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Interview   

Wednesday 13 fait de la musique pour se fendre la gueule


2013 s’annonce comme une année riche pour Wednesday 13, de son vrai nom Joseph Poole. Le musicien fête là ses dix années de carrière solo et prévoit, pour le coup, son cinquième opus. C’est la première fois que l’homme s’entoure d’un véritable groupe pour l’un de ses albums solo. Et, The Dixie Dead, se veut sans conteste être la synthèse de l’ensemble de son œuvre. Car indéniablement, l’homme a toujours été un artiste actif, croulant sans cesse sous un amas d’idées diverses et variées.

On fait le point sur tout ça ci-dessous avec Wednesday 13. L’homme nous parle également de son amour pour les films d’horreur qu’il retranscrit dans sa musique ainsi que ses projets divers, y compris, bien évidemment, Murderdolls. A ce sujet, comme nous vous le rapportions il y a quelques semaines, le musicien nous explique avec franchise que son tandem avec Joey Jordison s’est mis en veilleuse prolongée et risque, probablement, de ne jamais se rallumer.

Radio Metal : 2013 est une année spéciale pour toi dans la mesure où elle marque tes vingt ans de carrière et tes dix ans en tant que Wednesday 13. Feras-tu quelque chose de spécial pour célébrer ceci ?

Wednesday 13 (chant) : Ouais, c’est en quelque sorte ce que je fais actuellement. 2013 est l’année où je prépare mon cinquième album solo. Ça marque vingt ans à faire ce genre de musique et dix ans en tant qu’artiste solo. C’est donc ironique que ça arrive en 2013 et tout va pour le mieux. J’ai tellement d’idées à propos de ce que je veux faire d’ici la fin de l’année. Donc ouais, c’est un bon moment pour moi, là, tout de suite.

Je t’ai vu dire dans une interview à propos de ce nouvel album « c’est le meilleur CD que j’ai jamais réalisé. » Ne penses-tu pas que c’est simplement ton enthousiasme qui parle après avoir terminé l’album ?

Tu sais, j’ai réalisé énormément d’albums dans ma carrière, mais c’est celui-ci qui est ressorti comme étant spécial. Voilà pourquoi j’ai dit ça. Je crois que c’est le meilleur album que j’ai fait en tant que Wednesday 13. Je fais ça depuis dix ans maintenant et pour celui-ci j’ai juste essayé de faire ce que je fais le mieux. Les réactions des fans et de la presse sont vraiment excellentes. J’en suis d’ailleurs super étonné. Tout le monde l’adore.

« Lorsque je jouais de la guitare, j’avais le sentiment que mon chant en souffrait et lorsque je me concentrais sur mon chant je pense que mon jeu de guitare en souffrait. Donc, désormais, j’aime ne faire qu’une seule chose à la fois. »

Tu as aussi dit « c’est l’album parfait pour moi. J’ai le sentiment qu’il m’a fallu dix ans pour accomplir ceci. C’est enfin celui qui a atterri là où je voulais qu’il soit. » Que manquait-il donc aux précédents albums ?

Lorsque j’ai fait mon premier album solo, j’ai grosso-modo tout fait par moi-même. J’ai eu un batteur qui est venu pour faire quelques trucs. Il était là pour seulement deux jours. Sur mon second album c’était la même chose, j’ai juste eu un batteur qui est venu. C’est peut-être la première fois où nous avons travaillé en tant que groupe et réalisé un album tous ensemble. Il n’y avait donc pas qu’une face. Je crois que cela lui a donné une autre dimension. En plus de ceci, cet album a été bien plus réfléchi. Le disque sorti l’année dernière, Calling All Corpses, a été fait assez rapidement, en un sens ce nouvel album aussi mais le précédent a bénéficié de moins de réflexion. Il fallait que je revienne avec un bon album, donc j’ai vraiment pensé à ça.

Est-ce le premier disque où tu as réussi à faire tout ce que tu avais en tête ?

C’est ce que je ressens, oui. Je peux aller vers de nouveaux horizons, je peux essayer de nouveaux styles, mais je continue à être fidèle à ce que je fais sans tout changer.

Cet album sonne comme une combinaison de tous les éléments qu’a apporté Wednesday 13 par le passé. En était-ce l’intention ? Souhaitais-tu mettre dans cet opus toutes les saveurs du groupe que nous connaissons ?

J’ai clairement essayé d’incorporer tout ce que j’ai fait au cours des années, tout des Murderdolls jusqu’à mon projet Gunfire 76. J’ai donc simplement fait une sorte de combinaison de toutes les sonorités. Je crois que c’est l’esprit de cet album, j’ai voulu revenir en arrière et revisiter ce que j’ai fait par le passé. Car j’écoute mes fans sans arrêt et ils disent aimer mon premier album, ou mon album Skeletons… Ces deux sont aussi mes préférés. J’ai donc voulu revenir vers là où ces albums se dirigeaient, suivre cette direction et le faire d’une manière différente.

