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Live Report   

Watermelon Slim : Le Delta s’invite rue des Lombards


Ce soir de samedi 1er juillet sur la capitale avait tout pour être fiévreux. La mode se dépêchait à St Denis tandis que le batteur le plus actif du metal s’offrait une thérapie sous forme de concert sur le thème de l’addiction à l’alcool. Même la météo semblait disposée à aider cette belle soirée ; en effet le soleil se montrait finalement en fin d’après-midi après une journée débutée sous une pluie battante. Mais point de Stade de France, ni de Trianon ici, nous vous emmenons ce soir en voyage dans le Mississippi, ou tout du moins au Sunset, rue des Lombards, pour une plongée au cœur du blues dans l’ambiance intimiste de la salle du premier arrondissement. En maître de cérémonie, Watermelon Slim, presque septuagénaire, qui vient poser son harmonica, sa gouaille et sa bonne humeur dans la capitale.

Notez qu’au Sunside, salle attenante du Sunset, Christian Vander, le batteur de Magma, donne aussi un concert avec une formation de jazz. Décidément, ce soir, Paris offre pléthore de stars.

Artistes : Watermelon Slim
Date : 1er juillet 2017
Salle : Sunset
Ville : Paris [75]

Le Sunset est une salle en long, assez petite, avec une scène modeste. Il n’y a pas de fosse, la disposition est différente d’une salle habituelle de concert. Des fauteuils et des banquettes donnent une configuration forcément assise. Son gros avantage est son côté intimiste, cette proximité qu’elle offre entre le public et l’artiste, artiste qui en l’occurrence est dans la salle quand les spectateurs y pénètrent et qui les salue avec force de bienvenue, en français dans le texte. Cette proximité et cette disponibilité avec les fans, Watermelon Slim ne les force pas. Elles seront là tout au long du concert et encore à la fin quand il se prêtera avec une extrême gentillesse au jeu des autographes. L’homme est assez élégant dans son costume, un poil trop grand peut-être, écru et rayé, sa chemise satin bleue soutenue par une cravate violette. Dernière touche pour parfaire le bonhomme : le chapeau.

Les bassiste et guitariste rejoignent l’Américain vers 21h25 et repartent après avoir pris une photo avec un téléphone. Le groupe au complet revient dix minutes plus tard et le concert démarre enfin vers 21h45. L’attente aura été assez longue pour le public présent qui remplit désormais bien le Sunset. Public très mixte, dans une tranche d’âge plutôt haute mais qui compte tout de même pas mal de trentenaires. Le blues attire heureusement une frange assez jeune de la population ; nous ne sommes pas dans une jeunesse adolescente mais nous ne sommes pas uniquement dans des tranches d’âge senior. Dès le début du concert, les bases sur lesquelles s’appuieront la suite sont jetées : une guitare à plat jouée en slide par Watermelon – dont il jouera même avec une mignonnette de Courvoisier – , une guitare solo jouée de bien belle manière et une rythmique impassible.

Autant Watermelon Slim et son jeune guitariste seront communicants et souriants autant la partie rythmique, en arrière, restera de marbre, visage fermé. Étonnante posture, étonnant contraste. Le son est excellent, la musique de grande qualité de ce blues pur et dur qui vous transporte au cœur de l’Amérique. Et que dire de l’entrée de l’harmonica sur « Gypsy Women » ? Du bonheur à l’état pur. La passage à l’harmonica est salué par le public qui apprécie. Tout comme il apprécie le solo de guitare qui suit. Tant mieux car slide, guitare solo et harmonica offriront un sacré feu d’artifice sonore toute la soirée durant !

Ce soir il y a évidemment la musique, avec son intensité, sa qualité, des titres comme « The Wheel Man », « Pick Up My Guidon » ou encore « Dark Genius », tous bonifiés en concert. Mais il n’y a pas que la musique. Effectivement, la personnalité de l’Américain, son charisme rendent eux aussi cette soirée magique. L’homme se montre facétieux quand il exécute quelques pas de danse, attentionné quand il joue de l’harmonica au plus près du public ou quand il s’adresse aux spectateurs situés sur le côté, leur disant que même s’il ne les regarde pas forcément, il ne les oublie pas. Il devient grave quand il aborde le sujet de la guerre du Vietnam pour laquelle il s’est engagé, en revenant en tant que farouche opposant, racontant son aversion totale pour la guerre. Il est également drôle quand il relate son attachement à la France, sa « douce France » comme il le dit lui-même, parlant souvent en français.

Et globalement, l’homme est plein d’humour ; son histoire sur Trump dont il avait dit à ses amis qu’il ne passerait jamais en est un bon exemple. Tout comme elle illustre sa capacité à nous raconter des histoires, graves ou plus légères (le mariage de sa fille). Durant deux bonnes heures entrecoupées d’un entracte de trente minutes, l’artiste nous aura emmené avec lui de l’autre côté de l’océan, dans cette Amérique du blues, du Delta. À tous les amateurs de blues, un seul conseil : penchez-vous sur cet artiste, qui à l’instar d’un Seasick Steve a un sacré vécu qui accompagne sa carrière musicale, qui sans doute, lui donne cette authenticité. Et surveillez vos réseaux sociaux, des dates pourraient tomber en octobre.

Espérons d’ailleurs qu’une plus forte audience saura se mobiliser pour un musicien de talent.

Live report et photos : Loic ‘Lost’ Stephan.



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