dimension de Watain. La semaine suivante, nous ferons quatre autres concerts en Europe, et j’ai hâte aussi : ce seront des plus petites salles, un concert à Londres, un à Berlin, un à Paris, et un à Tilbourg aux Pays-Bas. C’est à peu près tout, mais c’est génial, j’ai vraiment hâte de prendre possession de ces salles dans lesquelles nous n’avons jamais joué et de foutre le feu partout. Ça va être terrible.

Interview réalisée par téléphone le 7 novembre 2017 par Chloé Perrin.
Retranscription & traduction : Chloé Perrin.

Site officiel de Watain : www.templeofwatain.com.

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