C’est la première fois où tu ne joues pas de la guitare. Pourquoi avoir décidé de te mettre en retrait ?

Je n’en avais pas vraiment besoin. Je continue toujours d’écrire, de faire les demos des chansons et de mettre en place les idées, mais cette fois-ci, j’ai deux supers guitaristes dans mon groupe. J’ai le sentiment d’être un guitariste moyen et je pense que l’un d’eux est mon guitariste préféré au monde, je voulais donc qu’il joue les parties. Nous avons boeufé en tant que groupe live depuis à peu près deux ans maintenant et je voulais que ça s’entende sur l’album.

Comment t’es-tu senti par rapport à ça ? Étais-tu frustré de ne plus jouer de guitare ou bien te sentais-tu libéré ?

Je me sentais libéré de pouvoir me mettre en retrait et de laisser mon groupe gérer toutes les tâches musicales. C’était cool. Tu sais, je ne suis pas une personne égocentrique. Je ne cherche pas à jouer tous les instruments ou à mettre mon nom sur tout. C’était super. Nous sommes vraiment devenus un bon groupe de concert et je pense que l’album le montre.

Est-ce que cela signifie que tu ne joueras pas de guitare sur scène ?

Tu sais, j’ai un peu laissé ça de côté. Occasionnellement, je joue encore de la guitare sur des thèmes acoustiques mais je me concentre vraiment sur le fait d’être le meneur du show maintenant. Le simple fait de faire mes shows de cette manière est plus fun pour moi. Lorsque je jouais de la guitare, j’avais le sentiment que mon chant en souffrait et lorsque je me concentrais sur mon chant je pense que mon jeu de guitare en souffrait. Donc, désormais, j’aime ne faire qu’une seule chose à la fois au lieu mes deux en même temps.

« Lorsque tu regardes le film Vendredi 13 et que quelqu’un se fait tuer, aujourd’hui les gens en rient, ils trouvent ça drôle […]. C’est comme ça que je veux que les gens écoutent ma musique. »

Tu as dis que cet album était comme un film d’horreur des années 80. Tu as aussi cité des influences musicales des années 80. L’impression est que l’album est dédié aux années 80…

Ouais. J’ai grandi dans les années 80. Mes plus forts et plus importants souvenirs viennent de cette période. C’est à cette époque que j’ai vu pour la première fois des films d’horreur, comme Vendredi 13 ou Nightmare On Elm Street. Lorsque j’ai vu ces films, ils étaient neufs et ils me terrifiaient. Et puis, tu sais, la plupart des groupes ont été influencés par Metallica et moi aussi c’est l’un des premiers groupes que j’ai entendu dans les années 80. Je me vois simplement revenir à ma période préférée et à mon enfance.

Les années 80 sont ta décennie préférée ?

Oui, enfin, je suis toujours un énorme fan des 70’s. Si je pouvais revenir dans le temps, j’apprécierais les 70’s. La plupart de mes groupes préférés comme Alice Cooper, Kiss, Sweet, des groupes de ce genre, proviennent des 70’s. Mais je suis très content d’avoir grandi dans les 80’s.

Aurais-tu préféré jouer de la musique dans les années 80 ?

Non, je suis content d’avoir été un gosse durant cette période et d’avoir pu absorber tout ça, ça explique pourquoi je suis devenu qui je suis. J’ai dû vivre avec tout ça et justement j’écris des chansons là-dessus. C’est ce qu’est Wednesday 13. Il s’agit d’un fantasme sur le fait que j’ai grandi avec ces films d’horreur. Lorsque tu regardes le film Vendredi 13 et que quelqu’un se fait tuer, aujourd’hui les gens en rient, ils trouvent ça drôle et ne voient pas ça comme quelque chose de sérieux. C’est comme ça que je veux que les gens écoutent ma musique et ressentent mes concerts. Ce n’est pas comme à l’église.

Il y a une chanson sur l’album intitulée “Fuck You (In Memory Of…)”. A qui est-elle dédiée ?

Personne en particulier. Encore une fois, j’aime écrire des chansons où je ne révèle pas exactement de qui elles parlent. Il y a une de mes vielles chansons sur mon premier album qui s’appelle « Bad Things », tout le monde me demandait « wow ! De qui parle cette chanson ? » Elle n’a jamais été à propos de qui que ce soit de manière personnelle. C’est à l’auditeur de le déterminer, à quiconque qui écoute cette chanson de se l’approprier. Jusqu’ici, les réactions vis à vis de cette chanson étaient du genre « merci d’avoir écrit cette chanson car elle me rappelle mon ex ou elle me fait penser à telle personne. » Je suis certain qu’avec les années, lorsque je vais la chanter, il y aura des gens qui me viendront en tête et que j’associerai à cette chanson, mais personne en particulier.

Penses-tu que l’art devrait rester assez vague pour permettre à quiconque de s’y reconnaître et y mettre sa propre histoire dessus ?

Ouais, je pense que c’est très important. Je ne chante généralement pas à propos de choses personnelles. Dans mes chansons passées c’était comme ça. Mais je commence à incorporer des petits bouts de la vie réelle. Mais je fais en sorte de le cacher, ce n’est donc pas évident pour les gens.

Tu es évidement un fan de films d’horreur. Quels films as-tu vu ces derniers temps ?

En ce qui concerne les films d’horreur et les nouveaux genres, je ne suis pas trop à la page. Je suis du genre vielle école qui revoit constamment les vieux trucs. A partir du début / milieu des années 90, les choses ont commencé à devenir ennuyeuses pour moi, je me suis donc un peu déconnecté. Je n’ai pas vu grand-chose des nouveaux films d’horreur. J’ai vu tous les remakes mais aucun ne m’a véritablement emballé. Je me contente grosso-modo des vieux trucs.

Penses-tu que les films d’horreur modernes deviennent trop sérieux ?

Il y a différents genres d’horreur. J’aime ceux qui sont drôles et j’aime ceux qui sont sérieux et qui te font dire « oh putain ! Est-ce que j’ai bien vu ce que j’ai vu ? » C’est ce qui est super à propos de l’horreur : il n’y a pas vraiment de livre de règles sur ce qui doit être fait. Il y a tant de styles différents, tant de manières pour les gens d’aborder ça. Tout est dans la manière dont le spectateur le regarde, peu importe ce qui lui vient en tête. C’est ce qui est génial à propos des films d’horreur : pour certaines personnes c’est effrayant, pour d’autres c’est amusant.

(A propos de Murderdolls) : « Je n’aime pas dire jamais mais ça y ressemble. »

Quel type de film d’horreur préfères-tu ? Préfères-tu les plus effrayants ou les plus violents et gores ?

Je n’ai pas de style préféré. Je peux dire que j’aime Massacre A La Tronçonneuse, les gens pensent que c’est violent et gore mais moi je trouve ça drôle. Ça n’a jamais été un film d’horreur pour moi. Tu peux regarder quelque chose comme L’Exorciste qui était effrayant pour moi en tant que môme, avant que je ne grandisse, mais lorsque je le regarde aujourd’hui, j’en rigole. Encore une fois, il y a des films qui étaient effrayants pendant un temps et qui sont drôles pendant un autre temps. Donc, je n’ai pas de style favori. J’aime ceux qui sont drôles et j’aime ceux qui sont super effrayants.

Sur un autre sujet, peux-tu nous en dire plus au sujet du futur de Murderdolls ?

On s’est mis en pause en 2011 et c’est plus ou moins où ça s’est arrêté. Je n’ai vraiment pas de nouvelles, il n’y a rien qui se passe. Pour être tout à fait sincère, je le crois en veilleuse probablement pour l’éternité. Je suis content que nous ayons fait un second album, qui nous permet de finir sur bonne note. Je serais surpris que ça se refasse à nouveaux.

Tu dis donc que Murderdolls, c’est terminé ?

Je n’aime pas dire ça car je ne veux pas décevoir mes fans. Mais j’aime aussi être honnête avec eux et leur dire que ça ne se refera pas avant très longtemps, si tant est que ça puisse arriver. Je n’aime pas dire jamais mais ça y ressemble.

Quel est le statut de tes projets Bourbon Crow et Gunfire 76 ?

Ouais, Bourbon Crow et Gunfire sont deux projets que j’ai réalisé en dehors de Wednesday. Bourbon Crow est un projet country que j’ai fait en 2006 et Gunfire c’était en 2009. C’était cool, mec. C’était super pour moi de faire quelque chose de différent. Ce ne sont pas des priorités, comme quelque chose que je continuerais à faire et à tourner pour. Ce sont donc simplement des projets pour m’amuser. En ce qui concerne le fait de faire d’autres albums avec eux, oui ça arrivera dans le futur mais ce n’est pas une priorité. Il se passera quelques années avant que je retourne à des projets parallèles, quels qu’ils soient. Pour le moment, je me concentre sur Wednesday 13.

Fais-tu quoi que ce soit de particulier les mercredi lorsque ça tombe un 13 du mois ?

Oui, en fait on a démarré notre tournée la semaine dernière le mercredi 13 ; c’était au Whisky A Go Go à Hollywood.

Mais as-tu toi un quelconque rituel ou quoi que ce soit à ce genre de date ?

Non, il n’y a pas de rituel ou quoi que soit. Mais c’est plutôt cool car j’avais l’habitude de simplement considérer Halloween, et ensuite de nombreux mercredi 13 ont commencé à apparaître. En fait, cette année, en 2013, il y en a trois. On a donc joué lors de l’un d’entre eux la semaine dernière, il y en a un dans quelques semaines au cours duquel on jouera à Londres et il y en a un je crois en octobre ou novembre aussi.

Interview réalisée par téléphone le jeudi 21 février 2013.
Retranscription et traduction : Spaceman

Site internet officiel de Wednesday 13 : wednesday-13.com



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